MEMORABILIA

«La force de l’Asie et le déclassement de l’Europe» Eric Zemmour.

 

«Ce virus qui montre la force de l’Asie et souligne le déclassement de l’Europe»

Eric Zemmour

Le Figaro

27 mars 2020.

https://www.lefigaro.fr/vox/monde/eric-zemmour-ce-virus-qui-montre-la-force-de-l-asie-et-souligne-le-declassement-de-l-europe-20200327

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– C’est la loi de toutes les grandes guerres que de désigner à la fin un vainqueur incontesté. À la fin de la guerre de Trente Ans, c’est la France de Richelieu et de Louis XIV qui domine l’Europe nouvelle issue des traités de Westphalie. En 1815, après Waterloo, c’est l’Angleterre qui s’impose comme la maîtresse du XIXe siècle qui commence. Et les deux guerres mondiales désigneront les États-Unis comme puissance hégémonique du XXe siècle.

La guerre du coronavirus, puisque Emmanuel Macron et de nombreux chefs d’État parlent de «guerre», ne faillit pas à cette règle. On a cru au début que l’épidémie allait briser l’essor irrésistible de la Chine. L’Europe de façon hypocrite et les États-Unis de manière ostentatoire se réjouissaient des malheurs chinois. On moquait l’hygiène déplorable, la pollution excessive, le confinement tyrannique des régimes totalitaires. Et puis, la Chine est sortie de l’ornière pendant que les pays européens y entraient.

Le pire était à venir. Il s’appelait Singapour, Taïwan, Corée du Sud. Dans ces pays voisins de la Chine, on prenait très vite la mesure de l’épidémie. On la combattait avec des moyens massifs et déterminés: tests, masques et respirateurs artificiels. Sans oublier la fermeture des frontières et le suivi de chacun par géolocalisation. Un mélange de recettes ancestrales et modernes.

Les Occidentaux avaient beau jeu de railler ces régimes autoritaires et les restes de culture confucéenne, les résultats étaient probants. Peu de morts et une économie qui ne s’effondre pas.

Le contraire des pays européens.

Incontestable supériorité

Longtemps en France, on a cru que l’Italie serait une exception due à la carence de son système hospitalier. On n’avait pas compris que l’Italie n’était que la pointe avancée de notre déclassement.

Pas de tests, pas de masques, pas de respirateurs artificiels, on faisait la guerre sans les armes modernes, mais avec celles du XIXe siècle: le confinement général. La mesure la plus liberticide qui soit.

Et nos défenseurs habituels des libertés, médias, intellectuels, progressistes, d’applaudir et d’en réclamer toujours plus!

Nos dirigeants avaient l’outrecuidance de nous expliquer que les masques et les tests ne servaient à rien.

On se souvient que, dans L’Étrange Défaite, l’historien Marc Bloch analysait notre déroute militaire comme la conséquence de nos renoncements passés. On peut en faire autant avec le coronavirus.

Notre idéologie sans-frontiériste nous a interdit de fermer les frontières ; nos contraintes européennes nous ont poussés à tailler dans les stocks de masques ; nos présupposés libéraux ont désagrégé la capacité de l’État à prévoir et anticiper.

Quant à notre souveraineté européenne, elle s’avère évanescente. Comme l’a dit Hubert Védrine au Fig aro : «L’Union européenne, le marché unique et la politique de la concurrence ont été conçus pour un monde sans tragédie.»

Et quand la tragédie frappe à nos portes, notre conception du monde nous met à genoux tandis que les pays asiatiques montrent leur incontestable supériorité.

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