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Ivan Rioufol: «En finir avec la République des froussards»

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CHRONIQUE – Pourquoi ne pas tenter de faire émerger des personnalités, militaires ou civiles, afin de fédérer ceux qui se désolent de cette République des capons, de ce monde de froussards qui déshonorent la France.

Le Figaro.
9 juillet 2020

– Est-ce si difficile de s’exprimer, parfois, avec les mots de Donald Trump? L’hystérie médiatique contre le président des États-Unis fait partie, notamment en France, de la pensée obligée. Mais ses adversaires, qui voient en lui l’hydre populiste, s’interdisent de parler clair de peur de lui ressembler.

Samedi, lors de la fête nationale américaine, Trump s’en est pris au «nouveau fascisme de l’extrême gauche» qui cherche à «détruire les valeurs de la nation et de son histoire». Il a accusé «l’extrême endoctrinement» d’une idéologie portée notamment par «l’éducation et le journalisme». Il a dit: «Les enfants se font enseigner à l’école la détestation de leur propre pays». À ceux qui s’en prennent aux statues de Christophe Colomb ou de Theodore Roosevelt, il a promis: «Nous allons remettre l’histoire au clair». Ce totalitarisme, porté par des minorités, laisse voir sa même face hideuse en France. Mais qui le rejette?

Le manque de courage accompagne l’effondrement de la politique. Les quelques postures martiales du chef de l’État, que son nouveau premier ministre Jean Castex est censé symboliser, ne font pas illusion. Certes, Emmanuel Macron a prévenu que la République «ne déboulonnera aucune statue». En privé, il aurait accusé le monde universitaire d’avoir «ethnicisé la question sociale» en contribuant à favoriser un mouvement «sécessionniste».

Toutefois, ces accusations légitimes doivent être portées publiquement pour être entendues de tous. Le mérite de Trump est de nommer l’ennemi intime des démocraties occidentales. Même le New York Times, influent quotidien américain, a succombé au terrorisme intellectuel des communautés ethniques en décidant d’écrire «Black» avec un B majuscule, et «white» avec un w minuscule!

En dépit des grands mots de la macronie, prête à faire « la guerre  » quand il s’agit d’un virus, l’esprit de résistance a abandonné l’État 

N’en déplaise aux contempteurs de Trump, qui s’arrêtent à ses boursouflures égotiques, ce dernier vise juste quand il résiste aux démolisseurs de l’histoire. Ce sont ces mêmes revanchards qui s’en prennent à la France. Samedi, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a exigé qu’elle aille au-delà des «demi-excuses» formulées par Emmanuel Macron en 2017 lorsqu’il avait qualifié la colonisation de «crime contre l’humanité».

Mais qui demandera à l’Algérie sa contrition pour le massacre de Pieds-Noirs et d’Algériens à Oran du 5 juillet 1962, ou pour la maltraitance de son peuple depuis l’indépendance? Plus de 6 millions d’Algériens vivent en France, selon Tebboune. Faudrait-il que la nation s’aplatisse devant ceux qui ont choisi de la rejoindre? À Hongkong, ancien territoire britannique, la jeunesse en révolte s’accroche à l’héritage colonial occidental, menacé d’éradication par la Chine communiste.

 

La décadence de l’Occident se lit à sa pusillanimité. Devant l’offensive chinoise à Hongkong, le premier ministre britannique, Boris Johnson, sauve l’honneur de l’Europe munichoise en ouvrant la Grande-Bretagne à ceux qui refusent la dictature de Pékin.

Le silence de la France est pour sa part assourdissant, y compris devant les provocations de l’autocrate turc en Libye, d’où Erdogan espère instrumentaliser un chantage migratoire. Aucune voix officielle n’est venue, non plus, protester contre le projet du calife, tout à sa reconquête islamiste, de convertir Sainte-Sophie, témoignage à Istanbul de la Byzance chrétienne, en mosquée.

En dépit des grands mots de la macronie, prête à faire «la guerre» quand il s’agit d’un virus, l’esprit de résistance a abandonné l’État. La droite, qui a laissé samedi la mairie de Marseille à l’extrême gauche plutôt que de recevoir l’appui du RN qui l’aurait fait gagner, n’est pas plus combative.

«Mon ministère sera celui de l’antiracisme et des droits de l’homme», a annoncé, mardi, le nouveau garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti. L’avocat médiatique dénoncera-t-il la lâcheté des belles âmes, soumises à la tyrannie de communautés racialisées et islamisées? Son anticonformiste est une façade.

En 2015, le ténor voulait l’interdiction du FN. Se réclamer de l’antiracisme et des droits de l’homme, tandis que ces vertus sont bafouées par des minorités haineuses qui les détournent à leur profit, relève de la génuflexion du bigot. La gendarme Mélanie Lemée et le conducteur de bus Philippe Monguillot, tués ces jours-ci par des racailles, émeuvent moins en haut lieu que la condition des détenus. Certes le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a dit, lui, vouloir «combattre de toutes nos forces l’islamisme politique qui attaque la République». Mais pourquoi ne pas parler plus clairement d’islam politique?

Le gouvernement est mobilisé pour réduire 2022 à un tête-à-tête Macron-Le Pen : déracinés contre enracinés 

Tant que les dérives de la religion des droits de l’homme ne seront pas dénoncées, la France restera à la merci de cet universalisme inhumain. Au nom de la diversité, il dévore les peuples, les nations, les identités. La pensée dominante, qui structure le pouvoir macronien, reste celle des «déracinés» qui s’oppose aux «enracinés». L’habileté de Trump a été de se faire le porte-parole de l’électorat populiste, sensible à l’insécurité culturelle que génèrent le mondialisme et ses immigrations de masse.

Dupond-Moretti devrait relire Simone Weil quand elle oppose les «devoirs de l’être humain» aux «droits de l’homme», dont le garde des Sceaux se fait le chantre convenu. La philosophe définit l’enracinement comme «le besoin le plus important et le plus inconnu de l’âme humaine». Certes, le premier ministre rappelle son implantation à Prades (Pyrénées-Orientales), dont il est le maire. Cependant, son gouvernement est mobilisé pour réduire 2022 à un tête-à-tête Macron-Le Pen: déracinés contre enracinés.

C’est dans ce contexte figé que le général Antoine Martinez lance, ce vendredi à Paris, son «appel aux Français». Il veut «entrer en résistance contre la démission et le renoncement du pouvoir politique», face à la «submersion migratoire» et au «séparatisme islamique».

En se portant candidat à la présidence de la République, «hors des partis politiques», ce militaire amorce la souhaitable mobilisation de la société civile. À l’évidence, le «nouveau chemin» promis par le chef de l’État restera le même, tandis que Marine Le Pen court après sa crédibilité.

Pourquoi ne pas tenter de faire émerger des personnalités, militaires ou civiles, afin de fédérer ceux qui se désolent de cette République des capons, de ce monde de froussards qui déshonorent la France.

 

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