MEMORABILIA

Zineb El Rhazoui : « Je ne pardonne pas à Obono, Plenel, Despentes ou au CCIF »

Scroll down to content

LE GRAND ENTRETIEN

L’Express,

Propos recueillis par Thomas Mahler et Anne Rosencher,

1/09/2020

Cinq ans après les attentats, l’ex-journaliste de Charlie Hebdo dénonce un « climat de terreur intellectuelle » entretenu par les islamistes et ceux qu’elle estime être leurs complices.

Le 7 janvier 2015, Zineb El-Rhazoui est dans sa ville natale Casablanca quand elle apprend qu’il y a une fusillade à son journal, Charlie Hebdo. Paniquée, elle tente de joindre des collègues. La rescapée Luce Lapin lui répond : « Il y a au moins dix morts, Charb est mort ». En bruit de fond, elle entend les hurlements de son ami urgentiste Patrick Pelloux. Refusant l’évidence, Zineb El-Rhazoui laisse un message à Charb : « Allez mon vieux, ça va le faire ». Depuis la tragédie, celle qui au Maroc s’était battue contre le joug religieux est devenue en France la plus farouche adversaire de l’islam politique.  

Un combat, porté par un franc parler tonitruant, qui lui vaut des menaces de mort régulières et une protection policière permanente. Le combat d’une vie. Quand on lui demande si elle veut un jour écrire un livre sur son parcours, elle répond : « Moi, même quand je vais chez le psy, je lui parle d’islam politique ! » Cinq ans après les attentats de Charlie, de l’Hypercacher et le meurtre de Clarissa Jean-Philippe, alors que s’ouvre un procès qu’on annonce « pour l’histoire », Zineb El-Rhazoui fait le constat d’une France très majoritairement encore Charlie, mais dénonce un « climat de terreur intellectuelle » qui annihile de plus en plus la liberté d’expression et le droit de blasphémer. 

L’Express : On présente le procès des attentats de janvier 2015 comme un « procès pour l’histoire », mais aussi comme étant celui des « seconds couteaux ». Qu’en attendez-vous ?  

Zineb El Rhazoui : Ce procès sera historique de toute façon, soit parce qu’il sera le Nuremberg de l’islamisme, soit parce qu’il sera historiquement décevant, ce que je crains plus que tout. Mais je n’ai jamais perdu l’espoir qu’il y ait un jour de nouvelles révélations autour de l’attentat qui a coûté la vie à mes collègues. Qui sait, peut-être que le procès nous apprendra de nouveaux éléments sur les commanditaires de cet acte de guerre. Ce que j’attends surtout de ce procès, c’est qu’il soit dit qu’il ne s’agit pas d’un crime de droit commun, mais d’un crime idéologique et politique. J’espère que le mobile du crime, c’est-à-dire l’idéologie islamiste, sera débattu en toute honnêteté, sans cette chape de silence et de censure de plus en plus pesante qui veut étouffer toute critique de l’islam.  

Cette « chape de silence » que vous ressentez, a-t-elle, selon vous, été imposée par la peur, par l’idéologie, par la pression du communautarisme… ?  

En France, nous vivons aujourd’hui dans un climat de terreur intellectuelle. L’islamisme avance avec toute sa panoplie d’outils et de stratégies. Vous avez d’un côté des terroristes comme les frères Kouachi, dont le message est simple : vous dessinez le prophète, et l’on vous passe à la Kalachnikov. Mais de l’autre, vous avez aussi des imams pseudo-modérés qui condamnent le terrorisme, mais réclament la même chose que les terroristes, c’est-à-dire que l’on renonce à une liberté chèrement acquise ; celle de blasphémer. Qui peut prétendre aujourd’hui que ce droit au blasphème est respecté lorsqu’il concerne l’islam ? Ce droit, nous l’avons, certes, sur papier, mais dans les faits, nous l’avons perdu. Ceux qui l’exercent vivent d’ailleurs comme moi, sous protection policière. En somme, en France, on vous dit que vous pouvez blasphémer, mais à vos risques et périls. Cela devrait quand même nous interpeller. 

L’existence du CCIF est une insulte pour nous les parties civiles de ce procès

S’il y avait aujourd’hui une nouvelle affaire des caricatures, pensez-vous que des journaux français les publieraient comme en 2006 ?  

Malheureusement, les journaux qui l’ont fait à l’époque étaient déjà extrêmement rares, en France comme ailleurs dans le monde. Toutefois, le climat s’est encore considérablement crispé depuis l’attentat islamiste contre Charlie Hebdo. On en arrive à des situations où un journal comme le New-York Times préfère ne plus publier de caricatures du tout sous prétexte que cela « heurterait les susceptibilités ». Quand on ne veut vexer personne, on ne fait pas ce métier ! Faire le constat de cette terreur intellectuelle serait déjà une avancée, mais malheureusement, ceux qui s’y soumettent sont dans le déni. Ils préfèrent dire « nous, nous ne voulons pas blesser les musulmans », avec ce sous-entendu que si Charlies’était abstenu de le faire, mes collègues n’auraient jamais été tués. Autrement dit, les journalistes de Charlie Hebdol’ont bien cherché. J’ai toujours répondu aux journalistes qui me parlaient de « blesser » les musulmans que mes collègues à moi, s’ils n’étaient pas lourdement blessés par balles, ils étaient carrément morts.  

