MEMORABILIA

«PMA et écologisme, pour oublier le peuple» Ivan Rioufol.

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CHRONIQUE – L’entêtement de l’État à promouvoir à la fois des intérêts communautaristes et une idéologie postnationale l’éloigne toujours plus des gens d’en bas.

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Ils disent: respectons la nature et ses limites! Les macroniens ne jurent plus que par l’écologisme, ce mondialisme qu’ils croient plus présentable. Mais les mêmes s’enflamment pour défendre la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes et les femmes seules. Transgresser la nature serait donc interdit… mais autorisé. La contradiction montre la fragilité de la conversion d’Emmanuel Macron à l’idéologie verte, cet universalisme de substitution. Les plus cohérents des écolos sont ceux qui, comme José Bové, refusent toute manipulation du vivant, qu’il soit végétal, animal ou humain. Le projet de PMA pour toutes, examiné par les députés depuis mardi, viendra bouleverser la condition humaine. Celle-ci sera dégagée du fait qu’un enfant était jusqu’alors, sauf pour les couples hétérosexuels infertiles, le fruit d’une rencontre charnelle entre une femme et un homme. Désormais, la technique autorise l’homme-dieu à devenir son propre créateur. Dès lors, tout est envisageable. L’homme transgenre pourra même être mère. Bienvenue chez les apprentis sorciers.

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Les minorités homosexuelles militantes, qui attendrissent les progressistes, sont en train de bouleverser la procréation au nom de l’égalitarisme et de leur bon plaisir. Elles arguent de leur douleur à ne pouvoir enfanter. Du coup, les lobbies en sont à justifier l’homme enceint. Ainsi, dans Libération, Cléo Carastro, historienne et anthropologue, a pu écrire mardi, dans la logique d’une PMA ouverte aux femmes devenues hommes (les «trans»): «(…) C’est pour tou-te-s qu’il faut penser (la PMA pour toutes), pour les hommes et les femmes souhaitant engendrer (…) Deux hommes peuvent engendrer en mobilisant leurs seules forces procréatrices, et deux femmes le peuvent également (…).» Ces déconstructeurs ont perdu toute décence. Ils sont devenus mabouls. S’ébauche Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley: un univers totalitaire où les bébés fonctionnels sortent de laboratoires.

Rien n’est plus dangereux que les courbettes du pouvoir devant ces groupuscules despotiques et capricieux, qu’il prend pour l’air du temps. Il est vrai que l’opinion semble s’être laissée convaincre par cette PMA sans père. D’autres pays l’appliquent. Mais cette technique n’est pas un droit anodin offert aux lesbiennes. Lundi, l’Académie de médecine a alerté sur «une rupture anthropologique majeure». Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a trouvé ces réserves «datées». Qu’on en juge: l’académie, qui invoque pour l’enfant le droit à «avoir un père et une mère dans la mesure du possible», met en garde contre «une rupture volontaire d’égalité entre les enfants». Elle estime que cette rupture «n’est pas sans risques pour le développement psychologique et l’épanouissement». Elle rappelle que «la figure du père» reste «fondamentale pour la personnalité de l’enfant». Elle juge que la médecine, dont la mission est de soigner, n’a rien à faire dans ce commerce qui se profile. Mais que peut la raison contre ceux qui la rejettent?

Des minorités sexuelles en mal d’enfants

Le mensonge en vient à être légitimé par l’État. Son soutien aux filiations techniquement bricolées et juridiquement fictives l’oblige à détourner des mots et à bidouiller des situations familiales. Nicole Belloubet, garde des Sceaux, a déjà annoncé que l’acte de naissance d’un enfant né par PMA mentionnerait les termes de «mère» et de «mère» pour désigner le couple ayant enfanté. Exit la trace du père, ou même de l’adoptant. Comme l’a expliqué le député LREM Jean-Louis Touraine: «Aujourd’hui, la mère n’est plus la femme qui accouche, mais celle qui décide d’être mère.» Ce règne du: «Moi je» est l’autre ressort qui permettra demain aux couples de gays d’exiger la gestation pour autrui (GPA) et ses ventres de femmes à louer pour neuf mois. Nombreux sont les «humanistes» qui trouvent furieusement moderne ce monde infernal. Pour y résister, la Manif pour tous appelle à manifester le 6 octobre.

Résumé de la situation: le pouvoir est prêt à chambouler la filiation pour satisfaire des minorités sexuelles en mal d’enfants. Cependant, il ne sait toujours pas répondre à l’angoisse existentielle des Oubliés en mal de destin. L’injustice est dans cette inversion des priorités, et non dans la loi de la nature qui fait précéder un bébé de la rencontre de deux sexes opposés. Cette incapacité du gouvernement à prendre en considération l’attente d’un peuple marginalisé va de pair avec sa recherche d’une vision universelle, qui rend superficielles les réalités du terrain. En ce sens, le récent intérêt du chef de l’État pour l’écologisme peut être compris comme une manière de réintroduire le mondialisme rejeté par les «gilets jaunes». Or cet entêtement de l’État à promouvoir à la fois des intérêts communautaristes – ceux des gays, lesbiennes et transgenres – et une idéologie postnationale – l’écologisme planétaire – l’éloigne toujours plus des gens d’en bas. Leur souffrance serait-elle médiocre?

Jamais un «gilet jaune» n’a été reçu à l’Assemblée nationale. En revanche, elle a ouvert ses portes à Greta Thunberg, la Suédoise de 16 ans qui prêche la peur et l’apocalypse. Lundi, à la tribune de l’ONU, son visage d’ange a laissé paraître de méchants rictus. Ils invitent à s’interroger sur le fanatisme dont est porteuse cette idole d’une jeunesse internationale. Le monde des adultes ne semble pas s’inquiéter de ces adolescents embrigadés par des idéologues: ils défendent pourtant un modèle de société plus rouge que vert. Derrière Greta s’entend un rejet du capitalisme, des États-Unis, du libre-échange, des démocraties libérales. Ces mêmes doctrines étaient soutenues au XXe siècle par des jeunesses mobilisées pour la table rase et l’Homme nouveau. On sait à quels désastres totalitaires ont conduit ces bourrages de crâne. La France devrait y prendre garde.

» LIRE AUSSI – Luc Ferry: «Éco-délégués, 250.000 Greta Thunberg?»

Trump, mardi à l’ONU: «L’avenir n’appartient pas aux mondialistes, l’avenir appartient aux patriotes.» Seuls les peuples trancheront. Jacques Chirac, mort jeudi à Paris, était de ces Gaulois patriotes. Il n’empêche: c’est sous son autorité que la droite, poussée par un centrisme fasciné par la gauche, a cru convenable d’oublier le peuple et la nation afin de ne «pas faire le jeu de l’extrême droite». Une droite de droite est à reconstruire, pour résister aux mondialistes.

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