MEMORABILIA

Mathieu Bock-Côté: «Tyrannie des minorités, majorité silencieuse»

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CHRONIQUE – Le commun des mortels ne se laisse plus bluffer par le mirage du vivre-ensemble. Qui peut dire sans gêne aujourd’hui que la diversité est une richesse?

Par Mathieu Bock-Côté
Le Figaro, 24 juillet 2020.

La multiplication des «incivilités», pour reprendre l’exaspérant euphémisme privilégié par la classe politique et le système médiatique, a marqué la plus récente actualité française. Non seulement les zones de non-droit se multiplient mais les forces de l’ordre elles-mêmes sont la cible de ces voyous qui revendiquent sans gêne le titre de «racailles» capables de la violence la plus outrancière, qui font ainsi régner une terreur ordinaire dans les «territoires perdus de la République», et même au-delà.

Le commun des mortels, quant à lui, ne se laisse plus bluffer par le mirage du vivre-ensemble, comme en témoigne l’appel récurent à dévoiler le nom des agresseurs. Avec cette demande, le peuple envoie un signal clair au régime diversitaire: nous savons ce que vous nous cachez. Le mensonge par omission est une technique de falsification du réel reconnue. Mais le récit médiatique a beau vouloir égrener en mille faits divers cette réalité, l’ensauvagement du pays a une dimension politique. Qui peut dire sans gêne aujourd’hui que la diversité est une richesse sans faire rire de lui et susciter les plus vives moqueries?

En France comme ailleurs, le récit médiatique, censé mettre en perspective l’existence collective, est confisqué par la gauche radicale et ses compagnons de route qui entraînent la société dans son délire 

Il est fascinant, dans ce contexte, de voir à quel point la mouvance indigéniste, qui a trouvé son égérie en Assa Traoré, est parvenue à confisquer le récit médiatique, en laissant croire que la France serait un pays soumettant ses immigrés à une persécution policière généralisée. Devant elle, le pouvoir a eu la tentation un instant de mettre le genou à terre. La complicité objective des journalistes-militants qui normalisent des concepts venus de l’extrême gauche américaine comme s’il s’agissait de grandes découvertes des sciences sociales contribue à cette déformation schizophrénique du réel.

Après le concept de racisme systémique et ceux de privilège blanc et de fragilité blanche, c’est maintenant celui de «micro-agression» que la presse officielle entend imposer. Apparemment, la vie en France serait insoutenable pour les gens issus de l’immigration parce qu’on leur demanderait au fil des conversations quotidiennes leur pays d’origine ou celui de leur parent. L’antiracisme traduit ainsi les codes ancestraux de la politesse et de l’hospitalité en manifestations d’un racisme insoutenable ne disant pas son nom. Cette culpabilisation du simple bon sens a de quoi rendre fou.

 

Le fait est qu’en France comme ailleurs, le récit médiatique, censé mettre en perspective l’existence collective, est confisqué par la gauche radicale et ses compagnons de route qui entraînent la société dans son délire.

C’est l’avant-garde progressiste qui détermine l’agenda politique, comme en témoigne le retour en force de la question bioéthique. L’emportement sociétal n’est pas le fruit d’une revendication populaire mais bien d’une volonté de pousser la déconstruction des invariants anthropologiques jusqu’à son terme.

Il faut convenir que ce dédoublement du monde entre le réel et son double médiatico-idéologique inversé frappe toutes les sociétés occidentales. On peut le constater avec la polémique absurde qui a frappé J.K. Rowling en juin dans l’univers anglo-saxon, pour avoir rappelé que l’homme et la femme ne sont pas interchangeables et que «l’identité sexuelle» d’une personne n’est pas sans liens avec son anatomie et la biologie. Les contrôleurs de la circulation idéologique ont crié au dérapage scandaleux, d’autant que l’auteure de Harry Potter était jugée multirécidiviste. Les vérités plurimillénaires de l’humanité peuvent désormais basculer dans la catégorie des propos haineux.

Le pouvoir démocratique qui repose sur la souveraineté populaire, est devenu un contre-pouvoir, le dernier lieu où peut s’exprimer politiquement l’insurrection contre cette dépossession généralisée 

La révolte populiste est en bonne partie une protestation contre cette censure du réel. Il y a quelque chose d’odieux à assimiler au fascisme le simple désir d’être maître chez soi, de ne pas en être expulsé symboliquement, de ne pas craindre pour la vie de ses enfants et de ne pas souhaiter être refoulé dans la France périphérique pour accéder à la propriété. Le droit de dire que 2 +2 = 4, qu’un homme n’est pas une femme, et qu’il serait bien que la France ne devienne pas étrangère à elle-même est désormais compromis.

 

Qu’est-ce qu’un monstre, aujourd’hui? C’est un citoyen qui refuse d’être rééduqué par la police de la pensée. Le régime diversitaire n’a plus rien à voir avec la démocratie. S’il maintient à la manière d’une politesse obligée le rituel électoral, il fait tout pour le vider de sa substance, en transférant la souveraineté vers les juges et la bureaucratie.

Le pouvoir démocratique qui repose sur la souveraineté populaire, est devenu un contre-pouvoir, le dernier lieu où peut s’exprimer politiquement l’insurrection contre cette dépossession généralisée.

L’heure est peut-être venue des Gaulois réfractaires.

Reste à voir qui saura tenir leur étendard, avec le panache, le courage et l’intelligence nécessaires pour s’opposer à un régime qui dénature la démocratie en prétendant l’accomplir.

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