MEMORABILIA

Luc Ferry: «Convention climat et décroissance punitive»

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M. Macron, tout entier à ses calculs électoraux , songe à utiliser les « ayatollahs verts » et joue avec des idées malsaines. Ce n’est certainement pas de mesures écologiques hystériques qu’a besoin en priorité un pays incapable d’assurer la sécurité ou la santé de ses citoyens. On vient de le voir à Dijon et avec « le » virus…

Artofus.

 

 

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CHRONIQUE – Pour imposer des mesures destinées à punir nos modes de vie, les décroissants veulent limiter les libertés.

Par Luc Ferry
24 juin 2020
Le Figaro.
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– Les deux propositions que la Convention climat veut soumettre à référendum sont aussi inutiles que dangereuses. L’inscription dans la Constitution de la lutte contre le réchauffement climatique aurait le même effet que celle du droit au travail en 1946, une disposition qui n’a jamais créé un seul emploi ni aidé un seul chômeur: en clair, ce gadget juridique ne servira rigoureusement à rien. En revanche, il instillera l’idée qu’une politique guidée par la science est légitime, alors que les débats sur l’ampleur et les conséquences du réchauffement sont aussi ouverts au sein même du Giec que ceux sur la chloroquine ou l’immunité post-Covid chez les médecins. Quant au crime d’«écocide», il ouvre la porte à tous les dérapages: prendre l’avion pour aller à Bordeaux, rouler en SUV ou, pourquoi pas, fermer les centrales nucléaires qui n’émettent pas de gaz à effets de serre, voire installer des éoliennes bourrées de terres rares dont l’extraction est archi-polluante seront-ils considérés comme des crimes contre les écosystèmes?

 

Les propositions de la Convention, toutes inspirées par les idéologies de la décroissance, seraient sans effet positif sur l’environnement, mais catastrophiques sur le plan humain et social. La France, notamment grâce à son nucléaire, ne représente en effet qu’une partie infinitésimale du problème climatique mondial. Dans ces conditions, prendre des décisions solitaires, sans engager d’autres pays, serait aussi vain que suicidaire. Nous venons de vivre une expérience grandeur nature de la décroissance: une production quasiment à l’arrêt, le travail et la consommation en berne, une récession qui engendrera cet automne une augmentation faramineuse de la dette, des faillites d’entreprises et du chômage, bref de la misère humaine. Ceux qui vendent la décroissance comme un projet sympathique de retour à la «vraie vie» se moquent du monde. Voyez le cas des compagnies d’aviation: elles annoncent partout des réductions d’effectifs – 8000 suppressions d’emplois rien que pour Air France, ce qui n’empêche pas les décroissants d’applaudir à l’arrêt du trafic aérien, comme s’ils restaient sourds au conflit qu’ils engendrent eux-mêmes entre les impératifs écologiques et sociaux.

Il existe d’autres solutions pour « sauver la planète  », des solutions qui furent soigneusement écartées de cette Convention alors qu’elles auraient pu l’engager vers d’autres voies 

Les héritiers new look du communisme que sont les fondamentalistes verts se sont pourtant réjouis haut et fort de ce «répit accordé à la planète». Ils poussent la Convention à plaider pour une décroissance punitive tous azimuts: décroissance énergétique, réduction de la consommation, de la production, du temps de travail, de la vitesse sur les autoroutes, des voyages en avion, de la publicité pour les grosses cylindrées, etc. En revanche, la question du nucléaire, jugée «trop sensible», n’a même pas été abordée, alors qu’elle est au cœur du cœur des débats sur le climat comme sur la décarbonation de l’industrie.

 

Pour imposer des mesures destinées à punir nos modes de vie, les décroissants veulent limiter les libertés. Pour y parvenir, la Convention plaide pour la création d’un «Haut conseil» dont les avis, contrairement à ceux du Cese, ne seraient pas seulement consultatifs, ce qui signifie par exemple qu’il aurait un droit de veto placé au-dessus du Parlement. Le problème, avec ce genre de proposition, aussi hâtive que peu réfléchie, c’est la composition de ce conseil. Prendrait-il les mêmes décisions s’il était composé de libéraux favorables à la croissance verte plutôt que de fondamentalistes décroissants? Et qui décidera que les premiers devront absolument être exclus au profit des seconds? Prétendre que l’objectivité des informations scientifiques est suffisante aujourd’hui pour mettre tout le monde d’accord est une plaisanterie. Du reste, si c’était vrai, la question du nucléaire n’aurait pas été écartée comme «trop controversée».

Remplacer la démocratie représentative par une technocratie verte, c’est tout simplement renouer avec la vieillie conception marxiste d’une politique scientifique que plus personne n’aurait le droit de contester sans être accusé de folie. Si seulement la nécessité absolue de la décroissance était démontrée, si elle était la seule solution pour que l’humanité puisse «durer», on pourrait encore tolérer ces projets de vie médiocre et rétrécie. Mais il existe d’autres solutions pour «sauver la planète», des solutions qui furent soigneusement écartées de cette Convention alors qu’elles auraient pu l’engager vers d’autres voies, à commencer par celles de l’écomodernisme et de l’économie circulaire. J’y reviendrai dans ma prochaine chronique.

 

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