MEMORABILIA

La stratégie chinoise du « Grand Jeu ». (Revue de Presse)

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Mis à jour le 5 avril 2019.

Il aura fallu longtemps, mais l’idée a tout de même fini par faire son chemin: La Chine est entrée dans le « Grand Jeu » planétaire….

Dans son ouvrage  » Quand la Chine s’éveillera » qui avait fait couler pas mal d’encre, Alain Peyrefitte avait pourtant, dès 1973, émis l’hypothèse que Pékin sortirait un jour de son apparente apathie sur le plan international: beaucoup avaient ricané devant la menace et doctement expliqué que la Chine n’avait jamais de toute son histoire été tentée par l’impérialisme et qu’elle continuerait dans cette voie. Ils oubliaient seulement qu’elle ne l’avait pas fait simplement parce qu’elle n’en avait pas les moyens techniques, militaires et financiers face à un Occident beaucoup plus avancé qu’elle.

Mais son habile politique de récupération du savoir faire de ses partenaires par divers moyens, allant de l’envoi systématique de ses meilleurs étudiants aux USA et ailleurs, jusqu’à l’espionnage pur et simple en passant  par l’exigence de transferts de technologies et l’accueil des délocalisations lors de ses contrats d’achats, lui ont en un temps assez court permis un rattrapage spectaculaire. Une politique de taxations unilatérales lui a par ailleurs permis la constitution d’un solide matelas financier.

La mollesse des pays occidentaux, dont la France, face aux attitudes chinoises a largement facilité ce rattrapage. Il ne faut pas non plus oublier combien la « reconnaissance  » de la Chine de Mao par Nixon aux fins d’équilibrer les menées soviétiques mondiales par une sorte d’alliance de revers a profité à Pékin qui a su en tirer le meilleur parti.

Elle a su également tirer parti des dissensions au sein de l’Union Européenne et du besoin de financement de certains membres (Italie, Grèce, Portugal et anciens pays de l’Est…), sans oublier notre pays qui depuis quelques années a ouvert ses portes à l’influence chinoise en « privatisant » certains secteurs allant de la production agricole et viticole à l’hôtellerie et aux aéroports.

Aujourd’hui, les ambitions chinoises sont devenues assez limpides à travers plusieurs grandes initiatives dans les domaines économique, technologique et militaire :

– Le projet appelé par les uns OBOR, par les autres BRI, ou encore « Nouvelles routes de la soie »lancé en///////, qui consiste à proposer un vaste plan de financement et de réalisation d’infrastructures aux pays du monde où la Chine veut se ménager des points d’appui  (passages terrestres, escales et facilités portuaires, terres arables, sources d’énergie, minerais rares, etc…) ressemble fort à ce dont a besoin un pays ambitieux pour devenir une puissance de tout premier plan, voire la première.

L’occupation physique en quelques années de la Mer de Chine du Sud par annexion progressive et la militarisation d’une série d’îlots a assuré de fait à Pékin le contrôle du trafic maritime dans la zone. L’archipel des Spratley ou celui des Senkaku sont désormais de véritables porte-avions terrestres qui lui donnent une des clef du Pacifique. C’est à dire une voie vers la côte Ouest des USA, l’Australie, etc…, un levier redoutable sur l’ensemble de l’Asie du Sud-Est et une menace désormais « claire et immédiate » pour Taïwan.

– L’adoption de taux moyens de 8% d’accroissement annuel de ses budgets militaires et notamment en matière navale montre la volonté chinoise d’accroitre rapidement sa capacité de projection à l’extérieur, notamment vers le Pacifique et les voies commerciales intetnationales, volonté confirmée par:

– L’ouverture soudaine d’une base militaire permanente à Djibouti en 2017, qui lui ménage tout à coup une place en pleine zone d’influence de l’OTAN.

– Enfin, depuis quelques mois, l’affaire Huawei a apporté la preuve du bras de fer désormais en cours entre les Etats-Unis et Pékin pour la suprématie technologique mondiale. Défi que l’Union européenne, comme toujours soucieuse de ménager la chèvre et le chou, ne pourra longtemps esquiver.

 

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De cette série d’initiatives concomitantes, le projet dit « Belt and Road Initiative » (B.R.I) sera probablement le plus difficile à circonvenir : il joue en effet sur les besoins de financement chroniques de nombreux pays du Sud et sur leur souhait de prendre quelques distances avec un Occident jusque là omniprésent. Il constitue une véritable tentative de « sinisation » des économies depuis la Malaysie jusqu’au Brésil en passant par l’Afrique.

Il a donc réveillé, mais à des degrés divers, l’attention des partenaires diplomatiques et commerciaux de Pékin.

– Il est assez « brûlant » pour avoir suscité une sorte de contre-projet Indien appelé « Corridor de la croissance Asie Afrique » (AAGC, Asia Africa Growth Corridor) et surnommé la « Route de la liberté ».

– Il est à l’origine de la décision de Washington de « guerre des taxes d’importation» avec Pékin. On ne peut en effet douter qu’outre la fin des délocalisations industrielles américaines et la volonté de porter un coup d’arrêt à la mondialisation, « l’autre but » poursuivi par le Président Trump ne soit de mettre assez à mal l’économie chinoise pour empêcher Pékin de financer son projet  de « coopération » tentaculaire,d’achats massifs  de ressources agricoles et de matières premières en Afrique et Amérique latine, et de poursuivre son programme intensif d’armement.Les USAont par ailleurs mis en oeuvre dans leur Plan de Sécurité 2017-18 un programme de renforcement de leurs capacités navales dans la zone Asie-Pacifique. Ils ont également décidé d’envoyer de 5 à 10.000 soldats de plus dans cette zone en 2019.

– La France et l’Europe semblent enfin, après le choc très récent de l’adhésion italienne (Mars 2019) au BRI,soucieuses de présenter une résistance crédible à des prétentions chinoises qu’ont feignait de ne pas voir. Jusque là, la seule réaction de Bruxelles avait été un plan assez flou et conciliant, visant à « Connecter l’Europe à l’Asie de manière durable » présenté fin Septembre 2018 par Federica Mogherini. Et même encore aujourd’hui, les naïfs et les faux ingénus trouvent rassurant que, lors de sa rencontre de Mars 2019 avec ses collègues européens à Paris, le président Xi-JinPing ait jeté en pâture un contrat d‘achat d‘Airbus (au demeurant artificiellemnt gonflé) à cette Europe si assoiffée de paix qu’elle en oublie ses intérêts vitaux.

Une dimension manque encore à ces mouvements telluriques qui vont façonner le XXIème siècle, celui de nos enfants et petits enfants: quelle sera dans cette vaste affaire la position de la Russie, probablement partagée, comme à l’accoutumée, par ses attirances contradictoires entre l’Asie et l’Occident.

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Nos grands média ont accordé jusqu’à récemment assez peu de place à un sujet aussi vital; la presse américaine est évidemment beaucoup plus attentive.

Je me propose, à toute fins utiles, de signaler ici les ouvrages, articles ou études de portée générale auxquels j’aurai accès et qui me sembleront intéressants. /.

 

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Classés par ordre chronologique inverse:

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8 mai 2019. Article du Figaro:

« Pékin accusé de prêter aux pays pauvres jusqu’à l’asphyxie financière »

http://premium.lefigaro.fr/conjoncture/pekin-accuse-de-preter-aux-pays-pauvres-jusqu-a-l-asphyxie-financiere-20190507

 Texte complet:

« L’empire du Milieu est devenu le banquier de dizaines d’États, en développement, émergents ou matures, à l’image de la Grèce.

Pékin et sa stratégie d’investissement sont dans la ligne de mire du Forum de Paris.

Le FMI (Fonds monétaire international) a toutefois salué mardi les avancées chinoises sur la transparence des prêts accordés aux pays en développement, souvent décriés en tant que «pièges de la dette».

Un processus est enclenché «par lequel la Chine se rapproche des principes de soutenabilité de la dette», s’est réjouie Christine Lagarde, directrice générale du FMI.

En avril, à Pékin, le président Xi Jinping a promis davantage de transparence et de viabilité pour les prêts accordés un peu partout dans le monde.

En Afrique et dans le cadre du projet «nouvelles routes de la soie», officiellement appelé BRI (Belt and Road Initiative), l’empire du Milieu est devenu le banquier de dizaines d’États, en développement, émergents ou matures, à l’image de la Grèce. «Plutôt qu’une stratégie impérialiste ou clairement définie, il y a surtout énormément d’opportunisme, une volonté de la Chine de profiter de tous les moyens d’accroître son potentiel économique et son influence mondiale», résume Thierry Pairault, directeur de recherche émérite au CNRS et à l’EHESS.

La Chine finance des infrastructures (ports, voies ferrées…) pour ouvrir des marchés à ses entreprises. En Afrique, où les États-Unis et l’Europe sont moins présents qu’avant, et ailleurs, les dirigeants reçoivent ces fonds à bras ouverts. D’autant que Pékin est beaucoup moins exigeant en termes de gouvernance et d’environnement que le FMI ou la Banque mondiale.

Mais la démarche chinoise, pharaonique – on parle de 1000 milliards de dollars – et peu transparente, suscite des inquiétudes. Les chantiers financés sont accordés essentiellement aux entreprises chinoises, sans mécanismes d’appels d’offres ni transparence.
Par ailleurs, Pékin prête, à des conditions parfois moins favorables que le marché, sans souci de la rentabilité et de l’utilité des investissements ou du poids grandissant de la dette publique. Au Monténégro, celle-ci a bondi à 70 % du PIB après l’octroi d’un prêt chinois de 800 millions d’euros pour bâtir une autoroute dans les montagnes. Faute de pouvoir rembourser, les États doivent parfois accepter des contreparties démesurées. Le Sri Lanka a ainsi dû céder fin 2017 le contrôle du port de Hambantota à la Chine pour 99 ans.

Un partage des risques
Détenteur de plus de 14 % du stock de la dette d’Afrique subsaharienne, selon des estimations de mi-2018, la Chine est accusée de surendetter le continent. Elle détient ainsi les deux tiers de la dette publique de Djibouti, passée en cinq ans de 50 % à 87 % du PIB. Et il est difficile d’échapper à cet engrenage. Plutôt que de payer 5 milliards de dollars de pénalité pour annuler un projet de voie ferrée, le nouveau premier ministre de Malaisie a dû se rabattre sur une ristourne et poursuivre le projet lancé par son prédécesseur.

«La stratégie de Pékin provoque des débats en Chine, où une partie de la population ne comprend pas que l’on aide des pays étrangers», détaille Philippe Le Corre, chercheur à la Harvard Kennedy School. Le think-tank américain Centre for Global Development a recensé 80 cas de rééchelonnement ou d’annulation de prêts chinois entre 2000 et 2017. Des économistes locaux réclament un partage des risques avec d’autres pays. «La Chine réfléchit aux risques liés à ses prêts», souligne Thierry Pairault.

Et les pays cibles de l’ambition chinoise commencent à surveiller les projets. Fin 2018, la Côte d’Ivoire a créé un comité de suivi chargé de contrôler une quinzaine de contrats financés par l’empire du Milieu.

«Les Chinois vont apprendre de leurs erreurs et ils deviendront redoutables. Leur comportement va s’occidentaliser. Leur influence, qui s’appuie sur des moyens financiers énormes, ne pourra que grandir. Mieux vaut s’allier à eux que rester à l’écart», propose Thierry Pairault. »

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– 6 mai 2019: Article du Figaro avec plusieurs cartes intéressantes, suite à l’incident franco-chinois autour du passage d’une frégate française dans le détroit de Taïwan:

http://premium.lefigaro.fr/international/la-chine-menace-t-elle-la-liberte-de-navigation-en-asie-20190505

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– 5 mai 2019:`

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Interview de Graham Allison sur son important livre « Vers la Guerre »:

http://premium.lefigaro.fr/vox/monde/graham-allison-les-etats-unis-et-la-chine-se-dirigent-tout-droit-vers-la-guerre-20190503

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– 4 mai 2019. Un rappel historique utile pour comprendre l’attitude de la Chine contemporaine…

https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/histoire/la-chine-noubliera-jamais-les-traites-inegaux-des-occidentaux-106522

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–  23 avril 2019:   La Suisse adhère au projet « Routes de la Soie »….

https://francais.rt.com/economie/61151-routes-soie-suisse-va-devenir-quatrieme-partenaire-europeen-chine

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-13 avril 2019.  Un article du « Gatestone Institute« , think tank américain conservateur, qui s’inquiète de l’énorme investissement « touristique » (que j’ai pu constater sur place il y a deux mois) de la Chine à Nassau, capitale des Bahamas, ainsi que d’un très gros projet de port pour porte-conteneurs sur la Grande Bahama, à très courte distance des côtes de Floride. L’article estime ces projets supérieurs aux besoins réels du pays et craint de voir, par le jeu des dettes, une main mise chinoise sur des installations portuaires proches des côtes américaines, selon un processus déjà employé pour « récupérer » un port en eau profonde au Sri Lanka.

https://mail.yahoo.com/d/folders/4/messages/AJO2HtM9f-C8XK8G3A4pAGEFppM

 

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2019: Une étude de l’Université de Caen sur l’entrisme chinois dans les Caraïbes.

https://atlas-caraibe.certic.unicaen.fr/fr/page-288.html

 

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2 Avril 2019. Une série d’interviews d’experts par la Fondation Carnegie en Europe

Judy Asks: Is China Devouring Europe?

 

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30 mars 2019.  « La France made in china » de Régis Soubrouillard, ancien journaliste à Marianne.

XVM537607d8-507f-11e9-b6ef-15a5b6980551-130x207.jpg…et une interview de l’auteur par  » Le Figaro ».

http://premium.lefigaro.fr/vox/politique/2019/03/27/31001-20190327ARTFIG00055-regis-soubrouillard-comment-la-france-s-offre-a-la-chine.php

 

 

 

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28 mars 2019. Un intéressant article du Council on Foreign Relations faisant un « point d’étape » assez exhaustif sur le projet BRI, ses réussites et ses échecs ainsi que sur l’accueil qu’il a reçu à ce jour des différentes régions du monde auxquelles il s’adresse.

https://www.cfr.org/backgrounder/chinas-massive-belt-and-road-initiative

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26 mars 2019:  Article du Figaro à l’occasion de la tournée européenne de Xi Jin Ping.

 « Les nouvelles routes de la soie, le projet au service de l’hégémonie chinoise:

LE SCAN ÉCO – En visite à Paris, le président chinois Xi Jinping défend son vaste ensemble d’investissements à travers le monde, rassemblés sous le nom de «nouvelles route de la soie». D’une ampleur titanesque, ce dernier suscite des levées de boucliers à travers le globe. Décryptage.

«Le projet du siècle». Voilà comment le président chinois, Xi Jinping, décrit son rêve de connecter l’Asie au reste du monde par de nouvelles voies maritimes et terrestres. Au cœur de la visite du chef de l’Empire du milieu à Paris, cette semaine, ce gigantesque ensemble d’infrastructures, de chantiers, d’investissements et d’accords politiques ou commerciaux entre les nations est également source de tensions entre les membres de l’Union européenne. Au lendemain de la signature d’un accord-cadre entre Rome et Pékin, certains s’alarment en effet des ambitions chinoises, qui ne cessent de s’étendre à travers le globe. Décryptage d’un plan aux contours en perpétuelle évolution.

  • D’où viennent les nouvelles routes de la soie?

À l’origine, l’idée d’une nouvelle route de la soie apparaît en septembre 2013, moins d’un an après l’arrivée de Xi Jinping à la tête du Parti communiste chinois. Lors d’un discours prononcé à l’université Nazarbayev, au Kazakhstan, le chef de l’État se prononce pour un renforcement des liens unissant la Chine au reste du monde. Objectif: soutenir la bonne entente entre les peuples et le développement économique face aux «trois forces maléfiques» que sont le terrorisme, l’extrémisme et le séparatisme ainsi que les crimes et autres trafics illégaux. Pour ce faire, Xi Jinping promeut l’établissement commun d’une «ceinture économique de la route de la soie» («Silk Road Economic Belt», qui deviendra plus tard la «Belt and Road Initiative», ou BRI), qui améliorera les moyens de communication, les réseaux de transport, le commerce, les mouvements de population ainsi que les transferts monétaires. La nouvelle route de la soie est née.

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Cette politique titanesque poursuit plusieurs objectifs complémentaires. D’abord, elle soutient le commerce chinois et lui permet de sécuriser ses approvisionnements en matières premières depuis les pays en développement, essentiels à son économie. Ensuite, elle lui permet de renforcer ses régions souffrant d’un retard de développement, en les connectant à d’autres zones, à l’ouest. Enfin, elle participe de l’essor du «rêve chinois», une volonté politique formulée en 2013 par Xi Jinping et visant notamment à remettre la Chine sur le devant de la scène internationale.

  • Où en est le projet aujourd’hui?

Durant les cinq années qui ont suivi le discours à l’université Nazarbayev, la route de la soie n’a cessé de prendre de l’ampleur. Dans le discours du président chinois, d’abord, qui la voit comme le «projet du siècle» et l’utilise à la fois pour resserrer son emprise sur l’opinion publique interne via un discours nationaliste assumé et souligner la puissance de son pays à l’international. Signe de son importance, la nouvelle route de la soie a même été inscrite dans la Constitution du parti communiste chinois, à l’occasion de sa révision en 2017: l’organe politique s’engage à «suivre le principe de parvenir à une croissance partagée grâce à la discussion et à la collaboration», un objectif atteignable grâce à «l’initiative Belt and Road». Dans les faits, ensuite, ce qui n’était qu’une vague idée s’est peu à peu transformé en un réseau tentaculaire de projets soutenus par la Chine à travers le monde.

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La difficulté vient du fait qu’il n’existe aucune liste complète, à jour et publique des investissements réalisés dans ce cadre. Seules des bribes d’informations peuvent être rassemblées. Par exemple, l’Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB) a soutenu, depuis début 2016, 35 projets, pour une valeur totale de 7,5 milliards de dollars. Ces derniers sont localisés dans de nombreux pays, dont l’Égypte, l’Inde, la Turquie, l’Indonésie, Oman, les Philippines ou encore le Bangladesh.

Les promoteurs du projet arguent que ces investissements massifs permettront de soutenir le commerce, la consommation et la croissance mondiale. En Italie, le sous-secrétaire d’État Michele Geraci a ainsi parlé d’un effet positif du protocole d’accord entre Rome et Pékinsur les exportations de la Botte. Ce dernier comprend notamment des investissements chinois dans les ports de Gênes et de Trieste, consolidant l’accès à l’Europe occidentale, après le Pirée et d’autres ports méditerranéens.

  • De quels montants parle-t-on?

C’est une question complexe, tant les contours de la «Belt and Road Initiative» demeurent flous. Dans l’ensemble, la Banque asiatique de développement, citée par l’Iris, estime que 26.000 milliards de dollars seront nécessaires pour améliorer les infrastructures en Asie entre 2016 et 2030, soit environ 1700 milliards de dollars par an. Ces dépenses devraient principalement être orientées vers l’électricité (56,3%), le transport (31,9%) et les télécommunications (8,7%). Dans ce contexte, le projet BRI est difficilement chiffrable mais les estimations varient entre 4000 milliards de dollars et 900 milliards de dollars, selon Deloitte. Le cabinet relève que la moitié du financement du projet viendra des banques commerciales publiques chinoises, 38% de la China Development Bank et 8% de l’Export-Import Bank of China, spécialisée dans le commerce extérieur. Le reste viendra d’autres institutions, comme le Silk Road Fund. On retrouve toutefois dans l’écrasante majorité des financements la mainmise de l’État central chinois, qui garde donc un contrôle sur le déploiement de la BRI dans le monde.

  • Quels sont les pays intégrés?

Six routes terrestres et un réseau portuaire sont compris dans la Belt and Road initiative: au total, 60% de la population mondiale, 30% du PIB et plus du tiers du commerce international sont concernés. Jusqu’ici, les projets couvrent une multitude de pays en Afrique (Nigeria, Égypte), au Moyen-Orient (Turquie, Oman), en Asie (Tadjikistan, Indonésie, Inde, Philippines), et même en Europe (Géorgie, Grèce et maintenant Italie).

  • Quels sont les secteurs concernés?

Il faut dire que cet argent sera utilisé dans un grand nombre de pays, et servira à financer une quantité pharaonique de projets différents. Dans l’ensemble, la Chine souhaite «améliorer la connectivité» entre l’Empire du milieu, «le marché européen, le sud-est asiatique et le Moyen-Orient», relève la direction du Trésor dans une note publiée en octobre dernier. Ports, réseaux ferrés, infrastructures de commerce, pipelines… Le champ embrassé par la BRI est tout aussi flou que son domaine géographique. Par exemple, l’AIIB a soutenu l’amélioration du réseau d’eau des zones urbaines de l’État indien d’Andhra Pradesh, le développement d’infrastructures touristiques dans la région de Mandalika, sur l’île de Lombok, en Indonésie, ou encore la construction d’une nouvelle ligne de métro à Bangalore, en Inde, et le renforcement des réseaux de télécommunication à Oman. Vaste programme, donc, qui ne cesse d’étendre ses ramifications.

  • Pourquoi le projet suscite-t-il tant d’opposition?

Sans même parler de l’impact écologique engendré par une hausse des constructions et des échanges internationaux, la BRI est à l’origine de plusieurs inquiétudes, tant en Asie qu’au-delà.

D’abord, les capacités de financement chinoises posent question. L’État chinois accentue le poids de sa dette et finance parfois des projets non viables, souligne l’assureur Euler-Hermès dans une étude publiée cette année. Il en va de même pour les États hôtes des projets, «déjà très endettés et dont l’implication dans la BRI compromet leurs finances publiques». Un risque contre lequel a déjà alerté la présidente du FMI, Christine Lagarde, l’an dernier. C’est ainsi que le Sri Lanka a dû céder le contrôle de son port de Hambantota, stratégiquement situé, à la Chine après avoir échoué à rembourser ses dettes.

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Le manque de structure de la BRI, qui touche un large éventail de pays comme de secteurs économiques, est également source d’interrogations. Les pays concernés ne suivent d’ailleurs pas les mêmes systèmes juridiques, compliquant davantage la donne, entre le droit islamique au Moyen-Orient, la «common law» chère au droit anglais et le droit civil dans d’autres nations. La rédaction des contrats diffère ainsi selon les pays. Également, certains projets s’étendent dans des nations instables ou des zones tendues, notamment en Afrique et au Moyen-Orient, une réalité qui complexifie encore plus la rentabilité des investissements.

De plus, certains voient dans cette politique une forme de néocolonialisme, renforçant le contrôle chinois sur les pays émergents. En fournissant à ces États des prêts avantageux, la Chine «accroît le risque que soient financés des projets économiquement non viables qui pourraient entraîner les États concernés dans des dérives d’endettement insoutenables», relève la direction du Trésor. En échange, l’Empire du milieu sécurise ses routes d’approvisionnement et s’accapare des marchés avantageux, notamment en Afrique: «les financements chinois conduisent souvent les pays hôtes des projets à devoir sélectionner des entreprises chinoises pour leur mise en œuvre», limitant les retombées économiques sur le tissu local, alerte l’institution, qui souligne des «déséquilibres» suscitant la méfiance voire le rejet des populations.

  • Quelle est la position européenne?

Ce risque a conduit Emmanuel Macron à mettre en garde contre le projet BRI: ces routes «ne peuvent être celles d’une nouvelle hégémonie» plaçant les nations en «vassalité» face à Pékin, alertait le président français en janvier 2018. Le locataire de l’Élysée n’est pas le seul à exprimer des réserves sur le plan chinois: les Américains, notamment, doutent que «les Italiens en retireront des gains économiques durables», selon les mots du conseiller spécial de Donald Trump, Garrett Marquis.

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En réunissant à ses côtés ce mardi la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le président français souhaite présenter un front européen uni face aux ambitions chinoises. Une position qui a toutefois été mise à mal par le cavalier seul du gouvernement Conte et, précédemment, par la signature d’accords par la Grèce, le Portugal ou encore la Hongrie. Pour le Trésor, cela n’a rien d’anodin: «les autorités chinoises entretiennent des relations asymétriques avec les États membres de l’Union», permettant une «logique d’influence» facilitée par rapport à des négociations qui seraient menées face aux vingt-huit présentant un front uni. »

 

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24 mars 2019.  La visite de Xi  JinPing à Rome, Monaco et Paris ces derniers jours a fini par tirer de leur léthargie les organes de la presse française qui sommeillaient sereinement malgré les voyants d’alerte rouge dallumés depuis belle lurette dans la presse anglo-saxonne…C’est au tour du magazine MARIANNE d’analyser en détail, par le biais d’une interview d’expert, la montée en puissance de Pékin dans tous les domaines, y compris militaire…Une interview à lire absolument.

https://www.marianne.net/economie/la-chine-profite-de-l-austerite-imposee-par-bruxelles-apres-2008-pour-s-implanter-en-europe?utm_medium=Social&utm_source=Twitter&fbclid=IwAR3jy_Fr6aHbehJT2NMg-oUnWRAIjkVsVqpNqgo10kF82Z1Wdk6CGDKPVp8#Echobox=1553417427

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Rome, 23 mars 2019 (AFP) – Les gouvernements italien et chinois ont signé samedi matin un protocole d’accord « non contraignant » pour sceller l’entrée de l’Italie dans les « nouvelles routes de la soie », malgré l’inquiétude de Bruxelles et Washington.L’Italie est le premier pays membre du G7 à intégrer ce projet pharaonique d’infrastructures maritimes et terrestres lancé par Pékin en 2013.

Devant le président chinois Xi Jinping et le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, le président de la commission nationale pour le développement, He Lifeng, et le ministre italien du Développement économique, Luigi Di Maio, ont solennellement signé le document.

Au cours de la même cérémonie, un total de 29 contrats ou protocoles d’accords ont été signés, pour les deux-tiers institutionnels et le dernier tiers concernant des entreprises.

Selon les médias italiens, les accords portent au total sur 5 à 7 milliards d’euros – voire sur un « potentiel » de 20 milliards d’euros selon le quotidien économique Il Sole 24 Ore – et prévoient des investissements chinois, pour l’instant limités, dans les ports stratégiques de Gênes et de Trieste.

Les contrats concernent le groupe Ansaldo, pour la fabrication de turbines et le groupe Danieli, qui décroche un contrat de 1,1 milliard d’euros pour la construction d’un site sidérurgique en Azerbaïdjan.

Les accords prévoient aussi l’ouverture du marché chinois aux oranges italiennes, un partenariat du géant chinois du tourisme Ctrip avec les aéroports de Rome, la compagnie de chemin de fer Trenitalia et le musée Ferrari à Modène (centre), des programme de jumelage ou encore une collaboration entre télévisions publiques et agences de presses chinoises et italiennes.

Pékin aurait aussi voulu accueillir en Chine des matches de Serie A, mais les règles de la Fifa l’interdisant, la fédération italienne prévoit de délocaliser des matches de l’équipe nationale et des matches de coupes d’Italie et de former des arbitres chinois à l’arbitrage vidéo, très décrié en Italie.

En revanche, compte tenu des réticences exprimées à Washington ou à Bruxelles, mais aussi au sein même du gouvernement populiste italien, face à une forme de raprochement unilatéral entre l’Italie et la Chine, une vingtaine d’autres accords en discussion ces derniers mois ont été suspendus.

« Avec ce protocole d’accord, nous sommes bien conscients qu’au-delà de l’opportunité, il y a aussi un risque », a assuré à la radio le secrétaire d’Etat italien à l’Economie Michele Geraci, fervent défenseur à Rome de la cause chinoise, qui a enseigné dix ans en Chine.

Les exportations italiennes vers l’Empire du milieu n’ont pas dépassé les 13 milliards d’euros l’an dernier, quand elles représentent sept fois plus pour l’Allemagne.

Reçu vendredi par son homologue italien Sergio Mattarella, M. Xi a assuré: « La partie chinoise souhaite des échanges commerciaux dans les deux sens et un flux d’investissements dans les deux sens ».

Publié le 23/03/2019 12:30

 

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22 Mars 2919. Article du « Monde Diplomatique »: la Chine s’apprête à construire sur la côte de Tanazanie un port pour porte-conteneurs à la capacité plus grande que celle de Rotterdam.

https://www.monde-diplomatique.fr/2019/02/SERVANT/59566

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La visite de Xi JinPing en Italie, à Monaco et en France, à compter du 21 mars et surtout l’annonce d’une signature d’accord SinoÎtalien sur le BRI  ont soudain provoqué une série d’articles (L’Express, l’Observateur, Libération …) dans une presse française jusqu’ici assez silencieuse sur la question. « Le Monde » titre pour sa part sur cinq colonnes à la une:

 » L’UE cherche la parade face à l’offensive de la Chine« .

 

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19 mars 2019.  (traduction automatique). Un article de « Geopolical Futures« ( USA) à propos de la signature d’un M.O.U. entre Pékin et Rome cette semaine, accompagné d’une carte des pays européens ayant entamé divers types de partenariat, allant de la déclaration conjointe à une négociation, avec la Chine dans le cadre du projet BRI. En tout, selon cette carte, 17 pays.

https://www.realclearworld.com/articles/2019/03/18/italy_signs_up_for_the_belt_and_road_initiative_112988.html

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–  Un ouvrage publié le 6 mars par Éric de La Maisonneuve, général de division (2S),  fondateur et président de la Société de Stratégie – http://www.societestrategie.fr.

Professeur invité à l’Institut de Diplomatie de Pékin (2004-2014), il a effectué une vingtaine de séjours en Chine, notamment en 2018 dans la région autonome du Xinjiang.

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Extrait:

« La définition de la politique étrangère, (…) présentée au Parti par le nouveau président lors du XVIIIe Congrès et confirmée depuis, repose donc sur deux piliers : poursuivre le développement économique, contester le système occidental.

Sur le premier pilier, l’essentiel consiste à nourrir le Moloch qu’est devenue l’économie chinoise, et en tout premier lieu à satisfaire ses besoins énergétiques qui sont colossaux : rien moins que 420 millions de tonnes d’importations pour le pétrole en 2017, soit 8,4 millions de barils par jour et plus de 60 % de sa consommation. Il en va de même pour les diverses matières premières dont la Chine est le plus gros consommateur et le premier importateur mondial, ce qui suppose aussi bien des liens assurés avec les divers producteurs qu’un cordon ombilical sécurisé entre leurs bases de départ et les portes d’entrée en Chine. Dans cet objectif prioritaire de développement, la Chine a conclu des partenariats avec plus de 80 pays, créant un réseau mondial d’interdépendance qui constitue une sorte de poids mort de sa politique étrangère. Tout doit être fait pour garantir le fonctionnement de ce réseau complexe et (…) la politique de sécurité y est presque entièrement consacrée. »

 

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–  Un ouvrage dévoilant l’inquiétante  immixion chinoise dans les affaires économiques et politiques du Canada qui devrait constituer un avertissement pour le reste du monde:

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« Manthorpe’s account of China’s clandestine efforts to influence people and politics in Canada is as compelling as it is disturbing. This is an important book for anyone who wants to understand China’s growing influence in Canada. » (David Mulroney, author of Middle Power, Middle Kingdom, former ambassador to the People’s Republic of China)

« Claws of the Panda is a much needed exposure of the Chinese Communist Party’s step-by-step engagement throughout Canada and the world to advance its own economic, political, ideological, and strategic interests at the expense of other countries’ soverignty, security, and economic well-being, if necessary. (Hugh Segal, former Chair of the Foreign Affairs Committe of the Canadian Senate)

 

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15 mars 2019. Pékin vient d’annoncer une augmentation de 7, 5 % de son budget militaire pour 2019. Xi Jinping a déclaré que dans ses plans pour récupérer un jour Taïwan, « la force armée n’était pas exclue« . Enfin, une étude de l’Université Cornell estime que la population chinoise serait autant, voire plus favorable que son gouvernement  à une politique expansioniste.

https://freebeacon.com/blog/chinas-growing-hawkishness/

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12 mars 2019. Selon le « Financial Times » de ce jour, Xi Jinping serait attendu avant le fin du mois de Mars à Rome pour y signer un « memorandum of understanding »( lettre d’intention)  avec le gouvernement italien sur le projet BRI. L’Italie pourrait alors devenir le premier pays de l’Union européenne à s’engager officiellement dans le projet.

https://www.ft.com/content/35accdc0-43de-11e9-a965-23d669740bfb?segmentId=63bac0e6-3d28-36b1-7417-423982f60790

NB: On se souvient de l’intérêt marqué par la Hongrie pour le BRI et  que Xi Jinping, après sa visite à Lisbonne le 6 décembre 2018, avait salué l’intérêt du governement portugais pour le projet et l’ intention des deux gouvernements de le faire avancer en Europe. Voir plus bas. La Grèce a manifesté de son côté son intention de donner suite aux offresde financement chinois.

Avec l’Italie, membre fondateur de l’Union, ce sont donc à présent 17 pays européens qui sont sensibles à l’initiative des « Nouvelles Routes de la Soie »….

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11 mars 2019. Le quotidien « Le Monde » titre que le rapprochement potentiel Sino-Italien inquiète les partenaires européens de l’Italie.

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/11/la-perspective-d-un-accord-entre-rome-et-pekin-inquiete-les-partenaires-de-l-italie_5434395_3210.html

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8 mars 2019.  Un article à mon sens incontournable du « National Interest« , revue américaine conservatrice qui analyse les défis iranien, chinois et russe face à l’ordre mondial hérité de la fin de la guerre froide en mettant en garde contre la convergence de ces défis vers une sorte d’alliance informelle face à la primauté mondiale des Etats-Unis et de l’Occident en général. Cet article, qui a pour mérite essentiel une bonne synthèse d’informations existantes, a également toute sa place dans la réflexion sur la « B&R Initiative »…

https://nationalinterest.org/feature/end-great-power-peace-46282

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7 mars 2019.  Si l’on en croit le Taïpei-Times, le grand projet « Belt and Road » de Pékin serait au point mort et l’économie chinoise en mauvaise posture, le Yuan en perte de vitesse accélérée. Après les problèmes du projet B&R rencontrés récemment en Afrique (voir article précédent) et en Malaysie, Pékin se tournerait vers des projets dans la région de Hong-Kong. Mais n’oublions pas qu’il s’agit d’une opinion taïwanaise…

http://www.taipeitimes.com/News/editorials/archives/2019/03/01/2003710603

 

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29 janvier 2019.  L’aide chinoise au développement des infrastructures en Afrique semble soulever quelques problèmes. A la suite de la construction de lignes de chemin de fer en Ethiopie et au Kenya,   l’Ethiopie vient de demander à Pékin de restructurer sa dette sur 30 ans et Nairobi a vu la sienne décupler en 5 ans. Le gouvernement kenyan craint par ailleurs de devoir remettre le port de Monbasa à Pékin s’il n’est pas en mesure d’honorer un paiement dû à l’Exim Bank. Enfin Nairobi conteste la facturation du projet en question.

https://thediplomat.com/2019/01/the-chinese-railways-remolding-east-africa/

 

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25 janvier 2019. – Parallèlement au sujet principal de cette rubrique, mais non sans rapport avec elle, un petit « pèlerinage »diplomatique bilatéral franco-chinois.

A l’occasion du 55ème anniversaire de la reconnaissance de la Chine populaire par Paris,  le Quai d’Orsay vient de publier un document évoquant les conditions dans lesquelles le Général De Gaulle choisit Pékin contre Taïwan comme seul représentant du peuple chinois en 1964. 

Par réalisme géopolitique, certes, par volonté de s’opposer à Washington qui soutenait Taipeh, bien sûr, par contrepoids à l’influence de Moscou , sans doute, -mais aussi, sans le dire, par intérêt pour le vaste marché commercial potentiel qui ne manquerait pas de s’ouvrir…

En écoutant les raisonnements tenus alors à la lumière de la puissance et des ambitions chinoises aujourd’hui, je n’ai pu retenir un sourire en entendant les protagonistes français de l’époque affirmer  « Il n’y a rien à craindre de la Chine rouge« .

La Chine a beau être un peu moins « rouge », ses tentacules ont vraiment beaucoup poussé !…

 

 

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24 janvier 2019. Un article assez indirectement lié à la « stratégie BRI », mais qui montre comment les USA ne pourraient, pour des raisons stratégiques indiscutables , accepter une trop forte influence de Pékin sur Taïwan. Un aspect des choses jamais aussi détaillé dans la presse française, évidemment.

https://nationalinterest.org/feature/post–invasion-nightmare-taiwan-becomes-america’s-enemy-41957

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16 janvier 2019:  Une étude du « CIMB-Asean Research Institute », Think tank sur l’intégration dans l’ASEAN installé à Kuala Lumpur:

– les hésitations de certains membres de l’ASEAN, tels la Thaïlande, face au dilemne entre la fidélité aux USA et les alléchantes perspectives du projet BRI.

