MEMORABILIA

Les réseaux sociaux sous influence islamiste…

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Par  Amaury BuccoPublié le 01/11/2020 VALEURS ACTUELLES.

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Sur Facebook, Instagram et Twitter, où ils agissent en meute, des dizaines de milliers d’internautes défendent une vision sectaire et décomplexée de leur religion. Leur cible ? Les militants laïcs, voire, tout simplement, ceux qui osent critiquer l’islam.

Le responsable de l’assassinat de Samuel Paty c’est son assassin, et c’est ensuite l’idéologie islamiste. Mais cette idéologie islamiste, comment se propage-t-elle ? Sur les réseaux sociaux. Ainsi parlait Marlène Schiappa sur RTL, le mardi 20 octobre, quatre jours après la mort de l’enseignant Samuel Paty, avant de rencontrer, quelques heures plus tard, les dirigeants français des principaux réseaux sociaux dans la salle des fêtes du ministère de l’Intérieur, place Beauveau. La veille, c’est avec les équipes de la plate-forme Pharos, chargée de traiter les signalements de contenus haineux, illégaux ou appelant à la violence, que la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté s’était entre tenue. Objectif : « lutter contre le cyberislamisme » et contre la capacité de certains croyants à se « radicaliser seuls, chez eux, devant leur écran » avant de passer à l’action, comme dans le cas de la décapitation de cet enseignant, où les réseaux sociaux ont fait office de fil conducteur entre Samuel Paty et Abdoullah Anzorov, puis de lieu de revendication pour le terroriste, photo à l’appui.

Seul, Abdoullah Anzorov était pourtant loin de l’être. Outre les 80 messages en soutien direct à son crime identifiés sur les réseaux sociaux par la plate-forme Pharos, le terroriste tchétchène n’est que le dernier maillon d’une longue chaîne de relais aux vidéos du parent d’élève, qui comprend notamment la mosquée de Pantin, suivie par 101 000 abonnés sur Facebook, qui jusqu’ici n’avait fait l’objet d’aucun signalement particulier. Mais qui sont ces internautes, indirectement complices de l’idéologie islamiste ? Une frange de musulmans qui se contentent le plus souvent de relayer la parole de leaders d’opinion et d’activistes des milieux associatifs musulmans, qui savent habilement jouer sur la corde communautaire afin de faire avancer leurs revendications religieuses.

Ou détruire leurs adversaires politiques, comme ce fut le cas avec les militantes laïques Zineb El Rhazoui et Zohra Bitan, toutes deux ciblées par une campagne d’une rare violence sur Twitter, en septembre dernier. À la manœuvre, l’islamiste Idriss Sihamedi, fondateur de l’association Baraka City, entreprend dans une série de tweets de divulguer de nombreuses informations personnelles sur ces deux personnalités afin de décrédibiliser leur combat. Avec succès. Durant plusieurs jours d’affilée, des milliers d’internautes s’activent pour relayer ces informations sous les hashtags #BalanceZohra-Bitan et #Balance ZinebElRhazoui. Les insultes, accusations et invectives pleuvent, à tel point que les deux femmes sont contraintes de se retirer du réseau social et de porter plainte contre Idriss Sihamedi, qui fera l’objet d’une double garde à vue. Il est d’ailleurs convoqué au tribunal d’Évry le 4 décembre à la suite de la plainte de Zohra Bitan. Aucun risque en revanche pour les milliers de soutiens anonymes dont il a pu bénéficier pour donner à sa campagne de harcèlement une si grande ampleur numérique.

Il est difficile de dénombrer cette masse d’internautes français qui utilisent les réseaux sociaux pour entre autres défendre une vision sectaire de l’islam. L’affaire Mila, du nom de cette lycéenne de 16 ans menacée de mort pour avoir critiqué l’islam, donne néanmoins une certaine idée de l’imprégnation de cette idéologie chez les jeunes générations. En janvier dernier, elle avait eu le malheur de déclarer dans des termes crus sur son compte Instagram qu’elle détestait les religions et notamment l’islam. Résultat : 30 000 menaces d’une violence inouïe lui ont été adressées, à tel point que, dès le lendemain de la publication de la vidéo, elle a dû être déscolarisée. Selon les données récoltées par un groupe d’observateurs des réseaux sociaux, qui préfère rester anonyme, la vidéo de Mila a fait réagir 80 000 comptes Instagram dans les trois jours qui ont suivi le début de l’affaire. Du jamais-vu pour l’association e-Enfance, qui lutte avec le gouverne ment contre le harcèlement des mineurs en ligne. « Ce qui a été étonnant, c’est la volumétrie des réactions en un temps aussi court. Habituellement, ce type de harcèlement est circonscrit à une bande d’amis, à une école ou à une ville. » D’autant que la religion est loin d’être un sujet conflictuel au sein des jeunes générations, plus enclines à s’épancher sur leurs relations sentimentales. Alors, pourquoi tant de haine ?

Selon un sondage de l’Ifop publié dans les pages de Charlie Hebdo en septembre 2020 à l’occasion de l’ouverture du procès des attentats de janvier 2015, 74 % des musulmans de moins de 25 ans disent placer leurs convictions religieuses avant les valeurs de la République. C’est 34 points de plus que pour l’ensemble des musulmans, qui sont 40 % à partager ce point de vue. Or, les réseaux sociaux constituent le terrain de jeu par excellence des adolescents et jeunes adultes, qui s’y retrouvent et s’y mêlent chaque jour. « Les réseaux sociaux, explique Justine Atlan, directrice générale de l’association e-Enfance, brassent des internautes issus de tous les milieux sociaux, toutes les origines et toutes les religions, qui dans la vie réelle n’ont pas toujours l’occasion de se croiser. » En somme, les réseaux sociaux constitueraient une sorte d’avant-goût du fameux “ vivre-ensemble ” … et des violentes tensions identitaires qui en découlent inévitablement. Avec parfois des conséquences jusque dans la vraie vie, où ces mêmes internautes interagissent de façon beaucoup plus directe.

Huit mois après la publication de sa vidéo sur Instagram, Mila a ainsi été insultée, en plein séjour linguistique à Malte, par un Algérien résidant en France. « Au nom d’Allah », le jeune homme menace de la « violer dans une cave » et de l’étrangler s’il la recroise. Même type d’expérience pour le président de l’Amicale des jeunes du refuge, Mehdi Aifa, régulièrement traité de « colla beur »« harki »« Arabe de service » et menacé de mort sur les réseaux sociaux du fait de son statut d’apostat à l’islam et de son homosexualité. « Il m’est arrivé d’être insulté dans la rue et d’être désigné comme “ le pédé de Twitter ” », raconte-t-il à Valeurs actuelles. L’assassin de Samuel Paty, Abdoullah Anzorov, avait quant à lui fait l’objet de plusieurs signalements pour des tweets appelant à la haine… avant de passer aux actes, en décapitant un professeur au nom de la charia. Dans la vraie vie, cette fois-ci .

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