MEMORABILIA

« Terrorisme: les déséquilibrés ont bon dos » Franz-Olivier Giesberg.

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« Une flamme sacrée

Monte du sol natal

Et la France enivrée

Te salue, Maréchal. »

Pourquoi commencer un éditorial par les premiers vers de « Maréchal, nous voilà », l’hymne officieux de l’Etat français à partir de 1941 ? Parce que le chant des « collabos » reste d’actualité : dans notre cher et vieux pays, le fond de l’air est toujours un peu pétainiste, à l’image des médias et des pouvoirs publics, qui ne peuvent s’empêcher de tout relativiser, tout aseptiser, pour nous faire prendre les vessies pour des lanternes.

Le pétainisme et l’islamogauchisme ambiants répugnent à utiliser le mot « islamiste ». Ça stigmatise, vous comprenez. Ils voudraient nous faire croire que les attentats sont presque toujours l’œuvre de malades mentaux. Il ne faut donc pas qu’ils aient des comptes à rendre. Quand un musulman lance sa voiture contre la mosquée de Colmar, comme samedi dernier, avant de s’écrier : « Allah Akbar » (« Dieu est grand »), les autorités nous annoncent promptement qu’il s’agit d’un « déséquilibré ». Circulez, il n’y a rien à voir.

Même chose pour le musulman qui, en 2017, avait tué Sarah Halimi, sexagénaire juive, dans son HLM de Belleville en hurlant la même formule et en récitant de surcroît des versets du Coran. Ne tremblez pas, bonnes gens, quelques pilules de psychotropes suffiront pour que l’assassin, redevenu doux comme un agneau, revienne sans tarder sur le droit chemin.

Les bornes ont été franchies après l’attaque au couteau commise à Villeurbanne, le 31 août, par un ressortissant afghan, qui a blessé huit personnes et tué un jeune homme de 19 ans, Timothy Bonnet. Un témoin se souvient de l’avoir entendu dire pendant qu’il frappait ses victimes : « Ils ne lisent pas le Coran. » Ne signait-il pas ainsi son crime ?

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. « Rien ne permet de conclure à une radicalisation », s’est empressé de conclure le procureur de la République de Lyon à propos du profil du meurtrier, alors que le modus operandi rappelle une technique islamiste qui consiste à semer l’épouvante dans la rue. L’Afghan aurait également présenté, toujours selon le procureur, « un état psychotique envahissant avec délires multiples ». Le haut magistrat voulait-il dire par là que les terroristes sont, eux, sains d’esprit ?

La psychiatrisation du terrorisme est une nouvelle manifestation du grand déni national sur les questions qui fâchent. Notez comme les attaques au couteau ou à la voiture contre les marchés de Noël ont été systématiquement attribuées, ces dernières années, à des « déséquilibrés ». De la désinformation pure et simple qui ne peut contribuer à combler un peu l’énorme fossé qui s’est creusé entre la France d’en bas et les autorités, les médias, sur fond de complotisme : « On nous cache tout, on nous dit rien. » 

Voici venu le temps de la médicalisation de l’islamisme, pardon d’avoir cité le nom. Au lieu de punir les terroristes, il faut les soigner, les écouter, voire les plaindre, puisqu’ils sont presque tous « déséquilibrés » : telle est la dernière tendance de la bien-pensance, cette nouvelle idéologie dominante qui victimise à peu près tout le monde, sauf les mâles blancs, desquels vient, comme chacun sait, tout le mal.

Au train où vont les choses, on nous dira bientôt qu’ils doivent être traités par des cellules de soutien psychologique, les pauvres chats. S’ils commettent des attentats, ce n’est en effet pas leur faute, c’est celle de la France, de la mondialisation, de la colonisation, de l’ultralibéralisme. D’ailleurs, les islamistes ne sont pas islamistes, comme s’échine à le démontrer sans rire, au prix de contorsions pathétiques, une dépêche de l’AFP à propos du candidat des ténèbres cryptosalafistes, le bonnet de nuit Kaïs Saïed, à l’élection présidentielle tunisienne.

Dieu merci, il y a beaucoup de femmes qui, ces jours-ci, nous consolent des pleutres ou des imbéciles et qui nous rendent fier d’être français comme elles : ainsi Zineb El Rhazoui, née au Maroc, ou Sonia Mabrouk, née en Tunisie. Cette dernière vient de publier « Douce France, où est (passé) ton bon sens ? », sous-titré « Lettre ouverte à un pays déboussolé » (1). La dame n’a pas froid aux yeux. Elle s’en prend aux médias, qui « moralisent » au lieu d’être les « peintres de la vie moderne », à l’antiracisme, qui, poussé à son paroxysme, « est en train de miner nos sociétés », à la « force mortifère » qui a pris l’islam en otage. Lisez-la et faites-la lire. Ça vous fera du bien. Vous vous sentirez moins seul§

1. Plon, 176 p., 19 €.

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