MEMORABILIA

Le criminologue Alain Bauer dénonce “l’incapacité de l’État à traiter la violence ordinaire”

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valeursactuelles.com / Lundi 31 août 2020 

Dans un entretien publié dimanche, le spécialiste estime que le système pénal français “pousse à la récidive”.

« Notre outil est inadapté ». Le constat d’Alain Bauer est implacable : l’administration française est tout bonnement incapable d’endiguer la violence montante. Dans les colonnes du Parisien, dimanche 30 août, il explique notamment que la mortalité homicide, « le seul indicateur fiable depuis 1539 » de la violence dans notre pays « montre un effondrement de la violence homicide pendant cinq siècles… et une reprise forte depuis une dizaine d’années. 2019 a été la pire année en termes d’homicides, tentatives (qui ne sont que des homicides ratés), coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort et règlements de comptes, de l’histoire récente de la France ».

La crainte de « milices populaires »

« Le grand problème est que notre culture pénale a imposé la prison pour tout et pour tous. Comme ce n’est pas possible, on est dans une logique d’évitement par les alternatives aux poursuites, aux peines et par l’inapplication des peines », poursuit celui qui est aussi professeur de criminologie. Il ajoute : « Le problème actuel, c’est la violence physique. Et nous sommes démunis puisque l’outil pénal ne sait pas faire entre ‘rien’ et ‘trop’. Il recule la décision et paradoxalement pousse à la récidive, puis soudain assène un coup de massue incompréhensible par la détention, sans aucun accompagnement pour permettre la réinsertion. Notre outil est inadapté, se borne au prêt-à-porter, incapable de gérer le sur-mesure des réalités ».

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« Depuis quelques années, il y a un effritement de la capacité de l’État à lutter contre l’ensemble des phénomènes criminels, tout particulièrement la violence du quotidien », explique aussi Alain Bauer, pour qui « à force de vouloir tout faire et tout seul, l’État fait de moins en moins bien, notamment en matière de contrôle du territoire face à des bandes, désormais armées, comme on l’a vu à Grenoble où elles n’hésitent plus à provoquer l’État par de la communication. » Pour le spécialiste, « le plus inquiétant c’est l’incapacité à traiter la violence ordinaire, quotidienne et répétitive. » « L’interconnexion entre la violence du haut et la violence du bas est en train de se produire et risque de faire basculer le pays dans un processus violent inédit, notamment par une révolte citoyenne pour compenser le retrait de l’État », enchaîne le spécialiste, qui craint « des milices populaires pour protéger des quartiers, des commerces », ainsi que « des tentatives d’appropriation territoriale par des trafiquants de stupéfiants ou des séparatistes religieux 

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