MEMORABILIA

« SAUVEZ DES VIES, RENTREZ CHEZ VOUS ! »…

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Sauvez des vies, rentrez chez vous !

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Leurs pays se meurent, le nôtre aussi – les nôtres, en incluant dans la submersion une large partie de ceux avec qui nous partageons une civilisation commune. Et pourtant ils sont là. Ils sont venus, ils sont restés, ils imposent ou ils imposeront leur propre culture, incompatible avec la nôtre. Sauf s’ils remigrent. Le mieux est qu’ils le fassent de bon gré.

 

Remigration serait un gros mot. Même pas un de ceux que l’on apprend dans les cours de récréation à l’insu des parents, ni même l’un de ceux qui entraînent des rires gras et entendus sur les plateaux de télévision, mais l’un de ceux qu’il est interdit de prononcer, voire déconseillé de penser et même d’« arrière-penser » sous peine d’être mis au ban de la société, puisqu’on voit désormais des tribunaux prononcer des condamnations sur la base des arrière-pensées supposées du prévenu, ainsi que des sémiologues se livrer à de savantes analyses politiques au moyen de la psychanalyse. Remigration est un mot tabou car, nonobstant des querelles de paternité qui n’ont que peu d’importance, il a été propagé dans le champ politique français par des gens catalogués à l’extrême droite, les Identitaires, bien que rien, dans leur programme, dans leurs idées, dans leur façon d’être ne les rattache à cette famille politique avec laquelle ils se gardent d’ailleurs de frayer, ne partageant avec elle aucune de ses nostalgies ni aucune de ses appétences.

Le mot eût-il subi un autre sort s’il était entré dans le champ lexical du combat politique par un autre biais ? Rien n’est moins sûr, tant le mouvement dextrogyre, théorisé par Guillaume Bernard, semble surtout se manifester par la translation, sous l’effet de médias vigilants, de la gauche vers le centre, du centre vers la droite, de la droite vers l’extrême droite – il est aussi possible de passer directement de la gauche à l’extrême droite, ainsi que vient de l’éprouver Michel Onfray – de tous ceux qui se risquent à échapper à la doxa immigrationniste. Qu’on se le dire : migration, c’est bien, et c’est bien en soi; remigration, c’est mal, très très mal, comme quoi la simple adjonction d’une simple particule prépositive ne signifiant rien d’autre qu’une action rétroactive peut vous faire passer du côté obscur de la force. Qui a migré vers l’Europe ne remigrera pas vers son point de départ, tel est l’axiome, que, en tant que tel, il n’est nul besoin de démontrer.

 

Une seule solution ?

 

« Sauvez des pays, rentrez chez vous ! », n’avons-nous pu nous empêcher de titrer sur la suggestion d’un collaborateur facétieux en une allusion qui n’aura échappé à personne, sauf à ceux qui n’auraient pas vu que puisqu’il était donc possible, au printemps 2020, d’assigner à résidence la totalité de la population française, on en aurait pu en profiter pour s’en aller quérir au moins les clandestins sur leur lieu de confinement, avec toutes les précautions requises par la situation sanitaire, évidemment. Ces pages devaient être intitulées, avant l’irruption du Covid-19 : « Une seule solution: la remigration ». Une seule solution… à quoi ? On nous voit venir et on s’attend à ce que nous parlions du Grand Remplacement. Bonne pioche.

