MEMORABILIA

[Del Valle] Décapitation de Samuel Paty : la stratégie de l’intimidation ou le « prosélytisme de coercition »

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Par  AuteurAlexandre del Valle / Mardi 20 octobre 2020 VALEURS ACTUELLESGerbes de fleurs en hommage à Samuel Paty, l’enseignant décapité vendredi par un islamiste. Photo © ISA HARSIN/SIPA

Pour Alexandre del Valle, le meurtre de Samuel Paty démontre une fois de plus que les islamistes « coupeurs de langues », qui intimident moralement en diabolisant les « islamophobes », sont les complices des « coupeurs de têtes », qui intimident quant à eux par l’acte jihadiste et l’effet de sidération qui s’en suit.

Sur son compte Twitter (@Tchetchene_270), le terroriste a revendiqué, au nom du groupe Al-Ansar et d’“Allah le Miséricordieux”, l’assassinat de Samuel Paty dont la tête coupée apparait en illustration. Paty y est accusé d’avoir « osé rabaisser Muhammad ». Et à Emmanuel Macron, « le dirigeant des infidèles », le jihadiste avertit : « J’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Muhammad. Calme ses semblables avant qu’on ne vous inflige un dur châtiment. » Son acte est peut-être celui d’un jeune “ignorant”, mais le modus operandi adopté a été pensé par les cerveaux islamo-jihadistes qui savent si bien que la peur contagieuse finit par soumettre. Or leur conception de l’islam est justement non pas l’adhésion des cœurs mais la soumission des personnes, conformément à ce que j’appelle le “prosélytisme de coercition”. D’évidence, les professeurs vont désormais réfléchir à deux fois avant d’exhiber des photos “blasphématrices” dans des classes, où les élèves musulmans “choqués” risquent de de balancer les noms et adresses des enseignants aux parents fanatisés par les “coupeurs de langues”, ces lobbies anti-islamophobes dont l’action paranoïsante prépare l’acte “punitif” des “coupeurs de têtes”.

Ne nous faisons pas d’illusions, ceci n’est ni la dernière attaque de “mécréants” égorgés par des jihadistes voulant punir les “blasphémateurs”. Ni la première : on se souvient de l’assassinat de Théo Van Gogh (2 novembre 2004) par le Marocain Mohamed Bouyeri, naturalisé néerlandais malgré son islamisme avéré. Il tira en pleine rue huit balles sur le petit-fils du célèbre peintre, accusé de “blasphème” et “d’islamophobie”, avant de l’égorger au sol et de le « finir » avec deux coups de couteaux dans la poitrine, l’un plantant un message de menace de mort adressé à Ayaan Hirshi Ali, une députée musulmane athée d’origine somalienne proche de van Gogh accusée d’être “apostate” et « d’insulter le Prophète ». Elle a fui depuis aux Etats-Unis, faute de se sentir en sécurité en Hollande. La “punition du blasphème” fut aussi invoquée par les associations islamiques indo-pakistanaises qui soutinrent (impunément) dans les années 1990 la fatwa de mort contre “l’apostat” Salman Rushdie, accusé d’avoir « souillé l’islam et le prophète »avec son livre Les Versets sataniques. Un an plus tard, les caricatures de douze dessinateurs parues dans le journal danois Jyllands Posten ont valu à ses journalistes et dessinateurs des menaces de mort qui leur ont pourri la vie jusqu’à aujourd’hui. Et c’est pour avoir reproduit ces caricatures danoises que Charlie Hebdo a été menacé depuis des années et que ses journalistes/caricaturistes ont été massacrés par les frères Kouachi en 2015.

Le profil d’Abdullakh Anzorov rappelle celui du Pakistanais de 25 ans qui a attaqué deux personnes au hachoir en septembre dernier devant les anciens locaux de Charlie Hebdo pour « venger le prophète » après la republication des caricatures de 2006. Ceci en plein procès des complices de l’attentat de janvier 2015. A chaque fois, le message est “convainquant”. Et la stratégie, certes barbare et souvent mise en oeuvre par des marginaux, n’a pas été conçue par des fous, mais par des idéologues qui savent que la violence est un accélérateur de l’Histoire ; que la peur médiatisée peut faire se soumettre des masses entières, en quelques sorte sidérées ; et surtout que le meurtre des blasphémateurs, des athées, des apostats, des homosexuels, des prosélytes chrétiens, des juifs, des Païens puis le jihad pour l’extension de l’islam, sont prévus noir sur blanc dans la charià, la loi islamique, le Fiqh, le droit musulman, textes juridiques issus du Coran et des hadiths de la Sunna (traditions du prophète ayant valeur jurisprudentielle), que l’on enseigne tels quels dans la plupart des mosquées de France et d’Occident presque sans exceptions.

La stratégie de « paranoïsation » : »coupeurs de langues » et « coupeurs de têtes »

D’évidence, le cours de Samuel Paty serait passé comme une lettre à la poste si un islamiste haineux, Brahim Chnina, père d’une élève du lycée, Zaina (et dont la demi-sœur a rejoint l’État islamique en Syrie en 2014), puis son fanatiseur, Abdelhakim Sefrioui, un membre du Conseil des Imams de France inscrit aux fichiers des personnes radicalisées (FSPRT), n’avaient pas mis de l’huile sur le feu en diffusant deux documents vidéo, le 7 octobre, sur les réseaux sociaux destinés à intimider et diaboliser le professeur. Séfrioui, qui a filmé les complaintes des Chnina, le qualifie de « voyou », et l’accuse d’avoir expulsé et stigmatisé des élèves musulmans puis montré une photo « pédo-pornographique » du prophète Mahomet aux élèves « choqués ». Brahim et Séfrioui ont littéralement harcelé le prof et le collège, y faisant le siège, exigeant de faire licencier le Samuel Paty, et même à « faire un exemple pour qu’aucun enseignant n’ose plus montrer une caricature de Mahomet ». Dans une vidéo filmée par Séfrioui, Zaina se dit choquée que le prof ait « défilé pour Charlie en janvier 2015 » puis ment sciemment en déclarant : « Je n’ai pas voulu sortir de classe (…), on a tous été choqués, même ceux qui n’étaient pas musulmans » alors qu’elle n’était même pas présente au cours. « Si jamais on accepte ça, demain on arrivera peut-être à ce qui s’est passé à Srebrenica, ce qui s’est passé en Yougoslavie », commente Séfrioui. Une allusion au génocide des Bosniaques d’ex-Yougoslavie qui vise carrément à faire rentrer dans la tête des musulmans de France qu’ils vivraient sous l’épée de Damoclès d’un massacre collectif ourdi par un pays fondamentalement « islamophobe »… En lançant ces appels accompagnés de la mention: « Vous avez l’adresse et le nom du professeur pour dire stop », les deux hommes ont signé l’arrêt de mort de l’enseignant. Cette campagne victimaire délirante a vite été relayée par les fondamentalistes de la mosquée de Pantin, qui a diffusé sans recul la vidéo menaçante qui appelait à dire « Stop à ce voyou » et qui a suscité maints appels au meurtres des internautes envers Paty. En termes d’intimidation des milieux scolaires, Séfrioui n’en est pas non plus à son premier coup. Le 15 mars 2011, selon Le Point, il s’était en effet rendu devant le lycée Auguste-Blanqui de Saint-Ouen, comme accompagnateur de la mère d’une jeune fille rappelée à l’ordre car elle portait en classe l’abaya (robe sombre couvrant tout le corps). Des banderoles avaient été installées devant le lycée avec ce slogan : « Islamophobes, on est là. » L’établissement avait alors renoncé à interdire l’abaya. L’intimidation paie presque toujours, et Séfrioui est un pro en la matière.

De vrais fanatiques qui ont pignon sur rue et sur mosquées…

Antisémite, notoire, admirateur et soutien de Dieudonné, Séfrioui est un militant des Frères-musulmans « branche dure » de longue date. Il a notamment fondé, en 2004, le collectif pro-palestinien Cheikh Yassine, du nom du fondateur du mouvement terroriste palestinien Hamas, issu des Frères-musulmans. Il est à l’origine de la fatwa qui a donné un fondement théologique à la décapitation, car le fait de qualifier quelqu’un de « blasphémateur » suffit à le condamner à mort d’après la charià et dans plusieurs pays islamiques (Iran, Arabie saoudite, Pakistan, Afghanistan, Soudan, Mauritanie). Les autres pays musulmans prévoient quant à eux des peines d’emprisonnement très lourdes. Aucune mosquée sunnite au monde n’a d’ailleurs jamais accepté de dépénaliser l’apostasie, le blasphème et le prosélytisme non-musulman. Répertorié depuis 15 ans par les services de renseignement comme islamiste-radical, Séfrioui a soutenu le groupe salafo-terroriste français Forsane Aliza, dissous en 2011, qui a envoyé nombre de jeunes en Syrie. Pendant des années, son collectif frériste a harcelé et menacé l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, et l’ex-Recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, jugés « musulmans trop républicains ». En 2010, Séfrioui fut arrêté devant la mosquée de Drancy alors que les autorités avaient interdit un énième rassemblement, craignant des « troubles à l’ordre public ».

L’imam Chalghoumi, qui nous a souvent confié ses inquiétudes face au permanent harcèlement psychologique et physique, vit depuis 24h/24 sous protection policière suite aux menaces continuelles. Il a raconté à Marianne qu’un jour, « deux personnes du collectif Cheikh Yassine sont venues chez lui pour l’agresser » en raison de ses liens avec « les juifs » et « Israël » et de ses propos sur le voile. Il affirme qu’Abdelhakim Séfrioui « nous a fait subir des menaces et des agressions devant la mosquée de Drancy en 2010 -2011. C’est un prêcheur de haine et de radicalisme qui n’hésite pas à manipuler les jeunes musulmans dans les banlieues pour semer la haine et la division dans notre société ». Composé d’une trentaine de « Frères » de la région parisienne, son Collectif anime le site de l’association cultuelle Ansar-al Haqq, une plateforme qui a carrément œuvré, comme Forsane Aliza, au recrutement pour le jihad en Syrie et ailleurs. Abdelhakim Séfrioui a participé, à Paris, à maints rassemblements pro-Gaza, scandant des slogans à la gloire du Hamas et du jihad islamique, deux mouvements terroristes palestiniens co-financés par le Qatar et l’Iran. Dans une vidéo de 2010, on entend Séfrioui désigner Gaza comme du « plus grand camp de concentration que l’humanité ait connu ». Toujours est-il que Séfrioui est toujours membre du conseil des imams de France, groupuscule radical fondé en 1992 qui le désavoue hypocritement maintenant mais dont il a été trésorier. Son secrétaire général actuel, Dhaou Meskine, estime que « Séfrioui n’a pas le droit de parler en notre nom » et explique à propos de la vidéo de lynchage : « C’est une initiative personnelle, qui n’engage en rien le conseil des imams de France. Il n’a pas le droit de se prononcer sans m’avertir. » Séfrioui est tout de même toujours membre du conseil d’administration de l’association. Preuve des liens entre la mosquée de Pantin et ce Conseil des Imams de France : les prêches de Dhaou Meskine sont toujours dispensés à la mosquée de Pantin, la communication de la mosquée étant gérée par l’UAM93. En 2014, le ministère de l’Intérieur a logiquement envisagé la dissolution du Collectif, pour antisémitisme, en vain. Déjà, en 2010, le préfet de Seine-Saint-Denis de l’époque et le patron des renseignements généraux avaient tenté de lancer, sans succès, une procédure de déchéance de nationalité de l’intéressé (né Marocain). Séfrioui a donc pu sévir tranquillement depuis 15 ans. Cet ennemi de la France a même enseigné au sein de l’Education nationale. Séfrioui fait aussi partie d’un réseau islamiste radical dont est membre Youssef Abou Anas, l’ancien responsable de la mosquée d’Ecquevilly, fermée par le ministère de l’intérieur en 2016 pour radicalisme. Pour l’imam de la mosquée de Drancy, sa responsabilité d’Abdelhakim Séfrioui dans l’assassinat de Samuel Paty ne fait pas de doutes.

La campagne de lynchage relayée par la mosquée de Pantin et Mohamed Henniche

Figure de l’islam ultra-conservateur de la région parisienne, mais courtisé par les politiques et les réseaux associatifs musulmans, Mohamed Henniche, « secrétaire général » de l’Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM93), qui pilote le projet de la future mosquée de Pantin, a cautionné la campagne de lynchage contre Paty en diffusant sur le site de son association les clips anti-Paty du tandem infernal Mchina-Séfrioui. Henniche ne pouvant pas pu nier qu’il connaît bien Abdelhakim Séfrioui, assure avoir « rompu avec lui », en 2012, et a fait supprimer du site la vidéo juste après le drame. La mosquée a publié ensuite un communiqué condamnant l’attentat, Mohamed Henniche « regrettant » tout à coup d’avoir diffusé la vidéo. L’affaire est embarrassante pour le projet de future grande mosquée de Pantin qu’il porte avec l’UAM93 et l’aide d’élus locaux. Sa construction, déjà retardée à cause de la pandémie de Covid-19, aurait dû démarrer cet été, et l’affaire de la décapitation a été l’occasion de rappeler des faits gênants: ses locaux sont infiltrés par des salafistes depuis 2016; Ibrahim Abou Talha, un imam ultra-radical malien formé au centre salafiste de Dammaj (Yémen, où est passé notamment l’un des frères Kouachi), y officie. Dans son fil Twitter, Henniche a défendu Driss Yemmou, alias driss Sihamedi, chef de Baraka City (ONG islamiste perquisitionnée cette semaine), interpellé et placé en garde à vue ce mercredi 14 octobre dans le cadre d’une enquête pour cyberharcèlement. Sihamedi est par ailleurs suspecté d’avoir financé le jihad syrien (fréquents allers-retours de ses membres vers la Syrie constatés) et d’autres groupes terroristes sunnites. BarakaCity organise d’ailleurs des campagnes de dons (millions d’euros) pour financer des projets « humanitaires internationaux » douteux. En janvier 2016, Idriss Sihamedi expliquait par ailleurs, sur Canal +, qu’en tant que « musulman normal », il assumait de « ne pas serrer la main aux femmes, comme certains rabbins ». Tous ces faits ont entraîné sa fermeture sur décision de Gérard Darmarin.

