MEMORABILIA

En BIRMANIE, Xi Jin Ping profite des erreurs occidentales…

Scroll down to content
– L’Occident « bien pensant » a pour manie de protéger des minorités musulmanes qui sont en réalité ses adversaires: on l’avait vu avec la guerre de Yougoslavie dans les années 1990, dont l’ennemi à abattre était la Serbie et les « victimes » à sauver les albanais et autres kosovars islamisés. Résultat: l’installation d’un état néo-musulman au coeur de l’Europe, catastrophe dont je peux témoigner pour avoir séjourné dans cette région.  Les mêmes a-priori « humanitaires » occidentaux sont aujourd’hui en train de favoriser l’expansionisme chinois en Asie du sud-est à nos dépends: tandis que l’occident, aveuglé par son idéologie suicidaire, a sottement pris ses distances avec la Birmanie au prétexte qu’elle « maltraitait » les Rohingyas, minorités mulsulmanes agressives, Xi Jin Ping, lui, a profité de l’occasion pour tisser des relations plus serrées avec un pays qui détient une  clé de l’Océan Indien…

On pourra lire, en annexe de l’article ci-après, un autre reportage de 2016 qui annonçait déjà très clairement les intentions de Pékin. 

Il n’est pire sourd ,etc….

Artofus.

 

*************************

Xi Jinping trace sa «route de la soie» en Birmanie

Pékin profite de l’espace laissé par les Occidentaux, après la crise des Rohingyas, pour étendre son influence dans le pays.

Le Figaro, 17 janvier 2020. 

 

Retour de balancier stratégique dans le «grand jeu» birman. La Chine voisine revient en force sur l’échiquier déserté par l’Occident, en délicatesse avec sa dirigeante Aung San Suu Kyi depuis le drame des Rohingyas. La dirigeante et la junte militaire toujours bien accrochée au pouvoir déroulent le tapis rouge pour le président Xi Jinping, qui effectue ce vendredi et samedi sa première visite dans ce pays depuis son arrivée au pouvoir en 2013. Cette visite d’État sans précédent depuis Jiang Zemin en 2001 signale un net réchauffement des relations, après plusieurs années de crispation sur fond d’ouverture politique du pays en direction des États-Unis et de l’Europe.

La venue de Xi signale le grand retour de la «Paukphaw», l’ère de «l’amitié fraternelle», proclame la presse officielle chinoise, avec de lourds intérêts géostratégiques en jeu. Le dirigeant arrive les valises chargées de cartons et de financements afin d’intégrer ce territoire crucialement localisé entre Inde et Chine dans sa vision pharaonique du «Belt and Road Initiative» (BRI), en proposant un «corridor»d’intégration économique sino-birman. «La Chine voit dans le Myanmar un important partenaire au sein de la BRI. Nos deux pays sont complémentaires et ont un énorme potentiel de coopération», affirme le Quotidien du Peuple.

De multiples conflits ethniques

Pékin pompe déjà les ressources gazières et pétrolières, mais veut transformer la Birmanie en fenêtre sur l’océan Indien. Ironie mordante, Xi scellera la construction d’un port chiffré à 1,3 milliard de dollars dans l’État d’Arakan, là même où 700.000 Rohingyas ont fui les massacres menés par l’armée birmane en 2017, pour trouver refuge au Bangladesh voisin. Les accusations de nettoyage ethnique orchestré par les militaires à l’encontre de cette minorité musulmane apatride ont scellé le divorce entre Aung San Suu Kyi et les chancelleries occidentales.

La Prix Nobel de la paix a défendu son pays sur le banc des accusés de la Cour internationale de justice, à La Haye, l’année dernière, avec l’appui de Pékin. Sa victoire aux élections démocratique en 2015 avait permis la levée des sanctions occidentales contre le régime, aidant la Birmanie à se dégager de l’étreinte de son puissant voisin. La crise des Rohingyas l’oblige à s’en rapprocher, à la veille de nouvelles élections. «Sa position est dictée par la politique intérieure. Elle n’a pas d’autre choix que d’embrasser la Chine», juge Lee Jaehyon, expert au Asan Institute. Mais l’offensive chinoise rencontre une résistance farouche dans cette nation fière de son indépendance, où l’opinion redoute une nouvelle «colonisation».

