Kevin Bossuet 
3 juin 2020
CAUSEUR

Les idées délétères et antirépublicaines de Rokhaya Diallo sont en train de gagner. Elles menacent gravement la cohésion nationale.


Hier soir, c’est un vent de révolte qui s’est emparé de la capitale. En effet, plus de 20 000 personnes se sont rassemblées devant le tribunal judiciaire de Paris pour rendre hommage à Adama Traoré et dénoncer les violences policières.

Malgré l’interdiction prononcée par le préfet de police de Paris Didier Lallement, c’est dans une totale impunité que tous ces gens ont tout bonnement et simplement décidé de défier les autorités en criant sans aucune retenue leur haine et leur rejet de la police républicaine.

Violer l’état d’urgence sanitaire dans un contexte de crise épidémique carnassière en dit long sur le dessein réel de ces manifestants qui n’ont finalement fait que tester ouvertement l’autorité de l’Etat français.

Une mort instrumentalisée

Entendons-nous bien, il ne s’agit évidemment pas ici de critiquer l’exigence de vérité et de justice que sont en droit d’attendre la famille et les proches du malheureux Adama Traoré, mais de mettre en avant le fait que cette manifestation, en apparence anodine, n’a majoritairement été qu’un attroupement de militants communautaires et identitaires qui exècrent par-dessus tout l’Etat républicain. En effet, à travers le symbole d’Adama Traoré, c’est bien la police de la République qui a été visée. A travers ce dernier, c’est bien l’Etat français en étant honteusement qualifié de « raciste » qui a été diffamé. La vérité est qu’en faisant d’Adema Traoré le porte-drapeau d’accusations mensongères et de revendications politiques et identitaires, tous ces militants n’ont fait qu’instrumentaliser une fin tragique pour mieux dénigrer l’Etat français qui serait, d’après eux, inique.

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Il suffit pour s’en convaincre d’observer les slogans qui ont émaillé ce rassemblement. Entre  « La police tue », « Flics, porcs, assassins » ou encore « Qui nous protège de la police ? », on voit bien à quel point les revendications prônant une justice équitable pour Adama Traoré ont très clairement été dépassées, voire effacées, par un véritable appel à l’insurrection. En insultant la police et en nous faisant croire qu’elle serait un danger pour chacun d’entre nous, les manifestants n’ont effectivement fait que délégitimer cette dernière tout en incitant à lutter contre. C’est bien la violence légitime de l’Etat français qui a été remise en question et c’est bien un appel à s’en distancer qui a été émis pour mieux faire sécession. Quand la police n’est plus respectée, c’est l’Etat dans son ensemble qui est fragilisé et rejeté.

Les thèses indigénistes de Rokhaya Diallo ont infusé dans la société

Que reprochent finalement tous ces gens à la France ? Tout simplement d’être profondément raciste et de commettre à travers sa police des discriminations. En effet, à les écouter, Adama Traoré ne serait mort uniquement que parce qu’il était noir. S’il avait été blanc, aurait-il connu un autre destin ? Assurément non d’après les manifestants.

L’Etat français serait donc un Etat raciste et ferait tout pour dissimuler ce sulfureux penchant à travers sa police et à travers sa justice. Voilà ce qu’il y a dans la tête de tous ces militants. La mort d’Adama Traoré ne serait pas seulement le fruit d’une bavure policière, elle serait d’abord et avant tout la conséquence du racisme de l’Etat français.

On reconnaît bien ici la dialectique des indigénistes et autres partisans de l’antiracisme militant dont Rokhaya Diallo est sans doute le porte-voix le plus médiatique.Auteur d’un ouvrage qui s’intitule Racisme mode d’emploi, elle n’a de cesse d’accuser la France d’entretenir un racisme qui serait d’après elle institutionnel, dans tous les médias. En décembre 2017, au détour d’un tweet, elle a notamment déclaré que « « Dire qu’il existe un racisme d’Etat » ne signifie pas son inscription dans la loi mais « que le racisme fonctionne en utilisant les ressorts, les ressources, les modes d’organisation de l’Etat, et produit de fait des catégories différenciées de citoyens ».»

Pour justifier ses accusations, elle prétend notamment que les services de l’Etat commettraient continuellement des discriminations en fonction de la couleur de peau. Elle a même été jusqu’à qualifier la police française opérant dans les banlieues multiethniques de « force d’occupation ».

En outre, en mai 2018, elle a poussé ses délires paranoïaques jusqu’à accuser les hôpitaux publics français de fournir uniquement des compresses de couleur blanche ; ce qui serait d’après elle discriminatoire puisque particulièrement inesthétique sur une peau de couleur noire.

Autant dire qu’il y a de quoi ici se poser de sérieuses questions sur son état psychologique !

Les entrepreneurs identitaires à la manœuvre

Bien évidemment qu’il y a au sein de la société française des discriminations à l’égard des personnes de couleur noire comme des personnes d’origine maghrébine, notamment au niveau de l’accès à l’emploi ou encore au logement, mais prétendre qu’Adama Traoré serait mort car il était noir ou que l’on distribue délibérément dans nos hôpitaux des pansements de couleur blanche pour mieux discriminer les personnes de couleur noire est aussi grotesque qu’infamant. Ce que Rokhaya Diallo appelle « la suprématie blanche » et ce que les manifestants d’hier appellent « racisme d’Etat » ne sont que des fantasmes qui ne visent qu’à justifier et à encourager le repli communautaire et racial que les militants antiracistes et indigénistes appellent de leurs vœux. Il n’est d’ailleurs pas anodin de mentionner que Rokhaya Diallo a défendu à plusieurs reprises les rassemblements non-mixtes et racisés comme les festivals afro-féministes interdits aux Blancs qui ont, d’après la militante identitaire, l’avantage d’offrir « à leurs participants un échappatoire, une zone de respiration dans une société oppressive. » De la même manière, elle a pendant longtemps combattu la loi prohibant les signes religieux à l’école ou celle interdisant le voile intégral dans la rue afin de soumettre la France à une autre culture que la sienne pour mieux détruire l’impérialisme culturel et identitaire « des Blancs ».

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Or, à l’instar de Rokhaya Diallo, en prétendant lutter contre un racisme soi-disant étatique, tous ces militants antiracistes qui ont gonflé hier les rangs du rassemblement « Justice pour Adama » ne font en fait que promouvoir la distinction des races en réduisant les individus à une origine ethnique ou à une couleur de peau.

Alors que tous ces gens assurent défendre les populations d’origine immigrée, ils ne font que les condamner au ressentiment et à la marginalité en affirmant que quoi qu’elles fassent, elles n’arriveront jamais à s’intégrer dans une société qui aurait instauré les discriminations à leur égard en un principe étatique.

C’est finalement bien sur des critères purement raciaux et purement ethniques que ces gens dressent les Français les uns contre les autres et justifient et encouragent les pires dérives communautaires et identitaires.

La nation en danger

Il ne faut alors pas s’étonner de voir à quel point les banlieues françaises sont peu à peu en train de devenir des zones de non-droit au sein desquelles la police n’a désormais plus droit d’entrer.

Il ne faut alors pas être surpris de voir à quel point des jeunes adolescents d’origine immigrée développent petit à petit un sentiment anti-français et font progressivement de la France la cause de tous leurs maux.

En surfant ainsi sur les fractures identitaires, les organisateurs de cette manifestation ne font que précipiter la France dans un douloureux chaos qui risque à terme de déboucher sur une effroyable guerre civile.

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En effet, n’oublions jamais cette phrase de Gérard Collomb, prononcée lors de son départ du ministère de l’Intérieur : « Aujourd’hui on vit côte à côte… Je crains que demain on vive face à face. »

Il serait peut-être temps d’en prendre conscience car en acceptant l’inacceptable, c’est-à-dire en acceptant que des militants d’un nouveau genre remettent ouvertement en cause les fondements mêmes de notre Etat républicain, nous sommes en train de détruire encore un peu plus les garants de notre cohésion nationale.

 

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