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Ivan Rioufol: «Sauver la France frileuse de l’effondrement»…

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CHRONIQUE – La conversion de la politique à la seule logique médicale conduit à l’aveuglement des technocrates du «biopouvoir», ces apprentis sorciers. Qui est là pour dire à nouveau aux Français: «N’ayez pas peur!»?

LE FIGARO, 5 novembre 2020. Ivan Rioufol.

Ce pays apeuré: non, ce n’est pas la France! Nation millénaire, elle s’est battue pour survivre. Elle ne peut, sans se trahir, se laisser aujourd’hui guider vers la planque. «La protection de la santé de nos concitoyens est notre priorité», dit le premier ministre, Jean Castex. Avant lui, Édouard Philippe avait assuré vouloir «protéger les vivants». L’avantageux dessein est brandi par l’État pour justifier le retour au confinement. L’argument ronflant fait oublier la gestion erratique du système hospitalier, incapable de répondre à un possible afflux de contaminés. Surtout, l’ode humaniste oublie volontairement que l’histoire est tragique. Lire Alexandra Laignel-Lavastine (1): «La vie humaine est un bien infiniment précieux, mais si elle était le premier d’entre eux nous n’aurions eu ni Appel du 18-Juin, ni résistants prêts à prendre les armes, ni dissidents sous le communisme (…), ni médecins démunis sous le Covid-19 pour nous sauver la vie.»

À LIRE AUSSI : Ivan Rioufol: «Sortir de la politique de la peur»

Un peuple calfeutré et frileux, craignant le risque, est une communauté qui meurt. Les coups de menton du chef de l’État face à l’islam radical sont risibles quand Emmanuel Macron en vient, dans le même temps, à considérer comme potentiellement dangereuse la vente de livres dans une librairie. La civilisation est en péril si, à la moindre alerte, elle se rétrécit à sa seule survie. Le cauchemar n’est pas seulement de supporter les assauts cumulés du Covid et de l’islamisme enragé. La vie réduite à sa platitude est une autre humiliation. Il est d’ailleurs stupéfiant d’observer tant de beaux esprits se réclamer des Lumières et cautionner le nouvel ordre sanitaire: il fit ses premiers pas policiers en janvier dans la Chine communiste. La conversion de la politique à la seule logique médicale conduit à l’aveuglement des technocrates du «biopouvoir», ces apprentis sorciers. Qui est là pour dire à nouveau aux Français: «N’ayez pas peur!»?À LIRE AUSSI : Ivan Rioufol: «L’ordre sanitaire, piège pour la démocratie»

Seul le courage retrouvé sauvera la France de son effondrement. Alexandre Soljenitsyne avait tout dit, dans Le Déclin du courage«Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant-coureur de la fin?». Le «choix de la vie» est le leitmotiv indécent des technocrates et des idéologues. Ils n’ont plus rien à dire hormis: «Tous aux abris!». Par leurs erreurs et leurs idées fausses, les premiers ont contribué à saccager le système hospitalier, tandis que les seconds ont vidé la nation de sa substance. Relire Bernanos: «Seul celui qui a perdu son âme ne pense qu’à sauver sa peau.» Ceux qui répètent, comme Olivier Véran, le despotique ministre de la Santé: «La priorité est pour la santé», détournent les yeux sur la guerre menée par les djihadistes aux démocraties occidentales. Lundi, c’est à Vienne (Autriche) que le nazislamisme a frappé (quatre morts), dans le périmètre de la grande synagogue, qui connut la haine hitlérienne.L’erreur renouvelée du chef de l’État, dans la crise du Covid, est de croire pouvoir décider seul de la réponse sanitaire à donner à la pandémie, sans se soucier des avis des élus locaux et des réalités du terrain

Le temps est venu de renouer avec la fierté d’être Français, héritiers de racines judéo-chrétiennes et de traditions littéraires. Pour ces raisons, interdire la célébration des cultes et la vente des livres s’apparente à une brutalité obscurantiste. Lundi, Jean Castex a développé l’utilité d’une reconquête: «Je veux dénoncer ici toutes les compromissions qu’il y a eu pendant trop d’années (…): nous devrions nous autoflageller, regretter la colonisation, je ne sais quoi encore (…).» Paroles d’or. Cependant, c’est le chef de l’État qui a dit de la colonisation française qu’elle était «un crime contre l’humanité». C’est lui qui a confié à Benjamin Stora, avocat de la repentance, une mission sur la mémoire de la guerre d’Algérie. Lui qui, samedi sur la chaîne qatarie al-Jazeera, a jugé la France responsable du «ressentiment économique et social» de la jeunesse musulmane, victime de supposées inégalités. Macron, hélas!, ne cesse de nourrir la haine de soi.

Dans le sillage de Trump

Il est faux de croire les peuples soumis à la passivité moutonnière. Les électeurs de Donald Trump démontrent le contraire. À l’heure où ces lignes sont écrites, l’incertitude demeure sur le vainqueur du scrutin de mardi soir, tant les scores sont serrés. Pour autant, la spectaculaire résistance du président sortant jette le discrédit sur le Système, politique et médiatique, qui l’avait unanimement enterré. La «vague démocrate» annoncée par les sondeurs n’a pas eu lieu, loin s’en faut. Même le Sénat a tenu bon. Une fois de plus, les «élites», sottement arrogantes, ont démontré leur incapacité à se mettre à l’écoute des préoccupations des gens ordinaires. Cet establishment a fait son temps. Si Trump remporte l’élection, sa victoire sera celle de citoyens en rupture avec la dictature du politiquement correct et ses excommunications. Si Joe Biden l’emporte, il emmènera derrière lui une gauche sectaire et racialiste, déterminée à contester, violemment, le «privilège blanc».À LIRE AUSSI : Présidentielle américaine: «Vainqueur ou vaincu, Donald Trump a déjà changé le monde»

«L’avenir n’appartient pas aux mondialistes. L’avenir appartient aux patriotes», avait prévenu Trump. Le vent de l’histoire souffle dans cette direction. C’est sur ce socle souverainiste, protecteur d’une nation fragile, que la France pourrait se reconstruire. Le chef de l’État, confronté aux menaces du virus et du terrorisme, recueille actuellement une forte adhésion populaire (40%, sondage Figaro Magazine). Mais cette embellie reste friable. Il revient à Macron d’agir urgemment pour faire cesser une immigration qui est à la source des grands déséquilibres nationaux. D’autant que la France demeure une passoire, comme l’a démontré, avec l’attentat islamiste au cœur de l’église Notre-Dame à Nice, le parcours du tueur de Simone Barreto, Nadine Devillers et Vincent Loquès. Brahim A., parti de Tunisie sur une embarcation de 21 personnes, était arrivé à Lampedusa (Italie) le 20 septembre, avant d’être relâché dans la nature et d’arriver à Nice la veille de ses boucheries. La France doit fermer ses portes.

Rébellion civique

L’erreur renouvelée du chef de l’État, dans la crise du Covid, est de croire pouvoir décider seul de la réponse sanitaire à donner à la pandémie, sans se soucier des avis des élus locaux et des réalités du terrain. Ce même centralisme technocratique, autoritaire et injuste avait été l’amorce de l’insurrection des «gilets jaunes» il y a deux ans. Les petits commerçants qui se révoltent ces jours-ci, forcés de fermer tandis que les grandes surfaces restent ouvertes, sont les potentiels continuateurs de la rébellion civique. Le peuple réveillé n’a pas fini de se faire entendre d’un État qui n’a plus les pieds sur terre.

(1) «La Déraison sanitaire», Éditions Le Bord de l’eau.

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