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Heurts entre islamistes et forces de l’ordre près de la résidence de l’ambassadrice de France à Beyrouth

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« Nous voulons un État islamique. Nous l’aurons bientôt si Dieu le veut », crie un manifestant près de la Résidence des Pins.

L’ORIENT – LE JOUR le 30 octobre 2020

Heurts entre islamistes et forces de l'ordre près de la résidence de l'ambassadrice de France à Beyrouth

Des manifestants islamistes lors d’un rassemblement à Beyrouth, le 30 octobre 2020. Photo AFP / ANWAR AMRO

Des heurts ont opposé vendredi en début d’après-midi des centaines de manifestants islamistes aux forces de l’ordre lors d’un rassemblement à Beyrouth près de la résidence de l’ambassadrice de France au Liban, en signe de protestation contre les caricatures du Prophète publiées par Charlie Hebdo et défendues par le président français Emmanuel Macron.

Vers 13h, des centaines d’hommes munis de drapeaux islamiques noirs et blancs se sont rassemblés au niveau de la mosquée Abdel Nasser, dans le quartier de Corniche Mazraa, situé à un petit kilomètre de la Résidence des Pins, résidence officielle de l’ambassadrice Anne Grillo. 

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Les premiers convois, organisés la plupart à l’appel du parti pan-islamiste Hezb al-Tahrir, s’étaient élancés en matinée de Tripoli, au Liban-nord, de la Békaa, selon notre correspondante Sarah Abdallah, ainsi que de Saïda au Liban-sud. Dans cette ville à majorité sunnite, les prêches des imams de différentes mosquées ont généralement gravité aujourd’hui autour de la question des « insultes » faites au Prophète, selon notre correspondant Mountasser Abdallah. Les imams ont dans le même temps condamné l’attentat de Nice, affirmant qu’il ne reflète pas les valeurs de l’islam.

Jeudi, Nice a été endeuillée par l’assassinat de trois personnes dans une église au coeurde la ville, quatre ans après l’attentat islamiste du 14 juillet 2016 qui avait fait 86 morts dans cette même ville.

« Nous voulons un Etat islamique »

« Nous sommes en colère contre Macron, car il a laissé un magazine médiocre insulter le Prophète », s’emportait un manifestant à Beyrouth, bandeau islamiste sur le front, dans des déclarations faites à notre journaliste sur place Zeina Antonios. « Nous voulons un État islamique. Nous l’aurons bientôt si Dieu le veut », criait un autre manifestant en colère contre notre journaliste à qui il a reproché de travailler au sein d’un journal francophone.

Un autre manifestant portait une pancarte arborant un dessin du président Emmanuel Macron en forme de serpent avec l’inscription « La France est en crise à cause de Macron (…) l’islam nous est cher », en arabe et en français, rapporte l’AFP.

Photo AFP / ANWAR AMRO

Si les rassemblements ont débuté dans le calme, en présence de nombreux militaires et policiers qui avaient déployé des fils barbelés et des blocs en bétons, la situation s’est vite tendue. Alors que les organisateurs appelaient les partisans à quitter les lieux, un groupe de manifestants a tenté d’enlever les barbelés afin de se rapprocher de la Résidence des Pins. Ils ont également lancé des projectiles, notamment des pierres, contre les brigades anti-émeutes. Celles-ci ont répondu par des tirs de gaz lacrymogènes, éloignant les protestataires ver les quartiers de Barbir et de Corniche Mazraa. Vers 14h20, les policiers ont chargé les manifestants, procédant à plusieurs arrestations, selon les médias locaux.

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Le 16 octobre, un enseignant français, Samuel Paty, avait été décapité par un islamiste russe tchétchène radicalisé, pour avoir montré en classe des caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo. Après cet attentat terroriste, le président Macron a promis au nom de la liberté d’expression que la France ne renoncerait pas aux caricatures. Ses propos ont entraîné de vives tensions dans plusieurs pays musulmans, allant des manifestations jusqu’au boycott de produits français. Jeudi avait lieu l’attaque de Nice, une agression qualifiée d’acte terroriste dont l’auteur a été interpellé.

Au Liban, de nombreux responsables politiques et religieux ont dénoncé les caricatures du Prophète, tout en condamnant l’attaque terroriste de Nice.

La semaine dernière, un appel similaire à manifester devant la mission diplomatique française, située à la rue de Damas, à quelques milliers de mètres de la Résidence des Pins, ne s’était finalement pas concrétisé sur le terrain.

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