MEMORABILIA

« Port du masque: histoire d’une valse-hésitation ».

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DANS LE RÉTRO

L’express.

Par Yohan Blavignat,
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De la priorité donnée aux malades à un usage généralisé dans les transports en commun, retour sur un changement de doctrine en huit actes.

C’était il y a à peine quatre mois. Une éternité. Fin janvier, les premiers cas de coronavirus sont annoncés en France, à Bordeaux et Paris. L’Europe découvre alors avec stupéfaction que ce virus lointain, qu’on n’appelle pas encore « Covid-19 », a quitté la région de Wuhan, berceau de la pandémie, pour arriver sur ses terres. Après la détection de ces quatre premiers patients positifs, des premières mesures sont prises : Air France suspend ses vols vers la Chine et un premier avion ramenant 200 Français de la métropole de Wuhan atterrit fin janvier à Istres (Bouches-du-Rhône). Mais, pour l’heure, rien n’est décidé sur le port du masque dans l’Hexagone alors que, dans le même temps, les autorités chinoises ont imposé son usage dès les premiers jours de janvier.

Il faudra attendre des milliers de morts en France et en Europe, et une connaissance plus fine du virus, pour que le gouvernement s’y résigne, lentement, et après de nombreux revirements, pour limiter la circulation du virus. Des premières déclarations rassurantes des autorités au port du masque obligatoire dans les transports publics, sans oublier une crise liée à l’approvisionnement en masques, L’Express revient sur l’évolution du discours du gouvernement sur cette question.

  • 26 janvier 2020 : priorité aux malades

A cette époque, c’est Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé et pas encore candidate aux élections municipales à Paris, qui prend en main l’arrivée du SARS-CoV-2 sur le sol français. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) vient tout juste de reconnaître que la maladie se transmet d’humain en humain, et ne recommande alors le port du masque qu’aux personnes contaminées dans un contexte de méconnaissance généralisée d’un virus inconnu jusqu’à présent. Agnès Buzyn suit les recommandations de l’OMS, et déclare : « Les masques chirurgicaux (…) sont uniquement utiles quand on est soi-même malade, pour éviter de contaminer les autres ».

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Dans le même temps, la Chine a pourtant cessé d’exporter ses masques pour éviter d’en manquer face à l’avancée du virus qui fait plusieurs centaines de morts chaque jour. En France, on ne craint pas encore une pénurie. « Nous avons des dizaines de millions de masques en stocks en cas d’émergence de virus ou de bactéries. En cas d’épidémie, nous distribuerions des masques, il n’y aurait pas besoin d’aller en pharmacie », déclare notamment Agnès Buzyn au Figaro.

  • 24 février : légère évolution de la doctrine

Près d’un mois plus tard, le virus poursuit sa progression en France, où le ministre de la Santé est désormais Olivier Véran. Ce dernier déclare fin février que la France dispose de « stocks massifs de masques chirurgicaux ». Le port du masque est désormais recommandé aux « personnes ayant séjourné en Chine, à Singapour, en Corée du Sud, en Lombardie, en Vénétie, pendant les quatorze jours suivant leur retour », précise le ministre, et il « est également plus que recommandé pour les malades afin d’éviter la diffusion de la maladie par voie aérienne ».

Le gouvernement se veut rassurant dans un contexte où les connaissances scientifiques du virus se précisent. Des cas asymptomatiques sont détectés chez 41 % des 565 Japonais rapatriés de Wuhan, et une étude hongkongaise publiée dans The Lancet le 24 janvier confirme ces observations. Le 15 février, le premier décès hors d’Asie est signalé en France. Il s’agit d’un touriste chinois de 80 ans hospitalisé à Paris depuis fin janvier. Le 24 février, le gouvernement demande aux personnes revenant des régions italiennes les plus affectées, Lombardie et Vénétie, d’éviter « toute sortie indispensable », de garder les enfants à la maison. Les voyages vers ces régions sont déconseillés.

Officiellement, le coronavirus ne circule pas en France à cette période, mais les scientifiques alertent que le pire est sans doute à venir. Aujourd’hui, nous savons que le Covid-19 circulait bien à cette époque dans le pays, et ce depuis plusieurs semaines. D’autant qu’un rassemblement religieux organisé à Mulhouse le 17 février va accélérer sa diffusion de manière importante dans les prochains jours. Les premières alertes sur un manque de masques pour les soignants, pourtant prioritaires, se font jour. Certains dénoncent, notamment dans le Grand Est et en Île-de-France, un manque criant de matériel.

  • 19 mars : risque de pénurie de masques
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Edouard Philippe à l’Assemblée nationale, le 19 mars. (Photo by Ludovic MARIN / POOL / AFP)

AFP

Le 4 mars, le gouvernement réquisitionne les stocks de masques de protection. Les prix des gels désinfectants hydroalcooliques sont plafonnés. Le 8 mars, le cap des 1000 cas est franchi. Le gouvernement interdit les rassemblements de plus de 1000 personnes. Quatre jours plus tard, Emmanuel Macron annonce la fermeture des crèches, établissements scolaires et universités à partir du 16 mars. Le « stade 3 » de l’épidémie est enclenché le 14 mars, indiquant une circulation active du virus. Le 17 mars à midi, la France entre en confinement pour la première fois de son histoire.

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Fin mars, le nombre de patients atteints du coronavirus explose en France, notamment dans le Grand Est et en Île-de-France où des « clusters » sont signalés. Le gouvernement, de son côté, découvre que le pays risque une pénurie de masques en raison de politiques drastiques de réduction des coûts menées dans le passé. « S’agissant des masques, (…) je peux d’ores et déjà vous répondre que notre objectif est de faire en sorte que cette ressource rare soit bien utilisée, ce qui n’est pas facile, en fixant une doctrine et en veillant à ce que chacun la respecte. Nous cherchons aussi à garantir les sources d’approvisionnement – nationales et internationales – de ces masques », déclare le Premier ministre, Édouard Philippe, à l’Assemblée nationale le 19 mars. Et d’ajouter : « Pendant très longtemps, nous nous sommes reposés sur des approvisionnements venant principalement de Chine, un pays qui a utilisé une bonne part de sa production récente pour ses propres besoins. À cet égard, il y aura des choses à corriger ».

Lors de cette même séance, Olivier Véran donne pour la première fois des chiffres. La France dispose d’un stock de 150 millions de masques chirurgicaux. Pour les masques FFP2, en revanche, le pays n’en a…. aucun. Les besoins en masques sont pourtant estimés à 24 millions par jour.

  • 21 mars : la colère gronde

Débordés par l’afflux de patients, les services hospitaliers sont également sous-équipés et certains hôpitaux doivent mettre en place un plan de rationnement des masques. La colère des médecins, qui couvait depuis plusieurs semaines, explose au grand jour. Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, regrette un « raté » lié « à la réquisition du stock ». En 2009, lors de la crise du virus H1N1, Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé, avait pourtant doté la France d’un stock d’1,7 milliard de masques. Elle avait pourtant été très critiquée pour sa gestion dispendieuse de cette crise.

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En grande difficulté, les collectivités locales, notamment dans le Grand Est, lancent un appel à l’aide auprès des entreprises. Au 21 mars, la France est capable de produire 8 millions de masques par semaine mais la production demeure insuffisante. Par ailleurs, 24 entreprises viennent d’être homologuées pour en fabriquer. Le risque de pénurie n’est pas uniquement un sujet français, puisqu’une véritable guerre diplomatique est lancée pour s’approvisionner en masques. Les Etats-Unis sont ainsi accusés d’avoir détourné des livraisons chinoises destinées à la France. Et la France est accusée par la Suède d’avoir eu recours aux mêmes pratiques. En Europe centrale, moins touchée par la pandémie, le port du masque devient obligatoire dans de nombreux pays.

  • 2 avril : l’Académie de médecine dit « oui »

Début avril, les scientifiques sonnent l’alarme. Deux articles parus dans la prestigieuse revue Naturefont état d’une probable propagation du virus par voie aérienne, pour le premier, et de l’efficacité du port du masque pour limiter la transmission du Covid-19, pour le second. Dans la foulée, l’Académie nationale de médecine « recommande que le port d’un masque ‘grand public’, aussi dit ‘alternatif’, soit rendu obligatoire pour les sorties nécessaires en période de confinement ».

Face à la rapide progression de l’épidémie en France, le Pr Jérôme Salomon révise également son jugement, encourageant les Français à se doter de tels masques de manière optionnelle. Olivier Véran, quelques jours plus tard, ouvre lui aussi la voie à une généralisation du port du masque une fois le déconfinement acté. Le 7 avril, le seuil des 10 000 morts est dépassé en France.

  • 13 avril : Emmanuel Macron tranche pour des masques « grand public »
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Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée, le 13 avril.

Hans Lucas via AFP

Lors de son allocution télévisée, le chef de l’Etat prolonge le confinement jusqu’au 11 mai, et dessine les contours de la future stratégie de déconfinement. « L’État, à partir du 11 mai, en lien avec les maires, devra permettre à chaque Français de se procurer un masque grand public. Pour les professions les plus exposées et pour certaines situations, comme dans les transports en commun, son usage pourra devenir systématique », déclare-t-il.

La semaine suivante, Édouard Philippe confirme que le port du masque sera sans doute obligatoire dans les transports publics. Des maires veulent, à leur échelle, le rendre obligatoire dans l’espace public, à l’instar de l’édile de Lyon, Gérard Collomb. A Paris, Anne Hidalgo annonce quant à elle qu’elle en distribuera 2,2 millions à tous les Parisiens, qui devront se les procurer en pharmacie. Mais pas d’obligation dans l’espace public.

  • 28 avril : Édouard Philippe prend ses responsabilités

Devant les députés, le Premier ministre reconnaît que « réserver les masques aux soignants, c’était, mécaniquement, refuser de les distribuer à d’autres : c’est un choix difficile, c’est un choix contesté, c’est un choix que j’ai estimé nécessaire ». Le chef du gouvernement explique avoir dû gérer un « risque de pénurie », et assume ses choix. Autrement dit, la France n’avait pas les moyens, à l’époque, d’en distribuer à toute la population.

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Fin avril, grâce à l’augmentation hebdomadaire du nombre de masques produits en France, les stocks sont à un niveau satisfaisant. Les pharmacies sont autorisées à en vendre au grand public, ainsi que les buralistes. Certaines grandes surfaces décident également d’en vendre, mais ce choix interroge certains, à l’image de Renaud Muselier, qui demande aux grandes enseignes de prouver qu’elles ne disposaient pas de stocks cachés.

  • 2 mai : le masque obligatoire dans les transports en commun
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Le port du masque est désormais obligatoire dans les transports en commun. (Photo by Damien MEYER / AFP)

AFP

Lors d’une conférence de presse commune avec Olivier Véran, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, annonce que « le port du masque sera rendu obligatoire dans les transports en commun » pour les usagers de 11 ans et plus. En cas de non-respect de cette règle, des agents de l’Etat qui ne sont pas policiers pourront dresser des amendes pour « non-respect des règles de l’état d’urgence sanitaire » à hauteur de 135 euros. Interrogé au Grand Jury (RTL/LCI/Le Figaro) dimanche 3 mai, Christophe Castaner a reconnu que le gouvernement n’a « certainement pas été assez clair » sur le sujet des masques de protection, alors que son prédécesseur à la place Beauvau, Gérard Collomb, a dénoncé dans le Journal du Dimanche les « allers-retours » de l’exécutif à ce sujet.

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Pour la reprise du travail en entreprise, prévue lundi 11 mai pour celles qui ne peuvent exercer en télétravail, des règles strictes devront être respectées, a annoncé le 3 mai le ministère du Travail. Parmi elles figure l’instauration d’un espace minimum de 4 m² par salarié dans les commerces et les bureaux, ascenseurs compris. Si cette règle ne peut être mise en place, l’entreprise sera contrainte de fournir des masques à ses salariés.

Dans les écoles, le ministère de l’Education nationale mettra à disposition de ses agents en contact direct avec les élèves deux masques par jour. En revanche, le masque sera proscrit pour les enfants. Outre les écoles maternelles et élémentaires, le port du masque sera obligatoire pour les élèves du collège, qui rouvriront à partir du 18 mai, si « la distanciation sociale ne peut être respectée », a annoncé Edouard Philippe, lundi 4 mai, lors de la présentation de la stratégie gouvernementale de déconfinement devant le Sénat.

  • 5 mai : Masqué, Emmanuel Macron visite une école
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Emmanuel Macron tente de rassurer sur la réouverture des écoles. (Photo by Ian LANGSDON / POOL / AFP)

AFP

Portant pour la première fois un masque grand public, en tissu bleu nuit, le chef de l’Etat a visité mardi matin une école de Poissy (Yvelines) et discuté avec des maires pour tenter de rassurer sur une rentrée très contestée après le 11 mai. Face aux enfants présents, Emmanuel Macron explique les gestes barrière, mais ne peut s’empêcher de tripoter son masque. Il s’en est expliqué. « Nous, les adultes, on va mettre des masques, on est pas tous habitués, on touche son masque quand il n’est pas bien ajusté. La seule solution est de se laver les mains le plus souvent possible ».

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Le même jour, le ministère de la Santé annonce que les malades du coronavirus et les « personnes contacts » pourront se faire prescrire 14 masques chirurgicaux par semaine à partir du 11 mai. Les quantités distribuées aux soignants libéraux sont aussi augmentées. Les masques seront par ailleurs obligatoires pour les députés à l’Assemblée nationale, et pour les personnels et les visiteurs des neuf tribunaux de la Cour d’appel de Paris.

Pour accompagner le déconfinement qui doit progressivement débuter lundi, « l’objectif est que chaque Français ait accès à un masque, soit par la distribution commerciale, soit par les collectivités, soit par l’Etat », a déclaré Christophe Castaner, mercredi. « Il ne s’agit pas de porter le masque tout le temps », a souligné le ministre mais « dans les moments qui sont nécessaires », par exemple dans les transports en commun, où ils seront obligatoires.

  • 7 mai : Edouard Philippe assume ses choix

Lors de la conférence de presse du gouvernement dédiée à exposer la stratégie de déconfinement, jeudi 7 mai, le Premier ministre, Edouard Philippe, a assuré que l’Etat allait distribuer des masques à ses agents, et aux enseignants. « Cinq millions de masques seront distribués chaque semaine par les préfets pour que les plus vulnérables puissent disposer de masques gratuits. Par ailleurs, l’Etat va financer à hauteur de 50 % le coût des masques acquis par les collectivités territoriales à compter du 13 avril, et qu’elles distribueront parfois gratuitement », a-t-il poursuivi. Selon lui, il est « précieux » que les Français puissent « trouver des masques partout, à un prix pas excessif ».

Interrogé sur le choix du gouvernement de ne pas imposer le port du masque dans l’espace public, le chef du gouvernement a assumé. « Nous avons considéré que le masque doit être porté dans certains endroits uniquement. Ce n’est qu’un complément aux gestes barrières. Quand vous vous promenez tout seul dans la rue ou à la campagne, porter un masque n’a pas un intérêt fondamental », a-t-il souligné. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a quant à lui incité les personnes « vulnérables » à « porter un masque pour toutes vos sorties ». Côté transports, quelque 10 millions de masques seront mis à disposition des opérateurs, pour qu’ils les distribuent à leurs usagers », dont 4,4 millions pour la région Ile-de-France, a assuré vendredi Christophe Castaner.

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Dans une tribune publiée dans Le Point jeudi, plus de 50 médecins réclament l’obligation du port du masque ou d’un « écran anti-postillons généralisé » dès « aujourd’hui ». « Les faits montrent que tous les territoires, pays, régions ou villes sans exception, où le masque est porté par la population, ont maîtrisé l’épidémie », expliquent les chercheurs, parmi lesquels Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie, Gérard Mourou, prix Nobel de physique ou Jean Jouzel, climatologue, membre de l’Académie des Sciences. Et de poursuivre : « Après des mois d’hésitation, le gouvernement commence à reconnaître l’importance du masque pour tous. Mais le port systématique ne peut être suffisant sans obligation. Il ne s’agit pas d’obliger pour sanctionner mais pour créer la cohérence entre le message, l’action et finalement le résultat ».

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