MEMORABILIA

[Del Valle] De la Syrie à la France en passant par Vienne et le Haut-Karabakh, comment Erdogan instrumentalise l’internationale djihadiste.

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/ Mardi 3 novembre 2020     VALEURS ACTUELLES

Le président turc Erdogan. Photo © Murat Kula / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

Quels rapports entre la campagne de boycott contre la France lancée par le président turc suite au soutien d’Emmanuel Macron à Charlie Hebdo, la décapitation de Samuel Paty, les attentats de Nice et Vienne, l’expansionnisme turc dans les îles grecques et à Chypre, les offensives militaires d’Ankara en Syrie/Irak (contre les Kurdes), en Libye, aux côtés du pouvoir frère-musulman de Tripoli, puis dans le Haut Karabakh face aux Arméniens ? Pour Alexandre Del Valle, le fil conducteur est le djihadisme, que la Turquie instrumentalise directement en Syrie, en Libye et dans le Karabakh, puis indirectement chez nous en fanatisant des musulmans contre les “islamophobes” occidentaux.

Il ne fait plus de doute que la vaste campagne mondiale de boycotts, de manifestations anti-françaises, de surenchères verbales, et même de menaces et appels aux meurtres envers la France a été déclenchée par la Turquie d’Erdogan. La question est de savoir dans quel but un membre de l’OTAN supposé « ami » de l’Occident (et toujours candidat à l’intégration dans l’Union européenne) ose ainsi attiser le feu du choc des civilisations entre l’islam et l’Occident, quitte à alimenter la stratégie « paranoïsante » des pires centrales jihadistes qui ne cessent de présenter l’Occident comme « ennemi des musulmans » pour justifier leurs attaques barbares. Cette question mérite d’autant plus d’être posée que les attentats survenus ces dernières semaines et heures en France et en Autriche ont été perpétrés certes sur incitation des deux grandes centrales jihadistes, Al Qaïda (appels à cibler les Français et les chrétiens diffusés par « l’agence » wikala thabat) et de Daesh (à laquelle serait affiliée le groupe terroriste de Vienne) mais à la suite d’une campagne d’appels à la haine envers la France et de fanatisation anti-occidentale lancée dans tout le monde musulman par la Turquie d’Erdogan. Ce dernier en veut à mort à la France et à l’Autriche, comme par hasard les deux seuls pays de l’Europe de l’Ouest qui ont pointé du doigt ces dernières années le danger des réseaux ultra-nationalistes (Loups Gris) et islamistes turcs (Milli Gorüs; confréries Suleymanci/Naqshband et mosquées de la DTIB) dans leurs pays respectifs. Le lien entre la stratégie néo-ottomane d’instrumentalisation des diasporas turco-islamiques d’Europe et le climat de paranoïsation de ces communauté qui déculpabilise les jihadistes est indéniable. La responsabilité d’Erdogan est donc flagrante, et il compte justement sur cette capacité de nuisance/démonstration de force pour faire plier les Européens qu’il juge, comme les jihadistes, faibles, lâches, divisés et habitant un vieux Continent « en voie de putréfaction » (dixit Erdogan) que l’islam conquerra tôt ou tard par les voies du prosélytisme, des rapports de forces et de la démographie…

La campagne d’intimidation mondiale panislamique de la France lancée par un Erdogan qui a été salué comme « nouveau Calife » potentiel par le prédicateur préféré des Frères musulmans, Yousouf al-Qardaoui, n’a dupé personne, mais elle a intimidé les autres pays européens qui ont « appelé à l’apaisement », Angela Merkel en tête, cette dernière ayant même bloqué les sanctions européennes contre Ankara. Une victoire en soi pour Erdogan qui demeure impuni puisque son pays continue de profiter des aides financières européens tout en menaçant trois pays de l’UE!. Outre les liens avérés (passés et/ou présents) entre la Turquie et trois groupes terroristes majeurs (Hamas, Al-Qaïda et Daesh), la propagande paranoïsante d’Erdogan contre la France et l’Europe, accusées d’ourdir un « plan secret » (aux côtés des « juifs-sionistes-arméniens-kurdes ») de « destruction de la Turquie » et de « christianisation des pays musulmans » (« nouvelle croisade »), a évidemment alimenté et légitimé les appels jihadistes à frapper des cibles « françaises mécréantes  » et judéo-croisées européennes ». D’évidence, la rhétorique d’Erdogan ne peut que contribuer à accroitre le risque terroriste en Europe, puisque les Jihadistes accusent Paris et l’UE des mêmes griefs, lesquels méritant, d’après la charià, la peine de mort…

