MEMORABILIA

« Une autre europe est possible » Guillaume Roquette.

Avant d’être un marché, l’UE est une communauté avec son mode de vie et ses valeurs qu’elle a le droit de défendre, avance le directeur de la rédaction, Guillaume Roquette.

******************

Est-ce la fin d’une époque?

Le triomphe électoral de Boris Johnson et le Brexit qui va s’ensuivre interviennent trente ans exactement après la chute du mur de Berlin. L’effondrement du bloc communiste avait ouvert une séquence euphorique pour la construction européenne: sa vocation démocratique autant que son emprise géographique s’étaient trouvées formidablement renforcées par l’adhésion des ex-pays de l’Est.

Mais l’histoire semble avoir changé de sens: c’est l’une des principales puissances de l’Union qui fait aujourd’hui ses valises.

L’Europe a cessé d’être attirante. Et si les Anglais sont les seuls à vouloir quitter le navire, d’autres pays ont entrepris de déconstruire l’édifice de l’intérieur.

Le groupe de Visegrád (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) s’oppose frontalement à la politique d’immigration voulue par Bruxelles tandis que, de l’Italie à la France, les partis qualifiés de populistes prospèrent sur le rejet de toute contrainte communautaire.

 

«L’Europe a perdu le fil de son histoire», constatait justement Emmanuel Macron dans une récente interview.

Allons plus loin: elle s’est même, dans une large mesure, édifiée contre sa propre histoire, et c’est bien pour cela qu’elle est aujourd’hui rejetée par beaucoup.

Quand des organisations sans légitimité démocratique imposent aux peuples européens leur propre loi, la construction est vécue comme une dépossession. Si l’on veut redonner un élan à l’Europe, il faut commencer par arrêter de vilipender les «égoïsmes nationaux», et respecter les volontés des États membres.

Le Brexit est avant tout l’expression d’une nation qui craint de perdre sa souveraineté et ce sursaut n’est pas sans grandeur, surtout quand il s’annonce économiquement douloureux (le Royaume-Uni pourrait entrer en récession en sortant de l’Union).

Quand Viktor Orbán, qui, avant de gouverner la Hongrie, avait hautement contribué à forcer le rideau de fer en 1989 à Budapest, rejette une Europe obsédée par «l’ordre libéral», il faut tendre l’oreille.

Avant d’être un marché, l’Europe est une communauté avec son mode de vie et ses valeurs qu’elle a le droit de défendre, en particulier contre une immigration non désirée.

Elle a également le devoir de protéger davantage son économie et ses travailleurs contre les pays qui ne respectent pas les mêmes règles qu’elle. Des projets comme l’instauration d’une taxe carbone aux frontières de l’Union ou la taxation des Gafa doivent être mis en œuvre sans faiblesse.

La nouvelle présidente de la Commission,Ursula von der Leyen, semble avoir pris la mesure du défi quand elle promet de placer son action sous le signe de «la promotion du mode de vie européen».

Mais, pour l’instant, cette ambition ne se traduit concrètement que par de nouvelles initiatives dans la lutte contre le réchauffement climatique (le «green deal» en novlangue bruxelloise).

La réponse n’est pas à la hauteur de la défiance.

 

************************

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :