MEMORABILIA

« L’Immigration, le Grand Tabou » , Atlantico.

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Avec Alexandre Del Valle

https://www.atlantico.fr/rdv/3579931/l-immigration-le-grand-tabou-alexandre-del-valle

ATLANTICO, 27 septembre 2019

 

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Fidèle à sa ligne du « en même temps », le président de la République, qui se veut « humain » et « efficace », « accueillant » mais pas « naïf », « humaniste » mais pas « laxiste », s’était déjà exprimé devant des élus de sa majorité à qui il demandait de regarder ce sujet en face.

En décidant d’aborder des sujets tels que l’AME – Aide médicale d’État -, le droit d’asile ou encore les reconduites à la frontière, Macron s’empare de sujets qui étaient jusqu’alors supposés être l’apanage des seules droites et « extrême droite ».

Alexandre Del Valle revient sur les faits et chiffres accablants concernant l’immigration qui ont poussé le Président et la droite dite « modérée » à s’attaquer à un sujet qui figure parmi les principales préoccupations des français.

 

D’après la Commission Européenne, le nombre total de migrants – non éligibles au statut de réfugiés politiques – arrivés entre 2015 et 2017 sur son territoire s’élèverait à 1,5 millions.

En France, sur la période du seul quinquennat, le chiffre total de migrants (légaux ou illégaux) durablement installés en France et profitant de nombreuses aides – toujours plus coûteuses – pour les collectivités publiques, avoisinerait les 2 millions de personnes, soit une moyenne de 400 000 personnes par an, selon l’aveu du député européen et ex-ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux.

Dans les années 1960, le grand démographe Alfred Sauvy avertissait déjà que le phénomène de l’immigration de masse extra-communautaire aurait des conséquences civilisationnelles, sociales, économiques, et sécuritaires majeures et probablement hautement sismiques si des mesures de sélection et de contrôle n’étaient pas prises.

Mais depuis des décennies d’immigration, non plus choisie et assimilée, mais de plus en plus subie et non-intégrée, il est de mauvais ton d’évoquer ce phénomène autrement que de façon béate et idyllique, tant le migrant est devenu, avec le climat, une cause fondamentale et indiscutable qui nécessiterait l’abolition des frontières coupables de tous les maux de la Terre.

Comme l’avait prophétisé Sauvy, ses effets, palpables depuis des décennies expliquent en partie la montée des populismes et de ladite extrême-droite tant en France qu’ailleurs en Europe de l’ouest.

 

Le peuple français majoritairement inquiet malgré la propagande pro-immigrationniste permanente

 

Selon un récent sondage publié le 13 septembre dernier par l’institut IPSOS, 60% des français percevraient les migrants comme une « menace », 45% estiment que ces derniers les priveraient de services sociaux et 75% des sondés considèrent que « que les partis traditionnels et les politiciens ne se soucient pas des gens comme eux, ou encore ne les comprennent pas ».

C’est donc pour parler davantage aux classes moyennes et populaires que Macron – non sans arrières pensées électorales, certes – a décidé d’accorder à cette question une place privilégiée dans le débat public.

Le 16 septembre dernier, il déclarait devant sa majorité : « La gauche n’a pas voulu regarder ce problème pendant des décennies. Les classes populaires ont donc migré vers l’extrême droite » ; il ajoutait : « La République En Marche doit cesser d’être un parti bourgeois qui ignore l’opinion de classes populaires séduites par l’extrême droite ». 

S’agit-il là d’une manoeuvre électorale visant à préparer un nouveau face à face contre Marine Le Pen en l’affrontant sur ses thèmes de prédilection ? Ces questions sont-elles abordées volontairement afin de détourner l’attention de l’opinion publique de l’explosive question des retraites ?

Toujours est-il que le fait débattre de ce sujet est une nécessité tant les faits et chiffres que nous allons évoquer sont sidérants.

Les déclarations d’Emmanuel Macron ont déjà suscité un certain nombre de réactions de la part de responsables politiques comme Guillaume Larrivé, député de l’Yonne, ou encore Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, qui ont appelé le président à prendre des mesures en rupture avec celles adoptées par ses prédécesseurs.

Ces derniers ont notamment appelé à une restriction de l’AME (Aide médicale d’État) « au seul panier de soins nécessaires ». Ils considèrent en effet que cette aide sociale accordée aux étrangers en situation irrégulière – qui a coûté 930 millions d’euros en 2019 selon les chiffres du Sénat – constitue une « prime à l’illégalité ».

En plus d’être extrêmement coûteuse pour l’État, cette aide contribue à faire de la France un pays attractif aux yeux d’un certain nombre d’immigrés clandestins attirés « non pas par le plein emploi mais par la générosité de notre politique sociale », pour reprendre les termes de Valérie Pécresse.

Il faut rappeler que sur les 930 millions d’euros destinés au financement de l’AME, seulement 40 millions servent à financer l’AME dite « d’urgence » tandis que 890 millions sont destinés à l’AME de « droit commun ».

La restriction de l’AME aux cas d’urgence ou autres situations particulières (AME dite « humanitaire ») permettrait à l’État d’économiser près d’un milliard d’euros par an, somme non négligeable à l’heure où le gouvernement de Macron n’hésite pas à avoir recours à des coupes budgétaires sur les dépenses sanitaires ou encore sur les retraites.

Bien que le président soit décidé à ne pas supprimer cette aide – « une suppression serait ridicule » déclarait-il – dont bénéficient plus de 300 000 personnes chaque année, il semble avoir pris conscience des excès qui y sont liés puisqu’il compte réévaluer son « panier de soins ».

Si l’AME explique en partie l’arrivée de nombreux immigrés clandestins, elle n’en est pas la seule cause. Le président de la République reconnaissait il y’a quelques jours que l’échec de la politique de reconduite à la frontière est beaucoup trop « lente » et pas assez « efficace ».

 

La question ubuesque du droit d’asile, principal prétexte à la migration clandestine, et le le scandale de la non-reconduite à la frontière des migrants illégaux 

Bien qu’il soit complexe de faire état des chiffres relatifs à l’immigration illégale, certaines données permettent de se faire une idée de l’ampleur du phénomène.

Dans un entretien accordé au Figaro, la démographe Michèle Tribalat estimait l’immigration illégale à partir de « recoupements de chiffres d’interpellations, placements en centre de rétention, aide médicale d’État, déboutés du droit d’asile) à 200.000 à 400.000 personnes».

Quant à l’ex-ministre de l’intérieur Gérard Colomb, il avait estimé fin 2017 le nombre total d’étrangers en situation irrégulière présents sur le territoire français à 300 000. Cette estimation – minimaliste-, basée sur le nombre de bénéficiaires de l’AME n’est cependant pas suffisante, puisque ce chiffre ne tient pas compte de l’ensemble de la population étrangère en situation d’irrégularité en France dont une partie ne se déclare pas à l’AME.

Depuis les années 2000, la moyenne des arrivées de clandestins et illégaux tournant autour de 80 000 à 110 000 par an, il est évident que le nombre cumulé d’immigrants illégaux est bien plus proche du million, sans même compter les centaines de milliers d’étrangers arrivés de façon illégale depuis les années 1970 qui ont été régularisés, puis certains mêmes naturalisés depuis, et qui ont de ce fait disparu des statistiques concernant les illégaux et les étrangers… Une véritable omerta d’État.

Emmanuel Macron s’est également exprimé sur la question du droit d’asile, reconnaissant qu’une réforme était nécessaire puisque ce droit a été « complètement détourné de sa finalité », notamment à cause des réseaux de passeurs de pseudo « réfugiés » et de procédures souvent trop longues et « pas assez efficaces » qui empêchent que les faux demandeurs d’asile soient reconduits à la frontière ou bloqués dès le départ.

Selon l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides), on enregistrait en 2018 : 123 265 demandes d’asile soit, une hausse de 22.5% par rapport à l’année précédente, un record ces dernières années.

Selon la même source, sur ces 123 265 demandes d’asile, seulement 33 330 demandes ont été acceptées, ce qui implique qu’environ 90 000 personnes se sont vu refuser ce droit sans jamais quitter la France, et ce malgré la notification d’obligation de quitter le territoire inhérente au refus du droit d’asile.

En 2015 déjà, la Cour des Comptes annonçait que 96 % des déboutés du droit d’asile resteraient sur le territoire français. En 2017, le nombre d’étrangers reconduits avait été de 26 000 et le nombre de mesures d’éloignement exécutées de 18% l’année précédente. Enfin, il est à noter que parmi les 4 pays comptant le plus grand nombre de demandeurs d’asile figurent l’Albanie et la Géorgie – avec respectivement 9683 et 7005 demandeurs -, bien que ces deux pays soient considérés par le gouvernement français comme des « pays sûrs », classés derrière l’Afghanistan et ses 10 370 demandeurs.

