MEMORABILIA

« Les violences contre la police se multiplient dans les cités »

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Un peu partout sur le territoire, dans les quartiers sensibles, les agressions contre les forces de l’ordre augmentent.

19 avril 2020

Le FIGARO

Le Havre, Évreux, Bordeaux, Villiers-sur-Marne, Mantes-la-Jolie, Chanteloup-les-Vignes, Villeneuve-la-Garenne, La Courneuve, Trappes, Grigny… C’est la liste non exhaustive des épisodes de violence urbaine relevés entre le 12 et le 19 avril.

Avec une même question: comment faire respecter le confinement dans des secteurs où, en temps «normal», policiers et pompiers sont pris pour cible? Dans des quartiers où, en cas d’interpellation, la consigne est d’intervenir vite sous peine d’être pris à partie par les «amis» du suspect.

 

Un policier décrypte le contrôle par temps de confinement: «On nous demande du “discernement”… et de quitter très vite le terrain pour éviter l’émeute. Mais quand il y a un feu de poubelles, les pompiers ont besoin de notre soutien…» Face à ce problème, une polémique oppose ceux qui dénoncent une «stigmatisation» des quartiers pauvres, livrés à la «violence policière», à ceux qui annoncent «l’embrasement» et vilipendent une rébellion en masse des habitants des cités. Quant à la réalité, elle ne semble intéresser personne, peut-être parce qu’elle est connue de tous et décrite depuis longtemps: la majorité des habitants des quartiers ne créent pas de problèmes et paient le prix des actes d’une minorité de délinquants (il y avait cette semaine une dizaine d’émeutiers dans la «zone urbaine sensible» du Val Fourré avec ses 20.000 habitants).

«Mort aux porcs»

Face à ces dizaines ou centaines de «caillasseurs», d’incendiaires, d’experts ès-mortiers (gros pétards d’artifice), d’amateurs de rodéos à deux roues, de petits ou de gros trafiquants, les policiers sont seuls depuis des décennies. «Les guets-apens sont préparés de façon méthodique, explique un vétéran d’un «secteur sensible». Avec stockage de projectiles, de mortiers et barricades pour faire le “buzz” sur les réseaux sociaux. Ils observent la réactivité des policiers et les effectifs mobilisés. Le but est clair: affirmer que c’est leur territoire et qu’ils le contrôlent.» Avec une certitude pour les forces de l’ordre: au moindre incident dénoncé comme une «bavure policière», on frise l’émeute et les réseaux sociaux abondent en appels à des représailles.

Une cinquantaine d’individus ont lancé des projectiles sur la police avant que la situation ne revienne à la normale vers minuit

Ainsi, samedi soir, à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), où un délinquant de 28 ans, défavorablement connu des services de police et placé sous contrôle judiciaire pour des menaces de mort, circulant sur une moto à vitesse élevée et sans casque, a été gravement blessé à la jambe après avoir percuté une voiture de police. La préfecture de police de Paris précise que «les policiers, se trouvant à l’arrêt au feu rouge, ont remarqué, après l’avoir croisé une première fois en sens opposé, l’arrivée, par l’arrière (du motard). Voulant procéder à son contrôle, l’équipage a ouvert la portière avant-droite. Le motard, manquant de renverser le chef de bord, a heurté la portière du véhicule de police pour finir sa course dans un poteau.» La préfecture évoque «une plaie hémorragique à la jambe et une fracture ouverte du fémur», et précise que «les policiers sur place lui ont prodigué les premiers soins, avant son hospitalisation», le pronostic vital n’étant pas engagé. Sur place, une cinquantaine d’individus ont lancé des projectiles sur la police avant que la situation ne revienne à la normale vers minuit.

Des «médiateurs» ont été déployés dimanche par la commune de Villeneuve-la-Garenne et le préfet des Hauts-de-Seine a mobilisé les délégués pour les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Une enquête a été confiée par le parquet de Nanterre à la sûreté territoriale du département. Sur les réseaux sociaux, l’enquête a, elle, été rondement menée: on y parlait samedi de «jambe arrachée», de portière délibérément ouverte, de bavure. On y lançait aussi des «mort aux porcs» en appelant à tout «brûler»… Toujours sur les réseaux sociaux, on affirmait samedi que des policiers avaient tiré sur un homme, cette fois à La Courneuve. Mais l’intéressé a finalement été blessé d’un coup de couteau dans un règlement de comptes…

 

Pour l’heure, c’est en tout cas toujours les policiers qui sont pris pour cibles: pierres et mortiers le 18 avril après un rodéo sauvage à Chanteloup-les-Vignes, idem à Grigny le 17, agressions le 16 au Val Fourré et à Trappes (frappée par deux attaques le 13 avril), tirs de mortier contre un policier pilotant un drone le 15 à Villiers-sur-Marne… Sans oublier une voiture de SOS Médecins caillassée le 13 à Bordeaux, des policiers blessés à Évreux le 12, d’autres visés par un cocktail Molotov au Havre la même nuit…

Triste routine d’une banlieue sous confinement.

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