MEMORABILIA

« La Grande séparation », comme prévu…

 

Par Jacques de Guillebon,

L’incorrect, 24 mars 2020.

https://mail.yahoo.com/d/folders/4/messages/ACfcRXdmh5wVXno7jgelCCxIsso

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– Il y a bien longtemps qu’elle a commencé, quelques décennies au moins, mais jamais elle ne s’étala au grand jour tant qu’aujourd’hui – sinon lorsqu’il fallut être Charlie.

La Grande séparation : celle où se distingue le peuple qui désire encore d’être policé, civil, civilisé selon nos lois et nos moeurs, bref français, de la populace sans règles, « identitaire » parce que sans âme, sans généalogie, sans héritage et sans racines, disons allochtone.

La grande séparation des imbéciles nés quelque part mais qui pour cela souhaitent se conserver, c’est-à-dire persévérer dans leur être dont ils supposent à raison qu’il a produit de grandes choses –  par exemple et au hasard des hôpitaux, des médicaments, des soins, de la générosité, de l’ordre, de la volonté et de l’espérance dans l’avenir ; séparation donc de ces imbéciles vis-à-vis des abrutis profiteurs, consommateurs, décérébrés, trafiquants, qui croient dans leur insouciance être l’enfance du monde quand ils en sont l’hyène, le parasite, virus dans le virus qui se nourrit de la sueur du voisin.

Alors certainement, devant cette situation où l’on constate amèrement et bêtement que « plusieurs centaines de Moldaves de Dammarie-les-Lys ne respectent pas le confinement », pendant que mémé n’ose plus sortir son clebs dans la ruelle une fois tous les trois jours, comme dirait Bernanos c’est la colère des imbéciles qui va remplir le monde.

Et pour une fois, l’imbécile aura bien raison.
Jacques de Guillebon

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Sur le même sujet, un document reçu ce jour: 

https://www.institutpourlajustice.org

Chère Madame, cher Monsieur,

Nous vous l’avions annoncé et nos prédictions sont malheureusement en train de se réaliser.

La France s’est peu à peu arrêtée. Les rues sont désertes. Chacun reste calfeutré chez soi et ne sort plus qu’occasionnellement pour faire les courses indispensables.

Dans le quartier où j’habite, le silence est impressionnant, aucune voiture ne circule.

Les Français ordinaires s’organisent et font de leur mieux pour supporter patiemment le pénible confinement qui leur est imposé et dont personne ne sait exactement combien de temps il va durer.

Toute la France ? Non, pas tout à fait.

Dans certains quartiers, que l’on dit pudiquement « sensibles », le confinement est à l’évidence très relatif.

Comment pourrait-il en être autrement ? Ce qui caractérise ces quartiers, c’est le refus de la loi commune, l’affrontement permanent avec les forces de l’ordre et tous ceux qui paraissent incarner l’autorité de l’État.

Ces quartiers sont entrés depuis longtemps dans un processus de sécession, comme le reconnaissent désormais presque tous les responsables politiques.

Comme l’écrit l’ancien préfet Michel Aubouin, dans 40 ans dans les cités :

« Ces quartiers sont, depuis [2005], définitivement sortis de l’espace de la République. Afin d’éviter l’embrasement général, on évite de les importuner. On craint les provocations. Le mot d’ordre est à la prudence : les interpellations de deux-roues, les arrestations pendant les heures chaudes de la soirée et, évidemment, les coups volontaires sont prohibés. Les rodéos, qui empoisonnent au quotidien la vie des habitants, font l’objet d’une tolérance. (…) Si certains de ces quartiers ont conservé un poste de police, il y a longtemps que les fonctionnaires ne patrouillent plus entre les immeubles. On ne s’y aventure que casqué et muni d’un gilet pare-balles. (…) Le pouvoir est occulte. La loi du quartier n’est plus la loi commune. »

Dans ces conditions, comment les pouvoirs publics, qui n’ont pas cessé de perdre du terrain et d’acheter la « paix sociale » depuis des décennies, pourraient-ils espérer faire respecter le confinement ?

Depuis mardi les témoignages se multiplient sur les difficultés auxquelles sont confrontées les forces de l’ordre dans ces quartiers pour faire respecter les consignes sanitaires.

Jeudi dernier, par exemple, le quotidien suisse Le Temps publiait un long reportage sur la ville de Saint-Denis. Ce qu’il décrivait était à la fois scandaleux et parfaitement prévisible.

Le journaliste décrit une « résistance endémique au confinement » :

« Ici, au pied du centre commercial Basilique, un groupe d’adolescents noirs, certains portant un masque et d’autres non, prend son temps pour discuter malgré les remontrances d’une mère de famille voilée, pressée de rentrer chez elle avec sa fille dans la poussette.

Là, devant l’entrée de l’Hôtel de la Poste, à moins de 200 mètres de la fameuse rue du Corbillon où furent traqués certains des terroristes du 13 novembre 2015, une dizaine de jeunes s’échangent des infos sur la meilleure manière de “bricoler“ les attestations dérogatoires exigées par la police. “Ne mets pas de date. Ça sert à rien“, dit l’un. Son voisin a découpé la sienne dans une page froissée du Parisien, qui la publie chaque jour pour ses lecteurs. Il préfère la garder vierge. Au cas où. »

Et que fait la police, me direz-vous ? La police fait ce qu’elle peut, comme avant l’épidémie, et par conséquent doit souvent accepter de fermer les yeux sur des infractions manifestes.

« Les flics, justement. Deux d’entre eux passent devant nous… en trottinette électrique. Contrôler ? “Impossible, nous n’en avons pas les moyens.” Dissuader ? “C’est ce qu’on essaie de faire, en visant surtout les mères et les personnes âgées.” Verbaliser et infliger les fameuses amendes à 135 euros ? Silence gêné et regards qui en disent long. Le ministre de l’Intérieur français Christophe Castaner a annoncé mercredi soir 4 095 contraventions. À Saint-Denis ? “Ce n’est pas jouable, reconnaît l’un des policiers. Si une dispute commence, on ne pourra pas gérer et le risque de contamination deviendra encore plus grand.” »

Dans ces mêmes quartiers les délinquants, qui tiennent ordinairement le haut du pavé, défient plus que jamais les pouvoirs publics.

C’est ainsi que l’on a pu voir circuler des vidéos dans lesquelles des trafiquants de drogues vantent leur marchandise, vêtus de combinaisons blanches et portant masques de protection respiratoire et gants. Sur les réseaux sociaux, une annonce promet même « un masque offert pour trente euros d’achat » de drogue, ces masques dont manquent cruellement les personnels hospitalier, les pharmaciens, les instituteurs… et les policiers à qui l’on demande de faire respecter les consignes sanitaires au péril de leur propre santé.

Les syndicats de policiers dénoncent « un manque d’anticipation du Gouvernement qui met la vie des forces de l’ordre en danger ». Mais le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a déclaré jeudi que les policiers n’étaient « pas en risque face au coronavirus ». Seraient-ils magiquement protégés par leur uniforme, ou bien par les vertus miraculeuses de la parole ministérielle ?

Les policiers sont sans doute d’autant plus découragés qu’ils savent que les sanctions ont peu de prises sur les délinquants de ces quartiers.

Dans le journal Le Figaro, vendredi, un magistrat d’une juridiction parisienne s’interrogeait sur « l’efficacité des amendes de 135 euros, alors que nous sommes confrontés à une délinquance, notamment en matière de stupéfiants, qui ne désarme pas, même quand elle encourt dix ans d’emprisonnement ». Quant à la garde à vue pour « mise en danger de la vie d’autrui », déjà appliquée dans le Pas-de-Calais et en Seine-Saint-Denis, comme le fait remarquer un policier : « le suspect peut être remis en liberté avec une simple convocation… »

Pour parachever le tableau, la tension est maximale dans les prisons surpeuplées, où les parloirs ont été suspendus, ce qui signifie que la drogue et les objets prohibés, comme les téléphones portables, y circulent moins facilement que d’habitude. D’où des mutineries qui éclatent un peu partout.

En conséquence, rapportaient Les Échos : « pour éviter d’ajouter à une promiscuité ambiante déjà très forte (70 000 détenus pour 61 000 places) et propice à la diffusion du virus, la garde des Sceaux a demandé aux tribunaux de retarder la mise à exécution des peines courtes. Cette pratique, déjà en oeuvre, a permis de ramener à une trentaine, le nombre d’entrées en prison quotidiennes contre plus de 200 habituellement, indique-t-on au ministère de la Justice. »

Des amendes inefficaces, une mise en prison impossible, des habitudes de rébellion bien ancrées… la résistance au confinement semble avoir encore de beaux jours devant elle dans les « quartiers sensibles ».

Or ces quartiers sont aujourd’hui des centaines, répartis sur tout le territoire national. Michel Aubouin écrit à ce sujet :

« Ces quartiers, au total, sont habités par cinq millions et demi de personnes. Quel que soit l’instrument de mesure que l’on utilise, le constat est le même : la question des “quartiers” est déterminante puisque près d’un résident en France sur dix, français ou étranger, y vit. D’une certaine façon, l’avenir de la France se joue sur sa capacité à traiter leur situation. »

Cinq millions et demi de personnes… vous rendez-vous compte de ce que cela signifie si le confinement n’est pas correctement observé par autant de gens ? Cela pourrait signifier un temps beaucoup plus long pour vaincre l’épidémie, des milliers de morts en plus, des semaines de confinement supplémentaires pour toute la population…

Avec l’épidémie du coronavirus, les masques tombent. Il n’est plus possible d’acheter la « paix sociale » en transigeant, en fermant les yeux, en tolérant des zones de non droit.

Aujourd’hui, nous payons des décennies de lâcheté de la part des pouvoirs publics, de sous-investissement dans le système judiciaire, de sous-équipement carcéral.

Lorsque cette épidémie sera enfin derrière nous, il ne faudra pas oublier ce qui s’est passé pendant ces semaines tragiques. Il y aura des comptes à rendre et des explications à donner, et pas seulement sur le manque de masque ou de tests.

Vous pouvez compter sur l’Institut pour la Justice pour poser les questions qui fâchent et pour mettre nos dirigeants face à leurs responsabilités.

Comme chacun d’entre vous, les membres de notre équipe vivent confinés et notre activité en est inévitablement modifiée, mais, en dépit des difficultés, nous restons mobilisés au service de la sécurité des Français.

Notre capacité d’action est temporairement réduite, mais notre vigilance est intacte et nous continuerons à vous tenir régulièrement informés de la situation.

Toute notre équipe se joint à moi pour vous souhaiter bon courage dans ces heures difficiles.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

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