MEMORABILIA

Général, nous ne pouvons pas nous réconcilier avec nos envahisseurs

Publié le 18 octobre 2020 – par Georges Clément

Riposte Laïque.

Paris le 15 octobre 2020

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Lettre ouverte au général Pierre de Villiers

Mon Général,

Votre entretien, accordé au Figaro, tel qu’il a été rapporté, à l’occasion de la sortie de votre livre  L’équilibre est un courage, réparer la France, nous oblige à répondre sur quelques points essentiels.

D’abord votre titre : « L’équilibre est un courage, réparer la France » me surprend.

L’équilibre est le contraire du mouvement. Le mouvement ne peut provenir que d’une perte d’équilibre, et en politique il est le refus du centre. Le centre ou « équilibre » existe en physique, il s’appelle « l’entropie ». C’est la nature même du cristal : tout est accompli, il ne vibre plus. En fait c’est l’état de « statue de sel » qui frappe ceux qui se retournent sur Sodome et Gomorrhe. Mais la politique étant le fait de la cité, et celle-ci étant humaine, elle n’est que perte d’équilibre. L’art de la politique est donc le maintien de l’équilibre dans la perte de celui-ci. Alors, être en équilibre est un miracle qui ne dure guère, et une nation que l’on condamne à l’immobilité est déjà un corps mort. Si j’osais, je vous crierais : « De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! »

Par contre, la deuxième proposition contenue dans ce titre m’interpelle davantage : « Réparer la France ».

Y a-t-il encore une France ? Et à l’heure actuelle une seule France ? La France a un rapport avec les Francs qui n’ont eu de cesse que de la construire, pour maintenir un ordre romain (Childéric et Clovis portèrent les insignes de proconsul des Gaules), et dont l’un de leurs plus grands faits d’armes fut d’arrêter à Poitiers et à Autun la course folle de l’islam berbère.

La France était un jardin et une « furia ». Je vois encore le jardin, mais la « furia » ne me paraît pas se trouver dans votre « équilibre ». Je crains qu’il ne vous faille réinventer une notion qui mériterait de s’appeler France à nouveau. Là encore souvenez-vous des mots de Napoléon qui ne put la sauver du désastre révolutionnaire qu’en la couvrant de gloire, ou est la gloire dans cet « équilibre » ?

Mais donc, si la France est à redécouvrir, c’est qu’elle n’existe plus, et comment « réparer » quelque chose qui n’existe plus ? Je crois vraiment qu’il faut la ressusciter en annulant la logorrhée juridique et constitutionnelle des 50 dernières années et reconstituer, avec un peuple français résiduel, une volonté de surgir à nouveau dans l’histoire qui s’appellera « la France ».

Par contre, la phrase mise en exergue pour résumer votre entretien : « La fierté française sera le moteur de la réconciliation » m’apparaît absconse.

À quand remonte la dernière manifestation d’une « fierté » française ? Au 13 mai 1958 sur les Champs Élysées et au forum d’Alger, à la nuit tombée, quand des dizaines de milliers de patriotes s’y assemblèrent après « la divine surprise » du GG ? Au rassemblement tout aussi prodigieux de spontanéité qui suivit l’annonce de la chute du camp retranché de Dien-Bien-Phu en mai 1954 ? Ou bien – mais ce fut bien plus « politicien » – au 30 mai 1968 quand un peuple de droite et gaulliste descendit les Champs Élysées, offusqué par la « chienlit » des « insurgés » de la Sorbonne ?

Avouez qu’il y a de cela plus de 50 ans, et que depuis le grand silence des cœurs laisse penser que celui de la France ne bat plus.

Alors, faut-il attendre une fierté quelconque qui soit française de nos jours ? Quand le peuple est violé, assassiné, humilié et opprimé tous les jours et qu’on l’oblige à taire sa colère qui fut toujours le vrai moteur de sa sauvegarde, cela se peut-il ? Rappelez-vous le dicton de mai 58 à l’endroit de Massu : « il sera le torrent et la digue ». Mais à quoi sert une digue sans torrent ?

Mais allons plus loin, si une « fierté » existait toujours, de quelle « réconciliation » serait-elle le moteur ? Car enfin, pour se réconcilier avec quelqu’un, il faut avoir été son ami auparavant, puis s’être affrontés, et donc de chercher les conditions de la concorde.

Avec qui nous faudra-t-il donc nous « réconcilier » ?

Avec des envahisseurs venus des quatre points cardinaux et dont l’afflux et la sauvagerie ravagent le territoire des anciennes Gaules ? Et cela ne vous fait-il pas penser à ces vers que Corneille mis dans la bouche de Camille, la sœur du jeune Horace : « Que cent peuples unis des bouts de l’univers, passent pour la détruire (Rome) et les monts et les mers ! » Ne sont-ce pas ce genre d’imprécations qui sont proférées de nos jours par des Français indignes qui mènent la France au suicide ? Il s’agissait de Rome, il s’agit aujourd’hui de la France et de l’Europe, et de la civilisation occidentale ? Et vous croyez que la partie encore vivante du peuple français veut se réconcilier avec ceux qui veulent sa mort et ceux qui la lui apportent ?

Cette « réconciliation » ressemble aussi au nom d’un mouvement fondé par un certain Soral :  « Égalité et Réconciliation ». Voulez-vous en être ?

Et bien, mon Général, il vous faut choisir : la romanité à restaurer, et la France à retrouver, ou la « réconciliation » avec ses ennemis.

Quant à moi, et beaucoup de mes amis, sans attendre d’homme providentiel, nous avons besoin d’un chef qui incarnera la reconquête et la résurrection nationale ;

Mais sachez-le bien : un peuple ne meurt jamais et nous durerons jusqu’à la renaissance.

Georges Clément
Comité de Lépante

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