MEMORABILIA

«Avec Johnson, une droite qui gagne; avec Jacob, une droite qui perd» E. Zemmour.

Contrairement à la droite française, qui perd toutes les élections, son homologue anglaise triomphe.

Le Figaro, 20 décembre 2019.
Boris Johnson et Christian Jacob.
Boris Johnson et Christian Jacob. F.Bouchon / Le Figaro / F.Bouchon / Le Figaro

La perfide Albion a encore frappé.

Contrairement à ce que prétendaient les médias français, les Anglais ne regrettent pas leur vote en faveur du Brexit.

Contrairement à la droite française, qui perd toutes les élections, son homologue anglaise triomphe.

Contrairement aux Républicains français qui sont allés chercher l’obscur Christian Jacob pour les présider sur une ligne la plus centriste et politiquement correcte possible, les Conservateurs anglais ont mis le flamboyant Boris Johnson pour sonner une charge souverainiste et nationaliste.

 

Quand les Français se convertissent à un libéralisme tardif et décalé, les conservateurs anglais enterrent le rigorisme thatchérien et promettent le grand retour de l’Etat dans la santé et l’éducation.

Quand les Républicains français se réduisent désormais à un club de retraités de la Côte d’Azur, les conservateurs anglais arrachent à la gauche ses bastions ouvriers séculaires du Yorkshire et des Midlands.

Quand Boris Johnson prend pour modèle Donald Trump, les Républicains français ont pour ennemi principal le Rassemblement national.

Quand les Conservateurs anglais assument un «populisme» sans fard, les Républicains français assument un «modérantisme» sans éclat.

Pas d’ennemi à droite, clament les Anglais, et le souverainiste Nigel Farage retire ses candidats pour ne pas écorner la victoire de Johnson.

Pas d’ennemi au centre clament les Républicains français, et de nombreux maires LR préparent des accords avec En Marche.

Deux stratégies radicalement opposées, une qui gagne, une qui perd.

Le Brexit reposait sur trois refus portés par l’électorat populaire blanc, l’Angleterre périphérique, pour reprendre la terminologie de Christophe Guilluy: l’immigration de masse qui désagrège l’Angleterre traditionnelle, la désindustrialisation qui détruit les emplois ouvriers, et l’autorité lointaine des technocrates bruxellois et des juges européens qui vide de sa substance la démocratie parlementaire britannique.

Les Conservateurs ont repris à leur compte ces trois refus. L’électorat populaire blanc les a suivis avec enthousiasme. L’identité, le social, la souveraineté.

L’ethnos et le demos. C’est le grand retour de la nation comme instrument privilégié d’expression du peuple.

La droite française, renouant avec ses fondamentaux chiraquiens et centristes, refuse ce qu’elle voit comme un nationalisme désuet ou dangereux.

Le défi pour Johnson est gigantesque: montrer que, contrairement à la doxa dominante depuis trente ans, une nation séculaire, une ancienne grande puissance devenue moyenne, peut reprendre en main son destin et ne plus subir passivement les effets délétères de la mondialisation: grand remplacement et grand déclassement.

S’il échoue, les chiraquiens danseront autour de son bûcher. S’il réussit, la droite française s’alignera. Comme d’habitude. Avec retard. Comme d’habitude. En moins bien. Comme d’habitude.

 

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