Enfin, l’ensemble des pays africains représenterait 40% des demandes d’asile. L’OFPRA notait ainsi « une progression notable de la demande en provenance de pays d’Afrique de l’Ouest comme la Côte d’Ivoire et la Guinée ».

 

Deux milliards par an : le scandale des (faux) mineurs étrangers non-accompagnés 

Le nombre de mineurs étrangers dits « isolés » ou « non accompagnés » (MNA) est également en forte hausse. Selon les chiffres de la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse), ils étaient 17 922 en 2018 contre 8000 en 2016, soit plus du double.

Le nombre de mineurs étrangers pris en charge par les départements a ainsi été multiplié par quatre entre 2015 et 2018, et d’après l’Assemblée générale des départements de France (ADF),  « C’est un sujet de préoccupation majeur pour les départements. Le phénomène est grandissant et la situation n’est plus tenable. Les structures d’accueil sont débordées et saturées » (Figaro, 19 mai 2019).

Le coût de ces Mineurs non accompagnés inclut pour les départements « l’hébergement, l’alimentation, l’habillement, l’insertion sociale, mais aussi le salaire des éducateurs et les frais de personnel », au bénéfice de « jeunes » qui demeurent des années oisifs sur le territoire en bénéficiant de ces aides dont le chiffre est passé de 25 000 en 2017, à 40 000 en 2018 selon l’ADF.

L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), l’Inspection générale de l’administration (IGA), l’Inspection générale de la justice (IGJ) et l’ADF évaluent d’ailleurs à deux milliards d’euros le coût pour les départements par an et ils déplorent qu’au moins « une personne sur deux est évaluée comme majeure ».

Quid de l’immigration légale?

Qu’en est-il de l’immigration légale ? Selon les chiffres du Ministère de l’Intérieur, 255 550 titres de séjour auraient été délivrés en 2018 – soit une hausse de 3,3% par rapport à l’année précédente -.

D’après ces chiffres, l’immigration familiale demeure la plus importante : environ 90 000 titres de séjours pour ce type d’immigration, composée en grande partie du regroupement familial, auraient été accordés. Les titres de séjour accordés aux étudiants sont comme pour l’immigration familiale en légère hausse, estimés à 82 580– dont près de la moitié aurait été accordé à des étudiants marocains – pour la même année 2018. Il s’agit là de la seconde filière d’immigration la plus importante, suivie des titres accordés aux demandeurs d’asile en augmentation comme nous avons pu le voir – environ 33 000 demandes d’asile acceptées -.

L’immigration dite « économique » ne représente pour sa part qu’un peu plus de 13% du nombre total de titres de séjour délivrés en 2018, soit 32 815 titres. Enfin, environ 20 000 titres de séjour dans le cadre du « Passeport talent » ont été délivrés la même année.

Ainsi, si l’on additionne ces 255 000 entrées légales aux estimations d’entrées illégales précédemment évoquées, nous atteignons le nombre de 400 000 nouveaux immigrés (par an) bien qu’une partie de l’intelligentsia de gauche persiste à le nier.

À ces centaines de milliers d’immigrés qui arrivent chaque année – et s’ajoutent à ceux précédemment arrivés puisque la plupart restent sur le territoire français -, il faut additionner le nombre de naturalisés qui avoisinait les 80 000 personnes en 2018 selon le Ministère de l’Intérieur.

C’est en s’appuyant sur ces chiffres qu’un certain nombre de responsables politiques – principalement de droite – à l’instar de Guillaume Larrivé et Valérie Pécresse  se sont déclarés favorables à la suppression du droit du sol. Valérie Pécresse déclarait récemment : « L’acquisition de la nationalité française ne doit plus être automatique. Il faut la demander, la désirer, pas l’obtenir à 18 ans dans une pochette-surprise », ajoutant : « La France, ça doit être un choix ». Or, comme le souligne justement la présidente de la région Île-de-France, l’acquisition de la nationalité française par Jus Soli ne favorise pas un réel choix, donc une authentique assimilation.

Le fait de devenir français juridiquement n’implique pas nécessairement que les personnes naturalisées abandonnent leur culture d’origine et deviennent français de culture en se fondant dans la masse républicaine.

Ces chiffres accablants qui ont constamment augmenté ces dernières décennies sont très souvent amoindris par malhonnêteté intellectuelle.

Pour l’essayiste Jean-Paul Gourévitch, qui utilise les mêmes chiffres que l’OFII (l’Office française de l’immigration et de l’intégration), nous compterions environ 10% d’immigrés actuellement en France, bien loin des 6.5% souvent cités.

