MEMORABILIA

« Respirateurs: mais que fait l’administration ?????????

Trump a ordonné à General Motors de produire des respirateurs en priorité; chez les Tchèques, Skoda en fabrique en 3D, en Italie, on adapte ces machines pour leur permettre d’alimenter deux patients à la fois. Aux USA, l’Université du Minnesota en fabrique pour 150 dollars pièce…

Et chez nous ? 

Qu’est ce qu’attend le gouvernement pour donner les ordres nécessaires? La loi sur d’Urgence Sanitaire le lui permet pourtant !

Alors ?

Quels intérêts inavouables sont-ils protégés ?

Quels pré-carrés doivent-ils être à tous prix respectés ?

Quelles timidités administratives, quelles « normes » assassines nous paralysent-elles alors que MEURENT tant de nos concitoyens ?

Artofus.

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Coronavirus: «Que les industriels participent à l’effort de guerre pour produire des respirateurs!»

INTERVIEW – Le Pr Éric Maury, intensiviste-réanimateur à l’hôpital Saint-Antoine, lance un appel aux industriels: ils doivent aider à produire en masse des respirateurs.

Le Figaro
29 mars 2020.
À Mlada Boleslav, en République tchèque, le constructeur automobile Skoda commence à fabriquer de respirateurs grâce à la technologie 3D, afin de lutter contre le coronavirus.
À Mlada Boleslav, en République tchèque, le constructeur automobile Skoda commence à fabriquer de respirateurs grâce à la technologie 3D, afin de lutter contre le coronavirus. MICHAL CIZEK/AFP

 

LE FIGARO. – Où en est-on dans les services de réanimation ?

Pr Éric MAURY. – On a le sentiment que le nombre de respirateurs artificiels et de places en réanimation ne suffira jamais. Dans le Grand Est, mes collègues me rapportent qu’ils mettent chaque jour, dans chaque hôpital, 10 ou 15 patients sous ventilation. D’ordinaire, dans mon service de 18 lits, on fait 3 à 4 admissions de patients par jour, et ils ne restent que 4 à 5 jours… Mais les malades du Covid restent 2 ou 3 semaines. L’hôpital militaire de campagne déployé à Mulhouse a permis de délester 20 malades, mais les patients continuaient d’arriver au même rythme. Le TGV sanitaire a transféré des patients vers Angers, Nantes, Le Mans, mais certaines de ces structures commencent à être à l’étroit et mon collègue de Mulhouse m’a dit hier qu’il avait encore placé 16 nouveaux patients sous respiration artificielle dans la journée. Il y a beaucoup plus d’admissions que de sorties.

Dans mon hôpital, nous avons ouvert hier une nouvelle structure de soins continus et de réanimation ; un premier malade est arrivé, puis 3, et hier soir nous en étions déjà à 6. Pour 8 places disponibles… On passe d’une médecine de pays riche où une partie de la réflexion éthique est de ne pas donner un traitement à des patients qui n’en bénéficieront pas, à une médecine de catastrophe où nous allons devoir renoncer à traiter des gens qui auraient pu en bénéficier. Dans le Haut-Rhin, cette situation s’est déjà hélas présentée.

« Mon collègue de Mulhouse m’a dit hier qu’il avait encore placé 16 nouveaux patients sous respiration artificielle dans la journée», affirme le P r Éric Maury, intensiviste-réanimateur à l’hôpital Saint-Antoine et président de la Société de réanimation de langue française (SRLF).
«
Mon collègue de Mulhouse m’a dit hier qu’il avait encore placé 16 nouveaux patients sous respiration artificielle dans la journée», affirme le P
r Éric Maury, intensiviste-réanimateur à l’hôpital Saint-Antoine et président de la Société de réanimation de langue française (SRLF). SRLF

Combien de ventilateurs sont réellement disponibles ?

Les structures et les lits équipés en oxygène et en fluides, nous les avons à peu près. Pour les respirateurs, c’est beaucoup plus complexe. 30.000 machines seraient présentes sur le territoire, mais ce chiffre mêle les 7000 ventilateurs lourds de réanimation, ceux plus légers des salles de réveil, les respirateurs du Samu qu’on ne peut évidemment pas enlever, et des réserves réparties sur le territoire.

Utiliser des machines non prévues pour la réanimation, ou brancher deux patients sur un même ventilateur, est-ce possible ?

Les ventilateurs de réanimation sont adaptés aux patients dans un état très grave; utiliser des ventilateurs plus légers est possible, mais c’est une médecine dégradée. Dans le service où je travaille, nous avons pu récupérer des respirateurs de cliniques vétérinaires mais ils ne sont pas forcément adaptés. Des réanimateurs italiens renommés ont proposé de ventiler deux patients avec le même respirateur. Cela semble farfelu mais serait possible avec une machine modifiée, maintenant fabriquée en Émilie-Romagne.

On a le sentiment de bosser seuls dans ce cauchemar, tous les jours j’ai au téléphone des collègues qui toussent, ils sont fatigués, cela devient l’enfer.

Pr Éric Maury

Aux États-Unis, General Motors va fabriquer des respirateurs. Faut-il faire de même en France?

Air Liquide, qui fabrique des ventilateurs médicaux, a été réquisitionné et va produire 1100 machines. Mais cela ne suffira pas, car les malades arrivent en continu. Il est urgent de changer de braquet. Le gouvernement dit que nous sommes en guerre, alors il faut que les industriels participent à l’effort de guerre! L’industrie textile fait des masques, les industries du secteur automobile, des pneumatiques, des compresseurs, etc. doivent se rapprocher au plus vite des fabricants de ventilateurs médicaux.

Quid de vos autres besoins ?

Nous allons manquer de matériel de protection. On avait des stocks pour répondre à quelques cas, pas à un tel afflux de patients. Nous avons aussi besoin de personnel de haute technicité. On a le sentiment de bosser seuls dans ce cauchemar, tous les jours j’ai au téléphone des collègues qui toussent, ils sont fatigués, cela devient l’enfer. Je viens de recruter 10 infirmières venues spontanément du libéral, je n’ai pas le choix, la réanimation n’a pas été assez soutenue ces dernières années et il n’y a pas assez de spécialistes.

Et l’administration nous met des bâtons dans les roues: en accord avec la Direction générale de la santé, nous avons lancé samedi un appel national à la solidarité des soignants pour envoyer des gens dans le Grand Est. Les serveurs de la Réserve sanitaire étant saturés, nous avons après concertation avec la DGS, créé une adresse mail dédiée, reçu et trié les candidatures, fait le tour des services pour connaître les besoins, contacté les DRH des hôpitaux pour organiser la venue des gens…

Tout était prêt pour mardi, mais l’ARS Grand Est a estimé qu’il était de son ressort de s’occuper des affectations!

Les gens continuent de s’inscrire, nous les redirigeons vers l’ARS.

Mes collègues du Grand Est n’ont toujours vu personne arriver.

Et on ne peut plus joindre certaines ARS car leurs boîtes mails sont saturées…

 

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