MEMORABILIA

«Ces réalités qui ne peuvent plus être niées». Ivan Rioufol

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CHRONIQUE – Le gouvernement, s’il sait multiplier les interdits sanitaires, demeure les yeux grand fermés devant les défis sécuritaires et civilisationnels posés par la contre-société islamique qui s’étend.

Par Ivan Rioufol

Le Figaro, 4 septembre 2020

Ivan Rioufol
Ivan Rioufol François BOUCHON/Le Figaro

Affaire entendue: l’État est imbattable dans la multiplication des règlements, normes, arrêtés. Cette épidémie-là n’est pas près de s’éteindre avec le Covid-19, qui mobilise encore les technocrates en dépit de sa moindre dangerosité. Déjà Montaigne se lamentait: «Nous avons en France plus de lois que tout le reste du monde ensemble.» Même les écoliers, très peu contaminants, sont astreints au port du masque, ainsi que les enseignants. L’État-nounou est affligeant: «Papi et mamie doivent éviter d’aller chercher les enfants à l’école», a mis en garde le premier ministre.

Jamais la politique n’avait volé si bas qu’avec ses initiatives visant à assurer au citoyen infantilisé sa protection sanitaire, ce nouveau droit de l’homme. Reste que, parallèlement, l’État demeure aboulique, sinon aveugle, devant l’augmentation des crimes et des violences. Il se laisse passivement déborder par le dynamisme de l’islam politique, qui partout se joue des ventres mous.

Idéologie victimaire

À Nantes, le viol et le meurtre de Céleste, 15 ans, par un multirécidiviste, François V., ont été qualifiés ce week-end d’«échec pour la société» par le parquet. En réalité, cette tragédie est celle d’une justice qui, par idéologie victimaire, s’est désintéressée du sort des agressés pour s’attendrir sur celui des agresseurs, vus comme des accidentés de la vie. L’assassin, condamné à dix-huit ans de réclusion en 2005 pour une série de viols, avait été libéré au bout de onze ans. Mardi, Éric Dupond-Moretti, le garde des Sceaux, a estimé que la justice n’avait pas a priori dysfonctionné puisque l’homme avait respecté son suivi sociojudiciaire: une visite tous les deux mois chez un psychologue… «Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise?», a commenté, agacé d’avoir à s’expliquer, celui dont le premier geste de ministre de la Justice, en juillet, fut de visiter la prison de Fresnes sous les acclamations des détenus.

Avec Dupond-Moretti et ses maladroites figures de ballet se donne à voir le vieux spectacle à l’eau de rose des bons sentiments dévoyés. Tout à son combat contre le populisme, l’ancien ténor du barreau ne semble pas réaliser qu’il devient le meilleur allié de son ennemi tant son conformisme, qu’il prend pour de la subtilité, invite à l’aveuglement. L’«acteur fabuleux» que regrette le cinéaste Claude Lelouch poursuit, sur la scène politique, un rôle talentueux qui l’éloigne néanmoins de la compassion, qu’il juge «obscène» quand il s’agit de s’arrêter aux victimes. Contestant le terme d’«ensauvagement»employé par Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, il estime que ce mot développe «le sentiment d’insécurité» qui relèverait «de l’ordre du fantasme». Ce dénégationnisme était déjà celui de la gauche avant qu’elle ne sombre. Vouloir nier la violence est une manière de renoncer à la combattre.

N’en déplaise au garde des Sceaux, l’augmentation de la violence est un fait. Si les homicides ont baissé de 1994 à 2014, ils étaient en augmentation de 8,5 % en 2019 (950): un mouvement reparti à la hausse. Cet été a été celui de la multiplication des agressions gratuites, commises presque toujours par des voyous de cités d’immigration. Dans ces territoires en rupture, il arrive que l’endogamie qui s’observe accentue la consanguinité et, parfois, les déséquilibres comportementaux ou psychiatriques de certains voyous. L’ex-ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve (PS), rappelle la réticencedes progressistes à se confronter aux vraies racines de l’insécuritéquand il accuse, lundi dans Le Parisien, les réseaux sociaux d’être «devenus les vecteurs d’expression de toutes les pulsions et parfois des instincts les plus vils». Autant reprocher au thermomètre d’afficher la fièvre.

Manque de courage

Le gouvernement, s’il sait multiplier les interdits sanitaires, demeure les yeux grand fermés devant les défis sécuritaires et civilisationnels posés par la contre-société islamique qui s’étend. «Aujourd’hui, où que le regard se pose dans l’espace public, on voit des manifestations de l’islamisation de la société. Pourtant, le déni est encore très répandu», constate Zineb El Rhazoui. Cette Française, dont le courage fait une nouvelle Marianne, vit sous protection renforcée depuis l’attentat islamiste contre Charlie Hebdo en 2015. Son discours d’alerte devrait être celui de l’État. Or, la macroniese garde d’incriminer les salafistes et les Frères musulmans qui accompagnent, avec l’extrême gauche, le totalitarisme coranique. Certes, Darmanin a assuré, lundi: «Le risque terroriste d’origine sunnite demeure la principale menace à laquelle est confronté notre pays.» Mais le terrorisme chiite, représenté par le Hezbollah au Liban, est un danger comparable. Pourquoi dissimuler cette autre menace?

Le manque de courage politique est une plaie qui s’infecte depuis plus de trente ans. Rien n’est plus simple, pour évacuer un problème, que de diaboliser ceux qui l’exposent. Quand les «populistes» ne sont pas éreintés, ce sont les «islamophobes». Sont ainsi qualifiés ceux qui doutent que l’islam soit seulement «une religion de paix compatible avec la République», ce credo du confort intellectuel et du chef de l’État. Parce qu’ils avaient été désignés islamophobes, douze des journalistes de Charlie Hebdo reçurent chacun une balle dans la tête par deux islamistes hurlant «Allah Akbar», le 7 janvier 2015. Mercredi, à l’occasion de l’ouverture du procès des complices des tueurs des attentats des 7, 8 et 9 janvier, un sondage Ifop paru dans Charlie confirme la rupture des jeunes musulmans (moins de 25 ans) avec la République. 74 % d’entre eux font passer leurs convictions religieuses avant les valeurs de la République! Ce désastre est le résultat d’une réislamisation laissée en paix par les adeptes de la politique de l’autruche, ces traîtres à la France, mais aussi par les collabos gauchistes du nazislamisme. Eux aussi mériteraient un procès.

«Élites incultes»

«Les élites dirigeantes sont devenues incultes», constate le philosophe Marcel Gauchet, qui vient de décider, avec l’historien Pierre Nora, d’arrêter la revue intellectuelle Le Débat, lancée il y a quarante ans. Cette crise de l’intelligence explique l’effondrement des idées. Le manichéisme est la règle. L’unanimisme médiatique est l’argument. C’est ainsi que Valeurs actuelles, cette semaine, a été cloué au pilori pour avoir, dans une fiction, présentée la députée (LFI) Danièle Obono en esclave africaine. L’extrême gauche racialiste, anti-Charlie et «antisioniste» a reçu tous les hommages des imbéciles heureux.

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