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Contrôle des diasporas turco-musulmanes d’Europe: double enjeu électoral et géopolitique

La fanatisation/désassimilation des Turco-musulmans d’Europe est une réelle pierre d’achoppement entre la Turquie, qui prône le séparatisme islamiste, en collaboration avec les Frères musulmans, et les pays européens les plus soucieux d’assurer leur pérennité et l’intégration des nouveaux venus (France, Autriche notamment). Il est vrai que si la future loi sur le séparatisme voulue par la majorité macronienne va jusqu’au bout de sa logique, ce sont donc les circuits de l’islam turc et des réseaux islamistes erdoganiens (mosquées, écoles, centres islamiques et mouvances ultra-nationalistes) en France qui finiront, comme Vienne l’a fait depuis 2014, par être mis hors la loi. Or ceci est un vrai problème pour le pouvoir AKP d’Ankara qui compte beaucoup sur les électeurs turcs de l’étranger (plusieurs millions) et qui voit leur émanciation vis-à-vis des réseaux turco-islamistes d’Erdogan comme une perte de « militants » et d’électeurs potentiels. L’appel d’Ankara au boycott des produits français et les propos outranciers du néo-sultan Erdogan sur le traitement des musulmans en France comparé à celui des « Juifs d’Europe dans les années 1930 » étaient en fait des accusations-diversions visant à diaboliser puis mettre en danger la France dans le monde musulman dans le but de tenter de dissuader Paris de poursuivre sa politique de réassimilation des musulmans et turcs de France. Cette menace de choc civilisationnel et même cette façon de motiver des futurs « coupeurs de têtes » jihadistes serait en fin de compte destinée à faire plier la France et d’autres pays d’Europe qui auraient la mauvaise idée de barrer la route à l’expansionnisme turc néo-ottoman.

Certes, les protestations et boycotts anti-Français finiront bien par s’apaiser, comme on l’a déjà observé dans le passé lors des campagnes mondiales ayant déjà mis en ébullition le monde musulman contre le Danemark (premières affaires des caricatures de Mahomet (2004), puis du fameux discours de Ratisbonne du Pape Benoits XVI de 2006 accusé « d’islamophobie », ou des réactions envers la France de Nicolas Sarkozy à l’occasion du projet de loi sur le génocide arménien qui pénalisait le négationnisme. Mais il est clair que les séquelles de cette campagne de diabolisation des mécréants européens lancée par va se faire sentir encore longtemps, installant dans l’opinion publique arabo-musulmane mondiale les thèses victimaires-néo-califales des Frères musulmans et des Jihadistes avec cette fois l’imprimatur d’un grand Etat musulman comme la Turquie. Les crises qui ont opposé récemment Macron et Erdogan autour des caricatures, et, depuis 2014, la Turquie du néo-sultan à l’Autriche, accusée elle aussi « d’islamophobie » pour avoir banni les réseaux d’imams fanatiques turcs sur son sol, doit donc être analysée comme une double tentative de Recep Taiyyp Erdogan d’assoir son leadership panislamique/panturc régional puis de « persuader » Paris et Vienne – par la démonstration du pouvoir d’embrasement du monde islamique par Ankara – de cesser de s’opposer à l’ingérence d’Ankara au sein des diasporas turco-musulmanes puis surtout à l’expansionnisme panturc-néo-ottoman dans les Balkans (voisins de l’Autriche), la Méditerranée orientale (convoitise du gaz offshore gréco-chypriote), la Syrie et la Libye.

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Antagonismes géopolitiques turco-européens et stratégie de l’intimidation d’Erdogan

Afin de faire oublier ses récents contre-succès électoraux et de faire passer au second plan les difficultés économiques de son pays – deux problèmes majeurs dans la perspective des futures élections de 2023 – Erdogan est condamné à mobiliser à l’envi à la fois la corde sensible du panislamisme suprémaciste et victimiste (au nom de l’histoire commune turco-arabe ottomane/califale passée) et du nationalisme panturquiste le plus racialiste et fascisant, renforcé depuis 2017 et l’alliance électorale de l’AKP turc avec le MHP des Loups gris. Par ces deux visions géopolitiques expansionnistes, le néo-sultan turc déploie une politique d’influence régionale et mondiale en vue d’apparaître d’abord comme « le protecteur »/leader du monde sunnite, ceci dans un contexte de concurrence avec l’islamisme chiite révolutionnaire iranien et l’axe wahhabite saoudien et égypto-émirati (aujourd’hui ennemi juré des Frères musulmans), puis comme le chef nationaliste qui défend « partout les frères turcs et turkmènes là où ils sont en danger ». Cette synthèse « national-islamiste » hautement belligène d’Erdogan est à l’oeuvre en ce moment même dans le Caucase – via l’aide turque et jihadiste aux « frères azéris menacés » par les Arméniens chrétiens du Haut-Karabakh, qualifiés de « pire danger dans la région » par le président turc lui-même et son homologue azéri Alliev; dans le monde arabe (Irak, Syrie), où Ankara fait bombarder les positions kurdes au prétexte de « défendre les Turkmènes en danger », ou encore en Libye, où le gouvernement pro-turc de Tripoli et les milices islamistes de Misrata qui le défendent (liés aux Frères musulmans), sont présentés par Erdogan comme des « descendants de Turco-ottomans ».

Plusieurs graves pierres d’achoppement opposent la Turquie et la France ou d’autres pays de l’UE: Pour ce qui est de l’intervention turque en Syrie, la pierre d’achoppement majeure est l’aide turque récurrente aux jihadistes et les massacres des Kurdes dans le nord-ouest du pays par les miliciens islamistes pro-turcs et l’armée d’Ankara. En Méditerranée orientale, Paris est le seul pays de l’Union européenne qui ait fermement dénoncé les forages gaziers illégaux turcs au détriment des eaux territoriales de la Grèce et de Chypre, forages qui menacent aussi les projets de la compagnie française TOTAL, de l’italienne ENI, des compagnies gréco-chypriotes et même de l’Egypte et d’autres pays riverains arabes. – En Libye, la Turquie et la France sont dans deux camps diamétralement opposés : Erdogan soutient le pouvoir de Tripoli, défendu par les milices islamistes de Misrata et qui combattent les troupes du maréchal Haftar et le Parlement de Tobrouk, quant à eux soutenus par la France, les Émirats, l’Egypte et la Russie. Enfin l’envoi de militaires et mercenaires islamistes pro-turcs syriens en Libye et dans le Haut-Karabakh, également dénoncés par la France et ses protégés grecs, chypriotes et arméniens, prouvent le jeu trouble d’Ankara avec le terrorisme islamiste. Cette alliance fut à son comble entre 2014 et 2016 lors de l’apogée de Daesh, alors alimenté par les achats de textiles et pétrole de contrebande par la Turquie (puis par les aides logistiques de l’armée turque et des services secrets turcs du MIT). Paris déplore que cette aide d’Ankara au jihadisme, jamais été stoppée réellement depuis la chute de l’Etat islamique, se poursuit avec le recrutement de milliers de jihadistes arabes et turkmènes de Syrie par l’agence de mercenaires turque SADAT, dirigée par le général erdoganien Adnan Tanriverdi, envoyés par milliers en Libye depuis fin 2019 et en Azerbaïdjan depuis septembre 2020.

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Un pays de l’OTAN aux liens ambigus avec Daesh/Al-Qaïda

D’évidence, le positionnement de la Turquie de Recep Tayyip Erdoğan en Méditerranée face à deux pays-membres de l’UE et dans le Caucase contre les Arméniens, puis le double jeu d’Ankara envers Al-Qaïda et Daesh, posent un problème aussi grave qu’inédit pour la sécurité collective des pays de l’OTAN, qui voient désormais la Turquie – deuxième armée de l’Alliance en nombre d’hommes et qui abrite sur son sol 50 ogives nucléaires américaines – comme un « partenaire » déloyal qui attaque les alliés kurdes des troupes occidentales en Syrie, y aide ainsi objectivement DAESH, puis menace les intérêts les vitaux stratégiques et géoénergétiques de l’Union européenne (projet East Stream), de la Grèce et de Chypre, dont la Turquie veut s’accaparer de 40 % des réserves d’hydrocarbures off-shore de Méditerranée orientale. Ankara convoite de surcroit le pétrole libyen et installe des bases militaires et des poches jihadistes pro-turques aux portes de l’Union européenne, c’est-à-dire dans l’Ouest de la Libye, d’où partent à la fois les migrants clandestins et de potentiels terroristes qui empruntent les mêmes réseaux de passeurs. Prenant actes de ces agressions, qui s’ajoutent aux provocations d’Erdogan, Emmanuel Macron a évoqué « la responsabilité historique et criminelle de la Turquie » (Libye, Syrie, Haut-Karabakh), et Jean-Yves Le Drian a affirmé que « les forces jihadistes syriennes accompagnant les manœuvres de la présence turque sont infiltrées par d’anciens responsables de groupes jihadistes qui soutenaient les Turcs à Idlib ». Le Drian a par ailleurs justifié le soutien français en faveur de Haftar en Libye dès 2015 par le fait que l’Armée Nationale Libyenne de Haftar, soutenue par le Parlement libyen légitime de Tobrouk, a été « internationalement reconnue pour son combat contre Daesh ».

La Turquie d’Erdogan et les jihadistes de Daesh et Al-Qaïda: Syrie-Libye-Haut-Karabakh

De nombreux faits ont confirmé le double jeu de la Turquie d’Erdogan avec les pires jihadistes: depuis le début de la guerre civile syrienne, la Turquie a soutenu les rebelles islamistes anti-Assad de l’ASL sous couvert de brigades islamistes pro-turques (Hamza, Sultan Mourad, Sultan Suleyman; Muntasir Billah) entraînées par l’agence de mercenaires turcs SADAT, elles-mêmes liées aux jihadistes dans leur combat contre les Kurdes face à Daesh. L’armée turque a entretenu nombre de centres de sélection et d’entraînement de mercenaires islamistes destinés au jihad libyen depuis les bases turques de Syrie à Afrin (nord d’Alep) sous la supervision d’Al-Jabha al-Shamiyyah, à Qibariyah, des Brigades Al-Mu’tasim à Al-Mahmoudiyah ou Al-Shamel, ainsi que des brigades turkmènes syriennes « Sultan Murad » et Suleiman Shah. D’autres groupes d’islamistes combattants pro-Ankara comme les légions Suqour al-Sham (Faucons du Levant) ont carrément intégré des jihadistes « européens » et internationaux issu de l’Etat islamique et d’Al-Nosra. Quant au groupe Faylaq al-Sham (Légion du Levant, 4 000 hommes), affilié aux Frères-musulmans égyptiens, il est l’une des pièces-maîtresses du dispositif de mercenaires islamistes au service de l’expansionnisme néo-ottoman. Nombre de ces jihadistes ont ainsi été « recyclés » et blanchis sous uniformes turcs, puis transférés à Idlib, dernier grand fief des jihadistes syriens d’Al-Qaïda et de Daech sous « responsabilité turque », dans le cadre des accords turco-russo-iraniens d’Astana et Sotchi qui avaient confié cette zone à l’armée d’Ankara avec la mission de détruire les groupes jihadistes, mais qu’Ankara n’a pas été respectés. Rappelons que les 10000 jihadistes d’Al-Qaïda encore présents dans le Nord-Ouest (Idlib), en « zone turque », sont devenus le vivier dans lequel puise SADAT pour alimenter Tripoli en « combattants loyalistes » au profit du camp islamiste de Fayez al-Sarraj en Libye occidentale. On se souvient aussi que l’Etat islamique a été secrètement armé, aidé et financé par le groupe SADAT, l’armée turque et les services secrets turcs du MIT dans le cadre de la lutte obsessionnelle du pouvoir d’Ankara contre les Kurdes syriens. Selon l’opposition turque, près de 50 000 jihadistes auraient été envoyés de la sorte en Turquie pour y être entraînés, depuis 2014, dans le cadre d’un envoi de jihadistes libyens vers la Syrie, dans un premier temps, et, depuis fin novembre 2019, en sens inverse (au moins 6000 jihadistes). Les compagnies aériennes qui ont assuré les transferts sont Afriqiyah Airways et Al-Ajniha, dont le propriétaire a fait partie d’Al-Qaïda en Irak: le libyen Abdelhakim Belhaj, devenu « gouverneur militaire de Tripoli » après la chute de Kadhafi en 2011. Belhaj fait le lien entre les Frères musulmans et le jihadisme international, en plus d’être un relai d’influence de la Turquie, où il séjourne régulièrement. Il s’est par ailleurs enrichi depuis la chute de Kadhafi avec le trafic de migrants, amassant ainsi une fortune de 2 milliards de dollars. Rappelons qu’au début de la guerre civile syrienne, l’Armée syrienne libre avait été alimentée en sens inverse en jihadistes libyens par le Groupe islamique combattant en Libye (GICL) du précité Belhaj. Le double jeu de la Turquie d’Erdogan qui se veut le défenseur du Gouvernement Sarraj « reconnu par l’ONU », membre de l’OTAN et candidate à l’entrée dans l’UE, d’un côté, mais qui soutient l’islamisme international frériste et jihadiste dans maints théâtres d’opération, de l’autre, est plus que problématique.

Le « nouveau » calife turkmène de Daesh et le groupe islamiste de son frère en Turquie

Fait souvent passé sous silence: le chef de Daech, mir Mohammed Said al-Salbi al-Mawla, alias Abou Omar al-Turkmani, trop souvent présenté comme « irakien-arabe » car « descendant du Prophète Mahomet », est issu de la minorité turkmène d’Irak, très quadrillée depuis des décennies par l’Etat turc. Cet ex-compagnon de cellule de l’ex-« calife » de DAECH, al-Baghdâd à la prison américaine de Bucca, est intéressant car il a joué un rôle majeur dans l’extermination des Yézidis d’Irak, dans le trafic d’esclaves sexuelles yézidis aux côtés de proxys turkmènes jihadistes d’Ankara, puis dans la coopération entre les services turcs et Daech lorsque l’EI revendait son or noir syrien et irakien et du coton à la Turquie en échange d’appui logistique face aux Kurdes en Irak et en Syrie (2014 et 2016). Si Daesh reprend du poil de la bête en Irak depuis quelques mois, c’est d’ailleurs parce que l’EI est protégé par des forces turkmènes anti-Kurdes soutenues par Ankara. Comme l’a révélé le The Guardian, le frère aîné de ce « Calife » turkmène irakien serait lui-même réfugié en Turquie, à la tête d’un « Front turkmène d’Irak » (coalition de groupes islamistes turkmènes fondée en 1995 avec l’appui d’Ankara) qui ne peut pas ne pas pas avoir des liens et avec son frère et avec l’Etat profond turc et les réseaux islamistes d’Ankara.

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