Il y’aurait de plus, environ 14% de descendants d’immigrés en France. La France compterait donc actuellement 15 millions de personnes d’origine étrangère, soit 4 fois plus qu’il y’a une vingtaine d’années. 

 

Entre 12 et 17 milliards annuels ! Le coût estimé de l’immigration 

Selon le consultant et essayiste, le coût annuel de l’immigration  – à savoir la différence entre qu’elle rapporte et ce qu’elle coûte – avoisinerait les 12.2 milliards d’euros (8.5 milliards d’euros en ce qui concerne l’immigration légale et 3.7 milliards pour l’immigration illégale). D’après Gourévitch, ce chiffre pourrait être bien plus élevé encore, puisque l’immigration illégale serait en hausse  chaque année, ce qui augmenterait donc naturellement le coût  total de l’immigration. Sur un quinquennat, cela représente donc plus de 50 milliards d’euros de dépenses publiques.

 

Conclusion :

Le Général De Gaulle disait qu’il était « Simple d’assimiler un individu, mais difficile d’assimiler un peuple ».

Or si la politique migratoire française n’est pas radicalement réformée, c’est bien des peuples – pour la plupart originaires de civilisations bien différentes – que la France devra intégrer, puisqu’elle n’assimile plus comme jadis.

Le chiffre de 2 millions de nouveaux immigrés en un quinquennat avancé par Brice Hortefeux n’est donc en rien un « fantasme d’extrême droite » puisqu’il n’est que le produit d’une observation empirique des faits.

Comme nous avons pu le constater, l’immigration légale représente à elle seule 255 000 entrées par an. Si l’on ajoute à ce chiffre le nombre de déboutés du droit d’asile s’élevant à 90 000 -dont l’écrasante majorité resterait sur le territoire français comme indiquait la Cour des Comptes en 2015 -, nous atteignons aisément le chiffre de 350 000 nouveaux immigrés par an.

Enfin, ignorer les estimations relatives à l’immigration illégale serait candide, car le phénomène est bien réel et en constante augmentation comme l’affirment Michèle Tribalat et Jean-Paul Gourévitch. L’arrivée de « seulement » 50 000 immigrés clandestins supplémentaires par an – chiffre bien en deçà des estimations que nous avons pu mentionné – confirmerait le chiffre avancé par l’ancien Ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux.

Sur une décennie nous parlerions donc de 10 millions d’immigrés. Sur plusieurs décennies, il s’agirait d’une véritable submersion migratoire.

Certaines bonnes âmes nous objecterons que les populations immigrées européennes d’origine italienne, espagnole ou polonaise se sont bel et bien intégrées le siècle dernier. Ils semblent néanmoins oublier que contrairement aux immigrés extra-européens  arrivés et qui continuent d’arriver en France, la plupart des immigrés d’origine européenne ne sont pas restés en France et sont repartis dans leur pays d’accueil.

Ce que semblent également oublier certains immigrationnistes aveuglés, c’est qu’il est bien moins complexe d’assimiler des populations intra-européennes comme ce fût le cas pendant des décennies.

Ce partage d’un socle civilisationnel judéo-chrétien et gréco-latin rendit la tâche bien moins ardue qu’elle ne l’est et qu’elle ne le sera pour des populations issues de civilisations qui s’opposent à la civilisation française à bien des égards.

L’ancien roi du Maroc, Hassan II le disait lui même : « L’intégration est possible entre européens. La trame est la même, c’est le même continent. Ils [les marocains] ne seront jamais 100% français, ils seront de mauvais français, je peux vous l’assurer. »

Ce débat sur l’immigration aura au moins le mérite de briser l’omerta et rendre compte d’une réalité observée et dénoncée depuis des décennies par des responsables politiques de droite comme de gauche.

On se souvient de Michel Rocard et sa fameuse formule : « Nous ne pouvons pas héberger toute la misère du monde. La France doit rester ce qu’elle est, une terre d’asile politique […] mais pas plus», avait déclaré l’ancien Premier ministre en 1989 ou de Georges Marchais, secrétaire général du PCF (Parti communiste français) dans les années 80, farouchement opposé à l’immigration de masse qui déclarait (déjà) : « Nous posons le problème de l’immigration ».

Ces deux figures de la gauche dénonçaient déjà l’immigration de masse.

Ils n’étaient pourtant ni « fascistes » ni xénophobes. / .

 

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