MEMORABILIA

Ivan Rioufol: «Ce que “l’urgence climatique” dissimule»

CHRONIQUE – Qu’attend le gouvernement pour s’alarmer d’abord de la violence séparatiste qui délite la France et la rend invivable?

25 juin 2020
Le Figaro
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«L’urgence climatique», brandie par le pouvoir comme un leurre, dissimule l’effondrement de l’État. C’est pour répondre au réchauffement qu’une Convention citoyenne pour le climat avait été mise en place par Emmanuel Macron il y a neuf mois. Ses 150 membres tirés au sort, cornaqués par un comité de gouvernance politisé et par 140 experts intrusifs, ont rendu leurs solutions dimanche. Elles se calquent sur l’écologisme militant.

Les convertis à la copie conforme écrivent: «Beaucoup de régions du globe deviennent inhabitables du fait de la montée des eaux ou de climats trop arides.» Mais qu’attend le gouvernement pour s’alarmer d’abord de la violence séparatiste qui délite la France et la rend invivable? L’insécurité n’est plus seulement économique et sociale. Elle est communautaire, clanique, raciste. L’urgence climatique nie l’urgence identitaire. À quand une Convention pour la nation?

La pensée dominante est dans une telle léthargie qu’elle ne voit rien des vrais désastres. 

La mobilisation de la société civile et de son intelligence collective est une bonne idée à développer. Cependant, les citoyens seraient plus utiles au chevet de la France libanisée, au lieu de réciter les prêches sur la décroissance soufflés par des Verts, faux nez de l’extrême gauche. Leurs propositions se résument toujours en davantage d’interdits, de contraintes, de taxes. La pensée dominante est dans une telle léthargie qu’elle ne voit rien des vrais désastres. Non seulement les assauts des minorités contre la République sont minimisés par le chef de l’État mais, quand il critique les démocraties populistes d’Europe centrale, il ne voit rien des dérives de son propre régime. Or la politisation de la justice et la mise sous surveillance de la liberté d’expression sont des faits graves qui viennent d’être dévoilés, l’un par une commission d’enquête parlementaire et l’autre par une décision du Conseil constitutionnel. La France ne peut faire la leçon.

La révélation, par l’ex-procureur du parquet national financier (PNF), Éliane Houlette, du «contrôle très étroit» auquel elle était soumise par le parquet général durant l’affaire Fillon est un possible scandale politique. Il entache l’élection de Macron en 2017. Ceux qui, comme votre serviteur, avaient dénoncé un «procès stalinien» téléguidé par l’exécutif via la hiérarchie judiciaire, sont confortés par ces aveux d’une pression hiérarchique. Celle-ci a pu permettre à des forces extérieures de s’immiscer dans le déroulé de la procédure, alors que François Fillon faisait figure de favori. Cette suspicion de violation de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance du PNF ne désigne pas directement Macron, qui n’était pas aux manettes. Reste qu’en octobre 2018, et contre tous les usages, le nouveau président récusera trois candidats au poste stratégique de procureur de la République de Paris avant d’avaliser son propre choix…

Mettre la parole sous surveillance

La décision du Conseil constitutionnel, jeudi, de rejeter la loi Avia, qui sanctionnait la «haine» en ligne, vient rappeler, pour sa part, l’obsession de la macronie à mettre la parole sous surveillance au moindre prétexte. C’est la deuxième fois que la haute juridiction vient sanctionner une atteinte de l’État à la liberté d’expression, à travers la censure de textes liberticides.

Le premier amendement retoqué l’avait été dès le 8 septembre 2017. À chaque fois, le pouvoir tente de retranscrire dans la législation des suggestions venues de mouvements antiracistes. Ils visent à épargner aux nouvelles minorités de faire les efforts de s’intégrer à la société. Quand, à son tour, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, critique lundi une «discrimination systémique» en France, l’apostat du RPR se fait l’avocat de l’idéologie différencialiste qui fragilise la nation fragmentée.

Récupération par la gauche

La récupération de la Convention pour le climat par la gauche radicale rappelle l’habile pratique d’infiltration des «progressistes». La cooptation les a enracinés dans l’université. Les premiers «gilets jaunes» se sont aussi fait voler leur mouvement par ces «coucous». Ils s’installent dans les nids des autres pour y défendre d’autres causes. Leurs techniques de subversion et de bourrage de crâne mériteraient d’être mises au jour. En effet, la société civile, si elle devait être à nouveau sollicitée, ne pourrait se laisser une nouvelle fois dépossédée de ses arguments par des spécialistes du noyautage et du détournement.

il y a une lâcheté à ne pas vouloir résister à la parade des démolisseurs de la nation. 

Une des raisons de leur influence tient sans doute à l’hébétude du pouvoir et de ses médias: ils ne s’agitent que pour dénoncer les fantômes de l’extrême droite, qu’ils croient voir chez ceux qui disent de la France qu’elle est en danger. Or il y a une lâcheté à ne pas vouloir résister à la parade des démolisseurs de la nation. Les belles âmes, dont Toubon est devenu l’icône angélique, sont responsables des humiliations que subit la France, quand elles abondent dans les dénigrements complaisants. Le maire (PC) de Stains (Seine-Saint-Denis), Azzedine Taïbi, a inauguré ces jours-ci une fresque en hommage à des victimes noires avec ce texte: «Contre le racisme et les violences policières» ; un amalgame outrancier qui révulse les forces de l’ordre. Le Figaro a révélé, mardi, qu’Assa Traoré, la sœur du délinquant qui avait trouvé la mort lors de son arrestation en 2016, avait été reçue dans plusieurs lycées de Seine-Saint-Denis l’année dernière afin d’apporter sa vision de la société «coloniale» et «raciste». Elle soutient notamment que «le passeport français a été créé pour l’esclave noir». Ces exemples de minorités querelleuses, soutenues par les professionnels de la culpabilisation, révèlent l’effacement du pouvoir. À quoi sert-il?

Juste colère

L’urgence est de remettre en cause l’idéologie de la diversité – le diversitisme – et ses promoteurs. Fillon, candidat éliminé, avait cet objectif quand il entendait défendre l’Occident, l’assimilation et «vaincre le totalitarisme islamique».

Tandis que les dirigeants désignent le changement climatique comme la plus grande catastrophe, ils laissent la nation et son peuple s’asphyxier. La Convention pour le climat fait valoir le crime d’écocide, constitué par «toute action ayant causé un dommage écologique grave en participant au dépassement des limites planétaires».

Mais le crime de populicide est commis quand un peuple est poussé par ses bourreaux à disparaître. «On a changé de monde. L’Ancien Monde est de retour», écrit Philippe de Villiers*. Il lui reste, à ce monde trahi, à faire entendre sa colère. Pourquoi pas une grande et pacifique manifestation?

* Les Gaulois réfractaires demandent des comptes au Nouveau Monde (Fayard).

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