MEMORABILIA

«La France, malade d’être abandonnée» Ivan Rioufol.

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CHRONIQUE – De la révolte des «gilets jaunes» à la mise en cause de la police républicaine par des minorités colonisatrices, en passant par la mobilisation syndicale contre la retraite universelle et la fausse «guerre» de l’État contre le Covid-19, il ressort une même incapacité du pouvoir à comprendre la société fracturée.

Le Figaro, 18 juin 2020.

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– Que voit l’observateur, lorsqu’il regarde la France? Il découvre un pays déchiré qui s’effondre et perd son rang, tandis que son actuel président s’admire et se complimente. Dimanche soir, Emmanuel Macron s’est dit satisfait («nous avons bien fait») de la conduite du confinement, sans s’attarder sur la déroute de l’État jacobin, longtemps incapable de fournir ne serait-ce que des masques. Il s’est félicité de sa réponse économique – une mobilisation de «près de 500 milliards d’euros» – en laissant dans le flou le gouffre économique qui attend le pays surendetté et désindustrialisé. Il a dit vouloir «dessiner un nouveau chemin», dont il donnera le tracé en juillet. Mais le chef de l’État est-il prêt à tirer les leçons des crises qui, venues de loin, s’additionnent et explosent sous son mandat? Elles conduisent, toutes, à suggérer des actions politiques qui tournent le dos au progressisme universaliste qu’il défend, au nom d’une modernité dépassée.

 

De la révolte des «gilets jaunes» à la mise en cause de la police républicaine par des minorités colonisatrices, en passant par la mobilisation syndicale contre la retraite universelle et la fausse «guerre» de l’État contre le Covid-19, il ressort une même incapacité du pouvoir à comprendre la société fracturée. La France périphérique réclame toujours sa place dans une démocratie confisquée par un clan élitaire. Le monde du travail a fait connaître sa préférence pour des régimes de retraites adaptés aux disparités de la vie. L’épidémie mondiale de coronavirus a montré l’utilité des nations protectrices et des frontières. Quant aux mobilisations «antiracistes», qui vomissent le «privilège blanc», elles rappellent ce que sont des vraies «foules haineuses», que Macron ne veut voir que dans les manifestations de la «peste» populiste. Ces événements disparates dévoilent une France abandonnée, malade de n’être plus admirée.

Les prétendues réformes « big-bang » dont s’étourdit la macronie hors-sol n’ont jamais rien produit de marquant. Forcément: c’est l’âme de la nation qui est prioritairement atteinte 

Les fins esprits qui se gaussent des «déclinistes» sont des faussaires balourds: ils repeignent vite fait en rose bonbon les sombres réalités qu’ils cherchent à cacher. Quand l’historien Marcel Gauchet écrit, dans Le Monde du 7 juin: «Nous ne jouons plus dans la cour des grands», il dit une vérité brutale sur la nation; il faut l’entendre, à l’heure où Macron prétend toujours faire jeu égal avec l’Allemagne alors que cette dernière a pris ses longueurs d’avance. Aimer la France oblige à ne pas lui mentir sur son état, afin de lui apporter les bonnes solutions. Les prétendues réformes «big-bang» dont s’étourdit la macronie hors-sol n’ont jamais rien produit de marquant. Forcément: c’est l’âme de la nation qui est prioritairement atteinte. Son «identité profonde» (une expression employée un temps par Macron en 2019) a été contaminée par la culpabilisation, la repentance, la détestation de soi, le culte de l’Autre, etc.

 

La crise identitaire reste à la source du mal-être des trois France: celle de la ruralité, celle des cités cosmopolites, celle des banlieues d’immigration. C’est ce terrain, laissé à Marine Le Pen, que les dirigeants doivent investir prioritairement. Le pays ne peut se résumer à une «start-up nation» si la cohésion populaire fait défaut. L’ancien premier ministre (PS), Jean-Marc Ayrault, fait acte de trahison quand il appuie les racialistes qui aimeraient occulter la mémoire de Colbert, réduit au Code noir. Macron a eu beau jeu de rappeler que «la République n’effacera aucune trace, aucun nom de son histoire, ne déboulonnera aucune statue». Toutefois, en venir à une telle solennité pour rappeler une évidence en dit beaucoup sur la fragilité de la nation disloquée. Le choix présidentiel d’entretenir en fait le communautarisme a été une faute. Or il l’entretient par l’ambiguïté de son combat contre les discriminations. Derrière cet objectif, qui dispense de l’effort de s’intégrer, se consolide la fragmentation de la France.

L’imposture «antiraciste»

Que voit aussi l’observateur? Il constate le repli du pouvoir face à des minorités ethniques qui lui tiennent tête jusqu’à l’humilier. «L’État a tenu», s’est félicité le président en évoquant son «choix humaniste» du confinement. En réalité, l’ordre sanitaire a cédé face au désordre sécuritaire. À Dijon, lundi soir, le Raid a été mobilisé pour enrayer quatre nuits d’affrontements entre Tchétchènes et Maghrébins exhibant des armes à feu. Leur paix a été signée dans une mosquée. Face aux manifestations «antiracistes» organisées après la mort, le 25 mai à Minneapolis (États-Unis), de George Floyd, délinquant noir étouffé par un policier blanc, le ministre de l’Intérieur a déclaré: «L’émotion dépasse les règles juridiques.» En conséquence, le comité Adama Traoré, du nom d’un multirécidiviste noir décédé durant son interpellation en 2016, a pu impunément organiser des rassemblements pour dénoncer le racisme supposé de la police. Quant à l’émotion des familles, interdites d’approcher les mourants dans les Ehpad, elle a laissé le gouvernement de marbre.

 

En réalité, la grande mascarade prend fin sous la pression des évidences. Samedi, la manifestation «antiraciste» du comité Adama a montré des gens hurlant «Sales juifs!», ou «Sales blancs de merde!», tandis que le mouvement Génération Identitaire déployait sur une façade d’immeuble de la place de la République une banderole dénonçant le racisme anti-blanc. Des slogans contre Israël et appelant à son boycott ont été remarqués, ainsi que des drapeaux palestiniens. Une fois de plus, est apparue la dénaturation de l’antiracisme et de la non-discrimination, instrumentalisés au profit de mouvements subversifs liés à l’islamo-gauchisme. Une fois de plus, l’extrême gauche «antiraciste» et «antifasciste» s’est montrée telle qu’elle est: un parti racialiste et fascisant, poussé par son anti-occidentalisme à s’allier aux nouveaux antisémites. «Ça suffit!», avait lancé Castaner en décembre 2018 aux «gilets jaunes», qui bivouaquaient sur les ronds-points. Macron osera-t-il parler ainsi aux nouveaux occupants? Indésirables sont ceux qui viennent cracher sur la France.

Jean Raspail avait raison

Clin d’œil au romancier visionnaire que fut Jean Raspail: c’est le jour de son décès, samedi à 94 ans, qu’ont éclaté au grand jour les assauts des barbares contre la France angélique. Des suprémacistes issus de la «diversité» ont exigé de la police qu’elle se mette à genoux, tandis que d’autres envahisseurs entendaient réécrire l’histoire nationale à leur profit. Celui qui écrivit Le Camp des saints en 1973 n’aurait pu imaginer scénario plus conforme à ses intuitions, qui lui valurent son bannissement du Système.

In extremis, l’histoire lui a donné spectaculairement raison.

 

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