MEMORABILIA

Houellebecq : «Le monde après le coronavirus sera le même, en un peu pire»

Scroll down to content

Dans une lettre envoyée à France Inter, l’auteur de Soumission a exprimé toutes ses inquiétudes sur le monde qui nous attend après la pandémie.

Par Le Figaro avec AFP
4  mai 2020
*****************

– L’avènement d’un «nouveau monde» après la crise engendrée par l’épidémie de coronavirus ne convainc pas le célèbre écrivain français Michel Houellebecq qui fait le pari au contraire d’un monde «un peu pire».

«Je ne crois pas une demi-seconde aux déclarations du genre « rien ne sera plus jamais comme avant« . Au contraire, tout restera exactement pareil», a écrit dans une lettre envoyée à France Inter l’auteur de La carte et le territoire.

«Nous ne nous réveillerons pas, après le confinement, dans un nouveau monde; ce sera le même, en un peu pire», insiste l’écrivain français contemporain le plus lu à l’étranger.

L’épidémie de coronavirus, estime le romancier, «devrait avoir pour principal résultat d’accélérer certaines mutations en cours» dont, notamment, «la diminution des contacts humains».

«L’épidémie de coronavirus offre une magnifique raison d’être à cette tendance lourde: une certaine obsolescence qui semble frapper les relations humaines», affirme-t-il.

« Jamais la mort n’aura été aussi discrète qu’en ces dernières semaines »

Michel Houellebecq

«Il serait tout aussi faux d’affirmer que nous avons redécouvert le tragique, la mort, la finitude, etc…», poursuit l’écrivain qui égratigne dans sa lettre quelques écrivains confinés dans leur résidence secondaire.

Alors que l’épidémie de Covid-19 a causé la mort de près de 25.000 personnes en France, l’écrivain estime que «jamais la mort n’aura été aussi discrète qu’en ces dernières semaines.» «Les victimes se résument à une unité dans la statistique des morts quotidiennes et l’angoisse qui se répand dans la population à mesure que le total augmente a quelque chose d’étrangement abstrait», souligne-t-il.

«Un autre chiffre aura pris beaucoup d’importance en ces semaines, celui de l’âge des malades. Jusqu’à quand convient-il de les réanimer et de les soigner? 70, 75, 80 ans?», s’interroge le romancier.

«Jamais en tout cas on n’avait exprimé avec une aussi tranquille impudeur le fait que la vie de tous n’a pas la même valeur», conclut l’auteur de Soumission.

 

******************

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :