MEMORABILIA

«Après le meurtre de Villeurbanne »… Mathieu Bock-Côté.

 

Mathieu Bock-Côté: «Après le meurtre de Villeurbanne, des réactions si révélatrices»

Le Figaro, 06/09/2019

http://premium.lefigaro.fr/vox/societe/mathieu-bock-cote-apres-le-meurtre-de-villeurbanne-des-reactions-si-revelatrices-20190906

CHRONIQUE – La peur de la stigmatisation crée un climat de censure étouffant.

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La France entière a été secouée par le meurtre, à Villeurbanne, de Timothy Bonnet par un demandeur d’asile afghan, qui a aussi fait huit blessés à l’arme blanche. Mais on devine que le pays a aussi été exaspéré par la grille d’analyse immédiatement plaquée sur l’événement par le système médiatique: le meurtrier était un déséquilibré. Classique. Nous serions devant un tragique fait divers, sans plus. Le maire socialiste de la ville, Jean-Paul Bret, en a même rajouté, en accusant ceux qui ne se pliaient pas à cette interprétation de basculer vers «l’extrême droite». À l’entendre, c’est moins l’agression qui était révoltante que le simple fait de rappeler l’existence d’un lien entre immigration et insécurité, comme s’il fallait maintenir à tout prix le grand récit de la diversité heureuse.

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On ne sera pas surpris par cette interprétation. Depuis janvier 2015, combien de fois a-t-on entendu les leaders politiques s’inquiéter, suite à un attentat islamiste, de la réaction «islamophobe» qu’il risquait de susciter? Plus largement, il fallait éviter de parler des tensions identitaires engendrées par l’immigration massive «pour ne pas faire le jeu du Front national». Chaque fois, c’est la même chose: ce qu’il faut préserver à tout prix, c’est la mystique du vivre ensemble. La peur de la stigmatisation crée un climat de censure étouffant. Ceux qui ont le mauvais goût de rapporter les mauvaises nouvelles sont accusés d’être des polémistes incendiaires, favorisant le développement d’un environnement médiatique anxiogène. On les rendra responsables des sentiments négatifs que développe la population à l’endroit de l’immigration massive.

Le multiculturalisme pousse à la désagrégation sociale

Insistons:le meurtrier était donc un «déséquilibré». On veut bien le croire. Mais de là, il n’y a qu’un pas pour le classer aussi parmi les victimes de l’événement. Bruno Bonnel, député de LREM, affirma ainsi que «les informations qu’on a, à ce stade, montreraient que c’est plutôt un acte isolé d’une personne qui était en recherche d’asile, venant d’un pays très éloigné de la France, l’Afghanistan, peut-être qui a vécu des choses terribles sur son voyage ou là-bas, et qui n’a peut-être pas supporté beaucoup de choses et qui rentre dans une crise de démence. Il faut faire attention de ne pas réagir à chaud pour ne pas stigmatiser des populations». Un peu plus et on reprocherait à la France de laisser ses migrants aller à la dérive. Si le tueur de Villeurbanne avait été pris en charge de manière psychiatrique, cette tragédie n’aurait peut-être pas eu lieu? La France n’est-elle pas coupable des malheurs qui se jettent sur elle?

Quiconque ouvre les yeux le constate pourtant: en Suède comme en France, en passant par les États-Unis – et on pourrait multiplier les pays -, le multiculturalisme pousse à la désagrégation sociale et le système médiatique doit se montrer de plus en plus audacieux pour nous faire croire le contraire. Plus encore, c’est le fait même de l’immigration massive que le régime diversitaire cherche à dissimuler juridiquement ou administrativement, comme on le constate avec la question des «mineurs isolés». C’est le paradoxe de notre temps: plus l’immigration transforme démographiquement nos sociétés, moins il est permis de le mentionner. Comment a-t-on pu en venir à croire qu’un pays peut être absolument indifférent à la population qui le constitue?

Filière migratoire

Nous sommes témoins d’un détournement à grande échelle du droit d’asile, qui est devenu une filière migratoire parmi d’autres. Pire encore, on laisse croire à la civilisation européenne qu’elle trahirait ses idéaux si elle cherchait à contenir les flux migratoires. Dès lors, l’élan vital des peuples européens pour préserver leur identité est conceptualisé à la manière d’une réaction fascisante qu’il faudrait combattre sans compromis. On en vient même à traiter comme des héros humanitaires ceux qui aident les migrants à franchir illégalement les frontières, comme s’ils étaient finalement des militants admirables, concrétisant la promesse universaliste de la République. Le patriotisme, inversement, est criminalisé.

On en revient à Villeurbanne. Certains, après l’événement, ont invité les médias à la plus grande prudence interprétative. Le commun des mortels est pourtant capable de discernement. Il n’a nul besoin de se faire rappeler de manière sentencieuse que les immigrés ne sont pas tous des criminels. Cela va de soi, et il est en droit de se révolter qu’on pense nécessaire de le lui rappeler, comme s’il était une grosse bête xénophobe, capable des pires ignominies si on ne la surveillait pas. Inversement, l’homme ordinaire réclame le droit de dire ce qu’il voit, quoi qu’en pensent les thuriféraires du régime diversitaire. C’est ce qu’on veut l’interdire de faire, lorsqu’on range de force la tragédie de Villeurbanne parmi les faits divers.

 

 

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