MEMORABILIA

«Menaces de mort contre Pascal Praud: deux poids, deux mesures, encore une fois»

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FIGAROVOX/CHRONIQUE – Le tabou de la violence pèse de moins en moins, plus particulièrement celle visant l’homme blanc hétérosexuel, salaud universel.

Par Mathieu Bock-Côté
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– Les circonstances étant ce qu’elles sont, les récentes menaces de mort contre le journaliste Pascal Praud ne sont pas au cœur de l’actualité.

Mais on peut craindre que même si les conditions étaient différentes, elles auraient été traitées avec autant de désinvolture. À tort, et il suffit de les rappeler pour s’en convaincre.

Dans un récent clip, Zéro Détail, deux rappeurs, Sneazy et Nekfeu, s’en prenaient directement au journaliste, qui mériterait un «canon au fond de la bouche» et «une balle dans le cervelet» parce qu’il salirait l’islam.

À défaut d’être poétique, la formule est explicite. Il s’agit d’un appel au meurtre, suffisamment pris au sérieux par le parquet pour qu’il ouvre une enquête. Pris par la frousse, les deux rappeurs ont battu en retraite, en affirmant qu’on les citait hors contexte, et que leur propos avait été déformé. Ils osent même se victimiser, les pauvres! Les deux matamores aiment bien crâner mais redoutent la justice lorsqu’elle se manifeste. Nous sommes devant des malabars en culottes courtes.

L’homme de droite visé par la haine est réputé l’avoir bien cherché. 

On devine pourtant qu’ils n’en souffriront pas exagérément. Les circonstances atténuantes viendront rapidement. Pascal Praud passe pour un homme de droite, ce qui n’est pas très recommandable.

L’homme de droite visé par la haine est réputé l’avoir bien cherché. On peut l’agonir d’injures, le calomnier et le «nazifier» sans prendre trop de risques. Nos deux loubards ont seulement fait l’erreur d’en appeler à la violence physique contre une personne précise, franchissant une frontière symbolique qu’il est encore périlleux de transgresser sans se brûler. Voyons-y une erreur de stratégie.

Mais le tabou de la violence pèse de moins en moins, comme on a pu le voir dans une récente manifestation féministe à Paris où plusieurs pancartes affichaient des slogans ouvertement haineux pour les hommes – «mort aux mecs» ou encore «les hommes morts ne violent plus les femmes» – et plus particulièrement, pour l’homme blanc hétérosexuel, salaud universel. Il ne se passe pas une semaine sans qu’on le maudisse ou le vomisse. L’humanité progresserait au rythme du démantèlement de ses privilèges supposés. Il devrait se taire pour que les «autres» puissent enfin occuper la place publique.

 

On ne pardonne pas à Pascal Praud de ne pas se soumettre à cette nouvelle doxa. On l’accuse fréquemment de banaliser la parole «populiste» et d’accepter sur son plateau télévisé des gens de droite qui ne s’excusent pas de l’être. C’est ce qui explique la discrétion remarquée, en l’espèce, des journalistes de gauche et de bien des politiques qui normalement, s’emparent de chaque occasion de s’indigner. Ils attendent cette fois que la controverse passe. Où sont les vigilants professionnels? S’ils ne souhaitent évidemment pas tabasser Pascal Praud, ils rêvent ouvertement de l’expulser de l’espace public, avec tout ce qu’il représente. C’est ce qu’on appelle le combat contre l’intolérance.

La logique du «deux poids, deux mesures» domine le système médiatique. Imaginons un seul instant ce qui adviendrait si un groupe musical «identitaire» en appelait à s’en prendre physiquement à certaines figures de la gauche décoloniale, comme Maboula Soumahoro ou Aurélien Taché.

Imaginons même qu’une manifestation d’extrême droite se permette à leur sujet les propos les plus orduriers. Avec raison, cela causerait le plus grand scandale. Les consciences morales autorisées de la République pétitionneraient immédiatement pour qu’on fasse taire les coupables – d’ailleurs, ils n’attendent pas de tels excès pour le faire. Cette asymétrie du jugement moral pousse l’homme ordinaire à la révolte.

Notre époque, qui est celle du réchauffement global des passions idéologiques et politiques, fait la part belle à ceux qui s’enivrent en se jetant dans la radicalité, comme s’ils trouvaient dans la destruction du tabou de la violence un excitant irrésistible.

La pacification des mœurs politiques est relativement récente et on peut croire qu’une société qui se fragmente à grande vitesse résistera difficilement aux radicaux pour qui la modération dans le ton est l’autre nom de l’inauthenticité des convictions.

Tout le génie de la civilisation démocratique consiste à convaincre les hommes de ne pas transformer leurs adversaires en ennemis. Y parvient-elle encore? Les rappeurs insulteurs intoxiqués par l’islamisme et le racisme antiblanc, les nervis de l’antifascisme et les autres tendances de la gauche radicale poussent à une radicalisation des rapports sociaux à laquelle libéraux, conservateurs et populistes semblent bien peu préparés, comme s’ils rêvaient de restaurer par décret une culture du dialogue dont ils ont la nostalgie. Et ce sont pourtant eux qui sont accusés de pervertir la démocratie. Comme d’habitude.

 

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