France: un réveil girondin ?…

 

La France traverse une période de troubles peu ou pas anticipée par ses édiles et dont l’issue est encore incertaine.

Crise assurément plus profonde que le gouvernement ne veut le reconnaître, crise du pouvoir d’achat, certes, mais aussi crise d’identité, donc de civilisation. Crise « girondine » au départ, née dans la « France profonde », dont nul pour l’instant ne peut vraiment prédire l’évolution. Mais qui laissera assurément des traces durables.

Je suis de ceux qui tirent espoir de ce réveil longtemps attendu, sans illusions excessives cependant compte tenu de la décadence morale et du désintérêt des « élites » urbaines, qui dirigent le pays avec bien peu de souci de ce qui n’est pas leur nombril .

Je suis aussi de ceux qui n’apprécient pas beaucoup François Bayrou, éternel donneur de leçons, opportuniste notoire.

Mais je remarque qu’il a été le seul homme politique à tenter publiquement d’élargir le débat sur la crise actuelle, volontairement réduite par le pouvoir à une affaire de carburants.  Attitude d’autant plus intéressante qu’il a été l’un des grands soutiens d’Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle.

Et qu’il est une figure à la fois parisienne et girondine. 

Interview au Figaro, 21 novembre 2018:

 » (…) Le prix du carburant est un sujet, mais peut-être pas le vrai, ni le seul sujet. C’est un élément déclencheur, un détonateur, mais la matière explosive est plus large » et il enfonce le clou en déclarant qu’une « démocratie, c’est aussi le Parlement et les mouvements politiques qui ont la responsabilité d’ouvrir le débat ». Et il décroche  ce dernier tacle à l’adresse de l’exécutif  » il leur faut des antennes pour comprendre ce qui se passe. Au travers de tels mouvements, ce sont les courants profonds d’une société qui s’expriment, même là où on ne les attend pas. Ils doivent affronter ce défi d’un pays fracturé, et donc conduire un très gros travail de pensée et d’imagination. C’est ce qui manque le plus ».

François Bayrou met l’accent sur cette  « sorte de sécession de la base de la société contre son prétendu sommet » et cette « remise en cause profonde de la manière dont nous pensons le pouvoir ».

Il concède que cette sécession « remonte à des décennies », mais il suggère que cette rupture s’est creusée avec la verticalité du pouvoir exercé par Emmanuel Macron.

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