MEMORABILIA

Dissolution des Loups gris : “Un message très clair, officiel, sans ambiguïté envoyé à la Turquie”…

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Par  Marie de Greef-Madelin et Victor-Isaac Anne

Publié le 02/11/2020 VALEURS ACTUELLES.

Mercredi, en Conseil des ministres, le gouvernement prononcera la dissolution de cette organisation paramilitaire violente. Une décision courageuse qui expose néanmoins la France à un risque de représailles. 

Le grand public a découvert leur existence au cœur de l’été, après qu’un rassemblement arménien à Décines (Rhône) a été attaqué par des manifestants Turcs le 24 juillet. Les loups Gris, organisation paramilitaire néo-fasciste fondée à la fin des années 60 en Turquie, sévit en France depuis quelques mois. Échaudés par la réactivation du conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan soutenue par la Turquie dans la région du Haut-Karabagh, choyés par le pouvoir à Ankara, ses membres et affidés présents dans la diaspora mènent une offensive belliqueuse sur notre territoire. Défilés en forme d’expéditions punitives dans les villes à forte présence arménienne – à Décines et Vienne notamment – aux actes anti-kurdes, déclarations antisémites, révisionnistes et suprémacistes, leurs modes d’action sont fondés sur la terreur identitaire. 

Escalade de violences

Pas plus tard qu’hier, dimanche 1er novembre, des profanations portant la signature “Loups Gris’’ ont eu lieu au mémorial du génocide et au centre national de la mémoire arménienne de Décines. Un peu plus tôt dans la semaine, ces militants ultranationalistes avaient été impliqués dans des affrontements avec des manifestants arméniens sur l’autoroute A7, ainsi qu’une série de heurts avec les forces de l’ordre. 

Les Loups  Gris, ce n’est pas une simple association, mais un mouvement organisé, contrôlé par la Turquie

Après la première attaque du 24 juillet, menée à Décines par une escouade d’environ 100 individus  – certains armés de barres de fer et de couteaux – Jules Boyadjian, président du Comité de défense de la cause arménienne (CDCA), avait demandé à Beauvau la dissolution des Loups Gris en tant que “groupement de fait”. Il vient d’être entendu. Lundi 2 novembre, devant la Commission des lois de l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé la dissolution des Loups Gris. Pour le Général Jérôme Pellistrandi (2S), rédacteur en chef de la Revue Défense Nationale, cette décision qui prendra effet mercredi est un « acte courageux, car c’est un message très clair, officiel, sans ambiguïté envoyé à la Turquie »« Les Loups Gris, ce n’est pas une simple association, mais un mouvement organisé, contrôlé par la Turquie, avec une interaction avec les services secrets turcs et l’ambassade », décrypte le militaire. En réalité, c’est une association similaire à celle du Hezbollah ou à une milice comme il en existait en Allemagne dans les années 30, capable de se rassembler très vite sur un endroit donné.

Reste que cette décision entraîne pour la France des risques de représailles, qui vont des manipulations d’opinion jusqu’à de nouvelles agressions sur le territoire national. « On peut craindre un activisme accru comme on l’a vu à Lyon entre la communauté arménienne, pacifiste, et turque, très organisée et agressive », prévient le général. 

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