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Immigration: l’enjeu occulté des élections européennes

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Par Carl Meeus , Le Figaro.
Publié le 24/05/2019 à 06h30

INFOGRAPHIE – Première préoccupation des Européens, la lutte contre l’immigration n’a pas été, en France, au cœur des débats. Emmanuel Macron, pour mobiliser les électeurs de La République en marche, a préféré les recentrer sur la lutte contre les dérèglements climatiques.

Curieusement, quand Emmanuel Macron s’est engagé dans la campagne électorale des européennes lors du sommet de Sibiu en Roumanie, le 9 mai dernier, fixant les trois priorités – climat, protection des frontières et refondation des accords de Schengen -, certains médias comme les candidats de la liste Renaissance n’ont retenu que le climat pour en faire la priorité numéro 1 de la fin de la campagne! Occultant totalement les problèmes d’immigration. Déjà, au début du mois d’avril, Nathalie Loiseau et Pascal Canfin, les numéros 1 et 2 de la liste Renaissance, avaient publié une tribune dans le quotidien Libération pour que l’Europe fasse de «l’urgence climatique sa première priorité». Malgré la volonté, clairement exprimée, de la majorité de la population européenne de placer, à l’inverse, l’immigration en pôle position des préoccupations du moment.

C’est en tout cas ce qui ressort de l’Eurobaromètre Kantar effectué à l’automne 2018 pour la Commission européenne. Clairement, les Européens interrogés pour savoir «quels sont les deux problèmes les plus importants auxquels doit faire face l’Union européenne» placent l’immigration en première position (40 %) très largement devant le terrorisme (20 %), l’état des finances publiques (19 %), la situation économique (18 %), le changement climatique (16 %) et le chômage (13 %). Bien sûr, les priorités ne sont pas identiques selon les pays, ni selon les affinités électorales.

Ainsi, les Français placent d’abord le pouvoir d’achat comme thème qui aura une importance dans leur vote (42 % selon une étude menée par Harris Interactive mi-avril) devant l’immigration (39 %). L’environnement n’arrive qu’en quatrième position (35 %). Seulement l’environnement et le climat sont une priorité des électeurs LREM (50 %) davantage que l’immigration (37 %). Des chiffres qui s’inversent auprès de l’électorat des Républicains (64 % font de l’immigration une priorité, 30 % le climat) et du Rassemblement national (76 % versus 25 %).

D’abord mobiliser son camp

Le programme de la liste ­Renaissance publié le 9 mai relègue la question des frontières et de la politique migratoire à la cinquième position

Ces chiffres expliquent, dans un scrutin où il faut d’abord mobiliser son camp, pourquoi les responsables de la République en marche préfèrent insister sur le climat davantage que sur la lutte contre l’immigration clandestine.

Mais ces derniers vont même encore plus loin qu’une simple inversion des priorités puisque, dans leurs propositions pour lutter contre l’immigration clandestine, des nuances ont été apportées. Dans sa tribune diffusée le 4 mars à l’ensemble de la presse européenne, Emmanuel Macron appelait à «remettre à plat l’espace Schengen». L’idée étant, indique-t-il alors, d’assurer «des obligations strictes de contrôle» et de rétablir «la liberté en sécurité». Moins de deux mois plus tard, dans le programme, il ne s’agit plus que de «sauvegarder l’espace Schengen». Une formule vague, qui se fait subtilement plus évasive quant à une réelle remise en question.

En parallèle, le volet immigration dégringole dans l’ordre du jour de la République en Marche: le programme de la liste Renaissance publié le 9 mai, à seulement quinze jours du scrutin, relègue la question des frontières et de la politique migratoire à la cinquième position, loin dans l’ombre de «l’urgence verte».

La dernière semaine de la campagne a été révélatrice de cet écart. Emmanuel Macron a tenu jeudi le premier conseil de défense écologique. À trois jours du scrutin pour bien marquer l’enjeu du vote pour lui.

Mais l’immigration s’est aussi invitée en cette fin de campagne avec le débarquement à Lampedusa (Italie) de 47 migrants sauvés par l’association Sea-Watch alors que Matteo Salvini le ministre de l’Intérieur refusait leur entrée sur le sol italien.

Si l’Europe est loin de revivre la vague migratoire qui a bousculé les pays européens en 2015, nombreux sont ceux qui estiment, à l’instar de François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicains, que «le défi migratoire est devant nous».

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NB: Les caractères gras sont un ajout de ma part.

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