MEMORABILIA

Justin ou les infortunes de la Vertu …

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Le Premier ministre canadien  donne depuis quelques jours le spectacle lamentable d’un moralisateur pris à son propre piège et multipliant les contorsions pour sauver des voix en ce début de campagne électorale.  Mais qu’attendre d’autre d’un homme qui n’avait pas hésité, lors de sa visite officielle en Inde en 2018, à se déguiser, lui et toute sa famille, en Maharadjah afin de « plaire » à ses hôtes Indiens ???

Il y a donc, pour quelqu’un qui connait et aime le Canada comme votre serviteur, une satisfaction certaine à voir l’arroseur ainsi arrosé de pied en cap. La flagornerie vis à vis de tout ce qui est « l’Autre », que Monsieur Trudeau, décidément un bien piètre homme d’Etat, a portée à son  comble, trouve ses limites, celles du ridicule;  je ne bouderai donc pas mon plaisir et  félicite de tout coeur celui ou celle qui a diffusé les deux  photos qui vont, je l’espère bien, désormais coller pendant toute la campagne à « Justin-le-Pur » comme le fameux sparadrap aux doigts du capitaine Haddock !

Artofus.

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Mathieu Bock-Côté: «Trudeau piégé par son moralisme».

Publié le 20/09/2019. LE FIGARO.

http://premium.lefigaro.fr/vox/monde/mathieu-bock-cote-trudeau-piege-par-son-moralisme-20190920

 

CHRONIQUE – Celui qui prétend avoir une moralité exemplaire a tout intérêt à ne pas avoir de squelettes dans son placard. Autrement dit, mieux vaut ne jamais retrouver l’évêque au bordel.

 

 » C’est une histoire vieille comme le monde: celle de l’arroseur arrosé. Depuis sa victoire aux élections canadiennes de 2015, Justin Trudeau s’est fait connaître à travers la planète comme un véritable parangon de vertu diversitaire, aimant prendre la pose de l’homme idéal tel que le modèleraient les théoriciens du politiquement correct. Mieux encore, il était toujours prêt à pleurer sur demande et à grosses larmes pour s’excuser des torts réels ou imaginaires autrefois commis par la civilisation occidentale. La presse progressiste voyait en lui un résistant en de sombres temps. Premier ministre people, Justin Trudeau a profité pendant quatre ans de la complaisance des élites mondialisées, persuadées que le Canada est le modèle à suivre pour notre temps, afin qu’advienne la règle de la diversité heureuse.

Et soudainement, boum! Alorsqu’il vient d’entrer en campagne pour sa réélection, Justin Trudeau voit resurgir une vieille photo datant de 2001 où, dans le cadre d’une fête sur le thème des Mille et Une Nuits, il a poussé son déguisement d’Aladin jusqu’à se peindre en brun. Il s’est aussi, une autre photo en témoigne, peint en noir dans le cadre d’un spectacle de fin d’année alorsqu’il était jeune enseignant. Comme quoi la passion du déguisement de Justin Trudeau ne date pas d’hier.

Depuis toujours, les hommes se déguisent en empruntant les traits de gens d’autres cultures ou d’autres religions. Mais l’époque ne veut pas voir les choses ainsi. Justin Trudeau est accusé de s’être livré à la pratique du «blackface», venue de l’Amérique esclavagiste et ségrégationniste, où des hommes blancs se peignaient le visage dans le cadre de certaines pièces de théâtre pour prendre de manière caricaturale les traits d’une personne noire et la tourner en ridicule.

Au Canada anglais, on veut prendre le «blackface» de Trudeau au sérieux. L’honneur du premier ministre serait compromis! Certains en appellent à sa démission! Soyons honnêtes: plusieurs, surtout à droite, s’amusent de voir le sermonneur en chef du multiculturalisme canadien subir sa propre médecine. Nul ne doute un seul instant que si un candidat d’un autre parti avait été accusé des mêmes faits, il aurait été expulsé sur le champ de la campagne. Trudeau lui-même aurait sans aucun doute anathémisé l’inconscient et l’aurait accusé d’avoir trahi les valeurs canadiennes. Plusieurs en tirent la leçon suivante: celui qui prétend avoir une moralité exemplaire a tout intérêt à ne pas avoir de squelettes dans son placard. Autrement dit, mieux vaut ne jamais retrouver l’évêque au bordel.

La révolution finit toujours par dévorer ses enfants

Pour se faire pardonner, Justin Trudeau a mis le genou à terre en offrant de manière théâtrale ses excuses. Il vaut la peine de le citer: «Je n’aurais pas dû faire cela. J’aurais dû savoir que je n’aurais pas dû le faire, et je le regrette profondément.» Avant d’ajouter: «C’était une erreur. Je m’excuse profondément. Je me suis déçu moi-même (…). Je ne pensais pas que c’était raciste à l’époque, mais maintenant, je sais que c’est raciste.»

Jeudi, de Winnipeg, il en a rajouté dans la contrition en tenant une conférence de presse, comme s’il devait s’accuser très violemment pour avoir le droit de se faire pardonner. Le premier ministre canadien consent ainsi à s’humilier publiquement en s’accusant du pire des péchés, dans l’espoir de tourner la page et de recevoir l’absolution du clergé diversitaire, qui n’a peut-être pas envie de perdre son héraut dans cette controverse. La révolution finit toujours par dévorer ses enfants.

Les Québécois semblent les seuls à garder la tête froide. Devant ce délire anglo-saxon, ils incitent au calme et rappellent qu’il n’y a aucun sens à reprocher rétroactivement à Trudeau un comportement qui n’était pas perçu comme moralement fautif en 2001. Il fut un temps où l’esprit de sérieux ne dominait pas encore tout ce qui touche à la sacro-sainte diversité. Là où le Canada anglais voit un scandale, les Québécois reconnaissent une comédie ubuesque. Ne voyons pas dans la réaction québécoise une complaisance pour le racisme mais un refus instinctif de se laisser américaniser.

Car tel est le véritable sens de cette controverse. L’Amérique n’en finit plus d’exporter à travers le monde ses traumatismes et la grille de lecture qui les accompagne. Elle pousse ainsi à une racialisation des rapports sociaux en plus d’imposer partout un puritanisme diversitaire qui finira par abolir la possibilité même de l’humour et du carnaval.

Je parle ici en électeur appelé aux urnes le 21 octobre. Il y aura d’excellentes raisons de voter contre Justin Trudeau: son incompétence, sa légèreté intellectuelle, son multiculturalisme enragé, son hostilité viscérale au peuple québécois. Mais on ne l’accusera quand même pas de racisme. Il y a des limites à se soumettre aux délires des ligues de vertu antiracistes. »

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