MEMORABILIA

Et voilà la Chine dans le Pacifique….

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Alarmante nouvelle: la Chine s’installe directement dans le Pacifique…

Comme ailleurs, c’est un projet « économique » et une société privée qui vont servir d’écran à l’implantation de fait de l’Etat chinois dans une nouvelle zone maritime du monde.

Voilà qui vient après la mer de Chine du Sud, après les ports en eau profonde au Sri Lanka ou dans les Antilles ou en Afrique … (voir à ce sujet ma revue de presse:  https://artofuss.blog/2019/08/18/belt-and-road-la-strategie-chinoise-du-grand-jeu/

Une nouvelle phase du grignotage de Pékin qui tisse sa toile sur toutes les mers du monde, par le biais de son fameux projet « d’aide au développement » (sic) des « Nouvelles Routes de la Soie » mais parfois directement comme avec la construction d’une base aéronavale à Djibouti

L’article qui suit souligne à juste titre que Washington et Canberra s’inquiètent de cette nouvelle évolution: ils font bien, car Taïwan est bel et bien « contourné »

Espérons que Paris se soucie également du vaste jeu d’échecs en cours, à un moment ou la macronie prépare discrètement au moins une autonomie de la Nouvelle Calédonie.

Artofus.

****************

 

« La Chine loue une île du Pacifique ».

Un groupe chinois a «loué» une île dans l’archipel des Salomon, pour y développer une «zone économique spéciale», illustrant l’influence croissante de la deuxième puissance mondiale dans l’océan Pacifique, sous le regard inquiet des États-Unis et de l’Australie.

Par Sébastien Falletti
22 octobre 2019.
Le Figaro.

 

EXTRAITS:

« Le vent de l’Histoire berce les cocotiers de l’île de Tulagi, (…) Aujourd’hui, ses 1200 habitants, pour la plupart des pêcheurs, découvrent qu’ils devront peut-être se mettre au chinois, et deviennent de nouveau un pion dans le jeu des grandes puissances.

Un mystérieux groupe industriel, originaire du Fujian, en Chine, vient de conclure un contrat de location de cette île de 2 km2, offrant un mouillage naturel en eau profonde à la deuxième puissance mondiale dans le Pacifique Sud, sous le regard inquiet des États-Unis et de l’Australie voisine.

China Sam Group a conclu le 22 septembre dernier «un accord stratégique» avec la province centrale des îles Salomon, afin d’établir à Tulagi «une zone économique spéciale», a révélé le New York Times.

Le texte, très vague, offre un blanc-seing à China Sam Group, qui opère dans de multiples secteurs depuis l’exploitation de gaz au secteur de la sécurité, selon le site internet de l’entreprise. «La Partie A (Province centrale) souhaite louer l’ensemble de l’île de Tulagi et les îles voisines à la Partie B (China Sam)», stipule les documents consultés par l’AFP. L’accord exclusif, ouvre la porte à «tout secteur» y compris le «tourisme», la «pêche», «l’industrie chimique, le pétrole et le gaz», et évoque la construction d’une raffinerie.

Le premier ministre de la province centrale, Stanley Manetiva, a minimisé sa portée, tout en saluant l’arrivée des nouveaux investisseurs, promettant de défendre «les intérêts de son peuple» dans une interview à la radio néozélandaise RNZ Pacific.

À Pékin, le groupe China Sam group se mure dans le silence et les appels téléphoniques à son bureau sonnent dans le vide. L’entreprise se présente comme privée, mais une de ses filiales China Jing An faisait autrefois partie du ministère de la Sécurité publique, nourrissant les soupçons d’une opération étatique.

À Tulagi, les stratèges occidentaux redoutent le développement d’infrastructures militaires, dans cet ancien protectorat britannique, alors que la Chine renforce sa présence dans le Pacifique Sud.

Certains internautes nationalistes n’ont pas manqué de saluer la nouvelle, ignorée par la presse officielle, et qui a filtré sur le site de Zaobao, un journal singapourien, en langue chinoise. (…),  «L’île Tulagi est un endroit stratégique! Si l’Armée populaire de libération (APL) y construit une base militaire, les États Unis et l’Australie ne pourront plus dormir», (…).

Le contrat couronne un tournant stratégique pour les Salomon courtisé de longue date par Pékin.

En septembre, la petite nation de 600.000 habitants a finalement rompu ses relations avec son allié traditionnel, Taïwan, qui lui avait versé 480 millions de dollars d’aide au cours des dernières décennies, pour reconnaître seule la Chine communiste, engagée dans une diplomatie du carnet de chèques pour débaucher les derniers alliés de Taïpei, la démocratique rebelle.

Honiara, a entraîné la voisine Kiribati dans son sillage, et choisit d’embrasser les nouvelles routes de la soie du président Xi Jinping, jugeant Pékin seul capable de répondre à ses «aspirations» au développement, selon la formule de son premier ministre Manasseh Sogavara.

La stratégie de développement chinoise dans le cadre des «nouvelles routes de la Soie» (Belt and Road Initiative), du président Xi est généralement menée par des conglomérats opaques étroitement liés aux pouvoirs publics, débarquant avec leur propre main-d’œuvre, suscitant les craintes d’un «néocolonialisme» exprimé par certains leaders, comme le premier ministre malaisien Mohamad Mahathir.

La Chine défend une stratégie d’influence «gagnant-gagnant» fondée sur des prêts et des investissements, pour séduire les pays en développement, fendant les critiques occidentales. «Au lieu de s’interroger sur les intentions de Pékin pour Tulagi, les États-Unis feraient mieux de se demander ce qu’ils peuvent faire pour l’île», grince un éditorial Global Time, quotidien affilié au Parti Communiste.

Washington et Pékin se livrent un bras de fer de plus en plus musclé dans le Pacifique, illustré par des face-à-face tendus entre leurs marines, et un sommet crispé de l’Apec, en novembre dernier, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où le vice-président américain Mike Pence avait délivré un discours à charge contre le géant asiatique.

Le Pentagone redoute que les militaires chinois prennent pied dans le Pacifique Sud pour s’approcher de leur base stratégique de Guam, s’inspirant de leur expansion en mer de Chine du Sud, où ils ont construit sept îles artificielles afin d’asseoir leurs revendications sur 90% de ces eaux disputées, sous le règne de Xi.

Lors d’un sommet avec son homologue Barack Obama, le président chinois avait pourtant juré de ne jamais «militariser» ces sites, avant que des missiles, et des bases fortifiées n’apparaissent dans l’archipel des Spratly. (…).

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