Revenons à l’UAM93 de M. Henniche et à laquelle adhère la mosquée de Pantin. Dans son enquête très documentée sur Les Mosquées Radicales (DMM,2016), Joachim Véliocas, chercheur au Centre d’Etudes sur le Moyen-Orient (CEMO), basé à Paris, fondé et co-dirigé par l’intellectuel Ahmed Youssef et le député égyptien et essayiste Abdelrahim Ali, spécialiste des Frères musulmans, a exposé en détail les prises de positions ultra-radicales de la fédération UAM93, qui regroupe 30 mosquées de Seine-Saint-Denis, dont Pantin, et qui, sur son site Internet officiel, défend le port du niqab et élève la charià au-dessus des lois de la République, le tout avec une tonalité très agressive. Dans une Lettre ouverte aux pseudos musulmans qui renforcent les non musulmans, un de ses activistes, Daniel Youssouf Leclerc, écrit que si une loi est votée pour interdire la burqa, elle est « illégitime car contraire à la Charià » (Loi de Dieu). Converti de longue date (1984), Leclerc a commencé au sein du mouvement intégriste indo-pakistanais Tabligh puis est devenu membre permanent de la Ligue islamique mondiale (LIM), qui promeut le salafisme saoudien officiel. Interrogé en 1992 par Jean-Paul Mari, un journaliste du Nouvel Observateur, Leclerc, alors président de la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF, intégrée au CFCM), déclarait que « si demain on avait une majorité dans ce pays, pourquoi est-ce qu’on imposerait pas la charia progressivement ? Ca vous dérange? Tant pis ! ». A l’été 2012, l’UAM93 dénonçait la loi interdisant le voile intégral. Dans un autre article du 12 août 2013, il caricaturait la police républicaine et incitait les musulmans à ne pas se plier à la loi d’interdiction de la burqa. Dans un article-provocation publié sur le site de l’UAM93, intitulé : Le jihâd du niqab(!), il déclarait que « le port du niqab en France est l’objet d’une guerre sans merci entre les forces républicaines et celles des musulmans ». Sans grande surprise, Henniche n’a jamais subi d’interdiction, n’a jamais été inquiété et a même reçu les politiques de tous bords, y compris Valérie Pécresse (mars 2016). Il a pignon sur rue comme tant d’autres imams et leaders communautaires musulmans de France et d’Occident qui poursuivent un projet de conquête et d’infiltration qui a été pensé par les Frères musulmans. Certes, depuis lundi, la mosquée de Pantin a été fermée, Henniche est indirectement pointé du doigt, et Abdelhakim Séfrioui a été placé en garde après l’assassinat de Samuel Paty. Mais la justice administrative risque très probablement de faire réouvrir la mosquée de Pantin. L’UAM93 est loin d’être dissoute. Et des centaines, voire des milliers de mosquées radicales, analysées dans le livre éponyme de Joachim Véliocas, précité, continuent de dispenser une vision totalitaire ou au minimum ultra-conservatrice de l’islam et de la charià, dont la pénalisation du blasphème omniprésente dans les manuels enseignés (cf ouvrage de Véliocas Les mosquées radicales, précité). Le problème de fond est donc encore loin d’être réglé. Le ministre de l’Intérieur Gérard Darmarin le sait pertinemment.

