MEMORABILIA

«Les ressorts du réveil populiste». Rioufol.

Scroll down to content

 

CHRONIQUE – C’est le peuple, irrité d’être invisible aux yeux des puissants, qui a été le révélateur de la crise de la démocratie aujourd’hui admise comme une évidence.

4 juin 2020.

*********************

– La question, déjà évoquée ici, se pose désormais sur les réseaux sociaux, là où tout se dit: le gouvernement n’en a-t-il pas trop fait face au Covid-19?

À dire vrai, c’est une panique mondiale qui a été entretenue, sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Mais, à l’heure du bilan, la catastrophe sanitaire est à replacer dans de plus raisonnables proportions. En France (29.000 morts), la pandémie sera moins mortelle que la grippe de Hongkong de 1969, qui tua 31.000 personnes dans l’indifférence. Ce virus fit un million de morts au total, contre 300.000 aujourd’hui. En Chine, épicentre de la contamination, la surmortalité n’est pas décelable même si les chiffres sont opaques.

En France, la deuxième vague, qui a servi d’argument au pouvoir pour prolonger l’ordre sanitaire, est une hypothèse qui s’éloigne depuis des semaines. La déferlante va être celle d’une économie en récession de 11 % pour 2020. La crise sociale, née d’une flambée du chômage, sera dure.

Les historiens auront à mettre au jour les mécanismes mimétiques qui ont amené une partie de la planète – la plus avancée technologiquement – à s’immobiliser plus ou moins. Constatons déjà que l’épisode a été l’occasion pour les universalistes de tenter de replacer leur gouvernement planétaire.

L’Union européenne a également vu, dans la course à l’endettement des États, une opportunité pour s’imposer en organisation supranationale, autorisée à prélever l’impôt européen. C’est l’objectif actuel du duo Macron-Merkel, qui vise à mutualiser les dettes entre les cigales et les fourmis.

Toutefois, ces tentatives pour prendre de vitesse les aspirations protectionnistes sont vouées à être incomprises des enracinés, soucieux de leur souveraineté. Les dirigeants auraient tort de se rassurer de l’apparent consentement des citoyens à leur enfermement. Le réveil populaire sera brutal. Surtout si les citoyens estiment avoir été abusés dans leur confiance.

Rien de tel pour attiser la colère populiste que ce mépris persistant venant d’une « élite  » incapable

La défense d’Édouard Philippe, assurant le 28 avril que le confinement avait sauvé plus de 60.000 vies, cherche à faire oublier les erreurs initiales de son gouvernement. Mais le premier ministre sait qu’il aura à s’expliquer devant des commissions d’enquête. Trois chercheurs contestent ces jours-ci les chiffres (60.000) de cette modélisation, sortie de l’École des hautes études en santé publique (EHESP). La décision de mettre la France à l’arrêt a sûrement évité des morts.

Mais combien d’autres vies auraient pu être sauvées si le pouvoir n’avait pas voulu laisser les frontières ouvertes? Combien de vies auraient pu être épargnées s’il y avait eu assez de masques et de tests de dépistage dès le début de la pandémie?

En interdisant l’hydroxycholoroquine dans la lutte contre le Covid-19, le ministre de la Santé, Olivier Véran, n’a-t-il pas pris le risque de rendre inapplicable un protocole, au prétexte qu’il était promu par le professeur Didier Raoult?L’entêtement mis par Véran à marginaliser le médecin marseillais est une faute.

D’autant que les conclusions négatives publiées le 22 mai par The Lancet contre le protocole Raoult, sur lesquelles le ministre s’est appuyé pour interdire ses soins, se sont révélées approximatives. La revue l’a admis, mardi. Les recommandations sanitaires du gouvernement, qui invitaient le malade à rester chez lui et à prendre du Doliprane avant d’appeler le Samu en cas de complications, ont pu être à la source d’aggravations que la chloroquine, administrée dès le début de la contamination, aurait pu, peut-être, éviter. C’est en tout cas la conviction de l’équipe de l’Institut hospitalo-universitaire de Marseille, qui avance pour la région cinq fois moins de morts qu’en Île-de France.

Remarquons ceci: ceux qui ont insulté Raoult, lui reprochant sa suspecte popularité, ont été souvent les mêmes qui crachaient sur la plèbe mal lunée des «gilets jaunes».

Légitimes procès

Rien de tel pour attiser la colère populiste que ce mépris persistant venant d’une «élite» incapable. C’est le peuple, irrité d’être invisible aux yeux des puissants, qui a été le révélateur de la crise de la démocratie aujourd’hui admise comme une évidence. C’est lui qui a été le plus réceptif aux injustices portées contre le très élitiste médecin, coupable de soigner sans attendre les autorisations de la science encore indécise.

Le conformisme, l’absence de discernement, l’irréalisme, sont des traits communs aux orgueilleux «sachants». Ils sont si peu sûrs d’eux-mêmes que la critique à leur égard est assimilée à une pensée extrémiste. Le choix de Macron de s’entourer de 26 experts pour gérer la crise économique, après les 10 experts en crise sanitaire, fait à nouveau l’impasse sur le questionnement parallèle des infréquentables Français. Tout ceci finira mal.

La macronie soutient que d’éventuels procès contre des ministres seraient le signe d’une pensée obscène, revancharde, dangereuse. Pourtant, le procès du sang contaminé, qui fit condamner le ministre de la Santé Edmond Hervé pour homicide involontaire en 1999 par la Cour de justice de la République, fut légitime.

En 2019, la ministre (LREM) Brune Poirson ne choqua pas les siens en espérant voir traduits, «devant un tribunal», à propos d’écologie, des responsables ayant à «répondre de leur incohérence ou de leurs actes irresponsables». À ce jour, un peu plus de 70 plaintes ont été déposées contre des membres du gouvernement. Aucune raison ne peut être avancée, sinon celle de l’impunité du pouvoir, pour délégitimer ces démarches, qui resteront à prouver. Le verdict politique aura, pour sa part, à trancher sur la cohérence des actions menées, y compris contre l’École.

Regagner la confiance

Les politiques retrouveraient la confiance perdue s’ils savaient se montrer exemplaires. Or voici le pouvoir, implacable dans ses interdits sanitaires, qui bat en retraite devant des minorités ethniques qui se plaignent de la France.

Samedi, 5 500 clandestins ont défilé dans Paris en dépit de leur situation illégale, de l’interdiction de la Préfecture et de l’état d’urgence qui proscrit tout regroupement de plus de dix personnes.

Mardi, 23.000 manifestants ont bafoué la loi devant le tribunal de Paris, en dénonçant le «racisme» des forces de l’ordre parce qu’un délinquant noir, Adama Traoré, a perdu la vie en 2016 en résistant à des gendarmes. Les révoltes qui enflamment ces jours-ci les États-Unis après la mort d’un Noir tué par un policier blanc servent de prétexte à l’extrême gauche américaine pour tenter une déstabilisation politique.

Donald Trump en appelle à «la loi et l’ordre». En France, le ministre de l’Intérieur fait la leçon à sa police plutôt qu’aux voyous.

 

***********************

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :