MEMORABILIA

«La sécurité intérieure est l’autre enjeu de cette épidémie» Thibault de Montbrial.

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 Il est clair que les mêmes qui n’ont RIEN prévu sur le plan de la sécurité médicale du pays n’ont RIEN prévu non plus sur celui de sa sécurité tout court. Avec 10. 000 hommes touchés par le virus faute de protection, ce sont déjà 10% des effectifs policiers prévus au départ qui sont à présent « sur le flanc »…Thierry de Montbrial exprime donc ici un souci que bien peu dans la presse et encore moins au gouvernement n’ont daigné évoquer: l’enjeu global de notre sécurité, non seulement pendant la crise, mais aussi (et peut-être surtout) après.

Car la libération sans aucune garantie de délinquants (Mme Belloubet) ou la « bride sur le cou » laissée aux voyoux des banlieues sur ordre express ( M. Nuñez ) sont de fait des messages d’encouragement pour l’avenir aux franges « dangereuses » de la population, à qui l’Etat, aveu flagrant de défaite, a laissé la maîtrise de « leur » territoire depuis le début des évènements.

Or, des fauteurs de trouble, des agitateurs professionnels et des activistes politico-religieux observent nos réactions, n’en doutons pas un instant.

Ce qui se déroule actuellement est donc un test de solidité des structures nationales, bien plus préoccupant sur le moyen et le long terme que la déjà tragique situation sanitaire du pays. Gare à une spirale laxisme-anarchie qui pourrait lui faire suite, dans des proportions et à une vitesse qu’on ne semble pas mesurer chez nos édiles…

Artofus.

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FIGAROVOX/ENTRETIEN – Au lendemain de l’attaque terroriste survenue à Romans-sur-Isère, l’avocat s’inquiète du manque de moyens et de disponibilité des forces de l’ordre, mobilisées pour des missions de plus en plus nombreuses.

Le Figaro. 5avril 2020.
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Thibault de Montbrial est avocat au barreau de Paris, président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure , et membre du conseil scientifique de l’École de guerre.


 

LE FIGARO. – L’attaque au couteau survenue samedi matin dans la Drôme signifie-t-elle que la menace terroriste s’est renforcée sur le sol français?

Thibault DE MONTBRIAL. La sécurité intérieure est l’autre enjeu de cette épidémie, survenue dans un contexte toujours sensible: depuis quelques mois des réseaux islamistes sont en phase de restructuration sur le sol français. La menace endogène est donc de plus en plus inquiétante.

On observe aussi régulièrement dans les prisons des détenus attaquer leurs surveillants en criant le nom d’Allah, comme vendredi matin au centre pénitentiaire de Laon.

Par ailleurs, dans une vidéo récente, l’État islamique a appelé ses combattants à profiter de l’épidémie pour semer le chaos dans les pays occidentaux. Le scénario d’une attaque d’envergure contre un hôpital n’est par exemple pas à exclure.

Dans ce contexte, l’attaque de Romans-sur-Isère est hélas un classique: un migrant soudanais s’en est pris à des commerçants et des passants aux cris de «Allah Akbar» avec un couteau, comme cela est déjà arrivé des dizaines de fois en France et en Europe ces dernières années. Au-delà de la qualification juridique, variable, de ces actes, il faut bien comprendre qu’il s’agit quasi systématiquement d’actes d’inspiration islamiste.

Sommes-nous plus vulnérables que d’habitude à de telles attaques?

Je constate que nos forces de l’ordre font preuve d’un magnifique engagement depuis le début de cette épidémie. Elles sont massivement engagées, mais avec des moyens limités (l’absence de protections est sidérante) et des effectifs de plus en plus diminués.

Ainsi, les missions se sont multipliées (le contrôle du confinement s’ajoutant aux tâches habituelles), mais il y a de moins en moins d’effectifs pour les remplir. D’où une tension objective qui va de plus en plus peser sur la capacité de l’État à assurer la sécurité de tous les citoyens. Cela alors même que la crise sanitaire crée une opportunité de passage à l’acte pour ceux qui veulent déstabiliser notre société.

