MEMORABILIA

Ivan Rioufol: «Le réveil des peuples affole les mondialistes»

CHRONIQUE – Le trumpisme est capable de survivre à son mentor, aux États-Unis et ailleurs.

Par Ivan Rioufol 12 novembre 2020. LE FIGARO

Comment faire taire des peuples récalcitrants? Par la culpabilisation et la peur. Et par la brutalité s’il le faut. Parce qu’ils avaient honte de se dire trumpistes, des sondés américains ont laissé croire, par leur silence, en une vague démocrate qui n’a pas eu lieu le 3 novembre. Terrorisés par l’alarmisme de l’État sur le Covid-19, les «Gaulois réfractaires» ont accepté, jusqu’à présent, l’ordre sanitaire et son état d’urgence, reconduit par les députés jusqu’au 1er avril 2021. Or, dans les deux cas, les libertés ne prennent que des gnons. Il en sera ainsi tant qu’une oligarchie voudra mettre à distance une population suspectée d’être perméable aux vents protestataires. Aux États-Unis, l’establishment, ébranlé par la résistance imprévue de Donald Trump, a retrouvé son assise: sans attendre l’élection officielle de Joe Biden par les 538 grands électeurs le 14 décembre, les médias ont intronisé leur candidat, samedi. Mais ce passage en force dissimule une fébrilité.

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L’accusation en «complotisme» est le même argument qui ressort, de part et d’autre de l’Atlantique, contre ceux qui critiquent les mauvaises manières des dirigeants convertis au mondialisme et à son aversion des gens enracinés. La plupart des grands médias se sont déshonorés durant quatre ans en torpillant un président américain vu comme un clown. Ces jours-ci, les redresseurs de torts prennent des airs de vierge insultée à l’idée de possibles fraudes dans des votes Biden. Trump doit bien sûr prouver ses accusations. Elles sont jugées scandaleuses par ceux qui l’accusent de mentir sur tout. Cependant, ce sont les salles de rédaction qui ont désinformé sur sa politique. Des télévisions américaines ont même choisi dernièrement de censurer Trump puis sa porte-parole, au prétexte que leurs propos étaient critiquables. La victoire du pouvoir médiatique, juge et partie, est celle de l’intimidation.

Le Système, cette fabrique de consentements obligés, ne peut être laissé à ses excès despotiques: ils mettent en péril la démocratie. Le parti pris des médias, mais aussi de Wall Street, Hollywood, la Silicon Valley, les Gafa, etc., en faveur du candidat progressiste, prennent des airs de hold-up électoral. Le laboratoire Pfizer a retardé à ce mardi l’annonce de son vaccin contre le Covid, qui avait été promis par Trump pour novembre. Leur précipitation à abattre le président sortant rappelle l’affaire Fillon: une même célérité avait conduit la presse, soutenue par un parquet financier politisé, à faire tomber le candidat de la droite dans le dernier sprint de la présidentielle. Aux États-Unis, la prudence aurait voulu que le verdict des urnes soit suspendu aux résultats des enquêtes que le ministre de la Justice, Bill Barr, a autorisées lundi auprès des procureurs fédéraux.

Biden traîne, à côté du cercle des puissants, une gauche postnationale et un néogauchisme identitaire

Biden sera peut-être confirmé à la Maison-Blanche. Son empathie et son centrisme aimable font de lui un personnage moins fatigant et vulgaire que son adversaire. Cependant, son soutien à la «société ouverte» le lie à des mouvements en lutte contre les États-nations et l’Occident. Biden, défendu par le cercle des puissants, traîne une gauche postnationale et un néogauchisme identitaire. Ce dernier est gagné par la victimisation «indigéniste» et la guerre des races, dialectiques subversives déjà exportées en France (1). Rien ne dit que Biden, qui a pris la féministe noire Kamala Harris comme vice-présidente, saura se préserver des minorités engagées, violemment, dans la dénonciation du «privilège blanc» et d’un antisionisme ambigu. Samedi, les Frères musulmans, étendards du nazislamisme, ont dit «apprécier la victoire de Joe Biden» en l’invitant à «reconsidérer la politique américaine».

Le succès des nations

Reste que le trumpisme est capable de survivre à son mentor. Avec 71 millions de voix (75,5 millions actuellement pour Biden), Trump a amélioré son score de 8 millions. Cette performance, que les sondeurs n’ont pas vu venir, démontre les limites du bourrage de crâne médiatique. La presse voulait faire passer le républicain mégalo pour le candidat du Ku Klux Klan et des suprémacistes blancs. En réalité, Trump a su élargir son électorat en associant classe ouvrière et bourgeoise, mais aussi en attirant, par sa politique sociale, une partie des électorats noir (12 %) et hispanique (33 %), jusqu’alors dévolus aux seuls démocrates. Chez les Blancs, le «machiste» a davantage attiré les femmes que les hommes! En septembre 2017, devant l’ONU, Trump avait déclaré: «Nous demandons un grand réveil des nations». L’objectif contrarie l’élite sans frontière. Mais le but est en passe d’être atteint.

Le sanitairement correct, construit sur la peur, est la déclinaison naturelle du politiquement correct

Ce réveil des nations et des peuples affole les puissants. Il ne fait que commencer. Il oblige déjà les dirigeants à se mettre à l’écoute des gens ordinaires. Rien n’est plus malsain que le nouvel ordre hygiéniste universel. Il s’enferme, en France, dans une logique liberticide. Le sanitairement correct, construit sur la peur, est la déclinaison naturelle du politiquement correct. C’est ce même panurgisme qu’affectionne le Système, producteur de clones. L’irruption des médecins et des experts dans la politique est en train de bouleverser le déroulement habituel de la vie. Comme le rappelle le philosophe Robert Redeker, ce ne sont plus les parents qui se sacrifient pour leurs enfants, mais les enfants qui sont priés de se sacrifier pour leurs parents et grands-parents. «Pour préserver la survie des plus âgés, voilà que l’on décide d’arrêter la vie.» Ce monde aseptisé et dictatorial est à fuir.

Retour de manivelle

Ceux qui moquent une filiation entre les soutiens de Trump et ceux du professeur Didier Raoult laissent voir leur mépris pour des figures, certes excentriques, mais proches des gens dans leurs actions. Le Système oligarchique, mêlant sachants, experts en algorithmes et financiers, a décrété ce qui était bon pour le peuple et ce qui lui était interdit. Or des voix s’élèvent de plus en plus, en France, pour dénoncer la politique sanitaire du gouvernement. Elle a conduit notamment à interdire aux médecins de soigner le Covid avec le protocole Raoult à base d’hydroxychloroquine. Mardi, le parquet de Paris a ouvert quatre informations judiciaires contre X, soit 253 plaintes liées à la gestion de la crise par l’État. Attention au retour de manivelle.

(1) Pierre-André Taguieff, «L’Imposture décoloniale», L’Observatoire.

A VOIR AUSSI – «Le Trumpisme survivra à Donald Trump» assurent Jean-Marc Gonin et Alexandre Devecchio«Le Trumpisme survivra à Donald Trump » assurent Jean-Marc Gonin et Alexandre DevecchioJean-Marc Gonin, rédacteur en chef du Figaro Magazine et Alexandre Devecchio, journaliste à Figarovox ont participé ce vendredi 6 novembre lors de notre émission spéciale sur les élections américaines.PartagerPauseUnmuteCurrent Time 0:26/Duration 1:22Loaded: 97.13% Picture-in-PictureFullscreenLa rédaction vous conseille

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