MEMORABILIA

«Cet écologisme qui menace la France» Ivan Rioufol.

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CHRONIQUELes Verts, qui vont gérer Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Tours ou Annecy, produiront des sociétés toujours plus éclatées.

Le Figaro.
Ivan Rioufol.

La crise de la démocratie est, de toutes celles qui s’accumulent, la plus dangereuse pour la France. Dimanche, la spectaculaire abstention aux municipales (58,4 %) a laissé la voie aux écologistes, faux nez de la gauche radicale, racialiste, mondialiste. Les métropoles déracinées se sont ouvertes aux Verts et à leurs alliances socialistes ou communistes. Ces victoires viennent plébisciter la sirupeuse idéologie de la «diversité», qui mène à l’immigration de remplacement et à l’acceptation de l’islam politique. Alors que la France est contestée par des minorités ethniques ou religieuses qui entendent réécrire son histoire en s’en prenant d’abord aux statues, ce sont leurs protecteurs qui ont été choisis par les urnes. Derrière les défenseurs du vélo et du bio, les «bobos» urbains ont élu les plus ardents promoteurs du politiquement correct: un virus mortel qui tétanise les réflexes vitaux.

 

La question est désormais de savoir si les abstentionnistes avalisent ce tournant écologiste, démocratiquement inattaquable. Il faut reconnaître aux Verts une habileté à faire passer leur dessein subversif derrière des propos melliflus. Tout le monde est d’accord pour préserver la nature des brutalités de la modernité. Plus que d’autres mouvements, le conservatisme se reconnaît dans la protection de l’environnement, l’agriculture maîtrisée, la beauté des lieux. Toutefois, les progressistes n’ont cure, eux, de la diversité culturelle dès lors qu’elle est réclamée par le «franchouillard» attaché à son identité. Les nouveaux clercs sont prêts à saccager des paysages, y compris marins, pour y installer d’infâmes éoliennes. Sous leur pression, le gouvernement a fermé, lundi, le second réacteur nucléaire de Fessenheim, alors que cette énergie a la plus basse empreinte écologique…

L’arsenal doctrinaire qui se met en place avec les Verts est en contradiction avec l’attente souverainiste et protectionniste qui se devine chez les Français oubliés 

Le somnambulisme, qui a gagné une partie des dirigeants et des citoyens, est le meilleur allié de cette écologie pastèque (verte à l’extérieur, rouge à l’intérieur). Elle s’apprête à poursuivre impunément son œuvre de démolition de la civilisation française, aidée par la propagande écolo imposée dès l’école. C’est l’adolescente suédoise Greta Thunberg, idole de la jeune génération, qui avait cosigné en novembre 2019 un article soutenant que la crise écologique est «créée et alimentée par des systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux» . Cette dialectique décoloniale est celle des mouvements «antiracistes» et «indigénistes», quand ils dénoncent le «privilège blanc» ou la «discrimination systémique» de l’État. Les Verts, qui vont gérer Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Tours ou Annecy, produiront des sociétés toujours plus éclatées.

Il est peu probable néanmoins que la France périphérique, qui vit naître les «gilets jaunes», se laisse supplanter par la France des métropoles, adeptes du multiculturalisme et du compromis avec les minorités. Quand Le Parisien, dimanche, consacre une double page en hommage à Assa Traoré, militante noire qui insulte «le pouvoir blanc»et «sa police», le quotidien illustre la soumission de bien des médias à la nouvelle pensée conforme: elle accorde son absolution à qui se prétend victime de la France, même s’il est délinquant. Or l’arsenal doctrinaire qui se met en place dans le sillage des Verts, alliés des cités en rupture, est en contradiction avec l’attente souverainiste et protectionniste qui se devine chez les Français oubliés. Le 17 novembre 2018, l’État macronien découvrait, sidéré, l’ampleur de la colère populaire déboulant sur les Champs-Élysées. Espérons que les ressorts de cette résistance existentielle n’ont pas tous été brisés.

Faux-semblants démocratiques

La crise de la démocratie, qui permet la percée d’idéologues exaltés et autoritaires comme savent l’être ces écolos, ne se résoudra pas par des faux-semblants. Le grand débat, one man show présidentiel qui devait clore la révolte des provinces, n’a rien donné de probant. La Convention citoyenne pour le climat, à qui Macron a promis lundi de reprendre la quasi-intégralité des 149 propositions, rend perplexes ceux qui s’interrogent sur la légitimité de 150 personnes tirées au sort et embrigadées durant neuf mois par un encadrement militant. L’annonce élyséenne d’un possible référendum sur des questions environnementales non encore arrêtées fait craindre une instrumentalisation à des fins accessoires de cette précieuse procédure. L’arrivée en force du discours formaté sur l’«antiracisme» et ses interdits, promu par l’écologisme, risque d’enlever le peu d’air qui reste dans un débat public déjà stérilisé.

La déroute du parti présidentiel aux municipales tient sans doute à sa faible implantation locale, mais surtout à sa déconnexion des réalités quotidiennes 

La montée de l’abstention tient en réalité à l’incapacité des partis à s’adresser aux réelles préoccupations des gens. L’offre politique est devenue si pauvre – Ségolène Royal se porte déjà candidate pour 2022 au nom de la gauche! – qu’elle décourage des citoyens en attente d’audaces intellectuelles. La déroute du parti présidentiel aux municipales (à Paris, Agnès Buzyn n’aura pas même un siège) tient sans doute à sa faible implantation locale, mais surtout à sa déconnexion des réalités quotidiennes. En faisant succéder l’urgence climatique à l’urgence sanitaire, en oubliant l’urgence nationale, le pouvoir demeure éloigné du peuple abandonné. Il est à remarquer que le RN non plus n’a pas réussi, hormis la victoire de Louis Aliot à Perpignan (53,09 % des suffrages), à convaincre de son originalité. Qu’attendent les amoureux de la France pour faire cause commune contre la libanisation de leur pays, laissé aux crachats des colonisateurs, aux pioches des démolisseurs, aux renoncements des traîtres?

Résistance

Les minorités font souvent l’histoire. Pour l’instant, elles remportent les batailles, au nom d’un «antiracisme» mondialisé qui ne prend plus la peine de dissimuler sa haine du Blanc et du monde occidental. Même le groupe français L’Oréal a pris la décision, ces jours-ci, de retirer les mots blanc, blanchissant, clair, de la description de ses produits cosmétiques. L’écologisme participe à cette culpabilisation.

 

Un totalitarisme est en train d’envahir les esprits, rendus coupables de ne pas geindre avec les «dominés», qui pourtant se bousculent toujours plus nombreux pour venir vivre en France et en Europe. Dans ce moment crucial, la France endormie peut se laisser aller à l’hébétude. «Il faut apaiser les tensions», a prévenu, lundi, Yannick Jadot, le patron des Verts.

L’apaisement: toujours ce même refrain qui est repris, depuis Chamberlain en 1938 face à Hitler, pour renoncer à la résistance.

Surtout, ne pas se résoudre à cette lâcheté!

 

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