MEMORABILIA

« Pourquoi Emmanuel Macron ne fera pas de politique sécuritaire »…

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 Auteur François Martin 

Vendredi 18 septembre 2020

Valeurs actuelles.

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Macron court aujourd’hui un réel danger politique s’il ne met pas en place une vraie politique sécuritaire. Pourtant, il ne le fera pas, parce qu’il ne le peut pas. Une analyse de François Martin, membre fondateur du Fonds de Recherche Amitié Politique. 

Dans son livre très intéressant, Passager clandestin, Didier Maïsto raconte qu’un jour, lorsqu’il était lycéen, à Toulon, des camarades ont arboré pour la première fois, sur le revers de leur blouson, la main jaune avec le slogan « Touche pas à mon pote ». Il dit que ce jour-là, on est passé « du droit à l’indifférence au droit à la différence, première fiole de poison concentré à laquelle se sont abreuvés tous les communautarismes ». Ce jour-là, Mitterrand rendait à de Gaulle la monnaie de sa pièce, en diabolisant, par l’accusation de racisme, une partie de la droite, et en la divisant, tout comme le Général l’avait fait en son temps entre socialistes et communistes, en diabolisant ces derniers. Sauf que le PCF était composé de français de souche (c’était un Parti Ouvrier ou Populaire, en réalité), et qui plus est avec une idéologie en déclin, alors que les populations des banlieues, elles, que le mouvement impulsé par SOS Racisme cherchait à flatter, étaient d’origine et de culture exogènes, et au contraire en pleine croissance.

Stratégie du pompier pyromane

Cette formidable situation permettait de clouer au pilori tout critique, en l’accusant de racisme, voire de fascisme ou de nazisme, de salir à l’envi et de ghettoïser la « droite nationale » et ses électeurs populaires, de terroriser la droite centriste (la « droite de gauche ») et ses électeurs de la bourgeoisie parisienne et provinciale. L’accusation de « racisme » est ainsi devenue, depuis cette époque, avec la bénédiction des intellectuels et des médias, le principal argument utilisé sur la scène politique française pour justifier, a contrario, le progressisme, et ce racket idéologique une poule aux œufs d’or politique, qu’il était essentiel d’entretenir. Pour cette raison même, il était totalement contre-productif pour la gauche, et même pour la droite centriste, de résoudre en quoi que ce soit le problème des banlieues. Il était au contraire essentiel de faire perdurer cette stratégie de pompier pyromane, de maintenir ces populations dans la précarité, dans la frustration et le mécontentement (tout en continuant à les flatter et à acheter leur dépendance), car que deviendrait le médecin si son principal client venait à guérir ? Cette stratégie a été poursuivie sans relâche par tous les gouvernements successifs avec beaucoup d’application. SUR LE MÊME SUJET “Ensauvagement” et “sentiment d’insécurité” : Eric Dupond-Moretti sous le feu des critiques

Ce “système de gouvernement” (car c’est précisément ce dont il s’agit) est ce qui permet à la gauche, et également à la droite centriste lorsqu’elle a été aux affaires, de se maintenir au pouvoir depuis 40 ans. Macron en est l’héritier direct, et il est évidemment exclu qu’il change de logiciel, faute de quoi toute sa construction s’écroulerait, puisqu’il faudrait qu’il reconnaisse que le FN/RN avait raison depuis le début. Macron se trouve donc, à son corps défendant peut-être (et bien que, de temps en temps, quelque « saillie » puisse laisser croire aux électeurs naïfs de droite qu’il les écoute), entraîné par le mouvement initié par Mitterrand et devenu aujourd’hui monstrueux, dans une surenchère l’obligeant à avaliser tout le paquet multi-culturaliste (discours droit-de-l’hommiste hors-sol, immigration incontrôlée, communautarisme, islamisme, racisme anti-blanc sous couvert d’antiracisme, pègre, drogue, etc…) et à en couvrir et dénier tous les excès (violence camouflée en « incivilités », atteinte aux symboles nationaux camouflée en « expression de l’émotion», prise de pouvoir islamiste dans les associations, les mairies et les services de l’État). Tant qu’il continue cette politique, même si elle est de plus en plus mortifère, Macron peut continuer à faire ostraciser la droite nationale, et ainsi la maintenir à distance. S’il change, s’il s’avise de rétablir l’ordre, il perd ses soutiens de gauche, et se range du même coup dans la « fachosphère ». Il ne peut sortir de ce piège.

Une politique d’effets de manche

Mais par ailleurs, comme l’explique parfaitement François d’Orcival, et pour cette raison même de non-contrôle et d’emballement, « jamais le bilan de l’action du gouvernement Macron en matière de lutte contre l’insécurité n’a été aussi mauvais aux yeux des français », et les chiffres qu’il cite sont très inquiétants, en particulier pour le pouvoir. En effet, le pacte politique qu’entretient Macron avec les bourgeoisies de gauche et de droite qui sont le cœur de son électorat est d’abord basé sur sa capacité à leur garantir l’ordre, son autre obligation étant de les garder de toute mainmise d’un pouvoir populaire, car l’appétence pour l’ordre et la méfiance instinctive pour tout ce qui vient du peuple sont, pourrait-on dire, les deux mamelles de la bourgeoisie. 

SUR LE MÊME SUJET Communautarisme, insécurité : Bernard Cazeneuve s’inquiète pour la France

Pour Macron, le changement de perception concernant sa politique sécuritaire est donc très grave, parce qu’elle mine l’un des aspects essentiels de son image, et met en cause sa future réélection. Il est donc fondamental qu’il réagisse. Cependant, nous l’avons vu, pour des raisons tenant à la construction politique du régime français d’aujourd’hui, dont il est l’héritier, il ne pourra rien faire d’autre que des effets de manche. Nous en avons déjà la certitude : que veut dire, par exemple, un projet de loi prétendument contre le séparatisme qui permettrait de ne plus subventionner les associations qui ne signeraient pas la future « charte de la laïcité », mais qui les laisserait en vie, alors que celles-ci devraient être automatiquement fermées ? Nous savons déjà que cette loi sera cosmétique, comme toutes les phrases qui seront prononcées par le pouvoir, et les islamistes, la pègre, les petites frappes et les « indigénistes » ne s’y tromperont pas, qui savent bien qu’ils tiennent le pouvoir en otage, et qui augmenteront encore leur morgue et leur emprise. 

Le problème du « en même temps », c’est que lorsque le temps est au beau fixe, il permet, pour peu que l’on soit charmeur et manipulateur, de ramasser les soutiens des naïfs de tous bords. Quand le temps se gâte, au contraire, souvent les yeux s’ouvrent, et ce sont alors les déconvenues qui viennent de partout. Aujourd’hui, les principaux électeurs de Macron lui demandent instamment de l’ordre. Le problème, c’est qu’en même temps, le pompier pyromane qu’il est se trouve rattrapé par son feu, et qu’il a vendu sa lance à incendie pour acheter le soutien d’autres pyromanes. Et ça n’est pas prêt de s’arrêter, parce qu’il a besoin d’eux tout autant. Tout ça sent drôlement le roussi…

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