LIRE AUSSI >> Jean-Pierre Obin : « L’école est très embarrassée lorsqu’il faut répondre à l’islam » 

En janvier 2015, des écoliers et des collégiens ont refusé d’observer la minute de silence pour leur rendre hommage, les discours nauséabonds n’ont même pas attendu une semaine pour remonter des égouts, portés par ceux qui ont dit « nous ne sommes pas pour les attentats, mais nous ne sommes pas non plus Charlie Hebdo« .  

De qui parlez-vous ? 

Je pense avant tout au Conseil français du culte musulman (CFCM) qui a harcelé judiciairement Charlie Hebdo pendant des années. Lorsque ses membres ont vu que le djihad judiciaire ne fonctionnait pas dans un pays comme la France, ils sont passés à la fibre pleurnicharde en se disant victimes de racisme. Une semaine après la boucherie, ils se sont plaints qu’on redessine le prophète dans le numéro des survivants où Luz l’avait représenté la larme à l’oeil avec une pancarte « Je suis Charlie, tout est pardonné ». Une semaine ! Rendez-vous compte que le seul message de pardon soit venu de la part de ceux dont le sang n’avait pas encore séché, et non de la part de ceux qui prétendent être les dépositaires de la grâce d’Allah en France.  

Je pense également au CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France NDLR), dont l’existence est une insulte pour nous les parties civiles de ce procès, car ce collectif milite à grands frais contre un « délit » qui n’en est pas en droit français: l’imposture intellectuelle nommée « islamophobie ». Alors même que mes collègues de Charlieont justement été tués pour leur supposée islamophobie ! Le CCIF continue imperturbablement 5 ans après à distribuer des accusations d' »islamophobie », mettant impunément des cibles dans le dos de ceux qui critiquent l’islam. Le CCIF est une fabrique à racisme qui promeut division et sectarisme, qui n’a jamais oeuvré pour le bien commun de tous les Français, mais qui s’emploie uniquement à arracher des privilèges identitaires pour sa petite chapelle communautaire.  

Je pense aussi à Rokhaya Diallo qui, au lendemain de l’incendie au cocktail Molotov contre les locaux de Charlieen 2011, a signé une pétition minimisant cette agression et accusant le journal de racisme. Je pense à l’ancienne ministre Rama Yade qui, après la publication de caricatures du prophète Mahomet en 2012, a déclaré que « c’était la Une de trop » et qu’il s’agissait d’une « provocation ». Je pense à Edwy Plenel qui, le 17 janvier 2015, a fait une conférence avec Tariq Ramadan, assurant qu’ils n’avaient « aucun désaccord sur le fond ». Je pense à Danièle Obono à qui le sang de mes amis et les éclats de cervelle sur le plafond de la salle de rédaction n’ont pas réussi à arracher une larme, tant sa complaisance envers les bourreaux est grande. Je pense à tous les journalistes qui avaient osé écrire quelques semaines ou quelques mois avant la tuerie que la protection policière de Charb était indue et qu’elle coûtait cher au contribuable, sans que l’honnêteté -ou peut-être tout simplement l’intelligence- ne leur souffle une seconde que c’est bien l’islamisme qui plombe le budget public, et non un dessinateur jovial et engagé.  

Je pense aussi à Virginie Despentes qui a mis sa plume distinguée au service de deux ignobles tueurs -et par extension la richissime machine de guerre internationale qui les a armés- sous prétexte qu’ils seraient « morts debout » à cause du « désespoir ». Tout ceux-là n’ont certes pas de sang sur les mains, mais ils en ont sur la conscience. Honte à eux de nous avoir trahis. Je ne leur pardonnerai jamais, car entre eux et moi, il y a le sang des innocents.  

Dire « Je suis Charlie », c’est dire « Je suis Français »

Après la tuerie du 7 janvier 2015, un slogan a vite émergé sur les réseaux sociaux, « Je suis Charlie ». Qu’est-ce que cela veut dire pour vous ?  

Pour les 4 millions de personnes qui ont défilé le 11 janvier, « Je suis Charlie » voulait dire leur attachement à un certain idéal de liberté et leur refus que le terrorisme islamique ne se déploie en France pour nous imposer sa sainte psychose. « Je suis Charlie », c’est aussi une façon de dire que Charlie Hebdo est un morceau de la culture française. « Comment ont-ils pu tirer sur Cabu ? » se sont demandé nombre de Français qui ont grandi avec lui dans Récré A2 aux côtés de Dorothée. Cabu, c’était le mec le plus timide du journal, plongé avec des madeleines et du thé dans ses dessins, baissant le regard. Beaucoup de mes amis qui ont la cinquantaine ont connu leurs premiers émois avec les dessins érotiques de Wolinski. Même pour ceux qui ne le lisaient pas, Charlie Hebdo était une part de chaque Français. Plus franchouillard que ce journal, tu meurs! C’est un hebdomadaire unique, à la fois anticlérical, un peu gaucho sans être dogmatique, libertaire, avec un humour parfois très pipi-caca, mais qui nous faisait tellement rire de nous-mêmes et des drames du monde. Dire « Je suis Charlie », c’est dire « Je suis Français ».  

Cinq ans plus tard, la France est-elle encore Charlie ?  

Il est aisé de faire appel à ce concept de majorité silencieuse. Mais je pense vraiment que la majorité du peuple français est restée profondément traumatisée, meurtrie par ce qui s’est passé en janvier 2015, d’autant plus que ces attentats allaient inaugurer une annus horribilis où l’islamisme fauchera des centaines de vies. Moi qui me consacre quotidiennement au militantisme contre la montée de l’islamisme, je constate avec soulagement cette lame de fond qui est en train de ré-émerger en France, avec l’affirmation des valeurs laïques et républicaines. Quand je rencontre des gens qui luttent pour ces valeurs, beaucoup d’entre eux me disent que Charlie Hebdo a été une prise de conscience. Cela a été une gifle pour nombre de nos concitoyens. Il fallait donc comprendre comment on a pu en arriver là, et pour cela, il fallait se pencher sur l’islam en France, sur les représentants de l’islamisme et ses structures. De vraies avancées ont été faites à ce sujet, même si les débats sont plus crispés qu’auparavant. En termes de connaissance du danger, de compréhension du terrain, il est évident que la conscience est plus élevée qu’en 2015, lorsque beaucoup ignoraient tout de l’islamisme. Je ne suis donc pas totalement pessimiste.  

En cinq ans, on a vu la montée en toute-puissance des réseaux sociaux et des chaînes d’information en continu dans le débat. Cela n’a-t-il pas polarisé et clivé les échanges devenus des « clashs » ?  

Je ne veux pas être trop dure au sujet des chaînes d’information, d’autant plus que j’en ai été une contributrice régulière pendant une année, avant de prendre un peu de distance. Mais on a l’impression qu’elles font souvent plus de spectacle que de l’information. Je me suis parfois retrouvée à débattre sur la privatisation d’Air France, les grèves SNCF ou le dernier album de Johnny alors que je n’avais strictement rien à dire là-dessus ! Sur les plateaux, la parole n’est pas toujours experte, et surtout, toutes les opinions se valent. Quand on m’invite, la facilité de certains journalistes – ceux qui travaillent le moins – consiste à me mettre en face d’un islamiste qui se contentera de m’accuser de racisme, juste pour offrir les apparences d’un échange contradictoire, qui est en réalité biaisé. C’est bon pour le spectacle, mais pas pour le débat. Notre métier (je m’inclus puisque je suis moi même journaliste) pêche par excès du tout émotionnel et du tout compassionnel. Certains vont avoir tendance à être plus intéressés par les émotions que peuvent produire mes propos plutôt que par mon argumentation. Cela s’est bien vu quand les mêmes médias qui se disaient « Je suis Charlie » et étaient très présents suite aux attentats de janvier 2015 n’ont, par la suite, pas hésité à dresser des portraits dithyrambiques aux ennemis idéologiques de Charlie Hebdo. Je pense notamment au journal Le Monde qui avait consacré un portrait très flatteur à l’islamiste Marwan Muhammad, qualifié en titre de « porte-voix des musulmans », alors qu’il est au mieux le porte-voix d’une poignée d’islamistes fanatisés et braqués sur leur identité. Il y avait toute la place dans un tel exercice journalistique pour demander à M.Muhammad de s’expliquer sur la kabbale menée par le CCIF et par sa propre personne contre le journal, kabbale qui s’est soldée par 12 morts. Pourtant, Le Monde ne l’a pas fait. Je suis plus attachée que tout à la liberté d’expression, mais je suis consciente qu’elle a pour exigence la contradiction. Or, aujourd’hui, il n’y a plus de contradiction possible entre les partisans de l’islamisme et ceux qui les critiquent, car ces derniers ont une Kalachnikov braquée sur eux.  

Regrettez-vous d’avoir, l’année dernière, déclaré, sur le plateau de « L’heure des pros » qu’il « faut que la police puisse tirer à balles réelles » ?  

D’abord, je ne m’attarde pas sur les coupes de la vidéo qui a circulé en boucle sur les réseaux sociaux ou sur le fait que le présentateur, Pascal Praud, me reprenne, indigné, en disant « on ne peut pas tirer sur des manifestants », alors qu’il n’avait jamais été question de manifestants mais d’un guet-apens à Mantes-la-Jolie contre les forces de l’ordre, sans pancarte, sans revendication, mais avec tirs de mortier et jets de pierre. Je ne m’y attarde pas car je ne veux pas me défausser. Je ne regrette pas. Quand une patrouille est brûlée à Viry-Chatillon comme en octobre 2016 ou quand une autre, venue pour protéger des pompiers lors d’une intervention dans le quartier du Val Fourré, se fait attaquer par une centaine d’individus, on a le droit de s’interroger. Face à cette violence, il y a un droit de légitime défense prévue par l’article 435-1 du code de la sécurité intérieure. Si cela ne plaît pas aux porte-paroles des discours anti-flics, tant pis. Je ne défends pas la police, mais l’Etat de droit. A-t-on seulement conscience que le citoyen français victime d’un infarctus dans les quartiers où ces bandes sèment la terreur a moins de chances d’être sauvé que le bourgeois des beaux quartiers, simplement parce que les pompiers devront attendre la police pour s’y rendre, car ils ne sont pas armés, et qu’elle l’est justement. Par ailleurs, je vis depuis un certain nombre d’années avec des policiers au quotidien. Depuis que je suis sous protection policière, j’ai appris à dépasser mes préjugés d’ancienne gauchiste dogmatique qui détestait les flics sans savoir pourquoi. Parfois les policiers sont fidèles au cliché qu’on s’en fait, mais le plus souvent ils ne le sont pas. Ce sont avant tout des fonctionnaires qui ont des petits salaires, et qui habitent dans les mêmes quartiers où ils sont traités d’ennemis publics. Leurs enfants sont briefés pour ne pas dire à l’école que papa est policier. C’est une violence dont personne ne parle, et qui moi m’indigne profondément. Je suis fondamentalement hostile à un modèle comme celui de la société américaine où n’importe qui peut être armé, ce qui appelle à davantage de brutalité policière. Je défends le modèle français où nous autres civils sommes déchargés du fardeau de porter des armes, car il y a des corps constitués qui sont formés à les utiliser et qui assurent le respect des lois. Une police privée de la possibilité de se défendre elle-même est-elle décemment capable de défendre la population? J’en doute.  

J’ai envie de voir plus de Mila et moins de ces jeunes cons qui sont déjà dans des prisons mentales faites de superstitions et de pseudoscience

Cette année a été marquée par l’affaire Mila, cette adolescente française qui a déclaré sur un réseau social : « je déteste la religion » ; « le Coran, il y a que de la haine la-dedans » et « Votre Dieu, je lui mets un doigt dans le cul ». Face aux menaces de morts, elle a dû être déscolarisée. Qu’est-ce que cela vous a inspiré ?  

Cette affaire est une honte collective pour nous. Je n’ai pas été étonnée par les messages injurieux qu’a reçus Mila, car ils sont sensiblement de la même vulgarité et de la même indigence intellectuelle que ceux qui me sont régulièrement destinés. En revanche, j’ai ressenti beaucoup de compassion pour elle, car je comprenais ce qu’elle traversait, et je savais que cela était d’autant plus difficile pour une si jeune fille qui se confronte pour la première fois à une telle violence. Mais ce qui m’a le plus frappée, c’est sa lucidité et son courage. Je me suis dit « Dieu merci, la France va encore bien, puisqu’il y a une jeunesse qui blasphème ». Mila a exercé avec panache sa citoyenneté française qui lui confère le droit de blasphémer ce qu’elle veut. Et je l’ai trouvée très juste dans sa démarche intellectuelle. Elle a bien intégré ce qu’était la fraternité universelle et la différence entre critique des idées et attaque ad hominem, rappelant qu’on « ne peut être raciste envers une religion ». Mila, si tu me lis, laisse-moi te dire toute mon admiration et mon soutien. Tu es un modèle pour la jeunesse française, et même pour les moins jeunes qui ont rarement ta probité et ton courage. J’ai envie de voir plus de Mila et moins de ces jeunes cons qui sont déjà dans des prisons mentales faites de superstitions et de pseudo-science.  

LIRE AUSSI >> Affaire Mila : « Nous payerons cher cette lâcheté » 

Toutefois, ce que j’ai trouvé extrêmement inquiétant, c’est le dérapage de Nicole Belloubet, alors garde des Sceaux, qui avait déclaré dans un premier temps que l’insulte à la religion était « évidemment une atteinte à la liberté de conscience », avant de se rétracter, se rendant compte qu’elle était allée beaucoup trop loin dans l’ignorance de son métier. En tant que citoyenne française, je suis abasourdie, et surtout très préoccupée de voir que cette confusion anti-républicaine peut être entretenue par un Garde des Sceaux. Cela appelle à beaucoup de vigilance.  

Parmi ceux qui ne sont pas Charlie, il n’y a pas que des islamistes. Chez les jeunes notamment, il y a une revendication à ne pas offenser les communautés… 

Oui, il y a des complices qui ne sont pas islamistes, ni même musulmans dans le sens théologique du terme, même si « islam » en arabe veut dire soumission, et qu’à ce titre, ils sont déjà dans un stade avancé de la collaboration avec l’islam. Cela va du député Aurélien Taché à la France Insoumise (si mal nommée, car justement très soumise à l’islamisme) en passant par EELV… Je vous avoue que moi-même, j’ai parfois du mal à définir l’islamisme. Un ami imam dit que l’islam est à l’islamisme ce que l’alcool est à l’alcoolisme. On ne sait pas où mettre le curseur, d’autant que les curés de l’islam sont des champions de la Taqiyya et de l’art de vous faire prendre les vessies pour des lanternes. Personnellement, je pense qu’il faut s’inquiéter lorsque la spiritualité sort de la case privée pour empiéter sur la vie publique. C’est-à-dire lorsque des personnes ne se définissent plus comme étant avant tout des êtres humains et citoyens de leur pays, mais comme appartenant d’abord à cette citoyenneté universelle qu’est l’Oumma. A ce titre, ceux qui se montrent complaisants envers l’islam et qui défendent son accès à des droits qu’il refuse lui-même à l’humanité, ceux-là sont aussi des islamistes d’un point de vue politique. Accepter l’idée que les Français de confession musulmane puissent avoir une existence politique communautaire fondée sur l’appartenance religieuse, c’est la définition même de l’islamisme.  

Vous distinguez les musulmans de votre critique de l’islam. Certains, comme Eric Zemmour, ne le font pas, refusant de voir les musulmans séculiers. Que leur répondez-vous ?  

Les musulmans ne sont pas un bloc monolithique. Même si on reçoit une éducation islamique, on peut choisir de s’en émanciper peu ou prou. Dans la vie, les musulmans ont des pratiques très variées et se définissent par bien d’autres choses que le seul islam. En revanche, du point de vue du dogme, le bon musulman n’est pas défini par des critères laïcs. Ce qui fait de lui une personne vertueuse dans l’islam, ce n’est pas sa gentillesse, sa personnalité, son intelligence ou le fait qu’il excelle dans son métier, mais sa pratique religieuse, car l’islam est une orthopraxie. Le bon musulman est celui qui fait ses cinq prières, qui montre à Dieu qu’il est pieu, qui se voile de pied en cap quand il est une femme…  

Eric Zemmour a raison quand il dit que le modèle républicain français est supérieur à l’islam. En revanche, je suis en désaccord complet avec lui dans sa posture de repli : il ne voit pas que ceux qui sont les plus véhéments et les plus courageux, ceux qui ont les analyses les plus décomplexées du phénomène islamiste sont souvent des gens issus du monde musulman. Ce sont eux qui prennent les plus grands risques pour dire ce qu’ils pensent. Ils vont en prison, sont condamnés pour blasphème, tabassés, exclus de leur famille et parfois tués. Ils consentent à d’immenses sacrifices pour alerter le monde sur ce joug totalitaire qu’est la religion musulmane. Ces libres-penseurs sont d’autant plus importants dans cette lutte pour la liberté qu’ils ne s’encombrent pas de la novlangue bien pensante que l’on retrouve chez nous. La France ne peut, ne doit pas se couper de ces personnes-là. Car la France est pour eux une inspiration, un modèle, un havre de paix, un paradis. Elle doit rester la Mecque de ces hérétiques de l’islam qui admirent nos valeurs. Contrairement à M. Zemmour, je ne pense pas que la France devrait se contenter de terrasser le mal islamiste sur son sol, car c’est illusoire de penser que l’on puisse bâtir une forteresse durable dans un monde gangrené par le fascisme islamique. Je rêve d’une France qui porte son message des Lumières partout dans le monde, une France interventionniste qui n’a pas honte d’exporter son modèle. Pour cela, nous avons besoin d’avoir des amis et des affidés partout dans le monde, et les apostats de l’islam en font partie.  

Dans la majeure partie des pays où il se trouve, l’islam n’est pas dominé, mais dominant.

Les débats sur la laïcité ont divisé la gauche et la droite. Rappelons par exemple que Philippe de Villiers était opposé à la loi sur le voile à l’école de 2004. Mais c’est bien la gauche qui semble aujourd’hui la plus fracturée sur la question… 

La gauche française est en train de plonger dans des abîmes de médiocrité, sans bouée de secours. Je me suis toujours définie comme une personne de gauche, parce que j’ai grandi au Maroc. Là-bas, quand on est laïque, progressiste, qu’on lutte contre les bigots et défend la liberté, on est de gauche. Mais en France, j’observe avec beaucoup de stupéfaction la dérive de la gauche depuis plusieurs années. Elle est tombée dans les lieux communs intellectuels les plus simplistes et les plus erronés. C’est-à-dire qu’elle voit dans le musulman une figure monolithique qui représente pour elle le nouveau prolétaire. La gauche française est empêtrée dans son ethnocentrisme, et n’arrive pas à percevoir le musulman en dehors de la figure du migrant. Alors que les migrations musulmanes en Europe ne représentent qu’une toute petite partie de l’islam à l’échelle de la planète. Dans la majeure partie des pays où il se trouve, l’islam n’est pas dominé, mais dominant. Je soupçonne cette gauche-là de ne pas s’être fourvoyée uniquement par bêtise, mais aussi par corruption et électoralisme, en plus d’avoir été infiltrée par les pires ennemis de la démocratie : les islamistes qui ont phagocyté des structures de gauche, comme on l’a vu avec l’Unef ou le Planning familial.  

LIRE AUSSI >> Avec Charlie, c’est gauche contre gauche 

Toutefois, il ne faut pas non plus épargner la droite. La droite est peut être aujourd’hui un peu plus claire dans son discours, mais dans les faits, ses compromissions clientélistes ne manquent pas. Entre les terrains cédés à un euro symbolique à des mosquées salafistes, les consignes de vote transmises par l’imam du coin ou les subventions versées à des associations plus que douteuses pour acheter la paix sociale et surtout les voix, la droite n’a rien à envier à la gauche de ce point de vue là. Droite et gauche sont compromises jusqu’au cou. Sauf que la gauche comme ses émanations prétendument féministes ou antiracistes pêche en plus par sa médiocre tentative d’intellectualiser sa propre soumission, en nous assurant qu’il s’agirait-là de progrès. Elle en arrive ainsi à s’indigner du cadre de travail des hôtesses du Tour de France qui serait épouvantablement humiliant pour les femmes, tout en louant le burquini comme une formidable avancée en matière de liberté. A ce stade, il ne s’agit plus de contradiction, mais d’incohérence, voire de tartufferie.  

Alors que l’on a longtemps reproché à Emmanuel Macron ses ambiguïtés sur les questions de laïcité, son discours semble aujourd’hui bien plus affirmé. Qu’en pensez-vous ?  

Il est indéniable que le discours d’Emmanuel Macron a fait un virage à 180 degrés depuis le début de son quinquennat, au plus grand bonheur des défenseurs de la laïcité. Il faut le souligner, car on revient de loin. Au début, il était quand même question de réformer la loi de 1905 pour l’adapter à l’islam. Le président a pris conscience que c’était là une erreur majeure, une boite de Pandore à ne pas ouvrir. Quand on écoute son hommage aux victimes de Michaël Harpon dans la cour d’honneur de la préfecture de Paris, on ne peut que le trouver remarquable. Par ailleurs, le choix d’un authentique républicain réputé pour son attachement à la laïcité comme Jean-Michel Blanquer à la tête d’un ministère aussi important que l’Education nationale est un signe fort pour tous les défenseurs de l’universalisme républicain.  

Maintenant, il est grand temps de traduire le discours en actes forts. Nous attendons tous le prochain projet de loi sur le séparatisme, mais je vous avoue que pour ma part, je suis extrêmement circonspecte. Quelle est la pertinence de faire une nouvelle loi quand on sait que nous avons du mal à appliquer celles déjà existantes ? La législation française me semble très bien, et notamment la loi de 1905. Je ne refuse bien sûr pas des réformes. Il n’y a que les imbéciles ne jurant que par l’intangibilité du Coran qui n’entendent pas en changer une virgule et qui restent braqués sur la littéralité. Mais je pense sincèrement que nos lois sont bonnes, et ne demandent qu’à être appliquées. J’ai même parfois l’impression qu’on légifère à la moindre occasion comme une fuite en avant, pour faire croire qu’on agit, alors qu’on peine par exemple à appliquer la loi de 2004 sur les signes religieux à l’école, ou celle de 2010 sur le voile intégral dans certains quartiers. Pour en revenir à Emmanuel Macron, je sais bien qu’en politique, les discours doivent toujours précéder les actes, j’ai donc foi que nous irons dans le bon sens. Il faut garder à l’esprit que l’addition salée de l’islamisme qui est posée sur son bureau lui a en grande partie été léguée par ses prédécesseurs, et reconnaissons-lui qu’aucun d’eux n’avait tenu un discours aussi clair sur l’hydre islamiste, le communautarisme et le séparatisme qu’il le fait aujourd’hui.  

Les juifs sont sacrifiés sur l’autel de l’antiracisme dévoyé

En dépit de ces discours alarmistes, il n’y pas eu d’envolées des listes communautaires aux dernières élections municipales… 

Je ne suis pas rassurée pour autant. Le phénomène des listes communautaires est relativement récent. Là, elles se sont effectivement cassé la figure, mais on doit s’interroger sur le principe même de leur existence. On parle de « listes communautaires », mais on sait tous que ce sont dans les faits des listes islamistes. En France, remarquez qu’il n’y a pas de listes juives ou raéliennes aux élections. Le fait même qu’il y ait des listes islamistes constituées ainsi de façon décomplexée, même si cela reste pour l’instant très marginal, m’inquiète. Les islamistes n’ont pas la même approche du temps que nous. Pour l’homme politique lambda en France, le temps se chiffre en mandats et en quinquennats. Pour les islamistes, c’est le temps long qui compte. Aujourd’hui, en France, où que l’on pose son regard ou presque, on voit la présence de l’islamisme qui s’est imposé en un temps historique court; quelques décennies. Je ne sous-estime pas le potentiel de cette idéologie mortifère à pourrir des pays de l’intérieur, à détruire des sociétés, à casser les liens humains et naturels entre les gens et à éroder les démocraties. Sans être alarmiste, sans jamais cesser de croire en la France et en sa grandeur, il ne faut pas dormir sur ses lauriers s’agissant d’islamisme, car vous savez ce que l’on dit toujours : il avance masqué, il travaille la société en profondeur et dans la discrétion. Lorsqu’on le voit, il est presque déjà trop tard.  

L’attention médiatique sur le « procès Charlie » ne fait-elle pas oublier que ce sera aussi le procès de l’attaque contre l’Hyper Cacher ?  

Cette sorte d’indifférence médiatique par rapport à l’Hyper Cacher, on la retrouve dans l’ensemble de la société en ce qui concerne l’antisémitisme. Certes, la condamnation de l’antisémitisme ne semble pas faire débat en France, mais qui parle aujourd’hui des juifs de Seine-Saint-Denis partis dans le silence le plus total ? Des quartiers entiers se vident des juifs parce qu’ils se remplissent d’antisémitisme ordinaire, mais personne ne s’indigne. Ces dernières années, les crimes antisémites ont quasiment tous été commis par des musulmans, que ce soit Mireille Knoll, Sarah Halimi, ou avant cela Ilan Halimi, ou encore les enfants de l’école juive tués par Mohammed Merah. Ce silence est inquiétant, car une partie des élites préfère se vautrer dans le déni plutôt que d’être taxée de l’inénarrable « islamophobie ». Les musulmans ne sont ni pires ni meilleurs que les autres Français, ils sont juste égaux. Lorsque certains d’entre eux font preuve d’antisémitisme, il faut les dénoncer et les sanctionner avec la même sévérité dont on a fait preuve, à raison, après le sombre passé de la collaboration.  

Je dois confesser qu’en tant que partie civile des attentats de Charlie Hebdo, je me sens quelque part « coupable » par rapport aux victimes de l’Hyper Cacher. Au moment des faits, mes collègues et moi étions dans un tel état de choc que nous avions suivi ça de loin. Nous nous sommes retrouvés avec eux lors de la manifestation du 11 janvier. C’était une cohabitation fraternelle et compatissante, mais on ne s’est pas vraiment parlé. C’est comme si on avait concentré tous les projecteurs sur nous. Mais l’attentat contre l’Hyper Cacher est tout aussi emblématique que celui contre Charlie. Le meurtrier qui a tué Sarah Halimi l’a fait parce qu’elle était juive, en criant « Allah akbar, sale juive ». Mais la justice a mis des mois pour savoir si cela devait être envisagé comme un crime antisémite. Aurait-on voulu que cet assassin signe une attestation sur l’honneur pour confirmer qu’il s’agissait bien d’un crime islamiste ? Les juifs sont sacrifiés sur l’autel de l’antiracisme dévoyé. Le même pays qui disait qu’il n’y aurait plus jamais de rafles détourne le regard dès qu’il y a un crime antisémite. On répète toujours « ce sont des déséquilibrés », « pas d’amalgame ». Les attentats djihadistes low-cost aux couteaux sont d’ailleurs quasiment devenus des faits divers. Jusqu’où allons-nous refuser de voir l’obscénité qui se trouve sous nos yeux ? Jusqu’où serons-nous lâches ? C’est comme si on avait un tueur en série bien identifié, mais qu’on persistait à traiter chaque meurtre au cas par cas, sans faire de liens entre les dossiers, car la barbarie de l’assassin nous tétanise. L’islamisme est ce tueur en série. Il est grand temps de criminaliser cette idéologie, et d’interdire par exemple certains prêches qui sont contraires à nos valeurs républicaines. La réalité, c’est que des versets antisémites sont lus dans des mosquées françaises sans la moindre réserve, sous couvert de la liberté de culte.  

Ce n’est pas la première fois que Mélenchon va trahir Charlie Hebdo dont il fut jadis l’ami

Tous les survivants de Charlie Hebdo vont se retrouver au Palais de justice à Paris. Après les attentats, le journal a été victime d’un conflit entre la direction représentée par Riss et une partie des salariés qui, comme vous, ont quitté le journal. Aujourd’hui, les rancoeurs se sont-elles effacées ?  

Riss et moi sommes deux personnes bien distinctes, je ne répondrai que de mon propre ressenti. Je n’ai pas voulu lire son livre, car on m’en a dit qu’il était chargé de rancoeur, et que je préfère pour ma part garder le cap sur mes combats. A ce titre, je ne peux qu’affirmer mon approbation de la ligne éditoriale du Charlie Hebdo actuel dont Riss est l’artisan. Je suis ainsi toujours Charlie, et je le serai toujours, même si je ne suis plus dans l’entreprise Charlie. Simplement, ce qui me chagrine, c’est que pour nous les anciens salariés, Charlie représente une histoire qui fera à jamais partie de nous, mais qui nous est désormais interdite. Je pourrais aujourd’hui publier dans tous les journaux de France, mais les colonnes de Charlie Hebdo où ma vie a basculé me restent fermées. Lorsque j’ai fait l’objet d’une campagne de menaces de mort, tous les médias sont venus me voir, sauf Charlie Hebdo. Je porte maintenant un oeil lointain, certes, mais bienveillant sur le journal, car je le compte toujours comme un allié du grand combat laïque et anticlérical. Mais j’avoue que je ne le lis plus, car il est douloureux pour moi de feuilleter un journal où il n’y a plus Charb, Tignous, Honoré, Elsa Cayat, Bernard Maris, Cabu et Wolinski. Sans parler des plumes de ceux qui ont quitté le journal après les attentats : Catherine Meurice, Patrick Pelloux, Luz, Solène Chalvon, Luce Lapin, Jean-Baptiste Thoret et tous les autres. Cette famille Charlie subsiste, elle est fort heureusement vivante même si elle ne travaille plus au même endroit, on se retrouve pour les vacances, les mariages, on boit des coups et on se rend visite, comme une vraie famille quoi. Nous sommes à jamais liés par le sang.  

Des dessins odieux représentant la député LFI Danièle Obono en esclave dans Valeurs Actuelles ont suscité à juste titre une condamnation quasi unanime. Mais Jean-Luc Mélenchon sest empressé de comparer cet article odieux à la ligne éditoriale de Charlie Hebdo. Que cela vous inspire-t-il?  

Ce n’est pas le premier ballon d’essai des islamistes et de leurs alliés pour faire passer Charlie Hebdo pour un torchon d’extrême droite. Souvenez-vous en 2013, lorsque le journal Minute titrait au sujet de Christiane Taubira qu’elle « retrouvait la banane », Charb avait croqué cette allusion simiesque sous forme d’affiche électorale du « Rassemblement Bleu Raciste », ce qui n’a pas empêché ses pourfendeurs de prétendre avec beaucoup de mauvaise foi que Charlie Hebdo traitait Madame Taubira de guenon. Ce n’est pas la première fois non plus que Jean-Luc Mélenchon, ancien homme de gauche aux accents de plus en plus doriotistes, va trahir Charlie Hebdo dont il fut jadis l’ami, trahissant par la même les valeurs laïques et anticléricales de la formation dont il est initialement issu. M. Mélenchon a manifesté lors de la marche de la honte du 10 novembre aux cris d’Allah Akbar (« Allah est plus grand », que la France faut-il comprendre), rassemblement islamiste et LFIste pour dénoncer conjointement l’ « islamophobie ». Mon nom, ceux de Laurent Bouvet et d’Eric Zemmour avaient d’ailleurs été jetés en pâture à cette foule assoiffée de vengeance. Comment M. Mélenchon a-t-il oublié que Charb avait été condamné à mort par fatwa, puis exécuté avec ses collègues parce qu’il était accusé d’ « islamophobie »? Faire la confusion entre Eric Zemmour, Laurent Bouvet et moi, est révélateur du même opportunisme intellectuel qui conduit à confondre Charlie HebdoMarianne et Valeurs actuelles.  

M. Mélenchon a vidé son parti de ses esprits les plus brillants, comme le philosophe et penseur de la laïcité Henri Pena Ruiz, pour les remplacer par des imbéciles chez qui la frustration tient lieu de discours politique. Si c’est le cynisme électoral qui pousse M. Mélenchon à faire l’option de la médiocrité, cela en dit long sur le respect qu’il a pour l’intelligence de ses électeurs. Pour ma part, je suis persuadée qu’il gagnera quelques voix, et en perdra davantage. Mon entourage amical est rempli d’anciens électeurs LFI qui s’en sont mordu les doigts lorsqu’ils ont écouté les discours de Danièle Obono à l’Assemblée nationale. Ceux-là, c’est à dire le peuple de gauche attaché à la laïcité, ne voteront plus pour M. Mélenchon. Quant à Mme Obono, je n’ai jamais caché mon opposition à ses positions ouvertement racistes. Défendre une raciste victime de racisme? Oui, jusqu’à l’épuisement, jusqu’à ce que le spectre hideux des préjugés raciaux s’efface pour faire place à l’universalisme républicain qu’elle a toujours combattu. Dans l’idéal pour lequel je me bats en France, ni Danièle Obono, ni Eric Zemmour, ni Valeurs actuelles ne devraient jamais être atteints dans leur dignité humaine ou leur intégrité physique sous le prétexte de combattre leurs idées. 

*****************

One Reply to “Zineb El Rhazoui : « Je ne pardonne pas à Obono, Plenel, Despentes ou au CCIF »”

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :