MEMORABILIA

« Divorce avec la police : Castaner sur le départ ? »….

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Certes, M. Casataner est une catastrophe. Tout comme Mme Belloubet. 

Mais, dans le système de concentration du pouvoir qui est le nôtre, ceux (celui ?) qui les ont nommés aux fonctions qu’ils occupent, qui impriment les orientations politiques actuelles et qui les ont jusqu’ici laissé faire sont au moins aussi responsables qu’eux, ne l’oublions pas.

Remaniement = Mascarade ?…

Artofus.

 

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– Après avoir sermonné les policiers et les gendarmes, laissant entendre qu’ils étaient trop violents et coupables de présomption de racisme, le ministre de l’Intérieur est attaqué de toute part. Se sentant trahies et abandonnées, les forces de l’ordre sont à la fois effondrées et en colère. En off, à l’Elysée et dans les grands ministères, plusieurs hauts fonctionnaires ont du mal à cacher leur écœurement et l’impossible maintien de Christophe Castaner dans ses fonctions après le remaniement.

C’était son rêve, devenir premier flic de France. Lui, l’ancien « kéké », le fidèle de la première heure d’Emmanuel Macron, peine à dissimuler son émotion lorsqu’il est nommé le 16 octobre 2018. Face à la difficulté de la tâche et à son faible niveau de connaissance de l’institution, Emmanuel Macron juge utile de lui adjoindre un secrétaire d’Etat avec de « l’expertise », Laurent Nuñez, arrivant tout droit de la DGSI qu’il dirigeait depuis le 22 juin 2017.

Aujourd’hui, le rêve de Castaner s’est transformé en cauchemar, dont il est largement responsable. Souvent critiqué pour ses maladresses et son manque de vision (il n’a porté aucune loi depuis son entrée en fonction, le bilan migratoire est faible alors qu’Emmanuel Macron avait promis dans un entretien à Valeurs actuelles d’exécuter 100% des obligations de quitter le territoire français – les expulsions-, tout comme son action pour essayer d’améliorer la sécurité), le ministre de l’Intérieur n’a jamais véritablement imprimé sa marque place Beauvau. Quant à la lutte contre le séparatisme, « le problème ne s’est jamais autant creusé », raille un proche d’Emmanuel Macron. En outre, en trois jours, Christophe Castaner vient de se mettre à dos l’ensemble des policiers et gendarmes.

L’affaire est grave. « C’est triste à en pleurer », lâche dépité un syndicaliste policier après sa rencontre avec Christophe Castaner cet après-midi. En cause, le discours du ministre prônant la « tolérance zéro » contre le racisme dans la police et l’interdiction de plusieurs techniques d’interpellation, tout en rappelant son soutien sans faille à la police et à la gendarmerie. Et en assurant que les deux forces « ne sont pas racistes ». Une fois de plus, le « en-même-temps » se fracasse sur la réalité. Le discours n’est pas passé dans les rangs des forces de l’ordre.
Le coup de grâce de la relation entre le gouvernement et les forces de police et de gendarmerie, a été donné lorsque le garde des Sceaux Nicole Belloubet a invité la famille Traoré (la famille a refusé de s’y rendre) place Vendôme. Outre le problème de la violation de la séparation des pouvoirs, plusieurs gendarmes ne cachent pas leur sentiment de trahison : « en lançant cette invitation, le gouvernement nous crache au visage et à celui des victimes du clan Traoré ». (Lire notre enquête sur l’affaire Traoré).

En s’adressant aux policiers et aux gendarmes « comme s’ils étaient des délinquants, Castaner vient de rompre les racines de contrat social de Rousseau, qui organise notre vie en société », attaque un préfet qui rappelle, « les gens paient des impôts pour déléguer le monopole de la force et de la justice à l’Etat pour les protéger ». Or, en demandant aux policiers d’arrêter d’utiliser plusieurs techniques d’immobilisation dont celle dite de « l’étranglement » ou « prise au cou », permettant d’interpeller une personne violente, avec une forte corpulence, Christophe Castaner dépossède les forces de l’ordre de leurs capacités. Pis, il laisse entendre que les policiers et les gendarmes sont violents.

Répondant aux demandes de l’ultra gauche de désarmer la police, pour mieux affaiblir l’Etat, « le ministre de l’Intérieur a commis une énorme faute stratégique en leur donnant raison », pointe une source place Beauvau. « Casta n’a pas compris le combat de civilisation: on fait face à un front commun des indigénistes, antifas, anti flics, anti racistes, zadistes qui s’en prennent à la police pour mieux attaquer l’Etat ». Effectivement, la stratégie de ces derniers est de dénoncer les techniques et les armes utilisées par les policiers et les gendarmes pour les rendre inopérants. « Le jour où on n’aura plus de LBD, on ne pourra plus faire d’interpellation, et où on aura uniquement une arme à feu pour intervenir, on fait comment ? », interroge le chef d’un escadron de gendarmes mobiles. De son côté le commandant d’une compagnie de CRS ajoute : « Ce qui est fou dans les propos du ministre c’est qu’on a l’impression qu’il ne sait rien de notre métier, il ne connait absolument pas les conditions d’intervention qui sont super dures, avec des gens qui veulent nous tuer ! ».

Pour chercher à atténuer la colère des policiers, Christophe Castaner a annoncé l’achat et l’équipement généralisé de pistolets à impulsion électrique (Taser) dans les rangs de la police et de la gendarmerie. Problème : si cette arme est  peu utilisée en France, c’est parce qu’elle est « très dangereuse », confie un policier l’ayant expérimentée : « On ne sait jamais face à qui on est… si on l’utilise avec une personne cardiaque ou un individu essoufflé, il peut mourir ». Autre difficulté, « avec le Taser, la personne s’effondre par terre et peut se blesser gravement ». Et de conclure « c’est de la folie, les techniques d’immobilisation au cou sont bien moins dangereuses que le Taser ! ».

Selon plusieurs sources, le pari du ministre de l’Intérieur, influencé par certains proches d’Emmanuel Macron a été de faire ces annonces pour baisser la pression, à la suite de la mort de George Floyd, dans un contexte dans lequel la famille d’Adama Traoré a cherché à faire croire que les deux sont morts de la même manière. Un amalgame erroné, comme nous l’avons démontré. Un directeur départemental de la sécurité publique relève : « Il a fait une grave erreur, en pensant pouvoir obtenir le soutien ou la neutralisation des collectifs anti-police, jamais ils ne le soutiendront ! Au mieux, il obtiendra leur mépris… ».

Tous les syndicats de police, sans exception, emploient les mêmes mots : « abandon », « lâchage », « faute », « mépris ». Pour David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de police (SCPN-Unsa), « les commissaires sont très remontés, ils ont l’impression d’être lâchés et désavoués ». Philippe Capon, son homologue à l’Unsa-police, ne mâche pas ses mots : « Le gouvernement [les] a utilisés pour faire barrage à un certain nombre de choses : les gilets jaunes, les manifestations contre la réforme des retraites, le confinement […] Et là, il y a un problème aux Etats-Unis et on le transpose en France. Il faut arrêter de tout mettre sur le dos des forces de l’ordre », clame-t-il en dénonçant la « stigmatisation systématique » de la police. Un dernier rappelle « la base : dans cette maison, un chef soutient ses hommes, il ne leur met pas la tête sous l’eau injustement, sous la pression des ennemis de la police ! ».

Autre reproche, lors de sa déclaration le mardi 9 juin, Christophe Castaner annonce que les manifestations d’hommage à George Floyd et à Adama Traoré seront « interdites », mais la présence de manifestants « tolérée ». Là encore, l’impossible en-même-temps se heurte à la réalité du terrain et du droit. Plus grave : comment justifier qu’une manifestation interdite en raison de l’état d’urgence sanitaire (les rassemblements à plus de 10 personnes dans l’espace public sont encore interdits) est finalement tolérée, alors que dans le même temps, Valeurs actuelles a appris qu’en date du 8 juin, 356 condamnations à des peines d’incarcération ont été prononcées pour violation du confinement ?

Révolté, un haut-fonctionnaire questionne : « Comment on fait demain, si au nom de l’émotion, des manifestants contre un site d’enfouissement de déchets nucléaires bravent l’interdiction d’une manifestation ? Auraient-ils moins de droits que les amis de la famille Traoré ? ». Un autre soulève la question du cadre juridique d’une manifestation interdite mais tolérée : « On fait comment ? On encadre une manif interdite sans avoir la possibilité de verbaliser ? C’est absurde ». Même son de cloche, auprès de plusieurs sources à la direction des libertés publiques et des affaires juridiques (DLPAJ) du ministère de l’Intérieur, incapable d’apporter une réponse.

Ces saillies contre la police, faites par le premier flic de France, interviennent dans un contexte où l’institution souffre de nombreux maux. Paupérisation, équipements insuffisants, faiblesse des moyens d’investigation, absence de reconnaissance…Beaucoup considèrent que la police aujourd’hui est « totalement inhibée », sous la pression d’une culture de gauche ayant fait oublier que sa mission est avant tout de servir pour assurer la protection des Français. On compte en moyenne plus d’un suicide par semaine.  Face à la colère des policiers, un grand flic ne cache pas son inquiétude : « S’il y a des problèmes dans les banlieues dans les prochains jours, c’est la catastrophe ».

D’un point de vue politique, aujourd’hui Christophe Castaner est sous la pression. Désavoué par le premier ministre Edouard Philippe qui a mis en garde : « Le basculement de la République […] n’est pas si loin », ainsi que par son secrétaire d’Etat Laurent Nunez, qui, dans un autre registre, se répand pour clamer son soutien total aux forces de l’ordre, Christophe Castaner n’est plus soutenu. A l’Elysée, plusieurs conseillers du président peinent à dissimuler leur malaise, ou préfèrent rappeler leur devoir de réserve pour ne pas être contraints de livrer leur désarroi. D’autres se lâchent : « Castaner doit partir, il est devenu le boulet de Macron. Il doit quitter Beauvau très vite ».

Pour lui succéder, l’Elysée s’interroge sur le maintien d’un duo avec Laurent Nuñez, qui, selon plusieurs sources, ne fonctionne pas aussi bien qu’il n’y parait. « Le problème, c’est que Laurent Nuñez  fait ce qu’il peut, mais il n’a pas de décret d’attribution », pointe une source. Une autre remarque : « Regardez un détail, leur agenda sont presque des calques, ça sert à quoi ? ». Un troisième relève : « Nuñez est envoyé au front sur les sujets techniques, lors des conseils JAI [justice, affaires intérieures, à l’Union européenne, NDLR], dans lesquels Casta n’est pas à l’aise ».

Relayés en partie par Le Figaro, plusieurs noms circulent pour remplacer Christophe Castaner. L’ancien directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard bénéficie d’une solide réputation au sein de l’Institution. L’actuel ministre de l’agriculture Didier Guillaume, ou encore Jean Castex, en charge du déconfinement, qui avait failli être nommé place Beauvau lors du dernier remaniement, sont cités. Le nom de Sébastien Lecornu, réserviste de la Gendarmerie et passionné par les questions régaliennes revient aussi. Laurent Nuñez pourrait aussi prendre du galon. Enfin, le secrétaire d’Etat Gabriel Attal, a marqué des points ces derniers mois sur les questions de jeunesse, mais aussi dans la lutte contre le séparatisme, adoptant un discours ferme, loin de l’angélisme de certains macronistes. Il pourrait s’occuper de questions d’intégration, dans un prochain gouvernement.

Alors que les conflits sociaux s’annoncent intenses et violents dans les prochains mois, en raison de l’accroissement des actions de l’ultragauche et des conséquences économiques du coronavirus, Emmanuel Macron n’a pas d’autre choix que de renforcer le pôle régalien de son gouvernement. Une inaction de sa part pourrait être fatale s’il souhaite être réélu en 2022. Un de ses proches conclut brutalement, « c’est pour ça que Casta doit partir ».

 

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