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« Les violences à Paris mettent à mal le discours martial du gouvernement »…

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DÉCRYPTAGE – Malgré des dizaines de gardes à vue, la police dénonce le climat d’impunité dont bénéficieraient les casseurs.

Par Jean-Marc Leclerc et Julien Boudisseau 24 août 2020.

Un supporter du PSG lance un fumigène, le 23 août, près du Parc des Princes.
Un supporter du PSG lance un fumigène, le 23 août, près du Parc des Princes. ALAIN JOCARD/AFP

«Beaucoup me demandent d’être leur porte-parole pour interdire les Champs-Élysées et les rues adjacentes» les jours de rassemblements à risques. Jeanne d’Hauteserre, la maire LR du 8arrondissement de Paris, se fait l’écho de l’exaspération de ses administrés, au lendemain des actes de vandalisme commis autour de «la plus belle avenue du monde», dimanche soir, dès 21 heures. La violence s’est déchaînée avant même que la défaite du PSG face au Bayern ne soit acquise.À LIRE AUSSI : Le quartier des Champs-Élysées sidéré par les violences après la défaite du PSG

Il faut croire que sa voix a été entendue puisque, ce lundi, «au vu des faits commis dans la soirée du 23 août, le préfet de police a décidé d’interdire les défilés et rassemblements liés à la 65e finale de la Ligue des champions de l’UEFA, partout dans la capitale», et ce jusqu’à mardi, 6 heures. Les débits de boissons et restaurants situés dans le secteur du Parc des Princes, lui aussi saccagé dimanche, seront fermés dans les mêmes conditions.

Des casseurs venus faire leurs courses

La veille, au lieu de la célébration festive autour d’une victoire espérée, des dizaines d’individus ont renversé des voitures et brisé des vitrines sous les yeux des riverains apeurés. Ce n’était pas un saccage pour exprimer une forme de dépit sportif. «Les casseurs sont surtout venus faire leurs courses, en pillant des enseignes bien connues», constate Philippe Capon, le patron de l’Unsa-police. Lui, espère que «ceux qui se livrent à ces exactions seront condamnés, interdits de toute manifestation et obligés de pointer au commissariat ou à la gendarmerie, à l’heure de chacun de ces événements».

La présidente ex-LR de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a, de son côté, appelé à «un sursaut d’autorité» en affirmant sur Twitter: «Débordements permanents, violences, saccages, pillages, les Français sont indignés de ces exactions et de l’impuissance à les contenir.» «Victoire ou défaite, tout est prétexte à casser. Révoltant. Ces barbares ne sont pas la France», a réagi, quant à lui, le député LR des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti.https://platform.twitter.com/embed/index.html?creatorScreenName=Le_Figaro&dnt=false&embedId=twitter-widget-0&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1297810862288363522&lang=fr&origin=https%3A%2F%2Fwww.lefigaro.fr%2Factualite-france%2Fles-violences-a-paris-mettent-a-mal-le-discours-martial-du-gouvernement-20200824&siteScreenName=Le_Figaro&theme=light&widgetsVersion=223fc1c4%3A1596143124634&width=550px

Au lendemain de ce revers sécuritaire, Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, ne pouvait que déplorer sur son compte Twitter «la sauvagerie de certains délinquants cette nuit: 16 agents des forces de l’ordre blessés, 12 magasins attaqués, une quinzaine de véhicules dégradés». Et le ministre de poursuivre: «Merci aux forces de l’ordre de leurs interventions: 148 interpellations dont 108 gardes à vue à la disposition de la justice.» Depuis, le nombre révisé des gardés à vue est passé à 151, dont 49 mineurs. Mais parle-t-on bien des personnes filmées en train de tout détruire?https://platform.twitter.com/embed/index.html?creatorScreenName=Le_Figaro&dnt=false&embedId=twitter-widget-1&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1297775255369519105&lang=fr&origin=https%3A%2F%2Fwww.lefigaro.fr%2Factualite-france%2Fles-violences-a-paris-mettent-a-mal-le-discours-martial-du-gouvernement-20200824&siteScreenName=Le_Figaro&theme=light&widgetsVersion=223fc1c4%3A1596143124634&width=550px

Rue de Chaillot, Isabelle et Richard Jegado ont passé la nuit de dimanche à lundi devant leur ancienne boucherie reconvertie en restaurant-traiteur. «On devait rouvrir ce matin, on a pris qu’une semaine de vacances, ils ont essayé de forcer la vitrine. À l’intérieur, il n’y a rien, à part des pommes et des fraises. Ils ont cassé pour casser», raconte la propriétaire installée là depuis 1995.À LIRE AUSSI : Gérald Darmanin: «Il faut stopper l’ensauvagement d’une partie de la société»

Dans le quartier de l’avenue Marceau, peu avant une heure du matin, des groupes de jeunes continuaient à affronter la police à coups de jets de bouteilles en verre et de tirs de mortiers d’artifice. «Vous verrez,spécule déjà le commissaire David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN), sur toutes ces personnes arrêtées, un tiers au mieux sera déféré, dont 90 % rentreront tranquilles à la maison, en attendant que la justice passe, si elle passe. C’est toujours le même scénario.»

L’impunité, mère du désordre

L’«impunité», voilà, dans l’esprit des forces de l’ordre, la véritable responsable de tous ces désordres. Et tous les premiers flics de France, aussi bien disposés soient-ils, en ont fait l’amère expérience. Gonfler les muscles, parler trop fort et trop vite, c’est s’exposer en cas d’échec.

Le gouvernement se retrouve piégé par sa communication un brin martiale. Et pourtant, selon le commissaire Le Bars, «la police sur le terrain a fait le travail». De l’avis de tous les patrons de syndicats de police, le dispositif de 3000 policiers et gendarmes déployés n’était pas sous-dimensionné.À LIRE AUSSI : Police et pénitentiaire attendent des gages d’Éric Dupond-Moretti

Joie dans les rues de Munich, chaos dans les beaux quartiers parisiens, soumis à la loi des casseurs. Pour la maire du 8e«il faut que ces gens-là soient punis, le mot n’est pas vulgaire». Sauf que «le message actuel est plutôt d’inciter à vider les prisons», redoute le commissaire Le Bars. Selon lui, la prochaine réforme de la procédure pénale qui se prépare Place Vendôme pourrait même compliquer encore un peu plus la tâche des policiers.


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