Le jihadisme ne peut être combattu sans réformer la charià

Le problème révélé par les attentats contre Charlie Hebdo, les menaces de mort à l’encontre de Mila, ou l’assassinat de Samuel Paty, est en fait bien plus profond. Il n’est pas seulement idéologico-fondamentaliste, mais civilisationnel, et il inflige un démenti implacable aux « diversitaires » qui estiment que toutes les cultures se vaudraient et pourraient naturellement cohabiter. Comment en effet s’étonner que de nombreux « jeunes » musulmans issus de l’immigration estiment que Charlie Hebdo, Mila ou le professeur Samuel Paty « l’ont cherché » et méritent même la mort, puisque cela est officiellement enseigné dans leurs pays d’origine, accepté par leurs parents, puis inculqué dans les mosquées et centres islamiques de France, où les dispositions de la charià prévoyant la peine de mort pour les blasphémateurs et les apostats n’ont JAMAIS été remises en cause ? Comment être surpris que des « jeunes » finissent par passer à l’acte « punitif » jihadiste si la plus puissante et influente organisation islamiste mondiale et française, les Frères-musulmans (représentés en France par « Musulmans de France », ex-UOIF), a comme référence théologique suprême Youssef Al Qardaoui, jusqu’à peu prédicateur-vedette d’Al-Jazeera, qui écrit dans son ouvrage Le Licite et l’Illicite en Islam, que tout « bon musulman » peut tuer trois catégories de pécheurs impardonnables: les blasphémateurs, les adultères et les Apostats ? Dans d’autres fatwas faciles à retrouver sur le Net, Qardaoui ajoute les juifs, les homosexuels et les nationalistes arabes laïques anti-Frères musulmans…

https://www.alexandredelvalle.com/single-post/décapitation-de-samuel-paty-la-stratégie-de-l-intimidation-ou-le-prosélytisme-de-coercition

Au-delà même des Frères musulmans et des Salafistes, comment donc s’étonner que des jeunes résislamisés se sentent théologiquement autorisés à tuer les « blasphémateurs » quand on sait qu’un représentant « modéré » de l’islam de France parmi tant d’autres, en l’occurrence le délégué du très officiel Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), Abdallah Zekri, a pu déclarer (Sud Radio), que l’adolescente lesbienne-athée Mila, menacée pour ses propos « islamophobes », « elle l’a cherché, elle assume (…), Qui sème le vent récolte la tempête » Si Zekri lui-même, représentant de l’islam traditionnel algérien de la mosquée de Paris — l’un des pôles les plus modérés de l’islam de France — a pu dire cela, on imagine ce que des gens moins instruits, plus influençables par la lecture littérale de la charià ou la propagande jihadiste peuvent penser et faire… De ce point de vue, le CCIF, en stigmatisant en permanence, en harcelant les blasphémateurs, en appelant aux lynchages des islamophobes, met de l’huile sur le feu et légitime la pensée totalitaire de la charià qui punit de mort ceux qui osent critiquer ou se moquer de l’islam. Les « coupeurs de Langues » de l’UAM93, des Frères musulmans, du Conseil des Imams de France de Séfrioui ou du CCIF et tous ceux qui voudraient « criminaliser » le blasphème, comme le réclame l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) auprès de l’ONU depuis des décennies, donnent en fait du grain à moudre à la vision totalitaire, suprémaciste et conquérante des jihadistes d’Al-Qaïda ou de DAECH, dont les revues, Dabiq et Dar al-islam, appellent à tuer les « enseignants mécréants » de la « France laïque maudite ». En fait de compte, le terroriste tchétchène n’a fait que réagir aux campagnes anti-blasphèmes des lobbies islamistes fréro-salafistes, premiers responsables.

En guise de conclusion…

Sans surprise, le médiatique imam de Bordeaux, Tareq Oubrou, roi du double discours, faux modéré mais vrai ex-partisan du Califat formé par les Frères musulmans, au lieu de déplorer le martyr de la République et ensuite se taire, a ajouté ce terrifiant mais, déclarant juste après la décapitation qu’un « amalgame risque d’être encore fait entre musulmans et terroristes »; jurant que le meurtre de Samuel Paty n’a « rien à voir avec l’islam » et déplorant que l »on ne peut pas s’empêcher de lier l’islamisme à l’Islam, le terrorisme à l’islamisme ». Ces associations inconscientes et malheureusement ce type de crime renforce les préjugés ». Formidable illustration de la théorie que j’ai développée dans La stratégie de l’intimidation » et « Le Projet » (2020) : à chaque attentat, au lieu de dénoncer la violence contenue dans la Charià, les « coupeurs de langues » dénoncent « l’islamophobie » et exigent de faire taire ceux qui interpellent la loi islamique, JAMAIS remise en cause par les instances de l’islam officiel sunnite.

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