MEMORABILIA

La commune, premier échelon de la démocratie et… du séparatisme islamiste

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Par  Victor-Isaac AnnePublié le 14/09/2020

Valeurs actuelles

Concordance des temps : tandis que le gouvernement fignole son projet de loi contre le séparatisme, certaines mairies œuvrent à son rayonnement. 

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– C’est le nouveau cheval de bataille du gouvernement en cette rentrée. La lutte contre le séparatisme islamiste, ennemi civilisationnel prospère et conquérant, est le défi que s’apprêtent à relever le président de la République et ses ministres. Annoncé par Emmanuel Macron en février, un projet de loi en ce sens doit être présenté à l’automne et voté en début d’année prochaine. Pour l’heure, le contenu de ce texte chapeauté par le binôme Darmanin-Schiappa n’est pas encore connu. On sait tout au plus qu’il devrait permettre de faciliter la fermeture de lieux de culte officiels et officieux ainsi que des pages de réseaux sociaux lorsque des prêches contreviennent aux principes de la République. Au surplus, cette loi devrait également renforcer le contrôle des associations proposant des cours de soutien scolaire et de langues étrangères, tantôt soupçonnés d’alimenter le communautarisme. Quant aux associations subventionnées par l’Etat, elles seront contraintes de signer une charte de la laïcité et des valeurs de la République. 

En attendant l’adoption de ce texte, synonyme, à tout le moins, d’une prise de conscience du phénomène par le pouvoir, le nouveau ministre de l’Intérieur s’est dit particulièrement attentif à une dérive connexe : l’entrisme communautariste dans certaines équipes municipales. Le 28 juillet, aux côtés de la ministre chargée de la citoyenneté Marlène Schiappa, Gérald Darmanin a ainsi affirmé devant la commission des lois avoir demandé aux préfets qu’ils vérifient « s’il existait des maires qui prenaient des actes de non-égalité entre les femmes et les hommes dans les services publics municipaux, qui seraient totalement contraires aux valeurs de la République par une sorte de pro-communautarisme qui serait contraire à nos principes ». Auquel cas le patron de Bauveau envisageait la possibilité de révoquer ces maires. Reste que les dérives séparatistes de certains élus sont généralement plus subtiles que des actes de non-égalité entre les hommes et les femmes. 

Étude de cas : prébendes électorales à Colombes

À 9 kilomètres de la capitale, Colombes, ville des Hauts-de-Seine remportée à la surprise générale par les écologistes lors des récentes élections municipales, offre un exemple de ces petites et grandes capitulations en rase campagne. Le 28 juin 2020, cette commune dont tout laissait à penser qu’elle resterait dans le giron de la droite a été ravie à 1253 voix par le candidat EELV Patrick Chaimovitch. Au soir du premier tour pourtant, la maire LR sortante Nicole Goueta était donnée gagnante. Comment expliquer un tel revirement de situation ? Le magazine L’Incorrect s’est penché sur les chiffres des différents bureaux de vote dans cette ville scindée entre des quartiers populaires au nord et des zones plus cossues au sud. Cinq bureaux de vote situés au nord de Colombes ont retenu l’attention du mensuel. 

Contrairement aux 43 autres bureaux de vote où aucune des deux listes n’a dépassé les 65 %, ceux-ci ont enregistré des scores à gauche oscillant de 75 à 82 %, soit une percée ayant permis à Patrick Chaimovitch de l’emporter. Étrange écart de voix dans cette partie de la ville frappée d’ordinaire par un important taux d’abstention. L’Incorrect y voit la marque d’un “courtisage” intensif des populations de culture musulmane, très implantées dans ces zones, et encouragées à voter pour le candidat EELV. 

Un élu d’opposition municipale témoigne du rapprochement opéré au cours de la campagne entre la liste emmenée par Patrick Chaimovitch et l’association des musulmans de Colombes (Musc), qui propose une vision rigoriste de l’islam : « Le nouveau maire s’est attiré les faveurs de cette association très influente sur la ville en s’engageant notamment à faciliter la construction d’une deuxième mosquée placée sous le patronage du Musc ». Un projet auquel l’ex édile Nicole Goueta avait fait échec en préemptant un terrain mis à la disposition du Musc via un bail emphytéotique sous la mandature (2008-2014) du socialiste Philippe Sarre. Avec l’élection de Patrick Chaimovitch, les digues ont cédé. Tenue naguère à distance respectable, cette association religieuse est aujourd’hui en odeur de sainteté à Colombes. « Le maire s’est mis en danger en passant un accord tacite ou non avec des artisans du repli communautaire et en s’entourant de personnalités proches du Musc, y compris au sein de son cabinet », explique l’élu à Valeurs actuelles

Un petit califat a pris le contrôle de Colombes

Un ex-membre d’une liste opposée au nouveau maire relate des faits similaires et s’inquiète des conséquences de cette mandature : « Un petit califat a pris le contrôle de Colombes. Entendons-nous bien, ce n’est pas la communauté musulmane dans son ensemble qui est en cause, mais une minorité très active qui tente de développer une contre-société. Ce sont ces gens gravitant autour du Musc qui se sont mobilisés dans les quartiers nord lors du second tour. Moyennant la promesse d’une nouvelle mosquée et d’autres libéralités, ils ont inscrit des Colombiens sur les listes et récupérer leur procuration. Ils sont allés jusqu’à expliquer que la droite était un enfer et que lui faire barrage était un devoir religieux », explique-t-il à Valeurs actuelles. Message reçu par les électeurs de ces quartiers qui se sont déplacés aux urnes en masse. 

Le 28 juin, le soir de la victoire, les scènes de liesse sur le parvis de l’hôtel de ville où des centaines de jeunes issus de l’immigration se sont rassemblés au cri de « Goueta à la porte ! », attestent encore, si cela était nécessaire, du caractère éminemment communautaire de ce scrutin. « Contrairement à ce que certains voudraient faire croire, on ne perçoit aucune diversité sur ces images. Colombes est une ville de 85 000 habitants venant de tous horizons, sociaux, religieux, ethniques. Or, force est de constater qu’une seule partie de la population était rassemblée ce soir-là », regrette l’ancien membre d’une liste d’opposition. https://platform.twitter.com/embed/index.html?dnt=false&embedId=twitter-widget-0&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1277480980715102209&lang=fr&origin=https%3A%2F%2Fwww.valeursactuelles.com%2Fclubvaleurs%2Fsociete%2Fla-commune-premier-echelon-de-la-democratie-et-du-separatisme-islamiste-123576&siteScreenName=Valeurs&theme=light&widgetsVersion=219d021%3A1598982042171&width=550px

Si un tel marketing électoral peut se révéler payant dans les urnes, il est néanmoins un piège dont on ne se défait que difficilement. Pour l’élu d’opposition mentionné plus haut, Patrick Chaimovitch n’a pas pris la mesure de sa compromission : « Outre la construction d’une nouvelle mosquée sous son patronage, le Musc projette également de fonder une école coranique dont on ne voit pas pourquoi le maire, dont l’équipe est proche de cette association religieuse, s’y opposerait. »

Sur le terrain, ce changement de philosophie de la ville est déjà palpable. Selon l’élu, des Colombiens de confession juive auraient été intimidés par des personnes apparentées au Musc lors des commémorations de la rafle du Vél d’Hiv organisées par la commune en juillet : « Ils leur ont fait comprendre que les temps avaient changé et que, Goueta partie, il fallait désormais se ranger derrière eux. » 

Sur le plan du débat démocratique, la situation n’est guère plus engageante. L’opposition s’est ainsi vu supprimer sa tribune dans le journal mensuel de la ville. « Il y a une volonté de nous réduire au silence et d’empêcher que nos inquiétudes et questionnements légitimes ne sortent du Conseil municipal », regrette un autre élu d’opposition. 

Des autorités sur le qui-vive

Relativement au nombre de municipalités en France, ces situations constituent évidemment un phénomène minoritaire. Pour autant, la commune reste le premier échelon de la démocratie dont chacun peut mesurer les effets au quotidien. Aussi, il est à craindre, si l’autorité régalienne n’y prend pas garde, que ces dérives s’étendent jusqu’à tisser un maillage séparatiste. Comme en faisait état Le Figaro dans un article du 16 août, certains départements tels que le Val d’Oise font l’objet d’une vigilance accrue de la part du ministère de l’Intérieur. Lors des dernières élections municipales, ce département de la grande couronne parisienne a été marqué par l’arrivée d’élus locaux au parcours interlope ou aux inclinations anti-démocratiques. Bien qu’il exprime un attachement indéfectible aux valeurs de la République, le nouveau maire de Goussainville Abdelaziz Hamida, anciennement fiché S, est un ancien compagnon de route du Tabligh, un mouvement fondamentaliste pour la prédication. À Sarcelles, le maire Patrick Haddad est accusé par son ancien rival François Pupponi d’avoir bénéficié du soutien d’une organisation islamique nationaliste pro-Erdogan en contrepartie de la promesse de construire une nouvelle mosquée. Et quand ce ne sont pas des édiles, ce sont des conseillers municipaux de la majorité ou de l’opposition qui attirent l’attention des autorités. 

On l’aura compris, ces dérives silencieuses réclament une vigilance et une lutte de tous les instants. « Il n’y aura jamais de place en France pour ceux qui, souvent au nom d’un dieu, parfois avec l’aide de puissances étrangères, entendent imposer la loi d’un groupe […] La République n’admet aucune aventure séparatiste », a déclaré le président de la République vendredi dernier, lors de la célébration des 150 ans de la IIIe République. Une chose est de poser le problème, une autre est de le résoudre. C’est précisément l’objectif de la loi contre le séparatisme, explique-t-on dans les rangs du gouvernement. Dont acte, rendez-vous à l’automne. 
 

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