MEMORABILIA

E. Macron: ou comment faire feu…de tout bois !

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Quelques précisions vraiment nécessaires après le délire « amazonien« . Une fois de plus, E. Macron confond à plaisir  le rôle d’un chef d’état avec celui d’un communicateur et d’un agent électoral. Après avoir profité des gilets jaunes pour nous vendre sa campagne des Européennes à la faveur d’un  « dialogue national » où l’on enendit que lui, il utilise à présent un sommet international pour se hausser du col avant les municipales. Au prix d’une passe d’armes vraiment inutile avec le plus grand pays d’Amérique du Sud. Belle conception du rôle d’un chef d’état ! Ce matin, je me sens un peu gêné aux entournures en pensant à mon ancien métier…

L’article qui suit remet les choses en perspective au moins pour ce qui concerne « notre maison qui brûle« , formule au demeurant empruntée à d’autres. `

Artofuss.

 

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Amazonie: autant d’incendies que de questions

LE FIGARO.  26/08/2019 

Par Marc Cherki, Tristan Vey et Service Infographie

http://premium.lefigaro.fr/sciences/amazonie-autant-de-feux-que-de-questions-20190826

DÉCRYPTAGE – Partout dans le monde, les feux de forêt provoquent l’émoi. Mais la réalité de ces incendies et de leurs conséquences est plus complexe qu’il n’y paraît.

Il n’est jamais simple de décortiquer l’origine d’un emballement. Depuis quelques jours, les réseaux sociaux sont submergés de messages s’indignant du sort réservé à la forêt amazonienne, en proie aux flammes depuis plusieurs semaines.

Au point que le dossier est devenu l’un des sujets brûlants du G7 qui se tient à Biarritz. Des images de Sao Paulo plongé dans le noir par d’épais nuages de fumées d’incendies semblent avoir joué un rôle de catalyseur lundi dernier. Un vieux hashtag qui n’avait jamais rencontré de réel succès, #PrayforAmazonia, est devenu viral, la plupart du temps accompagné de clichés d’incendies très percutants (mais très anciens).

À première vue, on pourrait croire que la forêt amazonienne va partir en fumée sous nos yeux cet été. La réalité n’est pas moins triste, mais elle est comme souvent plus complexe.

● Pourquoi y a-t-il des feux en Amazonie et en Afrique?

En Amazonie, comme chaque année, pendant la saison sèche, les parcelles dont les essences de bois commercialisables ont été exploitées sont brûlées pour être «nettoyées». Elles peuvent alors être transformées en terres cultivables (notamment pour le soja destiné à être exporté) ou en pâturages pour l’élevage bovin. Cela représente des dizaines de milliers de foyers d’incendie, parfois très localisés. Si les scientifiques craignent qu’ils ne deviennent de plus en plus incontrôlables avec l’assèchement de la région, le feu n’est généralement que la dernière étape du processus de déforestation.

» LIRE NOTRE GRAND ANGLE – Déforestation: anatomie d’un désastre annoncé

Des images satellitaires montrent que des incendies ont aussi lieu en Afrique, notamment en République démocratique du Congo (RDC), en Zambie et en Angola. Mais, selon les experts, la nature de ces feux est différente de ceux d’Amazonie. D’une part, ils ne touchent pas des forêts humides mais des zones déforestées et cultivées depuis très longtemps. Et ils sont surtout liés à la culture sur brûlis, une méthode traditionnelle vivace dans les zones agricoles qui a pour but de nourrir les sols avant de les ensemencer.

● Y a-t-il plus de feux que d’ordinaire au Brésil?

Les données satellitaires laissent penser que la saison des brûlages, qui s’étale de juillet à octobre (et connaît son pic en septembre) est bien plus intense que l’an passé. Les chiffres varient selon les sources (entre + 25 % et + 80 %!). Selon le Global Forest Watch, 2019 est en passe de se classer au troisième rang des pires années depuis 2010, mais loin du niveau des années 2000. Il est encore trop tôt pour effectuer un bilan chiffré sur le nombre d’hectares brûlés: les fumées et les nuages, omniprésents au-dessus de l’Amazonie, compliquent les analyses en temps réel.

● Pourquoi cette recrudescence?

Il n’est pas impossible (mais peu probable) que les conditions climatiques de ce début d’été aient été très favorables aux brûlages ; ils ne seraient alors pas plus nombreux mais seulement plus précoces, laissant espérer que leur nombre baisse rapidement. Mais la tendance est très probablement plus lourde. «La déforestation avait déjà été favorisée par les deux prédécesseurs de Jair Bolsonaro (Dilma Rousseff et Michel Temer, NDLR)», rappelle Sébastien Mabile, avocat et président de la commission droit et politique environnementale de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) en France. «En 2012, Dilma Rousseff a engagé une réforme du code forestier en diminuant les amendes et en créant une amnistie pour les délits constatés avant 2008», indique Frédéric Amiel, spécialiste de la biodiversité à l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales).

» LIRE AUSSI – Les impressionnants clichés des incendies en Amérique du Sud depuis l’espace

La situation s’est aggravée avec l’arrivée du nouveau président pour qui«l’Indien doit s’adapter ou mourir», souligne Sébastien Mabile. De ce fait, le 2 janvier 2019, les droits exclusifs d’usage des terres amérindiennes ont été retirés aux peuples autochtones et confiés au ministère de l’Agriculture. «Même si le décret a été annulé le 1er août par la Cour suprême du Brésil, le mal a été fait. Le ministère de l’Environnement au Brésil (Ibama) n’a plus de pouvoir de sanction, notamment en cas de feux de forêt, qui ont été confiés en avril à un nouvel organisme dirigé par un proche de Jair Bolsonaro», ajoute l’avocat.

Enfin, «une sorte de “permis de brûler” les terres, avec un “jour du feu” annoncé pour le 10 août, a été relayé par des propriétaires terriens», indique Sébastien Mabile. De nombreux départs d’incendie ont été constatés autour de la route BR 163 qui va du sud au nord du Brésil, entre le Mato Grosso et l’État du Pará, indique le quotidien Folha de Sao Paulo. «Maintenant, Jair Bolsonaro souhaite que les incendiaires soient poursuivis et condamnés. L’action concertée, avec le “jour du feu”, pourrait être considérée comme un crime contre l’humanité. Car des populations amérindiennes pourraient être forcées de se déplacer à cause des feux de forêt déclenchés», décrypte l’avocat.

● Quel impact sur l’environnement?

Localement, la disparition de la forêt va modifier la pluviométrie et priver de très nombreuses espèces de leur habitat, favorisant leur extinction. Par ailleurs, la forêt primaire amazonienne, étendue sur plus de 500 millions d’hectares, est aussi un formidable piège à carbone, quatre à six fois plus efficace que les forêts de pays tempérés. «Chaque hectare peut piéger de 100 à 180 tonnes de dioxyde de carbone», précise Paulo Artaxo, professeur de physique appliquée à l’université de Sao Paulo. Or, quand la forêt brûle, tout ce carbone piégé dans la végétation est rejeté dans l’air.

● Le phénomène est-il irréversible?

Lorsque les terres cultivées sont abandonnées, la forêt peut en principe reprendre ses droits. Mais cela prend du temps. Tandis qu’un arbre mettra vingt ans à pousser sous nos latitudes, il mettra au moins un siècle à redevenir aussi efficace pour piéger du dioxyde carbone en Amazonie. De plus, cette reforestation est moins efficace au fur et à mesure que les zones cultivées s’étendent.


La forêt amazonienne est-elle le poumon de la planète?

Par Cyrille Vanlerberghe

L’idée est si fortement ancrée dans les esprits que l’expression «poumon vert de la planète» est devenue un synonyme de la forêt amazonienne. L’image a récemment été reprise par la communication de l’Élysée, avec un tweet d’Emmanuel Macron affirmant que l’Amazonie «produit 20 % de notre oxygène». Deux idées fausses, qui font craindre à certains que le monde ne manque d’oxygène si la déforestation rapide suit son cours au Brésil.

Il n’en est heureusement rien. La forêt amazonienne, aussi immense soit-elle, ne produit qu’une fraction de l’oxygène de l’atmosphère. La moitié de ce gaz que nous respirons est produite par les océans, grâce au phytoplancton qui réalise la photosynthèse en absorbant du CO2. Le reste est émis par la végétation terrestre, dont l’Amazonie ne représente qu’une petite fraction, et n’est donc la source que d’environ 5 % de l’oxygène total. Cela n’empêche pas que la déforestation du bassin de l’Amazone soit une catastrophe bien réelle. Elle met en danger des populations indigènes, fait disparaître une biodiversité unique au monde, tant pour la flore que pour la faune, et a un impact important sur le climat, tant régional que mondial.

Pour illustrer la richesse du vivant dans cette région du monde, «si l’Europe compte 300 espèces d’arbres, on estime qu’il y en a 15.000 dans toute l’Amazonie», rappelle Daniel Sabatier, botaniste à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Cette diversité est mal connue, et de nombreuses espèces risquent de disparaître avant même d’être identifiées.

L’Amazonie joue aussi le rôle moins connu de régulateur de tout le climat sud-américain. La forêt tropicale humide piège les pluies venant de l’évaporation de l’océan et les redistribue sur l’ensemble du continent.

 

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PS: L’article original est accompoagné d’un intéressant graphique à l’adresse suivante:

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