– un des contributeurs pose la question actuellement sur toute les lèvres: le BRI est-il la déclaration de Pékin sur une  « Destinée manifeste » de la Chine ?….

http://www.lse.ac.uk/ideas/Assets/Documents/reports/LSE-IDEAS-China-SEA-BRI.pdf

 

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–  6 décembre 2018. Après la visite de Xi-Jin-Ping à Lisbonne, deux articles chinois détaillant la grande bonne volonté portugaise vis à vis de Pékin en échange d’un soutient financier chinois à un Portugal endetté. A noter que le partie « partenariat bleu » (sic) consiste à mettre à la disposition de Pékin les ports atlantiques lusitaniens. Pour quel usage exact, l’avenir le dira…

http://french.china.org.cn/foreign/txt/2018-12/06/content_74245073.htm

http://french.china.org.cn/foreign/txt/2018-12/05/content_74240461.htm

 

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23 novembre 2018  – Un article du site français « Atlantico » sur l’échec partiel du sommet de l’APEC (22 novembre 2018):      https://www.atlantico.fr/decryptage/3559370/la-route-de-la-chine-vers-le-statut-de-super-puissance-semee-d-embuches-jean-marc-siroen

– Une dépêche de l’AFP annonçant la création d’une base américano-australienne en Papouasie-Nouvelle Guinée:   https://www.atlantico.fr/node/3558859

– Un article sur le réarmement rapide du Japon dans le domaine naval, face à l’occupation de la mer de  Chine du Sud par la RPC:

David J. Bercuson: Why Japan is building its military, fast

– Un article de la BBC semblant confirmer que la tactique de guerre des « tariffs » de Trump fonctionne…

https://www.bbc.com/news/business-46031652

 

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– Quelques informations non publiées dans la presse française sur la collaboration des services de renseignement de divers pays face aux projets chinois, par l’agence anglaise Reuters (12 octobre 2018):

https://www.reuters.com/article/us-china-fiveeyes/exclusive-five-eyes-intelligence-alliance-builds-coalition-to-counter-china-idUSKCN1MM0GH

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7 octobre 2018. Sur un ton un peu polémique, mais justifié, un article court de Boulevard Voltaire à propos  des méthodes chinoises en Afrique: méthodes que je peux confirmer pour les avoir constatées « de visu » il y a déjà 12 ans en Tanzanie lorsque j’y étais en poste.

http://www.bvoltaire.fr/pendant-que-loccident-seffondre-la-chine-sempare-de-lafrique/

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5 octobre 2018. Un article de « the Economist » sur l’entrisme des chinois en Europe:

https://www.economist.com/leaders/2018/10/04/china-has-designs-on-europe-here-is-how-europe-should-respond

 

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– Un article en anglais sur « La Longue Marche de la Marine de Guerre chinoise« , évidemment indissociable du projet Belt and Road…

https://www.nationalreview.com/2018/09/china-naval-power-growing-new-doctrines-new-missions/

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29 septembre 2018. Article dans « La Tribune » signé par Federica Mogherini présentant le projet (contre-projet ?) de la Commission Européenne sur l’idée d’une meilleure « connexion » entre l’Europe et la Chine.

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/connecter-l-europe-a-l-asie-de-maniere-durable-791732.html

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– Un article de l’IRIS sur l’opposition de l’Inde au projet Belt and Road :

http://www.iris-france.org/wp-content/uploads/2018/07/Asia-Focus-80.pdf

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–  Un article de la revue de Défense américaine  » War on the Rocks »

https://warontherocks.com/2018/09/india-and-the-rise-of-china-soft-balancing-strategy-reconsidered/

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– Un article universitaire de l’IRIS intéressant parce qu’il évoque également les projets chinois par la voie polaire:

http://www.iris-france.org/wp-content/uploads/2018/05/Asia-Focus-71.pdf

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– A titre (très) indicatif, le survol de Wikipedia sur le projet BRI:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle_route_de_la_soie

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– Un article intéressant (en anglais) d’une revue australienne de stratégie qui  s’inquiète, on comprend pourquoi:

https://www.aspistrategist.org.au/strategic-implications-of-chinas-belt-and-road-initiative-too-big-to-ignore/

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– Un article sur les visées chinoises vers l’Afrique de l’Est:

http://les-yeux-du-monde.fr/ressources/28654-one-belt-one-road-et-investissements-portuaires-chinois-en-afrique-de-lest-kevin-merigot

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– Une étude assez exhaustive en français faite par le Sénat:

http://www.senat.fr/rap/r17-520/r17-520_mono.html#toc452

 

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– Un bon article de Diploweb auquel j’aurais bien aimé voir ajouté quelque chose sur les achats tous azimuts de terres arables par Pékin en Afrique, Amérique Latine et même Europe, actions qu’on ne peut à mon sens dissocier du projet  « Routes de la soie »…

https://www.diploweb.com/Le-chantier-tres-geopolitique-des-Routes-de-la-soie.html

 

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–  Un article de RT, organe russe d’information sur la présence chinoise en Afrique:

https://francais.rt.com/opinions/52024-chinafrique-realite-qui-prend-corps

 

2 Replies to “La stratégie chinoise du « Grand Jeu ». (Revue de Presse)”

  1. Sans doute connaissez-vous la revue « Questions internationales » publiée par « La Documentation Française ». Le numéro 93 a pour titre « La Chine au coeur de la nouvelle Asie ». Je pense que ça va vous intéresser.

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    1. Bonjour Colibri,
      Je m’aperçois avec horreur que je n’avais pas vu votre message de Septembre !!! Mieux vaut tard que jamais, mais je vous présente tout de même mes excuses. Merci pour votre suggestion de lecture, je vais me procurer le N° en question de la Doc. FR, ils sont toujours très bien faits et je m’en nourrissais au temps lointain où j’étais étudiant en histoire des relations internationales. Etes-vous le « Colibri » qui intervient sur le site de Maxime Tandonnet ?
      Encore toutes mes excuses et bien cordialement

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