MEMORABILIA

CORONAVIRUS: “On s’est trompés, c’est bien plus grave”

 “On s’est trompés, c’est bien plus grave” : un infectiologue en chef tire la sonnette d’alarme.

– Le chef du service d’infectiologie d’un hôpital parisien regrette que la dangerosité du coronavirus ait été minimisée, sans cesse comparé avec la grippe, qui ne joue pourtant “pas dans la même cour”.

 

Il appelle à « mettre les gens face à la réalité ». Sans vouloir inciter la population à la panique, Gilles Pialoux, infectiologue en chef à l’hôpital Tenon, à Paris, veut alerter sur les risques de l’épidémie en France, sous-estimés selon lui, rapporte Le Parisien ce vendredi 13 mars. Le pays pourrait connaître « un scénario à l’italienne », comme le craint son confrère François Bricaire, de la Pitié-Salpêtrière.

« On a des jeunes dans un état gravissime »

« Les patients arrivent de partout. On est stressés ! » À l’entendre, la situation n’est plus tellement sous contrôle dans l’Hexagone, qui a donc choisi de garder ses frontières ouvertes, contrairement à de nombreux pays européens, et de maintenir la tenue des élections municipales, comme Emmanuel Macron l’a annoncé dans une allocution télévisée, jeudi soir. Pour autant, les statistiques laissent en effet présager un scénario à l’italienne.

Alors, une mise au point doit être faite : non, le coronavirus n’est pas comparable à une simple grippe, leur taux de mortalité s’élevant respectivement à 0,1% et 2 à 3%. « On s’est trompés, il faut arrêter de les comparer. C’est bien plus grave […] Bien sûr, ce n’est pas Ebola, mais les Chinois ont montré qu’un patient peut aller bien et d’un coup, la deuxième semaine, au 8e ou 10e jour, il se retrouve en réanimation », fait valoir Gilles Pialoux.

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Une maladie qui peut vite évoluer, donc, et qui ne s’arrête pas qu’aux personnes âgées. Si celles-ci sont les plus à risque face à l’épidémie, le profil des personnes admises en réanimation est en train d’évoluer.

« Il n’est plus rare de voir des jeunes de 30 ou 40 ans, sans pathologie. C’est la réalité du terrain. Le cercle s’élargit », constate-t-il, pragmatique. « On a des jeunes, sans antécédents médicaux, dans un état gravissime », abonde auprès du journal une infirmière d’hôpital.

Pour preuve, 86% des patients décédés de la grippe en France entre 2011 et 2019 avaient plus de 75 ans, contre seulement 50% pour les victimes du coronavirus. Reste à comprendre pourquoi, au sein des populations jugées jeunes, « certains tirent la mauvaise carte de la forme grave ».

Les patients guéris « seront épuisés pendant six mois »

Rien qu’en Île-de-France, on comptait une centaine de patients en réanimation jeudi, contre seulement 6 lundi. Enfin, si 80% des personnes contaminées finissent par en guérir, le chemin pour se remettre sur pied prend du temps.

Les patients restent en moyenne 20 jours sous ventilation artificielle avant de pouvoir sortir de l’hôpital. De plus, « ils seront épuisés pendant six mois et devront passer par une phase de rééducation à cause d’une atteinte neuromusculaire », prévient dans Le Parisien le secrétaire général adjoint de la Société française d’anesthésie et de réanimation, Jean-Michel Constantin.

Le système de santé va être mis à lourde contribution.

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