À la crise sanitaire, menace donc de s’ajouter une crise sécuritaire?

Au-delà du préoccupant risque terroriste déjà évoqué et surveillé de près, la crise sanitaire porte en elle-même des défis sécuritaires considérables. En marge du risque épidémique, il y a de toute évidence un enjeu crucial de sécurité publique.

Des infractions spécifiques apparaissent (agression de soignants, cambriolages de pharmacies, vols de stocks de moyens de protection, roulotage de véhicule et pillage de commerces la nuit…). Il est crucial que le gouvernement parvienne à maintenir la confiance, car sinon tous les excès sont envisageables.

Et dans le même temps, les effectifs mobilisés pour faire respecter les mesures d’urgence et contrôler leur application par la population continuent de se heurter aux contre-cultures de certains quartiers. Les guet-apens contre la police et les pompiers continuent comme à Grenoble ou dans les Yvelines ce week-end. Cette vive tension est une préoccupation permanente pour nos forces de l’ordre.

Personne ne sait quand nous sortirons de cette épidémie, mais ce qui est certain, c’est que plus elle se prolongera, plus les fractures profondes qui traversent notre société s’amplifieront.

Sur les réseaux sociaux, un collectif d’extrême-gauche appelle déjà à «l’action directe». Ne nous leurrons pas: une crise sanitaire n’est pas le meilleur moyen de ressouder une société déjà si fracturée. L’élan de solidarité auquel nous avons assisté aux premiers jours du confinement s’est déjà en partie étiolé.

 

Dans un tel contexte, même si la situation sanitaire des prisons était préoccupante, la libération de milliers de détenus ne risque-t-elle pas d’aggraver les risques?

Ce qui s’est passé dans le milieu carcéral est l’embryon d’une catastrophe à venir. La décision prise par la Garde des Sceaux a été en réalité justifiée par des objectifs sans rapport avec les enjeux du moment: les détenus libérés ne l’ont pas été sur la base de considérations sanitaires, mais de durée de peine restante. Seuls les auteurs d’actes terroristes ou de violences conjugales ont été laissés à part de cette amnistie massive.

 

Par ailleurs, de nombreux magistrats et responsables policiers sont consternés par le laxisme pénal actuel: le taux d’incarcération a chuté de 90 % depuis le début du confinement. Certes, la délinquance et la criminalité ont baissé, mais pas dans de telles proportions.

Pour les voyous, le message est clair. Des associations et syndicats militants, de magistrats, d’avocats ou d’observateurs du milieu pénitentiaire ont profité de la crise pour accélérer leur combat anti-carcéral. J’entends certes que des mesures aient été nécessaires, mais avec des critères objectifs en lien avec la maladie ou la dangerosité des détenus.

Le cumul de cette politique pénale et de la baisse de disponibilité de nos forces de sécurité intérieure risque de renforcer la difficulté pour l’État d’assurer notre sécurité collective sur notre propre sol.

De quelles réserves sécuritaires disposons-nous encore? Faut-il impliquer davantage l’armée?

Cette hypothèse n’était déjà plus tabou depuis plusieurs mois. Si la police et la gendarmerie sont mobilisées longtemps encore avec une attrition de leurs moyens humains disponibles, la question de l’engagement des forces armées pour d’autres missions de sécurité que la seule opération Sentinelle se posera nécessairement.

Pour le moment, il n’y a pas de volet de sécurité intérieure dans l’opération Résilience (sauf ponctuellement pour la sécurisation de sites sensibles, afin de soulager les effectifs de police et de gendarmerie).

Mais, malgré les difficultés politiques et juridiques que cette situation inédite poserait, personne ne peut exclure un tel engagement en fonction des différents scénarios de surcrise auquel l’État pourrait être brutalement confronté.

 

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