Plusieurs projets chinois, comme la mine de cuivre de Letpadaung ou le barrage hydraulique de Myitsone, sont en suspens. Les multiples conflits ethniques déchirant ce pays mosaïque de 54 millions d’âmes sont un autre obstacle à l’avancée de la «route de la soie» dans la jungle birmane. Mais Pékin sait également user de ces rébellions frontalières – il en soutient certaines en sous-main – comme moyen de pression sur Nay Pyi Taw .

*******************

La Chine soutient Aung San Suu Kyi

Pékin va promouvoir le processus de paix engagé entre l’État et les groupes rebelles par la leader birmane.

Par Frédéric Lelièvre
Le Figaro

Durant cinq jours, la Chine a déroulé le tapis rouge pour Aung San Suu Kyi. La conseillère d’État et ministre des Affaires étrangères de Birmanie, invitée par Pékin, s’est entretenue avec les trois plus hauts responsables chinois: le président du Parlement, le premier ministre et le président. Autant d’occasions pour la, de facto, leader birmane de louer la profonde amitié «pauk phaw» (fraternelle, en birman) entre son pays et son grand voisin, relevant aussi qu’il «n’y a pas de développement durable sans paix».

Le président Xi Jinping a confirmé vouloir « jouer un rôle constructif pour promouvoir le processus de paix  » en Birmanie.

Le voyage était d’importance pour les deux nations. Au pouvoir depuis ce printemps, Aung San Suu Kyi compte sur le soutien du régime communiste pour unifier et pacifier son pays, son objectif «le plus important», comme elle l’a rappelé à Pékin. Depuis l’indépendance de la Birmanie, en 1948, des groupes ethniques armés réputés proches du pouvoir communiste chinois restent opposés à l’armée birmane. Or la conseillère d’État peut remercier Pékin qui a fait pression sur plusieurs d’entre eux pour qu’ils participent à une conférence historique de réconciliation, prévue le 31 août. Vendredi, le président Xi Jinping a confirmé vouloir «jouer un rôle constructif pour promouvoir le processus de paix» en Birmanie.

Pour la Chine, font remarquer plusieurs observateurs, il s’agit aussi de s’assurer que la Birmanie n’échappe pas à sa zone d’influence. Désormais au pouvoir, l’icône du combat pour la démocratie pourrait se rapprocher des puissances occidentales. Le voyage en Chine, qui s’est achevé dimanche, a démontré combien elle tenait à la relation avec Pékin. Aung San Suu Kyi n’a, par exemple, pas critiqué la Chine pour ses violations des droits de l’homme, et affiché sa neutralité dans les différends territoriaux en mer de Chine méridionale. En outre, elle a réservé à la Chine sa première visite en dehors de l’Asie du Sud-Est. Elle ne se rendra aux États-Unis que le mois prochain.

Un nouveau pont à la frontière entre les deux pays

Sur le terrain économique aussi, Aung San Suu Kyi a déployé ses talents de négociatrice. En 2011, le général Thein Sein avait décidé le gel du projet de barrage de Myitsone, soutenu par la Chine et estimé à 3,6 milliards de dollars. La population, qui redoutait les conséquences écologiques et les faibles retombées économiques, l’essentiel du courant produit devant alimenter la Chine, avait fait reculer le prédécesseur de Aung San Suu Kyi, qui elle-même critiquait le projet. Depuis, Pékin réclame ouvertement la reprise du chantier.

Pour désamorcer ce dossier, la leader birmane a créé, juste avant sa visite, une commission afin de résoudre ce différend. L’initiative a été saluée par les responsables chinois. Rares sont les observateurs à s’attendre toutefois à une reprise du chantier. Il semble plutôt qu’il soit désormais question d’un dédommagement.

Enfin, dernière preuve d’une visite réussie, Aung San Suu Kyi repart avec la signature d’un accord pour édifier un nouveau pont à la frontière entre les deux pays. Deux hôpitaux, l’un à Rangoun l’autre à Mandalay, seront en outre construits par la Chine.

*********************

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :