MEMORABILIA

Ivan Rioufol: «Questions sur la place de l’islam en France»

Le Figaro.

CHRONIQUE – Emmanuel Macron a reconnu qu’« il n’y aura[it] jamais de place en France pour ceux qui, souvent au nom d’un dieu, entendent imposer la loi d’un groupe ». Une fermeté verbale qui oblige aux actes.

Par Ivan Rioufol 10 septembre 2020.

«Au prétexte de ne pas stigmatiser une population susceptible et de ne pas attiser une “islamophobie” constituée par la libre critique des dogmes, les dirigeants successifs ont lâchement laissé s’étendre un islam politique», dénonce Ivan Rioufol.
«Au prétexte de ne pas stigmatiser une population susceptible et de ne pas attiser une “islamophobie” constituée par la libre critique des dogmes, les dirigeants successifs ont lâchement laissé s’étendre un islam politique», dénonce Ivan Rioufol. François BOUCHON/Le Figaro

– Finie, la comédie des faux culs. La question de la présence musulmane en France doit être posée sans artifice. Il est inexact de soutenir, comme persiste à le faire le discours imposé, que l’islam est compatible avec la République. Un sondage récent (Ifop) montre que 40 % des musulmans de France, et 74 % de ceux âgés de moins de 25 ans, font passer leurs convictions religieuses avant les valeurs de la République. Musulmans avant d’être Français. Au prétexte de ne pas stigmatiser une population susceptible et de ne pas attiser une «islamophobie» constituée par la libre critique des dogmes, les dirigeants successifs ont lâchement laissé s’étendre un islam politique. Depuis, celui-ci se comporte en pays conquis, incitant les musulmans à renouer avec la charia des origines (loi islamique): une doctrine que la Cour européenne des droits de l’homme a jugée, dès 2001, incompatible avec les principes fondamentaux de la démocratie. Cet islam-là est indésirable.

À LIRE AUSSI : Les quatre composantes de l’islam en France

Il faut reconnaître à Emmanuel Macron d’avoir enfin, sans trop d’ambages, posé le problème. Vendredi dernier, lors de la célébration des 150 ans de la IIIe République, il a déclaré: «Il n’y aura jamais de place en France pour ceux qui, souvent au nom d’un dieu, parfois avec l’aide de puissances étrangères, entendent imposer la loi d’un groupe, non. (…) La République n’admet aucune aventure séparatiste Pour celui qui soutint qu’il n’y avait pas «de culture française» et qui flatta le communautarisme derrière la diversité, c’est un revirement. Est-ce l’effet de son invitation, lancée le 13 avril, à «se réinventer, moi le premier» ? Si ses mots ont un sens, le président a choisi de fermer le pays à l’islam conquérant et séparatiste. Cependant, sa fermeté verbale oblige aux actes. Ils ne peuvent se contenter de faire signer aux islamistes un «contrat d’engagement sur les valeurs de la République», comme le gouvernement l’annonce. Il doit aller plus loin.

Macron doit préciser comment il envisage de bouter hors de France cet islamisme colonisateur qu’il n’ose nommer clairement

La nation française n’est pas un tas de sable constitué d’apports épars. «C’est un bloc», a confirmé à plusieurs reprises le chef de l’État dans un discours inspiré sur la naturalisation. Son propos a néanmoins évité de prononcer les mots d’intégration et d’assimilation, ce préalable pourtant exigé par le code civil (article 21-24). En conséquence, il revient à Macron d’expliquer, s’il veut convaincre de ses intentions, comment il compte rompre avec le multiculturalisme qu’il a précédemment cautionné et qu’il laisse tranquille. Il doit aussi préciser comment il envisage de bouter hors de France cet islamisme colonisateur qu’il n’ose nommer clairement. Cette idéologie a pris racine dans les cités d’immigration et est en expansion partout dans le monde. La pire des capitulations serait, pour l’État, de lancer des mots comme des flèches, puis de s’enfuir devant tant d’audace.

Après plus de trente ans de cohabitation en France, il est temps de regarder l’Islam en face. Ses cinq piliers (le jeûne, la prière, le pèlerinage, l’aumône, la profession de foi) sont des rites intimes qui peuvent se pratiquer dans le respect de la laïcité. De nombreux Français musulmans s’en accommodent. Il en est tout autrement de la charia, la loi d’Allah, qui ne peut être concevable dans une démocratie construite sur la loi des hommes. Le conflit entre ces deux conceptions est dès lors inévitable. C’est cette loi islamique, son djihad et ses soumissions qui doivent être combattus, d’autant qu’ils portent un totalitarisme qui asservit la femme, traque le juif, le chrétien, le mécréant. Il est anormal que de nombreuses associations liées aux Frères musulmans ou aux salafistes, complices idéologiques d’une régression terroriste, puissent avoir pignon sur rue et bénéficier d’aides publiques. Il est stupéfiant que des mosquées fanatisées persistent à prêcher la haine de l’autre.

Épreuve de force

Cela fait trop longtemps que la République tremblante recule devant les intimidations de l’islam politique, qui a ensanglanté Paris en janvier 2015. Il n’a pas son pareil pour se présenter en victime pleurnicheuse, afin de réclamer toujours plus de droits. La gauche perdue, aveuglée par sa détestation de la nation et de son peuple, est devenue le collaborateur de l’occupant. Ce dernier s’abrite derrière les droits de l’homme pour être intouchable. Il fait du Français le nouvel indigène, appelé à s’effacer. La mansuétude que rencontre cette religion, qui est surtout un système global et asphyxiant, est un anachronisme dans une France qui a su remettre à leur place, brutalement, les religions hébraïque et chrétienne. Macron est-il décidé à l’épreuve de force avec cet adversaire qui ne respecte que la loi du plus fort? «Il est largement temps d’agir», reconnaît Nicolas Sarkozy dans son livre (Le Temps des tempêtes ). Et de «contraindre s’il le faut», ajoute-t-il. Mais que font les dirigeants, pour l’instant, sinon parler en l’air?

Si, pour préserver les chances d’une vie apaisée et amicale, l’on veut prévenir l’extension de la part de l’islam, il est bien sûr indispensable de limiter l’immigration correspondantePierre Manent

«Ce qui importe, c’est le réel», assure désormais le chef de l’État, après avoir longtemps caressé les utopies progressistes et ses slogans iréniques. Invitons dès lors Macron à mesurer la force séparatrice de l’islam: cette civilisation, appuyée par le nombre, ne se diluera jamais dans le pays d’accueil. L’histoire l’a démontré. La réislamisation des jeunes musulmans de France est une alerte. La menace terroriste en est une autre. Dire: «Il n’y aura jamais de place en France» pour l’islamisme oblige à exclure ceux qui veulent vivre sous la charia. La sortie du pays doit leur être signifiée. Le réalisme invite aussi à dissuader d’autres musulmans à venir rejoindre la France. Comme le souligne le philosophe Pierre Manent (Commentaire, printemps 2020): «Si, pour préserver les chances d’une vie apaisée et amicale, l’on veut prévenir l’extension de la part de l’islam, il est bien sûr indispensable de limiter l’immigration correspondante». La paix civile est à ce prix. Mais Macron, obnubilé par son combat contre les populistes, osera-t-il ce combat de survie?

Abandons

Ce gouvernement est-il capable de protéger les citoyens de leurs ennemis intérieurs? Le doute demeure. La bruyante mobilisation sanitaire autour du Covid-19 ne peut faire oublier les abandons de l’État, notamment face à l’insécurité et l’immigration illégale. Les difficultés rencontrées par un couple de retraités pour récupérer sa maison squattée de Théoule-sur-Mer (Alpes-Maritimes) rappellent plus généralement l’impuissance de la République à expulser les clandestins. «On comprend que nos concitoyens soient inquiets de la montée de la violence dans notre société», a dit Jean Castex, mardi, en écho aux dénis du garde des Sceaux. En tout cas, ce n’est pas la politique de l’autruche d’Éric Dupond-Moretti qui est la réponse.

**************

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :