MEMORABILIA

«La liberté contre les barbares»

L’éditorial du Figaro par Vincent Trémolet de Villers. 16 octobre 2020.

Il est mort, décapité, en pleine rue, en pleine journée, en France. Professeur d’histoire, il rejoint le mémorial des victimes de l’islamisme conquérant aux côtés des soldats de Montauban, des enfants de l’école Otzar Hatorah, des journalistes et des dessinateurs de Charlie, de la policière de Montrouge, des Français juifs de l’Hyper Casher, des promeneurs niçois du 14-Juillet, du père Hamel, des massacrés du Bataclan et des terrasses des cafés, des jeunes filles de la gare Saint-Charles, du colonel Beltrame, des policiers de la Préfecture de police et de toutes ces victimes qui, de Saint-Quentin-Fallavier au Champs-Élysées, de Villejuif à Romans-sur-Isère sont morts sous les balles, les couteaux des djihadistes.

Si ce n’est pas une guerre sur notre territoire, un «choc de civilisation à l’intérieur même de la communauté nationale» (Alain Finkielkraut) qu’est-ce donc? La terreur frappe les institutions, les symboles, les gens ordinaires. Les frères Kouachi ont fait des émules dans les rues de nos banlieues. L’école, dont ils ont bénéficié, n’est pas épargnée. Après le soldat, le juif, le dessinateur, le journaliste, le flic, le prêtre, le prof est sous l’œil des barbares. L’objectif est limpide? Installer par le meurtre l’impossibilité d’une critique de l’islam. Celui qui caricature le prophète le fait au risque de sa vie. «Ils essaient d’imposer leur idéologie par la terreur», explique Zineb El Rhazoui, ancienne journaliste à Charlie Hebdo, elle-même menacée de mort. Elle n’est pas la seule à lancer l’alerte.

Comme tant d’autres, elle reçoit pour seule réponse les discours doucereux qui lui reprochent de fracturer le pays, d’empêcher le vivre-ensemble. Prendre au sérieux les menaces, c’était, à entendre ces beaux esprits, leur donner corps. L’urgence était autre: traquer «les discours de haine», venus des profondeurs d’une France toujours coupable. Pauvres censeurs qui devraient rougir de honte!

Hier notre pays a été frappé en plein cœur. Un professeur est mort d’avoir enseigné la liberté.

Quand allons-nous, enfin, nous réveiller?

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