Car cette notion conceptualisée par l’écrivain Renaud Camus n’est qu’un constat, que chacun peut faire en se promenant dans la rue, constat confirmé, s’il faut des chiffres, par les statistiques de l’Insee comme par les travaux des experts indépendants, tel Jean-Yves Le Gallou, auteur de la somme jamais dépassée, Immigration – La Catastrophe: que faire ? (éd. Via Romana, 2016). Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques, la France comptait, en 2018, 6,5 millions d’immigrés, au sens de la définition du Haut Conseil à l’intégration, soit des personnes nées étrangères à l’étranger et résidant en France (9,7 % de la population totale), et 4,8 % d’étrangers, soit 7,1 % de la population totale, parmi lesquels 4,1 millions d’immigrés n’ayant pas acquis la nationalité française. « En 2018, ajoutait l’Insee, 46,1 % des immigrés vivant en France [étaient] nés en Afrique. »

 

Lire aussi : Anastasis : l’éditorial de Jacques de Guillebon

 

Le hic, c’est que ces chiffres, déjà impressionnants, ne prennent pas en compte un très grand nombre de personnes, descendants d’immigrés d’Afrique du Nord ou sub-sahariens, qui sont justement ceux dont on parle le plus à la rubrique des faits divers et chez qui le « retour aux origines » est le plus prononcé, sans compter les clandestins, qui, rien qu’en Seine-Saint-Denis, selon un rapport d’information de l’Assemble nationale, ne peuvent qu’être estimés au doigt mouillé dans une fourchette allant de 150 000 à 400 000 personnes, peut-être plus ! De sorte que dans nos colonnes, le président de la fondation Polémia a estimé à 19 % la part de la population d’origine extra-européenne dans les 69 millions d’habitants de la France, soit près de 14 millions d’extra-Européens.

 

Une modification substantielle de la population française ?

 

Et alors ? Une fois ces chiffres posés, on n’a fait qu’une partie du chemin. Après tout, qu’est-ce que ça peut bien faire que la France soit composée d’une population de plus en plus diverse, de plus en plus bariolée, de moins en moins ethniquement homogène – ou alors, dans certaines contrées urbaines ou péri-urbaines, d’une homogénéité qui n’a plus rien à voir avec celle qui avait cours il y a encore quelques décennies ? La seule question qui vaille est celle-ci: existe-t-il un lien entre l’origine ethnique d’une population et la civilisation du pays (ou du continent) où elle réside ? Autrement dit, lorsqu’une population vient à changer, la civilisation vient-elle, elle aussi, à se modifier ? Soit pour laisser place à une autre, soit pour ne plus être regardée que comme le vestige d’un temps révolu, dont on gardera tout de même quelques traces comme on conserve les squelettes au Muséum national d’histoire naturelle, soit pour se modifier peu à peu sans qu’il soit possible d’arrêter le processus du fait du rapport de force démographique ?

Si l’on pense que les individus sont interchangeables, la modification substantielle de la population française ne pose aucun problème majeur et dès lors il suffit de se donner les moyens de les intégrer, et même de les assimiler, pour qu’ils se fondent, avant d’entretenir, poursuivre et transmettre, dans la civilisation qui est la nôtre. Si l’on considère au contraire que, quoi qu’on fasse, ils ne se départiront jamais de leur culture – ce qui, soit dit en passant, est tout à leur honneur –, que chaque peuple dispose de ses propres caractéristiques qui font justement la diversité et la richesse des civilisations, et qu’à de rares exceptions près, chaque individu se retrouve, tôt ou tard, investi de la mission de renouer avec la culture de son « pays d’origine » et de la perpétuer, voire la propager en dehors des frontières dans lesquelles elle était jusqu’alors contenue, alors il n’y a pas à tergiverser.

 

Engager l’inversion des flux migratoires

 

Quand Jérôme Fourquet, dans L’Archipel français (Seuil, 2019), établit, avec toute sa rigueur de directeur du département « opinion et stratégie d’entreprises » de l’Ifop, que 18,5 % des prénoms masculins donnés en France sont des prénoms musulmans, la conclusion s’impose d’elle-même : il faut mettre le holà, et, pour cela, engager l’inversion des flux migratoires, c’est-à dire la remigration. Humainement, mais fermement et massivement. Dans La Crise de l’esprit, Paul Valéry écrivait en 1919 cette phrase devenue célèbre : « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ». La suite est moins connue, elle résonne aujourd’hui à nos oreilles avec encore plus d’acuité qu’à l’époque : « Elam, Ninive, Babylone étaient de beaux noms vagues, et la ruine totale de ces mondes avait aussi peu de signification pour nous que leur existence même. Mais France, Angleterre, Russie… ce seraient aussi de beaux noms.

 

La conclusion s’impose d’elle-même : il faut mettre le holà, et, pour cela, engager l’inversion des flux migratoires, c’est-à dire la remigration. Humainement, mais fermement et massivement.

 

Lusitania aussi est un beau nom. Et nous voyons maintenant que l’abîme de l’histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu’une civilisation a la même fragilité qu’une vie. Les circonstances qui enverraient les œuvres de Keats et celles de Baudelaire rejoindre les œuvres de Méandre ne sont plus du tout inconcevables: elles sont dans les journaux ». En se focalisant sur des aspects certes tout à fait fâcheux de l’immigration mais mineurs, comme la question de son coût ou celle de la proportion qu’elle a dans la délinquance et dans la criminalité, et en croyant qu’en les résolvant, par des mesures d’ordre public ou de restriction budgétaire, on réglera le problème, on passe à côté de l’essentiel – pire, on l’occulte ! La chance de la France, osera-t-on de façon paradoxale qui sera jugée provocatrice, est que, après un bon demi-siècle d’efforts colossaux qui ont lourdement pesé sur les finances publiques, toutes les politiques d ’intégration ont échoué.

De sorte que l’image du « jeune » ne s’est pas améliorée, bien au contraire, et que le Français, qui n ’est pas raciste et qui croyait que l ’on pouvait faire du « jeune de quartier » un bon petit Français comme un autre, sans avoir du tout conscience que ce n ’était pas son comportement mais son « retour aux origines » qui allait poser problème un jour, constate que ce n ’est pas le cas, se dit que ce ne le sera jamais, et se montre maintenant favorable, à plus de 50 %, au « départ d’un grand nombre d ’immigrés qui vivent actuellement en France », le chiffre a teignant 45 % dans l ’électorat de La République en marche selon un sondage Kantar/Sofrès pour l ’Obs (une proportion égale des sympathisants LREM croit encore à l ’intégration).

 

L’ONU avec nous

 

Emmanuel Macron engagerait la remigration qu ’il serait donc suivi par une majorité de Français ! Chiche ? S ’il ne veut pas s ’appuyer sur la célèbre phrase de de Gaullerapportée par Alain Peyrefite dans C ’était de Gaulle (« On peut intégrer des individus; et encore dans une certaine mesure seulement. On n ’intègre pas des peuples, avec leur passé, leurs traditions, leurs souvenirs communs de batailles gagnées ou perdues, leurs héros »), malgré sa récente tentative, à Montcornet, d ’endosser la tunique du général au nom de « l ’esprit de résistance »; s ’il ne veut pas exhumer Jacques Chirac dans sa tout aussi célèbre tirade sur « le bruit et l ’odeur » (« Notre problème, ce n ’est pas les étrangers, c ’est qu ’il y a overdose. C ’est peut-être vrai qu ’il n ’y a pas plus d ’étrangers qu ’avant la guerre, mais ce n ’est pas les mêmes et ça fait une différence. Il est certain que d ’avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d ’avoir des musulmans et des Noirs »), il peut s ’appuyer sur… l ’ONU.

 

Lire aussi : Philippe Bilger : « Si la police est présumée coupable en permanence, ce n’est plus la peine qu’elle essaie d’intervenir »

 

Précisément sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, adoptée par l’assemblée générale de l’ONU le 13 septembre 2007. Une résolution soutenue par la France, mais non ratifiée depuis, car elle exigerait une modification de la Constitution. Que dit ce texte, évidemment réservé aux peuples également appelés « premiers » – qu’on nommait autrement « primitifs » – ayant été spoliés, asservis, dépossédés de leurs terres, etc. ? Des choses d’une importance considérable, dont les autres « peuples autochtones », comme les « Français de souche » ou les « Européens de souche », pourraient s’inspirer pour exiger de mettre au pas ceux qui imposent chez eux leur culture, et même pour leur expliquer pourquoi ils vont devoir remigrer. Ainsi de l’article 33 : « Les peuples autochtones ont le droit de décider de leur propre identité ou appartenance conformément à leurs coutumes ou à leurs traditions ».

De l’article 9 : « Les autochtones, peuples et individus, ont le droit d’appartenir à une communauté ou à une nation autochtone, conformément aux traditions et coutumes de la communauté ou de la nation considérée ». L’article 13 est à opposer à toute revendication dite « communautaire » et peut servir de fondement à la nécessité de se séparer de ceux qui ne souhaitent pas qu’il en soit ainsi: « Les peuples autochtones ont le droit de revivifier, d’utiliser, de développer et de transmettre aux générations futures leur histoire, leur langue, leurs traditions orales, leur philosophie, leur système d’écriture et leur littérature », etc. En quelque sorte un manuel de survie à l’usage des peuples en danger de mort, soit très précisément ce dont nous avons besoin, puisque les rédacteurs du texte relatif au « principe de précaution », inscrit dans la Constitution depuis que la Charte de l’Environnement y a fait son entrée, n’ont pas pensé un instant que la préservation de l’environnement était de peu d’intérêt si la civilisation bâtie par les peuples y vivant depuis 40 000 ans devait en disparaître.

 

En quelque sorte un manuel de survie à l’usage des peuples en danger de mort, soit très précisément ce dont nous avons besoin, puisque les rédacteurs du texte relatif au « principe de précaution », inscrit dans la Constitution depuis que la Charte de l’Environnement y a fait son entrée, n’ont pas pensé un instant que la préservation de l’environnement était de peu d’intérêt si la civilisation bâtie par les peuples y vivant depuis 40 000 ans devait en disparaître.

 

Modifié d’un mot (« la civilisation » à la place de « l’environnement »), l’article 5 peut être repris tel quel dans l’exposé des motifs de tout projet de loi relatif à la remigration; « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »

 

Téléphone maison

 

Remigration, un gros mot ? Pour ceux qui ne savent pas que « les civilisations meurent par suicide, non par meurtre », selon la formule de l’historien britannique Arnold J. Toynbee, assurément. Pour ceux qui croient que le mot est un néologisme d’importation récente, sans nul doute, alors que nous avons trouvé le mot de « rémigration » dans un livre en langue françoise… du XVIIIe siècle ! Remigrer, c’est effectuer la migration qui vous a conduit là où vous êtes en sens inverse. C’est revenir, par la même voie ou par une autre, peu importe, vers ce que la novlangue appelle le « pays d’origine », et qui n’est autre que son pays, tout court, c’est-à-dire sa patrie. Dans un cours de langue française de l’enseignement primaire datant de 1921, nous sommes tombés sur cette phrase, dans les exercices destinés à apprendre aux chères têtes blondes les différentes formes de complément du verbe : « L’exilé songe à sa patrie. » Complément d’objet direct ou indirect ?

Complément obsolète, ainsi que l’est le poème de Joachim du Bellay : « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, / Ou comme cestuy-là qui conquit la toison, / Et puis est retourné, plein d’usage et raison, / Vivre entre ses parents le reste de son âge ! » Rentrez chez vous ! Sauvez nos pays et sauvez les vôtres, qui ont tant besoin de votre savoir, de votre jeunesse, de votre vigueur ! Même si d’aucuns veulent vous retenir, vous faisant croire que vous êtes mieux ici qu’au pays, faites comme E.T., libérez-vous de leurs chaînes culpabilisatrices ! Quelques mots de français suffiront: « Téléphone… Maison… Revenir maison… »

 

Bruno Larebière

 

 

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