MEMORABILIA

France: 25.000 ponts dangereux ?

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Le Figaro, 19 novembre 2019.

https://www.lefigaro.fr/societes/en-france-25-000-ponts-ont-un-probleme-de-securite-20190626

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Une catastrophe comme l’effondrement du pont de Gênes pourrait-elle arriver en France? L’Hexagone est-il à l’abri d’un drame de cette nature, qui a fait plus de 40 victimes? Pour en avoir le cœur net, le sénateur (UC) Hervé Maurey a présidé une mission d’information parlementaire sur la sécurité des ponts en France. Les conclusions de ce rapport, dont Le Figaro s’est procuré une copie, sont inquiétantes.

 

«Compte tenu de l’état des ponts, nous ne sommes pas à l’abri d’un drame. Nous sommes en risque», affirme Hervé Maurey, qui a mené ses travaux avec deux rapporteurs, les sénateurs Patrick Chaize (LR) et Michel Dagbert (PS). Un premier point illustre la négligence des pouvoirs publics dans ce domaine: si l’on pense qu’il y a entre 200.000 et 250.000 ponts dans l’Hexagone, ce n’est qu’une évaluation. «Le nombre exact de ponts routiers en France n’est pas connu, faute d’un recensement exhaustif des ponts gérés par les collectivités territoriales», lit-on dans ce rapport.

 

Plus grave, la mission estime que 25.000 ponts sont en mauvais état, c’est-à-dire posent un problème de sécurité. Parmi ceux gérés par l’État, 1750 présenteraient un risque d’effondrement à terme. 18 à 20 % des ponts gérés par les communes ne sont pas complètement sûrs. Quant à ceux gérés par les conseils généraux, cinq ponts par département doivent impérativement être reconstruits dans les cinq ans.

45 millions d’euros par an

Ces menaces sont à prendre avec sérieux: si, pour l’instant, la catastrophe a été évitée, il y a eu déjà des avertissements sans frais. En mai 2018, un mur qui soutient le pont de Gennevilliers sur l’A 15 s’est affaissé. Fort heureusement, il n’y a pas eu de victimes. Le pont a été fermé quelques jours et la circulation a été amputée d’une voie pendant dix mois. Plus modestement, à Beumontel (Eure), un pont a dû être fermé plusieurs mois car un de ses piliers s’était effondré dans la rivière en août 2018.

Certains petits ponts peuvent être fragilisés par la multiplication des poids lourds ou les effets du dérèglement climatique

Hervé Maurey, sénateur (UC)

Ces ouvrages ont d’autant plus de risques de se dégrader qu’ils sont soumis à un usage non prévisible lors de leur construction. «Certains petits ponts peuvent être fragilisés par la multiplication des poids lourds, l’utilisation intensive d’applis comme Waze ou les effets du dérèglement climatique», souligne Hervé Maurey.

 

Si l’état de ces infrastructures est préoccupant, c’est qu’on n’investit pas assez dans leur entretien. Selon le rapport, l’État consacre seulement 45 millions d’euros par an pour ses ponts quand il faudrait mettre 120 millions pour les garder à niveau. La situation n’est pas plus brillante pour les ouvrages gérés par les conseils départementaux: à cause de la baisse des dotations budgétaires, ces derniers ont réduit de 30 % leur budget consacré à la voirie.

Diagnostic et réparation

Pour sortir de cette spirale infernale, Hervé Maurey préconise plusieurs pistes. «Il faudrait un plan Marshall pour qu’à partir de 2020 l’État consacre 120 millions d’euros par an à ses ponts», affirme le sénateur. Ce dernier appelle aussi de ses vœux la création d’un fonds de 130 millions par an pendant dix ans destiné aux collectivités locales pour faire un diagnostic de leurs ponts dans les cinq prochaines années et les réparer dans la décennie.

Le gouvernement qui écarterait cela d’un revers de main prendrait un vrai risque

Hervé Maurey, sénateur (UC)

«C’est ce qui a été fait pour les tunnels après la catastrophe du tunnel du Mont-Blanc», souligne-t-il.

Autre suggestion: faire bénéficier les collectivités locales des services gratuits du Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) qui compte des spécialistes des ponts. Hervé Maurey compte présenter ses recommandations prochainement à la ministre des Transports, Élisabeth Borne.

«Le gouvernement qui écarterait cela d’un revers de main prendrait un vrai risque», prévient-il.

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