MEMORABILIA

«Les mensonges officiels à l’épreuve des faits» Rioufol

Scroll down to content

CHRONIQUE – L’idéologie antiraciste est ancrée dans la macronie. Construite sur la sacralisation de la diversité et la culpabilisation de la France, cette pensée fausse ment avec bonne conscience.

Le Figaro
13 février 2020
*************
  • Que peut le mensonge d’État confronté à la réalité?

Il est condamné à abdiquer devant les faits, sauf s’ils sont niés par un système cadenassé. C’est l’explosion dans la centrale nucléaire de Tchernobyl, en 1986, qui a accéléré la chute du mur de Berlin en 1989 puis de l’URSS, contrainte de dire la vérité. L’aveu en a été fait en 2007, au Figaro, par Mikhaïl Gorbatchev: «Plus que toute autre chose, la catastrophe de Tchernobyl a ouvert la porte à une liberté d’expression telle que le système que nous connaissions ne pouvait plus perdurer.» La glasnost a fait le reste.

L’épidémie de coronavirus aura-t-elle les mêmes effets libératoires sur la Chine totalitaire? La crise sanitaire ébranle le régime communiste. La mort du docteur Li Wenliang, qui avait en vain alerté sur le virus qui l’a tué, a fait de lui un héros bâillonné. «Cessez de restreindre la liberté de parole», ont plaidé dix professeurs de Wuhan dans une lettre vite censurée par les réseaux sociaux. La survie du pouvoir est liée à sa brutalité. Mais sa propagande se fissure.

Les dégâts humains causés par la mondialisation ont, partout, de plus en plus de mal à être dissimulés par les pouvoirs en place. Le microbe chinois, qui gagne d’autres pays, illustre en parabole le danger mortel que font courir l’utopie postnationale et sa détestation des frontières. Le coronavirus fait comprendre combien les nations et les peuples sont vulnérables dès lors qu’ils sont à la merci de menaces extérieures. Certes, la France n’est atteinte que très marginalement et bénignement.

Pour autant, le pays est enfiévré de s’être ouvert au mélangisme sans protections élémentaires, au point de s’être oublié lui-même. Emmanuel Macron semble d’ailleurs l’avoir compris: il se serait convaincu que la présidentielle se jouera sur les questions sociétales et non pas économiques. Ce bon sens est celui qu’abhorrent les esprits tordus. Mais l’analyse oblige le président à admettre, lui aussi, des vérités dérangeantes.

Les falsificateurs officiels qui, en France, persistent à soutenir que l’immigration n’est ni massive ni problématique, que le remplacement de population est un fantasme, que le communautarisme n’est pas lié à l’islam dominateur, ceux-là s’enferment dans des désinformations qui butent sur les évidences.

Or c’est dans ce dénégationnisme à la chinoise que s’est enfermé initialement le chef de l’État en opposant son progressisme aseptisé aux populistes accusés de parler cru. Même si Macron arrive à faire baisser le chômage à 7 % en 2022, les électeurs regarderont d’abord l’état sécuritaire et identitaire du pays. Cet état est actuellement lamentable. L’année a démarré par une hausse spectaculaire de la violence: + 18,7 % pour les homicides et tentatives, + 21 % pour les coups et blessures volontaires, + 36,8 % pour les prises d’otages, etc. Dimanche, trois drapeaux, algérien, marocain et tunisien, ont été hissés sur le toit de l’église Saint-Jean-Baptiste, à Albi (Tarn), en signe d’appropriation…

Le courage de la vérité s’annonce comme la clé du succès électoral.

Parce que la CDU d’Angela Merkel n’a cessé de réciter ses comptines sur le gentil vivre-ensemble, ce parti modéré a sombré dans la crise cette semaine. Le choix des élus CDU de la région de Thuringe de s’allier au parti anti-immigration d’Alternative pour l’Allemagne (AfD), en rompant l’interdit d’un rapprochement avec ce mouvement nationaliste, est une brèche. Elle pourrait annoncer d’autres unions également gagnantes.

Il serait d’ailleurs temps que Les Républicains se rendent compte que beaucoup de leurs électeurs partagent avec le RN les mêmes inquiétudes sur la fragilité de la nation. C’est également parce que Rachida Dati, candidate (LR) à la mairie de Paris, a choisi de faire une campagne réaliste (sécurité, propreté, circulation, etc.), en laissant à ses concurrents leurs envolées lyriques et démagogiques, qu’elle a enclenché une dynamique prometteuse face à la favorite, Anne Hidalgo.

Pensée fausse

S’il ne veut pas mentir davantage aux Français, Macron se doit d’aborder enfin les questions qui concernent leur sentiment d’insécurité en tout.

Toutefois, le président recule devant les obstacles. Hier encore, il disait vouloir combattre le communautarisme. Depuis, il a choisi de s’en prendre plutôt au séparatisme, dont il a pourtant dit : «Il faut accepter qu’il y a, dans notre République aujourd’hui, ce que j’appellerai un séparatisme.» Comment vaincre une réalité si elle ne vous est pas répulsive? Dans cette lutte, il veut s’appuyer sur le Conseil français du culte musulman (CFCM), qui avait appelé à voter pour lui à la présidentielle. L’Union des organisations islamiques de France (UOIF) avait aussi apporté son soutien.

Cependant, il est incongru de prétendre contenir le séparatisme islamique en se liant à une organisation communautaire. De surcroît, la fougue qu’a mise Marlène Schiappa, lundi soir sur CNews, à vouloir dénigrer le concept de «grand remplacement», proposé par Renaud Camus, souligne l’aveuglement du gouvernement sur l’immigration de masse.

L’idéologie antiraciste est ancrée dans la macronie. Construite sur la sacralisation de la diversité et la culpabilisation de la France, cette pensée fausse ment avec bonne conscience. Marlène Schiappa prône aimablement la non-discrimination pour les minorités. Cependant, la secrétaire d’État ne s’est pas indignée du sort des «oubliés», ces Français de la ruralité et des petites villes, discriminés au nom de la préférence immigrée.

Parce qu’il ne fallait pas contrarier Mickaël Harpon, ce fonctionnaire de police avait été laissé en paix malgré sa radicalisation islamiste: elle allait le pousser, le 3 octobre 2019, à assassiner au couteau quatre policiers de l’inviolable préfecture de Paris. En application de cette même bienveillance, la RATP (la régie des transports parisiens) s’est largement ouverte à la «diversité», au point d’y accueillir des fichés S. L’un des tueurs du Bataclan, Samy Amimour, y avait été chauffeur de bus. L’entrisme salafisme dans les entreprises doit tout à la non-discrimination exigée par des minorités querelleuses.

Faux nez vert

Depuis mercredi, Macron a entrepris son «tournant vert», censé apaiser les tensions. Mais l’écologisme que défend le président, à la suite de la militante Greta Thunberg, n’est que le faux nez du mondialisme que rejettent les peuples enracinés. Ce tour de passe-passe est une autre manière d’abuser les opinions fâchées avec un progressisme aveugle et sourd.

**********************

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :